Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

dimanche 31 mars 2019

Le fondement du bien. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Le fondement de tout bien est de savoir que ce qu’Allah veut doit arriver, et que ce qu’Il ne veut pas ne peut se produire.
Tu seras alors convaincu que les bonnes actions que tu accomplis sont un de Ses bienfaits pour lequel tu dois Le remercier et Le supplier de ne pas t’en priver.
Tu seras aussi certain que les péchés que tu commets sont une punition d’Allah qui se détourne de toi. Tu l’imploreras alors pour qu’Il S’interpose entre toi et les péchés, et pour qu’Il ne t’abandonne pas à ton sort concernant l’accomplissement des bonnes œuvres et le délaissement des péchés.

Les sages sont unanimes pour affirmer que si le serviteur accomplit une bonne action, c’est avant tout grâce à l’assistance qu’Allah lui a portée.
Et que si un péché est commis, c’est qu’Allah a abandonné Son serviteur.
Ils sont aussi unanimes pour dire que l’assistance d’Allah consiste à ce qu’Il ne t’abandonne pas à ton sort.  Et que Son abandon consiste à ce qu’Il te laisse livré à toi même.
Si tout bien est donc issu de l’assistance d’Allah, assistance qu’Il est le Seul à posséder, et dont le serviteur ne détient aucune part, la clé permettant d’obtenir cette aide consiste alors à invoquer Allah, reconnaître son indigence , chercher sincèrement refuge auprès de Lui en espérant Sa récompense et en craignant Son châtiment .
Si Allah donne cette clé au serviteur, c’est qu’Il veut lui ouvrir Sa porte.
Mais s’il l’empêche de l’atteindre, Sa porte restera alors fermée.
Le commandeur des croyants Umar ibn al Khattab -qu’Allah l’agrée- a dit : « Je ne me soucie pas de savoir si Allah exaucera mes invocations ou non.
Mon souci principal est : Allah va t’il m’inspirer la volonté de L’invoquer ?
Car du moment où Il m’inspire l’invocation, je sais pertinemment qu’Il m’exaucera. ».

L’assistance et le secours d’Allah ta’ala sont proportionnels à l’intention du serviteur, son
ambition, sa volonté et son désir.

L’assistance qu’Allah fait descendre pour Ses serviteurs est donc proportionnelle à leur ambition, la constance de leurs invocations, l’espoir qu’ils nourrissent d’être exaucés et la crainte qu’ils éprouvent de voir leur demande rejetée. De même, Allah les abandonnera en fonction de tous ces éléments.
Allah ta’ala est donc le plus juste des juges et le plus omniscient des savants.
Il offre Son aide quand il le faut et abandonne ceux qui ne méritent pas Son secours. Il est l’Omniscient, le Très Sage. C’est parce que certains ont délaissé le remerciement d’Allah, et ont négligé de manifester leur indigence et de L’invoquer qu’ils ont sombré dans les péchés.
Et c’est parce que d’autres ont été reconnaissants envers Allah ta’ala de par Sa volonté et Son assistance, leur a permis d’accomplir les bonnes œuvres.

Enfin, le fondement sur lequel reposent toutes ces vérités est la patience, qui est à la foi ce que
la tête est au corps : Si la tête est coupée, le corps ne peut survivre.

lundi 11 mars 2019

Les défauts des gens. "Thérapie de l’âme par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi"

Que celui qui est atteint de présomption pense à ses défauts.
S’il se vante de ses vertus qu’il observe ses mauvaises mœurs.
S’il est incapable de voir ses défauts au point de prétendre la perfection, qu’il sache que son drame est éternel et qu’il est le plus imparfait, le plus défectible, le plus inconscient qui soit et ce, par son ignorance et sa faiblesse d’esprit.
Et il n’y a point de défaut pire que ces deux-là car le sage est celui qui reconnaît ses défauts et qui fait en sorte de les combattre.
Et le stupide est celui qui ne les reconnaît pas à cause de son ignorance, de son manque de discernement et de la faiblesse de ses idées.
Ou bien à cause du fait qu’il considère ces défauts comme des qualités.
Cela est le pire défaut sur terre, il y a beaucoup de personnes qui sont fiers de la fornication, de la sodomie, du vol et de l’injustice, qui se vantent de leur aptitude à commettre ces vices.
Sois certain que tous les humains sont imparfaits hormis les Prophètes, que les bénédictions et la paix soient sur eux.
Celui qui ne connait pas ses propres défauts est plus vil, dépravé, mesquin, inconscient, et déraisonnable que tout autre débauché.
Qu’il s’empresse donc de chercher ses défauts au lieu de s’occuper à s’en vanter et à observer ceux des autres, ce qui ne lui est point utile ni ici-bas, ni dans l’au-delà.
Le seul bienfait que l’on retire en écoutant les défauts des gens, c’est le fait que cela permet d’éviter ceux que l’on a grâce à la puissance et la force d’Allah – exalté soit-Il.
Parler des défauts des gens est un vice qu’il faut éviter sauf si on vise par cela à avertir celui qui en subit un tord ou à conseiller l’arrogant en sa présence en lui disant : « Observe toi même, si tu réussis à discerner tes défauts, tu serais guéri de ta présomption ».
Ne prends jamais exemple sur celui qui a plus de défauts que toi afin de sous estimer tes péchés et d’imiter les mauvaises personnes.
On a critiqué ceux qui imitent les bonnes personnes, qu’en est-il alors des mauvaises personnes ?
Mais prends exemple sur ceux qui sont meilleurs que toi afin de renoncer à ta présomption qui t’incite à te moquer des gens alors qu’il y en a qui sont meilleurs que toi, et qui peuvent se moquer de toi pour une bonne raison, car Allah – exalté soit-Il – dit : « La sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action (une peine) identique »
Sourate ash Shûra, la consolation, verset 40.
Sinon tu causerais à ton égard, la moquerie des gens, le mécontentement d’Allah – exalté soit-Il – et l’oblitération de tes vertus.

samedi 9 mars 2019

Sur la guérison des âmes et la réforme des mauvaises moeurs par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Le plaisir du discernement pour l’intelligent, le plaisir du savoir pour le savant, le plaisir de la sagesse pour le sage, et celui de la dévotion pour le dévoué à Allah – exalté soit-Il – est plus grand que le plaisir de la nourriture pour celui qui la mange, du plaisir de la boisson pour celui qui la boit, du plaisir de l’accouplement, du plaisir du gain pour un gagnant, du plaisir du jeu pour un joueur et de celui de l’ordre pour le donneur d’ordres. La preuve en est : le sage, l’intelligent, le savant et le dévoué trouvent et éprouvent ces plaisirs nommés comme le fait celui qui s’y dépense et s’y active alors qu’ils y ont renoncé et préféré la quête des vertus. Seul celui qui a connu les deux peut en juger et non celui qui a connu l’un sans connaître l’autre.
Si tu cherches toutes choses, tu perdras toutes choses car au bout de ta pensée, tu verras
disparaître l’importance de la préparation pour la vie future uniquement. Car tout espoir que
tu as, est voué au chagrin, soit par sa dissipation ou par ton abandon, la seule voie qu’il y a,
autre que ces deux chemins, est celle du dévouement à Allah – exalté soit-Il – car cela
conduit toujours au contentement dans la vie présente et dans le futur. Dans le présent :
avoir peu d’intérêt pour ce qui intéresse (1) les gens. Grâce à cela, tu es respecté de ton ami
comme de ton ennemi. Dans le futur : le Paradis.
Je me suis demandé s’il existait une chose que tous les gens désirent et recherchent d’une même façon, je n’en ai trouvé qu’une seule : celle de chasser les peines. Et quand je l’ai examinée j’ai su que les gens non seulement la désirent et la recherchent de la même manière, mais que tous, malgré la différence de leurs désirs et leurs souhaits, de leurs volontés et leurs déterminations, ils n’agissent que dans le but de chasser les peines. Ils ne prononcent rien d’autres, uniquement les souffrances dont ils souhaitent se débarrasser. Il y en a de ceux qui se trompent de voie, ceux qui commettent des erreurs et ceux qui suivent la bonne voie ; ceux-ci sont les moins nombreux. Chasser les peines est un principe que toutes les communautés ont convenu depuis le jour où Allah – exalté soit-Il – a crée le monde et ce jusqu’à la fin du monde du commencement qui sera suivi par le monde où l’on rendra des comptes. Ce dernier devant être l’unique but de leurs efforts.
Il existe des gens qui ne le souhaitent pas dans la mesure où il y a des gens qui n’ont pas de religion, ils ne se préparent donc pas à la vie future. Il y a des gens du mal qui ne veulent ni bien, ni sécurité, ni justice, et d’autres qui préfèrent l’engourdissement de l’esprit à la célébrité. Il existe des gens qui ne veulent pas la richesse et qui préfère ne pas en avoir comme plusieurs prophètes, que la paix d’Allah soit sur eux, et ceux qui les ont suivi parmi les ascètes et les philosophes. Il y a également des gens de nature à mépriser les plaisirs et qui n’ont pas de respect pour ceux qui les recherchent, comme ceux que l’on a mentionnés qui préfèrent perdre l’argent que d’en gagner et il y a des gens qui préfèrent l’ignorance au savoir et cela est l’apanage de beaucoup d’entre les hommes. Ce sont là, les seuls objets de désir des gens, et il n’existe pas dans ce monde – depuis sa création jusqu’à la fin – quelqu’un qui désire les peines et qui ne veuille s’en débarrasser. Quand j’ai bien acquis cette excellente connaissance, que j’ai découvert ce secret extraordinaire. Quand Allah m’a illuminé la pensée par ce grand trésor, j’ai cherché un moyen de parvenir à la vérité sur la façon de se débarrasser des peines, précieux objet de désir de tout le genre humain ; de l’ignorant comme du savant, du bon comme du mauvais, auquel tous prétendent, je n’ai guère trouvé de moyen autre que de s’adresser à Allah – exalté soit-Il – et de se préparer pour la vie future. Certes, ceux qui sont à la recherche de l’argent le font dans le but de se débarrasser de la pauvreté, ceux qui sont en quête de célébrité le font afin d’éviter l’arrogance des autres, ceux en quête de plaisir le font afin d’éviter la peine de ne pas les avoir, ceux en quête de savoir le font afin de se débarrasser de la peine et de l’ignorance, et ceux qui sont à la recherche de nouvelles et de discussions le font afin de chasser la peine de la solitude et de la méconnaissance des nouvelles des gens. Les gens mangent, boivent, se marient, s’habillent, jouent, se reposent, montent (une monture), marchent, et se disent adieu pour ne pas éprouver de manque à ce sujet et chasser toutes leurs peines.
Tout ce qu’on a évoqué – pour ceux qui méditent – sont des peines qui arrivent, s’illustrant aux travers de divers symptômes, elles se compliquent ou disparaissent ou persistent quand il s’agit de certains fléaux, s’avèrent impossible à faire disparaître pour certains fléaux, en découlent aussi de bien mauvaises conséquences telles que la peur d’un concurrent, la trahison d’un envieux, le détournement d’un désireux, ou bien la charge de blâmes ou de péchés.
J’ai trouvé que la préparation pour la vie future est parfaite, infaillible. Elle conduit à se débarrasser véritablement des peines. J’ai notamment découvert que celui qui travaille pour préparer la vie future, s’il passe par une épreuve sur sa voie, ne s’en préoccupe pas mais s’en réjouit, car son espérance de la rétribution dans sa quête est dans la réalisation de sa fin.
S’il rencontre une entrave sur son chemin, il ne s’en soucie pas et il n’est pas à blâmer pour cela. Cela n’influence pas sa quête. J’ai observé la réjouissance lors d’un malheur et même s’il se fatigue dans sa quête, il reste dans une joie continue, contrairement aux autres.
Sache donc que l’ultime désir est de chasser les peines et que le seul chemin pour y parvenir est d’agir pour l’agrément d’Allah – exalté soit-Il – car tout autre chose n’est qu’égarement et absurdité.
Ne fais d’efforts que pour ce qui dépasse ce but pour satisfaire Allah – exalté soit-Il – par l’appel à Lui, par la protection des choses sacrées, par la lutte contre l’humiliation que ton Créateur – exalté soit-Il – ne t’as pas imposée et en faisant triompher les victimes d’injustice.
Celui qui se prépare pour la vie future échange sa vie comme le fait celui qui vend des rubis contre des cailloux, celui qui n’a pas de religion n’a pas de grandeur d’âme et le sage n’accepte pas de prix pour son âme autre que le Paradis.
Le diable tend le piège de l’hypocrisie car on peut s’abstenir de faire du bien par peur d’être considéré comme un hypocrite.
Une porte magnifique parmi les portes de la sagesse et de la quiétude est celle qui consiste à arrêter d’accorder de l’attention aux paroles des gens et à prêter attention aux paroles d’Allah – exalté soit-Il – c’est même la meilleure porte de la sagesse et de la quiétude, certes celui qui croit pouvoir échapper aux critiques des gens est dément. Celui qui médite et s’efforce d’admettre les vérités causant à priori un choix, est plus content des critiques des gens que de leurs éloges. Car ces dernières, si elles sont méritées et qu’il en prend connaissance, il en devient orgueilleux, ce qui corrompt ses vertus. Si elles ne le sont pas et qu’il en prend connaissance avec satisfaction, il se félicite donc d’un mensonge, ce qui est un grand défaut.
Quant aux critiques des gens : si elles sont justifiées et qu’il en prend connaissance, ceci est
probablement un moyen d’éviter ce qu’on lui reproche, ce qui est une grande chance que
seule une personne non sage peut refuser. Et si elles ne le sont pas et qu’il en prend
connaissance : qu’il fasse preuve d’endurance, il en acquerra le bienfait de la patience et de la magnanimité ; il est malgré cela gagnant car il est rétribué pour les critiques injustifiées qu’il a subies dans l’au-delà au moment où l’on rendra des comptes, quand il aura le plus grand besoin de salut et ce, grâce à des actes qui ne lui ont pas coûté ni demandé d’efforts. Ceci est une grande chance à laquelle seul un non sage peut renoncer.
Toutefois, s’il ne prend pas connaissance des éloges des gens, alors leurs paroles ou leur
silence n’auront pas de conséquence pour lui. Cela n’est pas le cas des critiques car il en est
rétribué dans tous les cas, même s’il n’en prend pas connaissance.
Et si le Prophète, que les bénédictions d’Allah et la paix soient sur lui, n’avait pas dit au sujet
des bonnes éloges : « Cela est une prompte et bonne annonce au croyant » (2), il aurait été
raisonnable de souhaiter les critiques injustifiées plus que les méritées, mais ce propos du
Prophète, que les bénédictions d’Allah et la paix soient sur lui, montre que la bonne annonce
vient suite à ce qui est juste et non à ce qui est faux, car la bonne annonce est due aux
qualités de celui qui reçoit les éloges et non à l’éloge proprement dite.
La différence entre les vertus et les vices, les actes d’obéissance et les péchés ne sont autres que la répulsion ou l’attrait pour l’un ou l’autre. Chanceux est celui enclin aux vertus et aux actes d’obéissance à Allah – exalté soit-Il –. N’oublions pas que cette répulsion ou cet attrait vient de la volonté et de la protection d’Allah – exalté soit-Il –.
Celui qui cherche à être gagnant dans l’au-delà prend exemple sur les anges. Et celui qui
recherche le mal prend exemple sur les diables. Celui qui est en quête de célébrité et de
pouvoir ressemble aux fauves. Celui en quête des plaisirs ressemble aux bêtes. Celui qui
recherche l’argent pour le plaisir de sa possession et non pour le dépenser suivant les
obligations (la Zakât) et les bonnes oeuvres (aumônes) n’est même pas comparable à une
bête. Celui-ci ressemble aux ruisseaux se trouvant dans les grottes non accessibles dont aucun animal ne profite.
Le sage ne se satisfait pas d’une qualité dans laquelle le surpasse un fauve, une bête ou un
objet, mais il se satisfait de la grande vertu dont Allah – exalté soit-Il – l’a pourvu et par
laquelle Il l’a différencié des fauves, des bêtes et des objets : le discernement qu’il partage
avec les anges.
Celui qui se félicite de son courage qu’il n’utilise pas pour obtenir l’agrément d’Allah –
exalté soit-Il – qu’il sache que le tigre a plus de courage qu’il n’en a et que le lion et le loup
sont plus audacieux que lui. Celui qui se réjouit de sa force physique doit savoir que la mule,
le taureau et l’éléphant sont plus forts que lui. Celui qui se réjouit de son aptitude à porter
du poids lourd doit savoir que l’âne a plus d’endurance. Celui qui se félicite de sa vitesse en
course doit savoir que le chien et le lièvre en course sont plus rapides que lui. Et celui qui
s’extasie de sa belle voix doit savoir que beaucoup d’oiseaux ont une meilleure voix et que les
sons des flûtes sont plus mélodieux et plus agréables.
Quelle fierté et quelle joie trouvent-ils donc, si les bêtes les surpassent. Toutefois celui qui a
du discernement, de la connaissance et qui a accompli les bons actes doit s’en réjouir car
dans ce cas, il n’y a que les anges et des gens vertueux qui le surpassent.
La parole d’Allah – exalté soit-Il – qui dit :
« Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme
de la passion, le Paradis sera alors son refuge »
(Sourate an Nâzi’at, les anges qui arrachent les âmes, verset 41)
Ceci rassemble toutes les vertus, car le fait que l’Homme défende à son âme de suivre les
passions, consiste à brimer ses tempéraments de colère et de désir car les deux sont soumis à ses passions. Alors il ne reste plus qu’à faire usage de l’âme qui nous différencie des bêtes, des insectes et des fauves, pour faire preuve de discernement.
Le propos du Prophète, que les bénédictions d’Allah et la paix soient sur lui, a recommandé :
« Ne te mets pas en colère » (al Bukhari, 10/519), ce hadith a été apporté comme suit : un
homme a dit au Prophète, que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui : « Conseille
moi ». Il répondit : « Ne te mets pas en colère ». Il répéta plusieurs fois : « Ne te mets pas
en colère », et sa recommandation est que l’on aime aux autres ce que l’on aimerait pour soi
même (al Bukhari, 1/56) rapporté comme suit : « Vous ne seriez pas croyants tant que vous
ne souhaitez pas aux autres ce que vous vous souhaitez à vous-mêmes ».
Ces hadiths réunissent toutes les vertus, car son interdiction de se mettre en colère défend à
l’âme coléreuse de suivre ses passions. Et dans sa recommandation de souhaiter aux autres ce que l’on souhaite pour soi-même, une interdiction à l’âme de suivre ses désirs et une
exhortation à l’équité, ce qui prouve le bienfait du discernement de l’âme consciente.
J’ai vu la plupart des gens – sauf ceux qu’Allah – exalté soit-Il – a préservé des péchés et qui
sont peu nombreux – se hâter de se causer de la peine, de se fatiguer ici-bas et de supporter le grand fardeau des péchés les conduisant en enfer dans l’au-delà, à cause de choses dont ils ne peuvent tirer aucun bénéfice telles que les mauvaises intentions qu’ont ceux qui souhaitent la ruine des gens, des faibles et des innocents, et le plus grand malheur à ceux qui les détestent.
Ceux-là savent pertinemment que ces mauvaises intentions ne réalisent point leurs souhaits.
Et que s’ils en avaient eu de meilleures et de plus pures, ils auraient eu plus de repos pouvant ainsi se consacrer à leurs affaires et leurs intérêts. Ils auraient alors été grandement rétribués dans la vie future sans que cela puisse retarder ou empêcher ce qu’ils souhaitent.
Quelle mésestimation est plus grande que cet état qu’on a déconseillé ? Et quelle chance est
plus grande que celui auquel on a appelé ?
Si tu médites la vie, tu réaliseras qu’il s’agit seulement du présent, qui est la cloison entre les
deux temps, mais ce qui est passé et ce qui n’est pas encore arrivé sont inexistants comme ce qui n’est pas. il n’y a pas plus égaré que celui qui échange ce qui est éternel contre ce qui ne dure que le temps d’un clin d’oeil.
Quand on s’endort, on sort du monde et on oublie toutes les joies et les peines, si l’Homme
s’habitue donc à cela à son éveil également, il serait complètement heureux. Celui qui cause
du mal à ses proches et ses voisins est le moins bon parmi eux. Celui qui punit ceux qui lui
causent du mal leur ressemble. Et celui qui ne les châtie pas pour le tord qu’ils lui ont causé
est le meilleur et le plus généreux parmi eux.

_________________________________________________
(1) Ce qui intéresse les gens : c'est à dire ce qui les tracasse et les préoccupe, le croyant pour sa part sait que ce qui lui arrive n'aurait pas pu le rater et que ce qui l'a raté n'aurait pas pu lui arriver, c'est ce qu'Allah – exalté soit-Il – dit :
« Nul malheur n’atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre
avant que Nous ne l’ayons créé ; et cela est certes facile à Allah, afin que vous ne vous
tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni n’exultiez pour ce qu’Il vous a donné.
Et Allah n’aime point tout présomptueux plein de gloriole»
(Sourate al Hadîd, le Fer, versets 22 et 23)
(2) Rapporté par Muslim, 4/2034, et relaté par lui comme suit:«On a dit au Messager d’Allah,que les bénédictions et la paix soient sur lui:«Vois-tu l’homme qui fait le bien et que les gens le louent pour ce bien?Il répondit:«Cela est la prompte et bonne annonce au croyant ».

mardi 5 mars 2019

Sur la guérison des maux et des mœurs corrompues:par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi


Parmi les signes de la magnificence de l’administration du monde par Allah – exalté soit-Il – on constate que plus la chose est vitale, plus elle est facilement accessible, telle l’eau et ce qui est au dessus. 
Plus la chose est superflue, plus elle est précieuse, comme les rubis rouges et ce qui est en dessous.

Ne fréquente pas les mauvais compagnons, et n’aide pas tes contemporains à commettre des
actes pouvant te nuire ici-bas et dans l’au-delà aussi rares soient-ils.
Car tu le regretteras quand il sera trop tard.
Les gens que tu auras aidés, se réjouiront de ta peine et ne s’attristeront pas de ton ignoble fin.

Évite de contredire tes compagnons et de t’opposer à tes contemporains au sujet de ce qui ne
t’es pas nuisible ici-bas ou dans l’au-delà si peu soit-il. Car cela ne t’apportera que du tord,
du mépris, de l’animosité voire un grand préjudice inutile. Il n’y a pas de raison justifiant le
fait de susciter la colère des gens ou celle d’Allah – exalté soit-Il – et il n’est guère nécessaire
de s’éloigner des gens ou de la Vérité. Alors permets-toi de provoquer la colère des gens et
de t’éloigner d’eux, mais ne suscite jamais la colère de ton Seigneur – exalté soit-Il – et ne
t’éloigne jamais de la Vérité.
Certes, c’est un devoir de prendre exemple sur le Prophète, que les bénédictions et la paix
soient sur lui, quand il exhortait au bien les ignorants et les pécheurs. Celui qui exhorte au
bien, sèchement et brutalement, se trompe et s’égare du chemin du Prophète, que les
bénédictions et la paix soient sur lui. Car au lieu de bien faire, par sa rudesse, il incite celui
qu’il veut exhorter au bien à persister dans sa colère et son obstination.
Et celui qui exhorte au bien, délicatement et en souriant, faisant semblant de faire part, à
celui qui veut exhorter de son opinion sur les défauts d’un autre, suit la méthode
d’exhortation la plus efficace. Si celle-ci échoue, il doit isoler la personne et lui parler en
provoquant un sentiment de honte. Si cela échoie également, qu’il le fasse en présence des
personnes pour lesquelles cette personne, éprouve du respect et ce, en suivant l’ordre d’Allah
– exalté soit-Il – de parler gentiment aux gens.
Le Prophète n’exhortait pas par affrontement mais il disait : « Pourquoi donc y a-t-il des
gens qui font ceci ? ». Il a loué la douceur, a recommandé l’indulgence, condamné
l’antipathie et il n’exhortait pas avec insistance afin d’éviter l’ennui (al Bukhari, 1/162).
Allah – exalté soit-Il – a dit : « Mais si tu étais rude, au coeur dur, ils se seraient enfuis de
ton entourage. » Sourate ali Imrân, la famille d’Imrân, verset 159.
Ainsi, on ne doit user de la force que si l’une des lois d’Allah – exalté soit-Il – est
transgressée. A ce moment-là, l’intransigeance est de rigueur et exigée de ceux qui sont aptes
à les faire respecter.

Parmi les bonnes méthodes d’exhortation d’une personne au bien, une consiste à louer en sa
présence, les actes contraires aux siens tel un appel à faire le bien. Cela est l’unique bienfait
du désir d’éloges que je connaisse, dans la mesure où, grâce à l’éloge, on incite celui que l’on
veut exhorter à imiter l’acte loué. C’est la raison pour laquelle, on est tenu de faire
l’historique de la définition des vertus et des vices et ce, afin d’éloigner ceux qui héritent des
erreurs des anciens et de les exhorter à leurs qualités.

dimanche 3 mars 2019

Thérapie de l’âme par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi: Avant-propos de l'auteur


Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
Abu Muhammad Ali Ibn Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm al Faqih al Andalusi, qu’Allah – exalté
soit-Il – le couvre de Sa miséricorde.

« Louange à Allah – exalté soit-Il – pour ses grands bienfaits, que la bénédiction soit sur Muhammad Son serviteur, le dernier des prophètes et messagers. J’avoue auprès d’Allah –exalté soit-Il –
que je n’ai ni force ni puissance.
Je lui demande de m’aider à acquérir tout ce qui préserve des peurs et des dangers et ce qui sauve de tout effroi ou détresse ».
J’ai rassemblé dans mon présent livre plusieurs concepts dont Allah – exalté soit-Il – qui
donne le discernement m’a fait don, jour après jour et en toutes circonstances.
Il m’a pourvu – glorifié soit-Il – de la préoccupation des problèmes et des conditions de la vie.
J’y ai alors dépensé la majeure partie de ma vie, et j’ai préféré la lecture et les pensées à son sujet aux
autres désirs de la plupart des âmes et au souhait de cumuler l’argent.
J’ai mis l’essence de mon expérience dans cet ouvrage pour Allah – exalté soit-Il – en apporte
le bienfait à qui Il veut de Ses sujets à qui parvient le fruit de mon effort et de ma longue réflexion, pour qu’on saisisse ce que j’ai offert.
Ceci sera alors meilleur que tous les trésors d’argent et des propriétés si Allah – exalté soit-Il – en facilite l’usage.
Et j’espère grâce à cela la grande rétribution d’Allah – exalté soit-Il – pour mon intention d’être utile à Ses sujets, de réformer leurs mœurs corrompues, de guérir les maux de leurs âmes, et je demande l’aide d’Allah – exalté soit-Il.