Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

vendredi 22 juin 2018

Versets à méditer: A Allah seul appartiennent l’Est et l’Ouest. ... آيات لِلتَّدَبُّر:وَلِلَّهِ ٱلۡمَشۡرِقُ وَٱلۡمَغۡرِبُ‌ۚ


وَلِلَّهِ ٱلۡمَشۡرِقُ وَٱلۡمَغۡرِبُ‌ۚ فَأَيۡنَمَا تُوَلُّواْ فَثَمَّ وَجۡهُ ٱللَّهِ‌ۚ إِنَّ ٱللَّهَ وَٲسِعٌ عَلِيمٌ۬ (١١٥)
A Allah seul appartiennent l’Est et l’Ouest. Où que vous vous tourniez, la Face d’Allah est donc là, car Allah a la grâce immense; Il est Omniscient. (115) 

(Al-Chamael al-Mohammadiya) Les qualités sublimes du ProphèteMuhammad(صلَّى الله عليه وسلّم) Par l’Imâm at-Tirmidhî




(Al-Chamael al-Mohammadiya)
                                            
Le train de vie du Prophète Muhammad(صلَّى الله عليه وسلّم)
بسم الله الرحمن الرحيم
  • -D'après Mohammad Ibn Sîrîn -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-: 
  • « Nous étions chez Abou Houreyra -qu’Allâh l’agrée-
  • il portait deux vêtements en lin, teints à l’argile rouge.  
  • Il se moucha dans l'un des deux et dit : « Vous vous rendez compte ! » 
  • Abou Houreyra se mouche dans du lin ! 
  • Il m'arrivait autrefois de tomber évanoui 
  • entre le minbar du Messager d’Allâh (صلَّى الله عليه وسلّم)  
  • et l’appartement de ‘Aicha -qu’Allâh l’agrée-
  • quelqu'un venait alors mettre son pied sur mon cou, 
  • en s'imaginant que j'étais pris d'un accès de folie. 
  • Or, ce n'était guère la folie, mais seulement la faim ! »
-Mâlik Ibn Dinar -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a rapporté :
« L'Envoyé d’Allâh(صلَّى الله عليه وسلّم) ne s'est guère rassasié de pain ni de viande, 
sauf lorsqu'il en mangeait avec de nombreuses personnes (‘ala dafaf). »

Mâlik Ibn Dinar ajoute:
« J'ai demandé à un homme parmi les bédouins ce qu'était dafaf. 
Il répondit : « Cela signifie de prendre son repas avec les gens. ». »
-D'après Simâk ben Harb -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- : 
« J'ai entendu al-No‘mân Ibn Bachîr -qu’Allâh l’agrée- dire : 
« N'avez-vous donc pas de nourriture et de boisson comme vous en voulez ? 
J'ai vu votre Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) alors qu'il ne trouvait point 
comme dattes dures de quoi remplir son ventre ! »

-‘Aicha -qu’Allâh l’agrée- a dit :
« Nous restions, la Famille de Mohammad(صلَّى الله عليه وسلّم)
un mois sans allumer un feu. Il n'y avait que des dattes et de l'eau. »
-Abou Talha -qu’Allâh l’agrée- a relaté :
« Nous nous plaignîmes de la faim auprès du 
Messager(صلَّى الله عليه وسلّم) d’Allah et chacun montra qu'il mettait contre son ventre une pierre. 
Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) montra alors deux pierres qu'il avait sur le ventre. »
Commentaire de l’Imâm [Tirmidhî]:
Ce hadith est de caractère" singulier"(gharîb) [1], au niveau d'Abou Talha.
Nous ne le connaissons que par cette voie. Le sens de ses termes:
"chacun montra qu'il mettait contre son ventre une pierre ",
est qu'ils serraient une pierre à leur ventre du fait de l'effort et de
la faiblesse qu'ils enduraient, en raison de la faim.
Source : Al-Chamael al-Mohammadiya

-D'après Abou Houreyra -qu’Allâh l’agrée- :
« Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) sortit à une heure où il n'avait pas l'habitude 
de sortir[2] et où personne ne venait le trouver.
Or, Abou Bakr -qu’Allâh l’agrée- arriva à sa rencontre et il  lui dit : 
« Qu'est-ce qui t'a fait venir, ô Abou Bakr ? »
« Je suis sorti en comptant trouver le Messager d’Allah
(صلَّى الله عليه وسلّم)
regarder son visage et le saluer. »
Peu après lui, vint ‘Omar -qu’Allâh l’agrée-.
Il lui demanda aussi : « Qu'est-ce qui t'a fait venir, ô ‘Omar ? »
« La faim, ô Messager d’Allah ! »
Moi aussi dit le Prophète
(صلَّى الله عليه وسلّم) , j'ai ressenti une part de cela. 
Ils allèrent alors vers le domicile d'Abou al-Haytham ben al-Tayhân l'Ançarite. 
C'était un homme qui possédait de nombreux dattiers et beaucoup de bétail, 
mais qui n'avait pas de serviteurs ; c'est pourquoi, ils ne le trouvèrent pas.
Ils demandèrent à sa femme : « Où est ton compagnon ? »
« Il est parti nous chercher de l'eau douce. »
Ils n'attendirent guère longtemps qu'Abou al-Haytham arriva avec 

une outre dont le poids le faisait tituber. 
Il la posa, puis vint serrer le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) entre ses bras, en disant :
« Que mon père et ma mère soient ta rançon ! »
Puis, il les emmena dans son clos, étendit pour eux un tapis sur le sol et se 

dirigea vers un palmier dont il cueillit un régime 
de dattes qu'il déposa devant eux.Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) dit alors :
«Pourquoi n'as-tu point choisi parmi ceux qui sont tous mûrs?»
J'ai voulu, ô Messager d’Allah, que vous choisissiez vous-mêmes entre 
les dattes mûres et celles qui le sont moins. 
Ils mangèrent alors et burent de l'eau dont nous avons parlé; 
le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) dit ensuite : 
« Cela, par Celui qui détient mon âme en Sa Main, fait partie des bienfaits 
dont vous serez interrogés, le jour de la Résurrection ; 
ombre rafraîchissante, dattes excellentes et eau fraiche ! »
Abou al-Haytham alla ensuite leur préparer un repas.
Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) dit alors : « N'égorge point de bête laitière pour nous ! »
Il immola alors une chevrette ou un chevreau à leur intention, 

puis vint avec par la suite, et ils mangèrent. Après quoi, 
le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) lui demanda : « As-tu un serviteur ? »
« Non » répondit-il.
Lorsque des captifs nous seront amenés, viens nous trouver, 
ajouta le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) ...
Après cela, on amena deux captifs au Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم)  
et Abou al-Haytham vint le voir.
Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) lui dit alors : « Choisis entre eux deux ! »
« Ô Envoyé d’Allah ! Choisis pour moi. »
« Celui à qui on demande conseil doit être digne de la confiance mise en lui. 
Prends celui-là ! » Je l'ai vu faire la prière. Traite-le de manière convenable.
Abou al-Haytham alla trouver son épouse et la mit au courant 
des propos du Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم)
Elle lui dit alors : « Tu ne parviendras à appliquer vraiment ce que le 
Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) a dit à son sujet que si tu l'affranchis. »
« Qu'il soit affranchi! dit alors Abou al-Haytham. »
Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) dit alors : « Allah n'a suscité de prophète ou 
de souverain sans qu'ils n'aient deux sortes d'entourage. 
Un entourage qui leur recommande le bien et leur interdit le mal et un 
entourage qui ne manque pas de vouloir les corrompre. 
Celui qui est préservé de l'entourage pernicieux, celui là aura été sauvegardé. ». »
-Qays Ibn Hâzem a relaté qu'il entendit Sa‘d Ibn Abi Waqqâç -qu’Allâh l’agrée- dire :
« Je suis le premier homme à avoir fait couler du sang dans la voie de Allah[3]
le premier homme à avoir tiré une flèche dans la voie de Dieu. 
Or, il m'arrivait d'être en expédition avec un groupe de Compagnons de 
Mohamed(صلَّى الله عليه وسلّم) et nous ne mangions alors que des feuilles d'arbre et 
des gousses d'acacia, au point que les commissures de nos lèvres devenaient 
ulcéreuses et que les selles de certains d'entre nous ressemblaient 
à ce qu'expulsent le mouton et le chameau. 
Et maintenant, les Banou Asad me font des remontrances sur ma religion, auquel 
cas (s'ils disaient vrai) ce serait mon malheur, ma perte et la ruine de mes actes[4]»
-D'après ‘Amrou Ibn ‘Ysa al-iAdun -qu’Allâh l’agrée- : 
« J'ai entendu Khâled ben ‘Omeyr et Chouweys Abou Raqqâd -qu’Allâh l’agrée
 relater : « ‘Omar ben al-Khattab -qu’Allâh l’agrée- envoya en mission 
‘Otba Ibn Ghazwân -qu’Allâh l’agrée- et lui dit :
« Cheminez, toi et ceux qui sont avec toi, jusqu'à ce que vous atteigniez l'extrémité
de la terre des Arabes et la région la plus proche du pays non arabe ... »
Ils se mirent donc en route jusqu'à ce qu'ils parvinrent à al-Mirbad où 
ils remarquèrent comme de la roche tendre et blanche ; ils se dirent alors : 
« Qu'est-ce donc que cela ? »
« De la roche gypseuse (al-baçra)[5] » dirent certains.
Puis ils poursuivirent leur chemin jusqu'à proximité du Petit pont.
« Voilà le lieu qui vous a été stipulé ! » affirmèrent-ils. Et ils y descendirent alors ...
L’Imâm at-Tirmidhî dit :«Ceux qui l'ont rapporté ont mentionné ensuite toutes les circonstances de ce récit...»[6]
...‘Otba Ibn Ghazwân -qu’Allâh l’agrée- dit : « Alors que je fus le septième à suivre 
le Prophète d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) , il arrivait que nous n'avions à manger que des 
feuilles d'arbres, au point que les commissures de nos lèvres devenaient ulcéreuses. 
Il m'arriva aussi de trouver une pèlerine (bourda) 
que je décidai de partager en deux avec Sa‘d (Ibn Abî Waqqâç).
Aujourd'hui, il n'y a pas un seul d'entre nous sept qui ne 
soit gouverneur d'une province. 
Plus tard, vous pourrez voir comment agiront les autres gouverneurs. »

-Anas -qu’Allâh l’agrée- a relaté : « L'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) a dit : 
« Dans la voie d’Allah, j'ai été inquiété pendant que personne ne l'était et subi 
des torts pendant que nul n'en subissait. J'ai connu trente jours consécutifs 
pendant lesquels ni moi ni Bilal -qu’Allâh l’agrée- n'avions à 
manger ce dont se nourrit 
une créature ayant un foie, sauf une quantité (si petite) 
que l'aisselle de Bilal -qu’Allâh l’agrée- aurait pu cacher. »

-D'après Anas Ibn Mâlik -qu’Allâh l’agrée-,
il ne s'est pas trouvé chez le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) de déjeuner ou de dîner où le pain et
la viande furent réunis, sauf lorsqu'il y avait de nombreux convives (‘ala dafaf).
Commentaire de l’Imâm:
‘Abdallah (Ibn ‘Abd al-Rabmân al-Dârimî) note (à propos de ‘ala dafaf) :
« On l'explique par la présence de nombreuses personnes au repas. »
Source : Al-Chamael al-Mohammadiya

-Nawfal Ibn lyas al-Hodbali -qu’Allâh l’agrée- a déclaré :
« On s'asseyait souvent en présence de ‘Abd al-Rahmân Ibn ‘Awf 
et quelle belle compagnie que la sienne !
Un jour qu'il nous emmena chez lui, nous entrâmes donc et lui à notre suite. 
Il alla se laver puis revint. On nous apporta un grand plat contenant du pain et de la viande. Lorsqu'il fut posé, ‘Abd al-Rahmân pleura.
Je lui demandai : « Ô Abou Mohammad ! Qu'est-ce qui te fait pleurer ? »
« Le Messager de Dieu
(صلَّى الله عليه وسلّم) est mort, répondit-il, 
alors que ni lui ni les gens de sa Maison ne se rassasièrent de pain d'orge. 
Je ne pense donc pas qu'on nous ait laissés encore 
(après eux) pour ce qui est préférable pour nous. ». »

Le bon caractère du Prophète Mohamed(صلَّى الله عليه وسلّم)
D'après Kbârija, fils de Zeyd ben Thâbet -qu’Allâh les agrée-
des hommes entrèrent chez Zeyd ben Thâbet -qu’Allâh l’agrée- et lui Dirent :
« Parle-nous de hadiths de l'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) .
« De quel hadith pourrais-je vous parler ? J'étais son voisin. 
Lorsque la Révélation descendait sur lui, 
il me faisait appeler et j'écrivais celle-ci
Lorsque nous évoquions le bas-monde, il l'évoquait avec nous. 
Lorsque nous évoquions la vie dernière, il l'évoquait avec nous. 
Lorsque nous parlions de nourriture, il en parlait avec nous. 
Tout cela peut vous donner une idée sur le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) »

‘Amrou ben al-‘Aç -qu’Allâh l’agrée- a dit :
« L'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) lorsqu'il s'exprimait, adressait son regard 
et ses paroles aux moins méritants, afin de les amadouer. 
Ainsi[7], il tournait sa face vers moi, en même temps qu'il s'exprimait, 
au point que je pensai que j'étais le meilleur de tous, 
et j'en vins à lui demander :
« Messager d’Allah ! Qui est meilleur, moi ou Abou Bakr ?
« Abou Bakr -qu’Allâh l’agrée- » répondit-il(صلَّى الله عليه وسلّم) .
« Messager d’Allah ! Qui est meilleur, moi ou ‘Omar ? »
« ‘Omar -qu’Allâh l’agrée-. »
« Messager d’Allah ! Qui est meilleur, moi ou ‘Othmân ?
« ‘Othmân -qu’Allâh l’agrée-. »
Après avoir ainsi interrogé le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم)  
qui me répondit avec cette franchise, 
je souhaitais ne pas lui avoir demandé cela. »

Anas Ibn Mâlik[8] -qu’Allâh l’agrée- a dit :
« J'ai servi le Prophète d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) pendant dix ans. 
Il ne m'a guère dit une seule fois" fi " ("ouf"), ni m'a dit d'une chose que je fis, 
pourquoi l'as-tu faite, ni d'une chose que je délaissai, pourquoi l'as-tu délaissée. 
Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) était de ceux qui avaient le meilleur caractère. 
Je n'ai guère touché de martre (khazz)[9] ni de soie ni autre chose plus douce 
que la main du Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم)
Je n'ai guère senti de musc ni d'autre parfum plus agréable 
que la sueur du Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) »

D'après Anas Ibn Mâlik -qu’Allâh l’agrée- : 
« Il y avait en présence de l'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) un homme ayant 
sur lui une trace jaune (de safran). 
Or, le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) n'osait pas s'adresser à une personne 
par ce qui pouvait la contrarier. 
Ainsi, lorsque cet homme se leva et partit, il dit à ceux qui étaient présents : 
"Si seulement vous lui disiez de délaisser le jaune (du safran)[10]. ". »

D'après ‘Aïcha -qu’Allâh l’agrée- : 
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) n'était ni grossier de caractère 
ni se rendait grossier, et n'était point crieur dans les souks. 
Il ne rendait pas la mauvaise action par une mauvaise, 
mais pardonnait et effaçait. »

‘Aïcha -qu’Allâh l’agrée- a de même relaté :
« L'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) n'a rien frappé de sa main, sauf 
lorsqu'il faisait le djihad dans la voie de Dieu. 
Il n'a jamais frappé un serviteur ou une femme. »

D'après ‘Aïcha -qu’Allâh l’agrée- :
« Je n'ai jamais vu le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) essayer d'avoir gain 
de cause pour ce qui est d'une injustice le touchant, tant que les 
interdits de Dieu n'étaient en rien violés. 
Mais si on portait atteinte à ceux-ci, il se montrait le plus irrité 
vis-à-vis de cela. Il ne lui à point été donné de choisir entre 
deux choses qu'il n'ait choisi la plus facile, 
tant que celle-ci n'était point un péché. »

‘Aïcha -qu’Allâh l’agrée- a déclaré :
« Un homme demanda à entrer auprès de l'Envoyé 
d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم)   alors que je me trouvais chez lui.
Il dit alors : « Quel mauvais fils, ou quel mauvais frère, pour les siens ! »
Suite à quoi, il l'autorisa à entrer et lui tint des propos bienveillants.
Lorsque l'homme sortit, je demandai : 
« Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) ! Tu as dit ce que tu as dit [sur cet homme], 
puis tu lui as tenu des propos bienveillants. »
Il  répondit (صلَّى الله عليه وسلّم) : « ‘Aicha, la personne la plus néfaste est celle 
que les gens évitent, ou dont ils s'écartent, de crainte de sa grossièreté. ». »

D'après al-Hasan Ibn ‘Ali -qu’Allâh l’agrée- :
« Al-Houseyn (mon frère) Ibn ‘Ali -qu’Allâh les agrée- a dit: 
« J'ai demandé à mon père quelle était la conduite du Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم)  
avec ceux qui s'asseyaient avec lui. »
Il -qu’Allâh l’agrée- répondit : 
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) était toujours souriant, 
de nature accommodante et était bienveillant. 
Il n'était ni rustre, ni dur, ni crieur, ni grossier, ni dénigreur, ni difficile. 
Il ne prêtait guère attention à ce qui n'avait pas d'intérêt. 
On ne désespérait pas de lui et il ne décevait pas.
Il y a trois choses dont il s'abstenait: 
la contradiction, l'excès[11] et ce qui ne le regardait pas. 
Il s'est abstenu de même de trois choses, pour ce qui concerne les gens : 
il ne critiquait ni dénigrait personne ; il ne cherchait à dévoiler 
l'intimité de personne ; il ne parlait que pour ce 
dont on espère une rétribution divine.
Lorsqu'il parlait, les assistants restaient totalement silencieux ; 
on aurait dit que les oiseaux étaient sur leurs têtes. 
Lorsqu'il se taisait, ils parlaient alors. 
Ils ne s'opposaient jamais en sa présence. 
Quand l'un d'entre eux s'exprimait, 
ils restaient silencieux jusqu'à ce qu'il termine. 
Leur propos auprès de lui restait (attractif) 
comme celui du premier d'entre eux à avoir parler.
Il riait en même temps que leur rire et s'étonnait 
en même temps que leur étonnement. 
Il prenait patience avec les étrangers lorsque leur langage et leurs demandes 
semblaient rudes, et ses Compagnons les faisaient venir.[12]
Il  disait(صلَّى الله عليه وسلّم); « Lorsque vous voyez quelqu'un demander à 
ce qu'on réponde à sa nécessité, assistez-le ! »
Il n'acceptait d'éloge que de quelqu'un qui marquait 
ainsi un geste réciproque au sien. 
Il ne coupait la parole à personne, sauf en cas de transgression où 
il l'interrompait alors en l'interdisant ou en se levant. »

D'après Mohammad Ibn al-Mounkader -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- :
« J'ai entendu Jâber Ibn ‘Abdallah -qu’Allâh l’agrée- dire ; - On n'a guère demandé 
quelque chose à l'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) où il ait répondu par «  non ». »

Ibn ‘Abbas -qu’Allâh l’agrée- a dit :
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) était le plus généreux en bienfaits. 
C'est durant le mois de ramadan, jusqu'à son terme, qu'il l'était le plus. 
Gabriel venait alors le trouver et lui faisait réviser le Coran, 
et lorsque Gabriel le rencontrait, 
le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) était plus généreux que le vent bénéfique. »

Anas Ibn Mâlik -qu’Allâh l’agrée- a relaté :
« Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) ne mettait rien en réserve pour le lendemain. »

D'après ‘Omar Ibn al-Khattab -qu’Allâh l’agrée- :
« Un homme vint trouver le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم)  
et lui demanda de lui donner quelque chose.
Il  lui répondit (صلَّى الله عليه وسلّم)
« Je n'ai rien, mais cependant, achète sur mon compte et 
lorsque des ressources me parviendront, je réglerai. »
‘Omar dit ; « Messager d’Allah ! Tu lui as déjà donné. 
Allah ne t'a guère chargé de ce qui n'est pas dans ta possibilité. »
Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) n'apprécia pas les propos de ‘Omar. 
Un homme des Ançar dit alors ; - Envoyé d’Allah ! 
Fais généreuse dépense et ne crains pas de pauvreté, 
eu égard au Seigneur du Trône!
Le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) sourit et on pouvait voir le contentement 
sur son visage, suite aux paroles de l'Ançarite.
Puis il  dit (صلَّى الله عليه وسلّم) : « C'est ainsi qu'on m'a commandé d'agir ! ». »

D'après ‘Aicha -qu’Allâh l’agrée-, le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) 
  acceptait les cadeaux et les rétribuait.

Les traits physiques du Messager de Dieu(صلَّى الله عليه وسلّم)
Abou Rajâ’ Qoteyba Ibn Sa‘ïd -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-
nous a tenu le propos d'après Mâlik Ibn Anas (qui le tient)
-qu’Allâh lui fasse Miséricorde- d'après Rabi ‘a Ibn ‘Abd Ar-Rahmân -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-, d'après Anas Ibn Mâlik -qu’Allâh l’agrée- qui a dit :
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) n'était ni sensiblement grand ni petit. 
Son teint n'était ni très blanc ni très brun. Ses cheveux n'étaient ni crépus ni raides. 
Allah le Très-Haut l'envoya comme prophète lorsqu'il eut quarante ans. 
Depuis, il demeura dix ans à la Mecque et dix ans à Médine. 
Allah  le rappela à Lui lorsqu'il eut soixante ans ; 
il n'y avait pas alors dans ses cheveux et sa barbe vingt poils blancs. »

Anas Ibn Mâlik -qu’Allâh l’agrée- relate de même :
« L'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) était de taille moyenne, ni très grand ni petit. 
Il avait un beau physique. Ses cheveux n'étaient ni frisés ni raides. 
Il était brun. Sa démarche était dynamique. »

D'après al-Barrâ’ Ibn ‘Âzeb -qu’Allâh l’agrée- :
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) était de taille moyenne. 
Ses épaules étaient larges. 
Sa chevelure abondante lui arrivait sous la nuque et jusqu'au lobe des oreilles. 
Il porta une houlla[13]  de couleur rouge ; je n'ai guère vu plus beau que lui. »

Al-Barrâ’ Ibn ‘Âzeb -qu’Allâh l’agrée- a relaté de même :
« Je n'ai pas vu un homme aux cheveux couvrant la nuque porter 
une houlla rouge, plus beau que le Prophète d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم)
ses cheveux retombaient sur ses épaules, 
sa taille n'était ni courte ni longue. »


‘Ali Ibn Abi Tâlib -qu’Allâh l’agrée- a dit :
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) n'était ni très grand ni petit. 
Ses mains et ses pieds étaient fermes (chathan)[14]
Sa tête et ses membres étaient grands, ses poils entre la poitrine 
et le nombril formaient une longue ligne. 
Sa démarche tendait vers l'avant par son dynamisme ; 
on aurait dit qu'il dévalait une pente. 
Je n'ai guère vu semblable à lui, ni avant ni après. »


D'après Ibrâhim Ibn Mohammad -qu’Allâh lui fasse Miséricorde-,
de la descendance de ‘Ali Ibn Abi Tâlib -qu’Allâh l’agrée- :
« Lorsque ‘Ali décrivait le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) , il disait : 
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم)  n'était ni extrêmement grand ni trapu. 
Sa taille était moyenne parmi les gens. 
Ses cheveux n'étaient ni crépus ni raides, mais ondulés. 
Son visage n'était ni plein ni rond, mais quelque peu arrondi, 
avec une blancheur mêlée de couleurs. 
Ses yeux d'un noir vif étaient surmontés de longs cils. 
La tête[15] de ses os ainsi que la partie centrale 
entre ses omoplates étaient imposantes. 
Il n'était guère velu et ses poils entre la poitrine et 
le nombril formaient une ligne. 
Ses mains et ses pieds étaient fermes[16]
Son pas était  énergique, on aurait dit qu'il dévalait une pente. 
Lorsqu'il se retournait, il se retournait entièrement. 
Le sceau de la Prophétie apparaissait entre ses épaules, 
alors qu'il fut lui-même le Sceau des prophètes. 
Il était l'homme le plus bienveillant, le plus véridique, 
dont la nature était la plus douce, 
et le plus munificent pour son peuple.
Qui le voyait pour la première fois[17], en éprouvait une grande révérence. 

Qui le fréquentait par connaissance, l'aimait. 
Qui l'a décrit a déclaré : "Je n'ai guère vu semblable à lui, ni avant ni après. »

D'après al-Hasan Ibn ‘Ali -qu’Allâh les agrée-  a dit :
« J'ai demandé à mon oncle maternel, Hind Ibn Abi Hâla qui savait fort bien décrire,
ce qu'il en était des traits du Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم) .
 Je souhaitais vivement qu'il m'en décrive une part à laquelle je m'attacherais.
Il -qu’Allâh l’agrée- répondit :
« Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) était imposant et révéré. 
Son visage rayonnait comme brille la pleine lune. 
Il était plus grand que l'homme de taille moyenne et plus petit que l'homme de 
très grande taille. Sa tête était grande et ses cheveux lisses. 
Si ses cheveux pouvaient être séparés facilement, il les séparait par une raie 
au milieu; autrement, ils ne dépassaient pas le lobe 
des oreilles, s'il les ramenait vers la nuque.Son teint était d'une clarté rayonnante. 
La partie supérieure à ses tempes était grande. 
Ses longs sourcils minces et arqués ne se rejoignaient pas ; le pli entre ceux-ci se 
gonflait lorsqu'il était courroucé. Son nez était long et mince et très légèrement busqué 
par le milieu de son arête qui semblait briller, au point que celui qui ne l'observait pas 
de près pouvait penser que son nez était juste droit.Sa barbe était bien fournie, ses joues 
n'étaient ni creuses ni rondes. Sa bouche était large et ses incisives centrales du haut, 
séparées. Ses poils entre la poitrine et le nombril formaient une ligne mince. 
On aurait dit que son cou était celui d'une figurine, telle la clarté de l'argent. 
Sa constitution était équilibrée, sa chair ferme et bien formée.
Son ventre et sa poitrine s'alignaient sur un même plan. 

Sa poitrine et ses épaules étaient larges et ses articulations imposantes.
Ce qui paraissait de son corps rayonnait. 

Des poils entre le milieu de sa poitrine et le nombril semblaient former une ligne. 
Sa poitrine et son ventre en étaient dépourvus alors que des 
poils couvraient ses avant-bras, ses épaules et le haut de sa poitrine. 
Ses avant-bras étaient longs et ses paumes bien grandes. 
Ses mains et ses pieds étaient fermes et ses doigts éployés (sâïl)[18] 
[ou, dit celui qui rapporte cette relation : et ses doigts relevés (châïl)]. 
Sa voûte plantaire était bien courbée et la plante de ses pieds bien lisse, 
au point que l'eau s'en écoulait facilement.
Ses pas étaient énergiques, sa démarche tendait vers l'avant 

par son dynamisme. Il marchait avec sérénité. 
Ses pas étaient grands et rapides, on aurait dit qu'il dévalait une pente[19]
Lorsqu'il se retournait, il retournait tout son corps. 
Il baissait le regard qui regardait plus la terre que le ciel. 
Il regardait le plus souvent du côté de l'angle externe des yeux. 
Il marchait derrière ses Compagnons et commençait 
le premier le salut avec les personnes rencontrées. »


.... Cho‘ba -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- nous l'a rapporté d'après Simâk Ibn Harb
-qu’Allâh lui fasse Miséricorde- qui a déclaré : « J'ai entendu Jâber Ibn Samora  
-qu’Allâh l’agrée- dire : 
« La bouche du Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) était large (dalî' alfam
Il y avait une légère rougeur dans le blanc de ses yeux (achkal al- 'aynayn
et ses talons n'étaient pas charnus (manhoûs al ‘aqib). »

Cho‘ba -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- ajoute :
« Je demandai à Simâk : « Qu'est-ce que dalî' al-fam ? »
« Une bouche large », répondit-il.
« Qu'est-ce que achkal al-'aynayn ? »
« De grands yeux dont la forme est allongée »[20]
« Qu'est-ce que manhoûs al-‘aqib ? »
« Un talon ayant peu de chair. ». »

Jâber Ibn Samora -qu’Allâh l’agrée- a de même relaté :« J'ai vu le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم)
par une nuit claire, porter une houlla rouge. Je les regardais, lui et la lune; 
il était manifeste pour moi qu'il était plus beau que celle-ci. »

D'après Abou Ishâq : « Un homme posa cette question à al-Barrâ' Ibn ‘Azeb 
 -qu’Allâh l’agrée- : « Est-ce que le visage de l'Envoyé d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم) 
  était comme [l'éclat de] l'épée ? »[21]
« Non! Plutôt comme la [clarté[22] de la] lune », lui répondit-il. »

D'après Abou Houreyra -qu’Allâh l’agrée- : « Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم)  avait 
le teint clair ; c'est comme s'il fut formé à partir d'argent. Ses cheveux étaient lisses. »

Jâber Ibn ‘Abdallah -qu’Allâh l’agrée- relate que l'Envoyé d’Allah a dit :
« On me présenta les prophètes. Moïse -‘aleyhi sallâm- m'apparut comme un homme 
des Chanoû'a[23]. J'ai vu Jésus fils de Marie -‘aleyhi sallâm-
la personne que j'ai vue lui ressembler le plus est 'Orwa Ibn Mas'oûd[24]
J'ai vu aussi Abraham -‘aleyhi sallâm-
la personne que j'ai vue lui ressembler le plus est votre homme 
[c'est-à-dire (le Prophète) lui-même (ajoute Jâber)]. 
J'ai vu de même Gabriel -‘aleyhi sallâm-
la personne que j'ai vue lui ressemblant le plus est Dihya[25]. »

D'après Sa‘îd al-Joureyri -‘aleyhi sallâm- : « J'ai entendu Abou Tofeyl -‘aleyhi sallâm- dire :
« J'ai vu le Prophète(صلَّى الله عليه وسلّم), et il ne reste plus sur cette terre un autre 
que moi l'ayant vu[26]« Décris-moi le », lui demandai-je alors.
Il avait, répondit Abou Tofeyl, le teint clair. Il était beau et de taille moyenne. »

D'après Ibn ‘Abbâs -‘aleyhi sallâm- : « Le Messager d’Allah(صلَّى الله عليه وسلّم)  
avait les incisives centrales du haut séparées. 
Lorsqu'il parlait, la lumière semblait paraître entre ses incisives. »
Source : Al-Chamael al-Mohammadiya

[1] C'est le hadith qui, à au moins un niveau de sa chaîne de transmission, n'est rapporté que par une seule personne. Ici, seul Abou Talha -qu’Allâh l’agrée-  (au niveau de la génération des Compagnons, dans la chaîne) a relaté le hadith.
[2] Les détails du hadith et les habitudes du pays semblent indiquer qu'il s'agit de l'heure suivant la prière du début d'après midi (dhohr).
[3] Aux premiers temps de la prophétie, à la Mecque, Sa‘d -qu’Allâh l’agrée-, qui faisait clandestinement la prière avec un groupe de croyants, avait blessé avec une mâchoire de chameau un des polythéistes qui tentaient de les en empêcher.

[4] Sa'd ben Abi Waqqâç mort à Médine, en 55H/675 -qu’Allâh l’agrée-, un des dix Compagnons à qui le Prophète  fit l'annonce du paradis, participa à toutes les batailles avec lui, et plus tard, à la conquête de l'Iraq et de la Perse. Le hadith fait allusion aux critiques tendancieuses dont il fut l'objet lorsqu'il fut gouverneur d'al-Koufa, sous 'Omar.
[5] Une des définitions de al-baçra, qui peut être aussi de l'alabastrite ou du tuffeau blanc.
[6] Al-Tirmidhi se limitant au sujet du chapitre en cours. ‘Omar -qu’Allâh l’agrée- avait envoyé ce détachement pour fonder une ville garnison qui prit le nom d'al-Baçra (au sud de l'Iraq), comme il est fait allusion dans ce hadith.

[7] ‘Amrou (m. en Égypte, 43 H/663) -qu’Allâh l’agrée-. Il avait adhéré à l'islam en l'an 8 H. D'une intelligence et d'une habileté légendaire, les Qoreych l'avait notamment envoyé comme ambassadeur auprès du Négus, pour demander l'extradition des premiers émigrés musulmans en Abyssinie. Le Prophète le nomma comme émir à l'expédition de Dhât al-Salâsil (8 H.) et gouverneur à Oman. Plus tard, il fut gouverneur de Palestine puis d'Égypte, sous ‘Omar -qu’Allâh l’agrée-, puis Mo‘awiya -qu’Allâh l’agrée-.
[8] Anas ben Mâlik (m. à Basra, 93H1712) fut mis par sa mère Oum Souleym au service du Prophète, à dix ans. De nombreux hadiths (2286, dont les variantes d'un même hadith) ont ainsi été rapportés par son intermédiaire.
[9] Le terme désigne aussi la soie grège, la bourrette ou l'étoffe en soie et laine (telle la popeline).

[10] Son utilisation par les hommes, sur la peau ou les habits, ayant le caractère" non-appréciable" (makrouh). Deux explications y sont données: c'était un parfum pour femmes; sa couleur jaune. Cf. Fath al-Bâri, T.I0, had. 5846.
[11] L'excès (al-ikthâr) d'argent ou de paroles. Dans une autre relation, il y a le terme al-ikbâr, signifiant la condescendance.
[12] Ils souhaitaient profiter des questions que posaient les bédouins venant à Médine.

[13] "houlla" : un ensemble constitué de la tunique, du manteau sans manches ridâ' porté sur les épaules, et du turban ... ; cela peut être aussi l'ensemble constitué de deux grandes pièces de tissu, l'une servant de pèlerine et l'autre de pagne (Lisân al- 'Arab, T.11, 172). La couleur rouge semble désigner des raies rouges sur le tissu, comme il apparaît d'autres relations.
[14] Le terme aurait exprimé la callosité si d'autres relations n'avaient évoqué la douceur de ses mains, (Cf.
Fath al-Bâri d'Ibn Hajar, T. 6, hadith 3561).
[15] Tels l'arrondi des épaules (comme il est surtout question ici), les genoux, les coudes.

[16] L'auteur, qui, à la suite de ce hadith, explique ses termes difficiles, précisent que ce sont ses doigts et ses orteils qui l'étaient.

[17] " badîlha ", autre sens possible "de manière impromptue ".
[18] C'est-à-dire non recroquevillés, ni courts et ni flasques.
[19] Son énergie donnait à penser qu'il marchait avec le devant de ses pieds, comme le fait celui qui dévale une pente. (Lisân al-Arab, T. 1, 517).

[20] Cependant, les commentateurs l'expliquent selon son sens commun, tel qu'il a été traduit plus haut, Cf. Charh
Sahîh Mouslim d'an-Nawawi, T. 15, 93).
[21] C’est-à-dire fin.
[22] La comparaison est relative au rayonnement du visage mais aussi à sa forme, (cf, Fath al-Bâri, hadith 3552).
[23] Ou les Azd Chanoû'a, tribu du Yémen.

[24] 'Orwa ben Mas'oûd al-Thaqafi. Un des principaux personnages de Taef. Il adhéra à l'islam l'an neuf de l'Hégire et revint le prêcher à son peuple qui le tua.
[25] Dihya ben khalîfa al-Kalbi. Compagnon du Prophète, il porta son message à Héraclius, en 6H/628. Il mourut près de Damas, sous Mo'âwia.
[26] Abou al-Tofeyl, 'Âmer ben Wâthila, mourut le dernier parmi les Compagnons, entre les années cent et cent dix de l'Hégire, à la Mecque. Rappelons que le Prophète est mort à Médine le lundi 12 rabî' 1er, l'an 11 H. (juin 632).

Les mérites de la prière par Abou Hamed Al-Ghazâli





 La prière est la colonne dorsale ('imâd ad-dîn) de la foi et la tâche éclatante des actes de dévotion (at-tâ'ât).
Beaucoup de traditions ont été rapportées sur les mérites de la prière dont le recueillement (al-khushû') est l'une des meilleures règles de bienséance. Ainsi on rapporte, d'après 'Uthmân ibn 'Affân - رضى الله عنه - que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Pour tout individu qui, à l'heure de la prière prescrite, accomplit bien ses ablutions et l'observe convenablement dans un parfait recueillement, cette prière constitue une expiration pour les péchés commis auparavant tant qu'il n'aura pas commis un péché majeur. Et ceci lui est assuré pour toute sa vie ».
Dans un autre Hadîth rapporté par le même 'Uthmân - رضى الله عنه -, le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « A celui qui accomplit une prière de deux rak'a au cours des lesquelles il ne parle pas, on lui pardonnera tous ses péchés antérieurs ».
Ainsi, lorsqu'il se levait pour accomplir la prière, Abdullâh ibn az-Zubayr - رضى الله عنهما - se maintenait debout dans le recueillement tel un morceau de bois. Lorsqu'il se prosternait, les oiseaux se mettaient sur son dos croyant qu'il s'agissait d'une partie inerte d'un mur. Un jour, pendant qu'il priait dans le parvis de la Ka'ba, une pierre lancée par des catapultes l'effleura et lui enleva une partie de ses vêtements, mais il ne quitta pas sa prière.
De même Maymûn ibn Mihrân disait : « Je n'ai jamais vu Muslim ibn Yassar se retourner dans sa prière. Un jour, une partie de la mosquée s'est écroulée. Les gens présents furent effrayés, il était dans la mosquée ce jour-là mais il ne s'est pas retourné. Par ailleurs, lorsqu'il entrait chez lui, les gens de sa maison se muraient dans le silence et lorsqu'il se levait pour la prière, ils se mettaient à bavarder et à rire ». Pour sa part, lorsqu'il accomplissait les ablutions mineures, le visage de 'Alî ibn al-Hasan - رضى الله عنهما - devenait blême. On lui a demandé : « Que t'arrive-t-il lorsque tu fais tes ablutions mineures ? ».
Il a répondu : « Savez-vous devant qui je me mets debout ? »
Sache que la prière comporte des fondements, des obligations et des règles relevant de la Sunna, et que son esprit se trouve dans l'intention, la sincérité, le recueillement et la présence du Cœur. En effet, la prière renferme des récitations, des dialogues intimes et des actes. Aussi, en cas d'absence du cœur, le but recherché par les invocations et les conversations intimes ne se réalise plus, parce que l'articulation des membres devient du simple délire lorsqu'elle n'exprime pas ce qu'il y a dans la conscience.
De même que le but recherché par les gestes n'est pas atteint non plus, si le but de la posture debout c'est le service divin, si par ruku' (inclinaison) et par le sujûd (prosternation), on recherche l'humilité et la vénération et si le cœur n'est pas présent, le dessein visé à travers tout cela n'est pas atteint. En effet, lorsque l'acte dépasse le but recherché, il devient une forme sans valeur. Allah - تعال - dit : 
  { Ni leur chair, ni leur sang n'atteindront jamais Allah ; mais votre crainte révérencielle L'atteindra }. (Qur'ân : Al-Hajj [22] - 37). Le dessein visé, c'est que ce qui fait parvenir à Allah - سبحانه وتعالى -, c'est cette qualité qui s'empare du cœur au point de l'amener à se conformer aux commandements exigés. Donc, la présence du cœur dans la prière est nécessaire. Tout ce qu'il y a, c'est que la Loi religieuse (Châri'a) a toléré ces moments d'inadvertance parce qu'en fin de compte la présence du cœur au début de la prière s'applique quant à sa disposition jusqu'à la fin . cet acte de dévotion.
Cela dit les sens qui donnent vie à la prière sont multiples et nombreux :
- Le premier sens : la présence du cœur (hudûr al qalb) comme nous l'avons indiqué. Cela signifie que le cœur doit se vider de tout ce qui ne l'absorbe pas, car la cause en cela réside dans la préoccupation. En effet, lorsqu'une chose te préoccupe, ton cœur devient nécessairement présent. Il n'y a donc aucun autre remède pour assurer sa présence que de concentrer sa préoccupation sur la prière. Mais l'action de concentrer et de diriger la préoccupation peut faiblir et se renforcer en fonction du degré de puissance de la foi en la vie future et du mépris du bas-monde. Ainsi lorsque tu vois que ton cœur n'est pas présent dans la prière, sache que la cause en est la faiblesse de la foi (da'f al-imân). Efforce-toi donc de renforcer ta croyance.
- Le deuxième sens : la compréhension du sens des paroles (tafahhum li-ma'nâ al-kalâm) car il s'agit d'une question qui déborde la présence du cœur. En effet, il arrive au cœur d'être présent avec les mots à l'exclusion du sens. Il convient donc de diriger le mental vers la perception du sens en repoussant les associations d'idées (al-khawâtir) préoccupantes et en coupant cours à leurs matières, car si les matières ne sont pas coupées, l'association d'idées ne les quitte pas. Or ces matières sont, soit extérieures comme tout ce qu'absorbent l'ouïe et la vue, soit intérieures, et il est plus difficile de s'en débarrasser, comme lorsqu'on est harassé par les soucis dans les méandres du bas-monde. La pensée ne peut plus se concentrer sur un seul objet, et le fait, par exemple, de baisser le regard ne suffit plus parce que ce qui a touché le cœur est déjà suffisant pour l'occuper. Le remède pour cela, lorsqu'il s'agit des matières extérieures, consiste à couper court à ce qui occupe l'ouïe et la vue. Ce remède consiste pour l'orant à se rapprocher de la qibla, à regarder l'endroit où il se prosterne, à se méfier en prière des objets et des espaces décorés, à ne rien garder auprès de soi qui puisse absorber les sens. En effet lorsque le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a prié dans un vêtement qui portait des motifs décoratifs, il l'a enlevé en disant:« Il a, tout à l'heure, détourné ma concentration dans la prière ». S'il s'agit de matières intérieures, le moyen pour y remédier consiste pour le fidèle à ramener par la force son âme à la récitation qu'il fait dans la prière et à l'en occuper. Il doit se préparer avant d'entrer en prière, en réglant ses affaires, en s'efforçant de vider son cœur et en ravivant le souvenir de la vie future, la gravité de se trouver (khatr al-qiyâm bayna yaday Allah - 'azza wa jalla -) en présence de Allah
 - عز وجل - et l'horreur des débuts du Jour des comptes. Si ses pensées ne s'apaisent pas devant tout cela, qu'il sache alors qu'il ne pense en fait qu'à ce qui l'intéresse et à ce qu'il désire. Il doit abandonner ces désirs et rompre avec ses attaches.
Sache également que lorsque le mal est enraciné, seul un remède puissant peut l'enrayer. Si ce mal devient puissant, il ne cesse d'attirer l'orant qui passe son temps à s'en débarrasser tout au long de la prière, qui se passe ainsi entre attraction et arrachement. Cela s'apparente au cas d'un homme se trouvant sous un arbre, qui désire avoir des idées claires alors qu'autour de lui, le bruit des oiseaux le gêne. Aussi, il se met à les chasser avec un bâton, mais dès que sa pensée devient claire, les oiseaux reviennent à la charge et il se met à les chasser. On lui a dit alors : « C'est quelque chose qui ne cessera pas. Si tu veux en être délivré, tu dois couper l'arbre ».
Il en va de même de l'arbre du désir : lorsqu'il grandit et que ses branches se ramifient, il attire les pensées à l'instar de l'attirance des oiseaux par les arbres et des mouches par les saletés. Ainsi toute la vie de l'âme s'épuise à repousser ce qui ne peut être repoussé. Or la cause de ce désir, qui implique tout cet éparpillement des pensées, c'est l'amour du bas-monde.
On a demandé à 'Âmir ibn Abd Qays - رحمه الله - :
« Ton âme te fait-elle penser à quelque chose parmi les affaires du bas-monde pendant que tu es en prière ? »
Il a répondu : « Je préfère être transpercé par les lances plutôt que de connaître ce genre de choses ! »
Sache également que déraciner du cœur l'amour du bas-monde ( qat'u hubb ad-dunyâ) est une chose difficile et que l'effacer entièrement est chose rare. Aussi il convient de s'y exercer dans la mesure du possible. Et c'est Allah qui accorde le succès et l'assistance ( wa Allah al-muwaffiq wa al-mu'în).
— Le troisième sens : c'est le respect et la vénération de Allah. Ceci est généré par deux choses : la connaissance de la Majesté ( ma'rifatu l-jalâl) et de la Grandeur ('adhamatu) d'Allah - تعال - et la connaissance du caractère vil de l'âme et de sa propension à la servitude. Ces deux sortes de connaissances produisent à leur tour la soumission (al-istikâna) et le recueillement (al-khuchû').
Tout cela génère également l'espérance (ar-rajâ) et son opposé la crainte (al-khawf). En effet, bien des personnes qui vénèrent un roi craignent sa puissance et espèrent sa bienveillance.
Aussi, l'Orant (al-musallâ) doit, par sa prière, espérer la récompense et en même temps, du fait de ses manquements, craindre le châtiment. C'est dire que l'orant (al-musallâ) doit avoir son cœur présent à tout ce qu'il fait ou entend à l'occasion de la prière. Ainsi, lorsqu'il entend l'appel à la prière, il doit se représenter le grand Appel du Jour de la Résurrection et s'apprêter à répondre à l'appel ; il doit donc voir à qui il répond et avec quel corps il se présente.
De même, lorsqu'il cache sa nudité, qu'il sache qu'à travers cet acte le but visé est de soustraire les actions honteuses de son corps aux regards des créatures. Qu'il se rappelle les nudités de son intérieur et les hontes de son secret intime qui ne sont connues que du Créateur, et qu'il sache que rien ne peut les soustraire au regard d'Allah et qu'elles ne peuvent être expiées que par les regrets, la pudeur et la crainte.
Lorsqu'il se met en direction de la qibla, il se détourne de toutes les directions et tourne son visage dans la direction de la Maison d'Allah - تعال - . Il doit savoir que tourner son cœur vers Allah - تعال - est plus important que tout le reste. Or, il ne se tourne dans la direction de la Maison d'Allah - تعال - que s'il se détourne de tout le reste, de même que son cœur ne se tourne vraiment vers Allah - تعال - que s'il se détourne complètement de tout ce qui est autre que Lui.
ô orant ! (ayyuhâ l-musallâ) Lorsque tu prononces le premier takbîr (le fait d'affirmer la Grandeur d'Allah) que ton cœur ne démente pas ta langue parce que s'il y a dans ton cœur quelque chose de plus grand qu'Allah - تعال - tu as menti. Prends garde à ce que le désir soit chez toi plus grand en préférant la soumission à ta passion plutôt que d'obéir à Allah - تعال -.
Ensuite, lorsque tu cherches refuge auprès d'Allah par la formule d'al-isti'âdha, sache que celle-ci est une demande de protection auprès d'Allah - سبحانه - . Aussi si tu ne te réfugies pas avec ton cœur, tes paroles sont vaines. Donc comprends bien le sens de ce que tu récites et sois présent avec ton cœur dans la compréhension en disant : { Louange à Allah, le Seigneur des mondes }. Représente-toi également Sa bienveillance en disant : { Le Tout-Miséricordieux, Le Très Miséricordieux }» , ainsi que Sa Grandeur en disant : { Le Roi du jour du jugement }, etc. au fur et à mesure que tu avances dans ta récitation.
On rapporte que Zarâra Ibn Abî 'Awfa - رضى الله عنه - tomba raide après avoir récité le verset suivant au cours de sa prière : { Lorsque l'on sonnera de la Trompette } (Qu'rân : [74]- 8). En se représentant ce verset, il fut si profondément ému, qu'il perdit la vie.
De même tu dois ressentir, au cours de ton rukû', modestie et être durant ton sujûd encore plus humble car tu as mis ton âme à sa juste place et tu as ramené la ramification à son principe et à son origine en te prosternant sur la terre d'où tu es issu. Tu dois également saisir le sens des invocations par le goût spirituel.
Sache ainsi que l'accomplissement de la prière selon ces conditions constitue la cause du polissage du cœur (jalâ al-qalb) et de son illumination par des lumières par lesquelles on aperçoit la Grandeur de Celui qui est adoré et on connaît Ses secrets. Mais ceci n'est compris que par ceux qui savent. Quant à celui qui ne maintient que la forme de la prière sans s'occuper de son esprit, il ne connaît rien de tout cela ou plutôt, il nie son existence.