Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

lundi 31 décembre 2018

Les piliers de l'islam et les principes de la morale. Mohammed Al-Ghazali




Le Prophète de l'Islam a bien défini la finalité première de sa mission et la ligne de conduite de sa prédiction en disant: "Je n'étais envoyé que pour parachever les nobles vertus" [ Mâlik ]. C'est comme si le Message, qui s'est frayé sa voie dans l'histoire de la vie et pour lequel le Messager a déployé un immense effort pour diffuser sa lumière et rassembler les hommes autour de lui ne cherchait que l'affermissement de leurs vertus et l'illumination des perspectives de la perfection devant leurs yeux, afin qu'ils y accèdent avec discernement.

C'est dire que les actes d'adoration, prescrits par l'Islam et considérés comme des piliers de la Foi, ne sont nullement des rites obscurs, du genre de ceux qui lient l'homme à des mystères et lui imposent la charge d'accomplir des actes incompréhensibles et des mouvements dépourvus de toute signification. Au contraire, les obligations que l'Islam prescrit à ses adeptes sont des exercices répétés qui sont destinés à accoutumer l'individu à vivre selon une morale authentique et à s'y attacher quelles que soient les circonstances qu'il traverse. Elles s'apparentent à des exercices sportifs que l'homme pratique avec passion et constance, dans l'espoir d'en tirer un corps préservé et une vie saine.

Le Coran munificent et la sunna pure révèlent clairement, du reste, ces réalités. Ainsi, en ordonnant la prière prescrite, Allah a révélé la sagesse inhérente à son observance : "Acquitte-toi de la prière : la prière éloigne l'homme des turpitudes et des actions blâmables".[Sourate 29 Al'Ankabût - L’Araignée, verset 45 ] En effet, l'éloignement des turpitudes, et la purification des mauvaises actions et des paroles malheureuses constituent l'essence même de la prière.

Dans un hadîth, où Allah parle par la bouche du Prophète, Allah dit : "Je n'accepte la prière que de celui qui fait preuve d'humilité devant Ma Toute-Puissance, qui n'est pas arrogant envers Mes créatures, qui ne s'endort pas avec la détermination de Me désobéir, qui passe sa journée à Me mentionner et qui est compatissant envers le pauvre, le nécessiteux, la veuve et l'homme éprouvé" [ Rapporté par Al-Bazzâr ] De même, l'Aumône légale  - zakât - n'est pas un impôt que l'on prend dans les poches. Elle est d'abord un enracinement des sentiments de bonté et de bienveillance, et un renforcement des liens de connaissance et de familiarité entre les différentes classes sociales.

Le Coran indique, d'ailleurs, la finalité de l'acquittement de l'aumône :  "Prélève une aumône sur leur biens pour les purifier et les rendre sans tâche".[ Sourate 9 At-Tawba - Le Repentir - verset 103 ]

Ainsi, purifier l'âme des maux de l'imperfection et élever la société vers un niveau plus noble constitue le premier secret dans la prescription de l'aumône. C'est d'ailleurs pourquoi le Prophète a élargi le sens du mot sadaqa (aumône) dont doit s'acquitter le fidèle musulman : "Le fait de sourire à ton frère est une aumône. Le fait de recommander le bien et d'interdire le mal est une aumône. Le fait de renseigner un homme qui s'est égaré est une aumône. Le fait d'enlever de la voie publique les saletés, les épines et les os est pour toi une aumône. Le fait de verser de l'eau de ton récipient dans celui de ton frère est pour toi une aumône. Le fait d'aider un homme malvoyant est pour toi une aumône"  [ Rapporté par Al-Bukhârî ] 

Ces enseignements, prodigués dans un milieu désertique où les gens ont vécu des siècles durant les querelles et les agressions, montrent les objectifs tracés par l'Islam, vers lesquels il a guidé des Arabes empêtrés dans l'ignorance de la période anté-islamique.
De même, en prescrivant le jeûne, l'Islam n'y a pas vu une simple privation passagère de nourriture et de boisson. Il l'a considéré plutôt comme un pas vers la privation constante pour l'âme de ses désirs interdits et de ses passions irréfléchies.
Pour souligner cette signification, l'Envoyé d'Allah [Image]a dit : "Celui qui ne s'abstient pas de proférer des paroles mensongères, Allah n'a nullement besoin qu'il se prive de nourriture et de boisson, jeûner c'est s'abstenir de proférer des propos inutiles, de faux serments et des paroles obscènes. Et si un homme t'insulte ou fait preuve d'ignorance à ton égard, dis-lui alors : j'observe le jeûne" [ Rapporté par Ibn Khazîma ]

D'ailleurs, le Coran nous enseigne quel est le fruit du jeûne : "Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux générations qui vous ont précédés, afin que vous craigniez Dieu". [ Sourate Al-Baqara - La Vache - verset : 183 ]

De même, en se rendant sur les Lieux Saints, ce qui est une obligation pour celui qui peut le faire et l'une des prescriptions que l'Islam impose à ses adeptes, l'homme croit qu'il effectue un simple voyage dépourvu de toute signification initiatique.
Or, cela est totalement faux, car Allah évoque ce rite en ces termes : "Le pèlerinage a lieu en des mois déterminés. Le pèlerin devra s'abstenir de tout acte charnel, de libertinage et de disputes, durant le pèlerinage. Dieu connaît le bien que vous faites. Emportez des provisions de voyages ; mais vraiment, la meilleure provision de voyage est la crainte révérencielle d'Allah. Ô vous, les hommes doués d'intelligence ! Craignez-moi !" [Sourate 2 - verset 197]

A travers cet exposé rapide de quelques uns des rites célèbres de l'Islam et considérés comme ses piliers fondamentaux, nous décelons la profondeur des liens qui existent entre la Religion et l’Éthique. En effet, il s'agit d'actes d'adoration qui sont diversifiés quant à l'essence et à la forme, mais qui se croisent quant à la finalité esquissée par l'Envoyé d'Allah quand il a dit : "Je n'étais envoyé que pour parachever les nobles vertus". Ainsi, la prière, le jeûne, l'aumône, le pèlerinage et tous les actes d'obéissance relevant des enseignements de l'Islam sont des échelles vers la perfection recherchée et des confluents vers une purification qui préserve la vie et rehausse sa valeur. C'est d'ailleurs en raison de ces qualités éminentes qui les lient ou les génèrent que ces obligations ont reçu un statut élevé au sein de la Religion d'Allah. Aussi, l'individu qui n'arrive pas à en tirer profit pour purifier son cœur et son intelligence est un homme perdu.

Allah a dit : "La Géhenne est destinée à celui qui arrivera coupable devant son Seigneur. Il n'y mourra point et il n'y vivra pas non plus. Ceux qui viennent à Lui, en hommes croyants, et qui ont accompli des œuvres bonnes, voilà ceux qui auront les degrés les plus élevés : les jardins d'Eden où coulent les ruisseaux. Ils y demeureront immortels. Telle est la récompense de celui qui se purifie". [ Sourate Ta-ha, versets : 74 - 76 ] 

L'éthique du musulman - De Mohammed Al-Ghazali - Edtion Al-Qalam

Versets à méditer: Glorifie donc le nom de ton Seigneur, ... آيات للتّدبُّر: فَسَبِّحۡ بِٱسۡمِ رَبِّكَ


فَسَبِّحۡ بِٱسۡمِ رَبِّكَ ٱلۡعَظِيمِ (٧٤) ۞ فَلَآ أُقۡسِمُ بِمَوَٲقِعِ ٱلنُّجُومِ (٧٥) وَإِنَّهُ ۥ لَقَسَمٌ۬ لَّوۡ تَعۡلَمُونَ عَظِيمٌ (٧٦) إِنَّهُ ۥ لَقُرۡءَانٌ۬ كَرِيمٌ۬ (٧٧) فِى كِتَـٰبٍ۬ مَّكۡنُونٍ۬ (٧٨) لَّا يَمَسُّهُ ۥۤ إِلَّا ٱلۡمُطَهَّرُونَ (٧٩) تَنزِيلٌ۬ مِّن رَّبِّ ٱلۡعَـٰلَمِينَ (٨٠) أَفَبِہَـٰذَا ٱلۡحَدِيثِ أَنتُم مُّدۡهِنُونَ (٨١) وَتَجۡعَلُونَ رِزۡقَكُمۡ أَنَّكُمۡ تُكَذِّبُونَ (٨٢) فَلَوۡلَآ إِذَا بَلَغَتِ ٱلۡحُلۡقُومَ (٨٣) وَأَنتُمۡ حِينَٮِٕذٍ۬ تَنظُرُونَ (٨٤) وَنَحۡنُ أَقۡرَبُ إِلَيۡهِ مِنكُمۡ وَلَـٰكِن لَّا تُبۡصِرُونَ (٨٥) فَلَوۡلَآ إِن كُنتُمۡ غَيۡرَ مَدِينِينَ (٨٦) تَرۡجِعُونَہَآ إِن كُنتُمۡ صَـٰدِقِينَ (٨٧)
Glorifie donc le nom de ton Seigneur, le Très Grand! (74) Non!.. Je jure par les positions des étoiles (dans le firmament). (75) Et c’est vraiment un serment solennel, si vous saviez. (76) Et c’est certainement un Coran noble, (77) dans un Livre bien gardé (78) que seuls les purifiés touchent;(2) (79) C’est une révélation de la part du Seigneur de l’Univers. (80) Est-ce ce discours-là que vous traitez de mensonge? (81) Et est-ce pour vous [une façon d’être reconnaissant] à votre subsistance que de traiter (le Coran) de mensonge? (82) Lorsque le souffle de la vie remonte à la gorge (d’un moribond), (83) et qu’à ce moment là vous regardez, (84) et que Nous sommes plus proche de lui que vous [qui l’entourez] mais vous ne [le] voyez point. (85) Pourquoi donc, si vous croyez que vous n’avez pas de compte à rendre, (86) ne la faites-vous pas revenir [cette âme], si vous êtes véridiques? (87) 

dimanche 30 décembre 2018

Versets à méditer: combien avons-Nous fait périr, ... آيات للتّدبُّر: وَكَمۡ أَهۡلَڪۡنَا قَبۡلَهُم


وَكَمۡ أَهۡلَڪۡنَا قَبۡلَهُم مِّن قَرۡنٍ هُمۡ أَشَدُّ مِنۡہُم بَطۡشً۬ا فَنَقَّبُواْ فِى ٱلۡبِلَـٰدِ هَلۡ مِن مَّحِيصٍ (٣٦) إِنَّ فِى ذَٲلِكَ لَذِڪۡرَىٰ لِمَن كَانَ لَهُ ۥ قَلۡبٌ أَوۡ أَلۡقَى ٱلسَّمۡعَ وَهُوَ شَهِيدٌ۬ (٣٧)
 combien avons-Nous fait périr, avant eux, de générations bien plus fortes qu’eux. Ils avaient parcouru les contrées, cherchant [vainement] où fuir. (36) Il y a bien là un rappel pour quiconque a un cœur, prête l’oreille tout en étant témoin. (37)

samedi 29 décembre 2018

Versets à méditer: Nous savons mieux ce ... آيات للتّدبُّر: نَّحۡنُ أَعۡلَمُ بِمَا


 نَّحۡنُ أَعۡلَمُ بِمَا يَقُولُونَۖ وَمَآ أَنتَ عَلَيۡہِم بِجَبَّارٍ۬ۖ فَذَكِّرۡ بِٱلۡقُرۡءَانِ مَن يَخَافُ وَعِيدِ (٤٥)
Nous savons mieux ce qu’ils disent. Tu n’as pas pour mission d’exercer sur eux une contrainte. Rappelle donc, par le Coran celui qui craint Ma menace. (45)

jeudi 27 décembre 2018

Versets à méditer: Ô vous qui croyez! ... آيات للتّدبُّر: يَـٰٓأَيُّہَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ


يَـٰٓأَيُّہَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ ٱذۡكُرُواْ ٱللَّهَ ذِكۡرً۬ا كَثِيرً۬ا (٤١) وَسَبِّحُوهُ بُكۡرَةً۬ وَأَصِيلاً (٤٢) هُوَ ٱلَّذِى يُصَلِّى عَلَيۡكُمۡ وَمَلَـٰٓٮِٕكَتُهُ ۥ لِيُخۡرِجَكُم مِّنَ ٱلظُّلُمَـٰتِ إِلَى ٱلنُّورِۚ وَڪَانَ بِٱلۡمُؤۡمِنِينَ رَحِيمً۬ا (٤٣) تَحِيَّتُهُمۡ يَوۡمَ يَلۡقَوۡنَهُ ۥ سَلَـٰمٌ۬ۚ وَأَعَدَّ لَهُمۡ أَجۡرً۬ا كَرِيمً۬ا (٤٤) يَـٰٓأَيُّہَا ٱلنَّبِىُّ إِنَّآ أَرۡسَلۡنَـٰكَ شَـٰهِدً۬ا وَمُبَشِّرً۬ا وَنَذِيرً۬ا (٤٥) وَدَاعِيًا إِلَى ٱللَّهِ بِإِذۡنِهِۦ وَسِرَاجً۬ا مُّنِيرً۬ا (٤٦) وَبَشِّرِ ٱلۡمُؤۡمِنِينَ بِأَنَّ لَهُم مِّنَ ٱللَّهِ فَضۡلاً۬ كَبِيرً۬ا (٤٧) وَلَا تُطِعِ ٱلۡكَـٰفِرِينَ وَٱلۡمُنَـٰفِقِينَ وَدَعۡ أَذَٮٰهُمۡ وَتَوَڪَّلۡ عَلَى ٱللَّهِۚ وَكَفَىٰ بِٱللَّهِ وَڪِيلاً۬ (٤٨)
Ô vous qui croyez! Evoquez Allah d’une façon abondante, (41) et glorifiez-Le à la pointe et au déclin du jour. (42) C’est lui qui prie sur vous, - ainsi que Ses Anges -, afin qu’Il vous fasse sortir des ténèbres à la lumière; et Il est Miséricordieux envers les croyants. (43) Leur salutation au jour où ils Le rencontreront sera: «Salām» [paix], et Il leur a préparé une généreuse récompense. (44) Ô Prophète! Nous t’avons envoyé [pour être] témoin, annonciateur, avertisseur, (45) appelant (les gens) à Allah, par Sa permission; et comme une lampe éclairante. (46) Et fais aux croyants la bonne annonce qu’ils recevront d’Allah une grande grâce. (47) Et n’obéis pas aux infidèles et aux hypocrites, ne prête pas attention à leur méchanceté et place ta confiance en Allah et Allah suffit comme protecteur. (48) 

mercredi 26 décembre 2018

La réforme religieuse doit se faire,en premier lieu,uniquement sur la base du Coran:Jamâl ad-Dîn al-Afghâniالإصلاح الديني لا يقوم إلا على القرآن وحده أولاً:جمال الدين الأفغاني

« Parmi les vertus du Coran, il y a celle-ci qu’avant sa révélation, 
les Arabes vivaient dans un état de barbarie indescriptible. 
Mais un siècle et demi à peine après sa révélation,
ces mêmes Arabes devinrent les maîtres de leur monde et 
dépassèrent toutes les nations de la terre, en politique, en science, 
en philosophie, en industrie et en commerce.[...] 
 La réforme religieuse doit donc se faire, 
en tout premier lieu, uniquement sur la base du Coran, 
puis sur sa compréhension authentique et libre. 
Pour se faire, nous devons donc parfaire nos connaissances, 
favoriser leur acquisition et faciliter leur accès à ceux qui les recherchent. » 
 Jamâl ad-Dîn al-Afghâni
"ومن مزايا القرآن أن العرب قبل إنزال القرآن عليهم كانوا في حالة همجية لا توصف؛
 فلم يمض عليهم قرن ونصف قرن حتى ملكوا عالم زمانهم،
 وفاقوا أمم الأرض سياسة وعلمًا وفلسفة وصناعة وتجارة..
 فالإصلاح الديني لا يقوم إلا على القرآن وحده أول،
 ثم فهمه فهمًا صحيحًا حرًا، وذلك يكون بتهذيب علومنا الموصلة إليه،
 وتمهيد الطريق إليها، وتقريبها إلى أذهان متناوليها".
جمال الدين الأفغاني 

Versets à méditer: Certes, Allah vous commande ... آيات للتّدبُّر: إِنَّ ٱللَّهَ يَأۡمُرُكُمۡ


 إِنَّ ٱللَّهَ يَأۡمُرُكُمۡ أَن تُؤَدُّواْ ٱلۡأَمَـٰنَـٰتِ إِلَىٰٓ أَهۡلِهَا وَإِذَا حَكَمۡتُم بَيۡنَ ٱلنَّاسِ أَن تَحۡكُمُواْ بِٱلۡعَدۡلِۚ إِنَّ ٱللَّهَ نِعِمَّا يَعِظُكُم بِهِۦۤۗ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ سَمِيعَۢا بَصِيرً۬ا (٥٨) 
Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu’Allah vous fait! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout. (58)

mardi 25 décembre 2018

Versets à méditer: Ceci ne dépend ni de vos désirs ... آيات للتّدبُّر: لَّيۡسَ بِأَمَانِيِّكُمۡ


لَّيۡسَ بِأَمَانِيِّكُمۡ وَلَآ أَمَانِىِّ أَهۡلِ ٱلۡڪِتَـٰبِۗ مَن يَعۡمَلۡ سُوٓءً۬ا يُجۡزَ بِهِۦ وَلَا يَجِدۡ لَهُ ۥ مِن دُونِ ٱللَّهِ وَلِيًّ۬ا وَلَا نَصِيرً۬ا (١٢٣) وَمَن يَعۡمَلۡ مِنَ ٱلصَّـٰلِحَـٰتِ مِن ذَڪَرٍ أَوۡ أُنثَىٰ وَهُوَ مُؤۡمِنٌ۬ فَأُوْلَـٰٓٮِٕكَ يَدۡخُلُونَ ٱلۡجَنَّةَ وَلَا يُظۡلَمُونَ نَقِيرً۬ا (١٢٤) وَمَنۡ أَحۡسَنُ دِينً۬ا مِّمَّنۡ أَسۡلَمَ وَجۡهَهُ ۥ لِلَّهِ وَهُوَ مُحۡسِنٌ۬ وَٱتَّبَعَ مِلَّةَ إِبۡرَٲهِيمَ حَنِيفً۬اۗ وَٱتَّخَذَ ٱللَّهُ إِبۡرَٲهِيمَ خَلِيلاً۬ (١٢٥) وَلِلَّهِ مَا فِى ٱلسَّمَـٰوَٲتِ وَمَا فِى ٱلۡأَرۡضِۚ وَڪَانَ ٱللَّهُ بِكُلِّ شَىۡءٍ۬ مُّحِيطً۬ا (١٢٦)
Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre. Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela, et ne trouvera en sa faveur, hors d’Allah, ni allié ni secoureur. (123) Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes œuvres, tout en étant croyant... les voilà ceux qui entreront au Paradis; et on ne leur fera aucune injustice, fût-ce d’un creux de noyau de datte. (124) Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d’Abraham, homme de droiture? Et Allah avait pris Abraham pour ami privilégié. (125) C’est à Allah qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance). (126)

lundi 24 décembre 2018

Même ceux qui boitent ne vont pas en arrière. Khalil Gibran

« Vous êtes bon lorsque que vous marchez fermement vers 

votre but d'un pas intrépide. 

Pourtant, vous n'êtes pas mauvais 

lorsque vous y allez en boitant. 

Même ceux qui boitent ne vont pas en arrière.  »

ِ-Khalil Gibran-(poète Libanais)

Versets à méditer: Quiconque intercède ... آيات للتّدبُّر: مَّن يَشۡفَعۡ شَفَـٰعَةً


 مَّن يَشۡفَعۡ شَفَـٰعَةً حَسَنَةً۬ يَكُن لَّهُ ۥ نَصِيبٌ۬ مِّنۡہَاۖ وَمَن يَشۡفَعۡ شَفَـٰعَةً۬ سَيِّئَةً۬ يَكُن لَّهُ ۥ كِفۡلٌ۬ مِّنۡهَاۗ وَكَانَ ٱللَّهُ عَلَىٰ كُلِّ شَىۡءٍ۬ مُّقِيتً۬ا (٨٥) وَإِذَا حُيِّيتُم بِتَحِيَّةٍ۬ فَحَيُّواْ بِأَحۡسَنَ مِنۡہَآ أَوۡ رُدُّوهَآۗ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلَىٰ كُلِّ شَىۡءٍ حَسِيبًا (٨٦) ٱللَّهُ لَآ إِلَـٰهَ إِلَّا هُوَۚ لَيَجۡمَعَنَّكُمۡ إِلَىٰ يَوۡمِ ٱلۡقِيَـٰمَةِ لَا رَيۡبَ فِيهِۗ وَمَنۡ أَصۡدَقُ مِنَ ٱللَّهِ حَدِيثً۬ا (٨٧) 
Quiconque intercède d’une bonne intercession, en aura une part; et quiconque intercède d’une mauvaise intercession en portera une part de responsabilité. Et Allah est Puissant sur toute chose. (85) Si on vous fait une salutation, saluez d’une façon meilleure; ou bien rendez-la (simplement). Certes, Allah tient compte de tout. (86) Allah! Pas de divinité à part Lui! Très certainement Il vous rassemblera au Jour de la Résurrection, point de doute là-dessus. Et qui est plus véridique qu’Allah en parole? (87)

dimanche 23 décembre 2018

Versets à méditer: Allah veut vous éclairer, ... آيات للتّدبُّر: يُرِيدُ ٱللَّهُ لِيُبَيِّنَ لَكُمۡ


يُرِيدُ ٱللَّهُ لِيُبَيِّنَ لَكُمۡ وَيَہۡدِيَڪُمۡ سُنَنَ ٱلَّذِينَ مِن قَبۡلِڪُمۡ وَيَتُوبَ عَلَيۡكُمۡۗ وَٱللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ۬ (٢٦) وَٱللَّهُ يُرِيدُ أَن يَتُوبَ عَلَيۡڪُمۡ وَيُرِيدُ ٱلَّذِينَ يَتَّبِعُونَ ٱلشَّہَوَٲتِ أَن تَمِيلُواْ مَيۡلاً عَظِيمً۬ا (٢٧) يُرِيدُ ٱللَّهُ أَن يُخَفِّفَ عَنكُمۡۚ وَخُلِقَ ٱلۡإِنسَـٰنُ ضَعِيفً۬ا (٢٨)
 Allah veut vous éclairer, vous montrer les voies des hommes d’avant vous, et aussi accueillir votre repentir. Et Allah est Omniscient et Sage. (26) Et Allah veut accueillir votre repentir. Mais ceux qui suivent les passions veulent que vous vous incliniez grandement (vers l’erreur comme ils le font). (27) Allah veut vous alléger (les obligations,) car l’homme a été créé faible. (28)

samedi 22 décembre 2018

Versets à méditer: Le jour où l’injuste se mordra ... آيات للتّدبُّر: وَيَوۡمَ يَعَضُّ ٱلظَّالِمُ


وَيَوۡمَ يَعَضُّ ٱلظَّالِمُ عَلَىٰ يَدَيۡهِ يَقُولُ يَـٰلَيۡتَنِى ٱتَّخَذۡتُ مَعَ ٱلرَّسُولِ سَبِيلاً۬ (٢٧) يَـٰوَيۡلَتَىٰ لَيۡتَنِى لَمۡ أَتَّخِذۡ فُلَانًا خَلِيلاً۬ (٢٨) لَّقَدۡ أَضَلَّنِى عَنِ ٱلذِّڪۡرِ بَعۡدَ إِذۡ جَآءَنِىۗ وَڪَانَ ٱلشَّيۡطَـٰنُ لِلۡإِنسَـٰنِ خَذُولاً۬ (٢٩) وَقَالَ ٱلرَّسُولُ يَـٰرَبِّ إِنَّ قَوۡمِى ٱتَّخَذُواْ هَـٰذَا ٱلۡقُرۡءَانَ مَهۡجُورً۬ا (٣٠) وَكَذَٲلِكَ جَعَلۡنَا لِكُلِّ نَبِىٍّ عَدُوًّ۬ا مِّنَ ٱلۡمُجۡرِمِينَۗ وَكَفَىٰ بِرَبِّكَ هَادِيً۬ا وَنَصِيرً۬ا (٣١)
 Le jour où l’injuste se mordra les deux mains et dira: «[Hélas pour moi!] Si seulement j’avais suivi chemin avec le Messager!... (27) Malheur à moi! Hélas! Si seulement je n’avais pas pris «un tel» pour ami!... (28) Il m’a, en effet, égaré loin du rappel [le Coran], après qu’il me soit parvenu». Et le Diable déserte l’homme (après l’avoir tenté). (29) Et le Messager dit: «Seigneur, mon peuple a vraiment pris ce Coran pour une chose délaissée!» (30) C’est ainsi que Nous fîmes à chaque prophète un ennemi parmi les criminels. Mais ton Seigneur suffit comme guide et comme soutien. (31)

jeudi 20 décembre 2018

(L'amour du Prophète ﷺ - Ach-Chifa) de kadi 'Iyâd

Dieu —qu'Il soit exalté— a dit: Dis: Si vos pères, vos fils, vos frères, vos épouses, votre clan, les biens que vous avez acquis, un négoce dont vous craignez le déclin, des demeures où vous vous plaisez, vous sont plus chers que Dieu et Son prophète et la lutte dans le chemin de Dieu: Attendez-vous à ce que Dieu vienne avec Son ordre ! Dieu ne guide pas les gens pervers. (Coran IX-24)
Ceci suffit comme incitation, signification et illustration du caractère obligatoire de cet amour, de sa gravité même et de son caractère méritoire en faveur du Prophète (ﷺ).
En effet, Dieu —qu'Il soit exalté— a blâmé tous ceux dont les biens, les femmes et les enfants leur sont plus chers que Dieu et Son prophète et les a menacés en disant:
Attendez-vous à ce que Dieu vienne avec Son ordre. Puis Il a clos le verset en les qualifiant de pervers et en leur annonçant qu'ils feront partie des égarés.
Le traditionniste Abû 'Ali al-Ghassanî nous a rapporté d'après Anas que l'Envoyé de Dieu (ﷺ) a dit: "Aucun de vous ne croira vraiment tant que je ne serai pas plus cher à ses yeux que ses enfants, son père et tous les hommes."
Et Abû Hurayra a rapporté une version semblable.
Le même Anas rapporte aussi que le Prophète (ﷺ)  a dit: "Il y a trois choses dont la possession apporte au croyant la douceur de la foi: C'est que Dieu et son Messager lui soient plus chers que tous les autres, qu'il n'aime un individu que pour Dieu et pour nulle autre raison et que le fait de retourner à l'impiété lui soit plus répugnant que d'être jeté dans le Feu."
`Umar Ibn al-Khattâb (que Dieu soit satisfait de lui) a dit au Prophète (ﷺ): "Tu m'es plus cher que tout, sauf mon âme à l'intérieur de mes côtes ! Le Prophète (ﷺ) lui dit alors: "Aucun de vous ne croira vraiment tant que je ne serai pas plus cher pour lui que sa propre âme." 'Umar conclut: "Par celui qui a fait descendre Le Livre sur toi ! Tu m'es plus cher que mon âme qui est entre mes côtes !" Le Prophète (ﷺ) conclut: "Maintenant tu dis vrai `Umar !"
Dans le même sens, Sahl a dit: Celui qui ne voit pas qu'il est sous l'autorité de l'Envoyé de Dieu quels que soient son état et sa situation, ne goûte pas la douceur de sa Sunna, car le Prophète (ﷺ) a dit: "Aucun de vous ne croira vraiment, tant que je ne serai pas plus cher pour lui que sa propre âme."
PREMIÈRE SECTION : Sur la récompense qu'apporte son Amour
Abû Mohammed Ibn `Attab nous a rapporté (au cours de nos répétitions devant lui), d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à Anas: "Un homme est venu voir le Prophètes pour lui demander: quand sonnera l'Heure Finale, Ô Envoyé de Dieu? Il lui dit: Qu'as-tu préparé pour elle? L'homme répondit: Je n'ai préparé ni beaucoup de prière, ni de jeûne ni d'aumône, mais j'aime Dieu et Son Messager. Il lui dit alors: Tu seras avec celui que tu aimes."
De même, Safwân rapporte ceci: "J'ai émigré vers le Prophète (ﷺ) . En arrivant auprès de lui, je lui ai dit: Ô Envoyé de Dieu ! Donne-moi ta main pour te prêter allégeance. Il me donna sa main. J'ai dit alors: Ô Envoyé de Dieu ! Je t'aime. Il m'a dit: L'individu est avec celui qu'il aime."
Cette version a également été rapportée par `Abdullâh Ibn Mas`ûd, Abû Mûssâ, Anas et Abû Dharr.
`Ali rapporte que le Prophète (ﷺ) a pris la main de ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein et a dit: "Celui qui m'aime et qui aime ces deux-là ainsi que leur père et leur mère sera avec moi, au même degré, au Jour de la Résurrection."
On rapporte également qu'un homme est venu voir le Prophète (ﷺ) et lui a dit: "Ô Envoyé de Dieu ! Tu m'es plus cher que ma famille et mes biens. Je pense à toi et je n'ai plus de patience jusqu'à ce que je vienne te voir. Je me suis rappelé aussi ma mort et la tienne, et j'ai su que lorsque tu entreras au Paradis, tu seras dans une station élevée avec les prophètes et que si j'entre au Paradis, je ne te verrais pas. Dieu —qu'Il soit exalté—révéla alors le verset suivant:
Ceux qui obéissent à Dieu et au Prophète sont au nombre de ceux que Dieu a comblés de bienfaits avec les prophètes, les justes, les témoins et les saints: Voilà une belle assemblée ! (Coran IV-69)
Il est dit dans un autre hadîth: Il y avait chez le Prophète(ﷺ)  un homme qui le regardait sans arrêt. Il lui a dit: "Qu'as-tu?" L'homme répondit: "Par mon père et ma mère ! Je me profite du plaisir de te regarder. Car au jour de la Résurrection, Dieu t'élèvera à cause du privilège qu'Il t'a accordé." Dieu révéla alors le verset précédent.
DEUXIÈME SECTION : Sur l'amour du Prophète(ﷺ) par les anciens pieux et les imâms
Al-qâdî al-Shahid a rapporté, d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à Abû Hurayra que l'Envoyé de Dieu(ﷺ)  a dit: "Ceux qui m'aimeront le plus dans ma Communauté après mon départ souhaiteront me voir, même s'ils devaient perdre leurs familles et leurs biens." Abû Dharr rapporte lui aussi une version similaire.
De son côté, `Amrû Ibn Al-'Ass disait: Personne ne m'était plus cher que l'Envoyé de Dieu.
Nous avons déjà évoqué les attitudes semblables des Compagnons. Nous ajoutons celles-ci:
`Abda bint Khalid Ibn Ma'dan rapporte ceci: Khâlid ne retrouvait pas son lit sans avoir évoqué son ardent désir pour l'Envoyé de Dieu (ﷺ) et ses Compagnons parmi les Emigrés (al-Muhâjirûn) et les Auxiliaires (Ansârs) en les nommant puis en disant: Ils sont mon origine et mon repère. Mon coeur aspire ardemment à eux et ma nostalgie n'a fait que trop durer. Seigneur ! Hâte mon départ vers toi ! Il ne cessait de le répéter jusqu'à ce qu'il soit gagné par le sommeil.
On rapporte qu'Abû Bakr (que Dieu soit satisfait de lui) a dit au Prophète (ﷺ): "Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité ! L'entrée en Islam d'Abû Tâlib m'est plus agréable que l'entrée en Islam d'Abû Quhâfa (son propre père) parce que l'entrée en Islam d'Abû Tâlib t'es plus agréable."
`Umar Ibn al-Khattâb (que Dieu soit satisfait de lui) a dit une chose semblable à al-`Abbâs: "Ton adhésion à l'Islam m'est plus agréable que ma propre adhésion, parce que cela est plus agréable à l'Envoyé de Dieu."
Ibn Ishâq rapporte qu'une femme des Ansârs avait perdu, au cours de la bataille d'Uhud, son père, son frère et son mari qui ont combattu aux côtés de l'Envoyé de Dieu (ﷺ). En apprenant la nouvelle, elle demanda: "Comment va l'Envoyé de Dieu ? On lui répondit: Il va bien. Par la grâce de Dieu, il est bien vivant. Elle demanda: "Montrez-le-moi pour que je puisse me rassurer." Et lorsqu'elle le vit, elle dit: "Tout malheur après toi est supportable !"
De même, on a interrogé `Alî Ibn Abî Tâlib (que Dieu soit satisfait de lui) en ces termes: "Comment était votre amour pour l'Envoyé de Dieu ?" Il a répondu par ceci: "Par Dieu ! II nous était plus cher que nos biens, nos enfants, nos pères, nos mères et l'eau fraîche au moment de la soif."
Zayd Ibn Aslam rapporte ceci: 'Umar sortit un soir. Il vit une lampe allumée et une vieille femme qui travaillait la laine en déclamant ces vers: "Que la paix des bienheureux soit sur Mohammed ! Les meilleurs et les purs ont prié sur sa dépouille mortelle. Tu te levais à l'aube pour prier et pleurer, si seulement la mort qui sévit me permettait de retrouver mon bien-aimé dans l'autre demeure !" 'Umar (que Dieu soit satisfait de lui) s'assit alors et se mit à pleurer.
On rapporte que `Abdullâh Ibn 'Umar eut le pied engourdi. On conseilla d'évoquer l'être qui lui était le plus cher afin d'être soulagé.. `Umar cria: "Ô Mohammed !" Et il fut soulagé.
De même, on rapporte qu'au moment du trépas de Bilâl —que Dieu soit satisfait de lui— sa femme disait: "Ah ! Quelle tristesse !" Mais Bilâl dit alors: "Quelle joie ! Demain nous retrouverons les bien-aimé Mohammed et son groupe !"
Et on a rapporté la même chose sur Hudhayfa Ibn al-Yamân.
Une femme a demandé à `Aïsha —que Dieu soit satisfait d'elle— de lui laisser voir la tombe de l'Envoyé de Dieu Aïsha s'exécuta et cette femme pleura longuement, jusqu'au trépas.
Lorsque les habitants de la Mecque capturèrent Zayd Ibn al-Dathina et l'emmenèrent hors du Sanctuaire pour le tuer, Sufyan Ibn Harb lui dit: "Ô Zayd ! Aimerais-tu que Mohammed soit maintenant chez nous pour lui trancher la nuque à ta place et que tu sois chez toi?" Sans hésitation, Zayd lui répondit: "Par Dieu ! Je n'aimerais pas que Mohammed, là où il se trouve maintenant, soit égratigné même par une épine, alors que je resterais assis chez moi !" Abû Sufyan dit alors: "Je n'ai jamais vu des hommes aimer un homme comme les Compagnons de Mohammed aimèrent celui-ci."
Ibn `Abbâs a rapporté ceci: Lorsqu'une femme émigrait et venait voir le Prophète (ﷺ) il la faisait jurer par Dieu en répétant: "Je ne suis pas partie par haine d'un mari, ni par désir d'un territoire par rapport à un autre, mais je suis partie par amour pour Dieu et pour Son Messager !"
Ibn 'Umar se mit debout devant Ibn az-Zubayr après sa mort. Il demanda pardon en sa faveur puis il dit: "Par Dieu ! Ce que je sais sur toi, c'est que tu jeûnais beaucoup, tu priais beaucoup et tu aimais Dieu et Son Prophète !"
TROISIÈME SECTION : Sur les signes de son amour (ﷺ)
Sache que celui qui aime une chose la préfère; Et préfère s'y conformer, sans cela, il n'est pas sincère dans son amour et c'est une simple prétention de sa part.
Aussi, l'homme sincère dans son amour pour le Prophète est celui sur lequel on voit les signes et les marques de cet amour.
En premier lieu, il se conforme à lui, pratique sa Sunna, suit ses actes et ses paroles, respecte son ordre, évite ses interdictions et observe ses règles de bienséances dans les moments difficiles et agréables, dans ses loisirs et ses contraintes. Ceci trouve son illustration dans le verset déjà cité:
Dis: Suivez-moi, si vous aimez Dieu, Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. (Coran III-31)
Donc, il doit préférer ce qu'il a prescrit et recommandé au désir de sa propre âme.
Dieu —qu'Il soit exalté— a dit: A ceux qui s'étaient établi avant eux en cette demeure et dans la foi ; à ceux qui aiment celui qui émigre vers eux. Ils ne trouvent dans leurs coeurs aucune envie pour ce qui a été donné à ces émigrés. Ils les préfèrent à eux-mêmes, malgré leur pauvreté... (Coran LIX-9)
L'homme sincère doit aimer ou se fâcher pour Dieu lorsqu'il recherche Son agrément.
Le traditionniste al-qâdî Abû `Alî al-ljâfiz nous a rapporté, d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à Anas Ibn Mâlik que l'Envoyé de Dieu lui a dit:
"Ô mon fils ! Si tu peux te trouver le matin et le soir sans avoir dans ton coeur le moindre ressentiment pour quiconque, fais-le !" Puis il m'a dit, ajoute Anas: "Ô mon fils ! Ceci relève de ma Sunna. Et celui qui revivifie ma Sunna m'aime. Et celui qui m'aime sera avec moi au Paradis."
Donc, celui qui assume cette qualité aime parfaitement Dieu et Son Messager et celui qui s'en démarque, ne serait-ce que partiellement, n'aime pas parfaitement, même si le terme amour lui est appliqué.
Ceci trouve son illustration dans cette autre parole du Prophète (ﷺ) au sujet de l'homme à qui il avait appliqué une peine légale pour avoir consommé du vin. L'un des témoins avait dit sur cet homme: "Grand Dieu, maudis-le car voici bien souvent qu'on l'a amené ici pour subir la peine légale et qu'il persiste à boire !" Le Prophète (ﷺ) a répondu: "Ne le maudis pas, car il aime Dieu et Son Messager."'
Parmi les signes de l'amour du Prophète (ﷺ), il y a le fait de le mentionner souvent, car celui qui aime une chose la mentionne beaucoup, et il y a aussi le fait de désirer ardemment sa rencontre, car tout amant aime rencontrer son bien-aimé.
Une tradition rappelle le vers qui fut déclaré en arrivant à Médine:
"Demain, nous rencontrerons les bien-aimés: Mohammed et ses Compagnons."
Il en va de même des paroles du récit de Khâlid Ibn Ma`dan (que nous avons déjà mentionné) ou de celles de Amrnar avant son exécution.
Parmi les signes de cet amour, il y a en plus de sa mention répétée, le fait de l'exalter et de le vénérer en le mentionnant et de faite preuve de respect et de recueillement en entendant son nom.
A ce propos Ishâq al-Tujibî disait: "Chaque fois que les Compagnons se souvenaient du Prophète après sa mort, ils se recueillaient, frissonnaient et pleuraient."
C'était aussi l'attitude des gens des générations suivantes: Certains le faisaient par amour et par ardent désir pour lui, et d'autres par crainte et respect.
Parmi les autres signes, il y a le fait d'aimer celui qui aime le Prophète comme les Gens de sa Famille et ses Compagnons parmi les Émigrés et les Auxiliaires, car celui qui aime une chose, aime aussi celui qui l'aime. Inversement, il y a le fait d'être hostile envers celui qui se montre hostile à leur égard et détester celui qui les déteste.
Le Prophète (ﷺ) a dit sur ses petits-fils al-Hassan et al-Hussein: "Mon Dieu ! Aime-les pour que je les aime !"
Il a dit également à leur sujet: "Celui qui les aime, m'aime. Et celui qui m'aime, aime Dieu. Celui qui les déteste, me déteste. Et celui qui me déteste, déteste Dieu." et dans une autre version, il a dit cela au sujet d'alHassan: "Mon Dieu ! Je l'aime ! Aime celui qui l'aime !"
Le Prophète (paix et salut sur lui) a, de même, donné un avertissement quant à l'attitude des croyants vis-à-vis de ses Compagnons:
"Craignez Dieu à propos de mes Compagnons ! Ne les prenez pas comme cibles après moi. Celui qui les aime, c'est par mon amour qu'il les aime. Celui qui les déteste et leur nuit, me nuit. Et celui qui me nuit, nuit à Dieu. Et celui qui nuit à Dieu risque bientôt d'être saisi par Lui."
Il a dit aussi sur sa fille Fatima —que Dieu soit satisfait d'elle—: "C'est ma chair. Ce qui la courrouce me courrouce."
Il a dit également à `Aïsha (que Dieu soit satisfait d'elle) au sujet de `Usâma Ibn Zayd: "Aime-le car je l'aime."
Dans un hadîth connu, on lit: "Le signe de la foi, c'est l'amour des Ansârs (Auxiliaires) et le signe de l'hypocrisie, c'est de les détester."
Et dans celui rapporté par Ibn 'Umar: "Celui qui aime les Arabes, c'est par mon amour qu'il les aime. En vérité, celui qui aime une chose, aime toute chose qui s'y rapporte."
C'était, d'ailleurs, l'attitude des anciens pieux, même en ce qui concerne les choses permises et les plaisirs de l'âme.
Ainsi, Anas disait après avoir vu le Prophète e chercher les morceaux de courge dans le plat: Je n'ai cessé d'aimer la courge depuis ce jour-là.
C'est aussi le cas d'al-Hassan Ibn `Alî, `Abdullâh Ibn `Abbâs et Ibn Ja`far qui sont venus voir Umm Salama pour lui demander de leur préparer un plat prisé par l'Envoyé de Dieu (ﷺ).
De même, Ibn 'Umar portait des souliers dont le cuir était tanné avec de la poudre de l'alia blond, car il avait vu le Prophète e en porter de semblables.
Parmi les autres signes, il y a également le fait de détester celui qui déteste Dieu et Son prophète et de se montrer hostile à son égard, d'éviter celui qui s'oppose à sa sunna et introduit des innovations blâmables dans sa religion et de trouver insupportable tout ce qui s'oppose à sa Loi.
Dieu —qu'Il soit exalté— a dit:
Tu ne trouveras pas des gens qui, tout en croyant en Dieu et au jour Dernier, témoignent de l'affection à ceux qui s'opposent à Dieu et à Son prophète... (Coran LVIII-22)
Or des Compagnons du Prophète e n'ont pas hésité à tuer des êtres qui leurs étaient chers tels leurs pères et leurs fils. Par exemple, `Abdullâh Ibn `Abdullâh Ibn Ubay ne lui a-t-il pas dit: Si tu veux, je te ramènerai sa tête? en parlant de son père...
Parmi ces signes, il y a le fait que le serviteur aime le Coran que le Prophète (ﷺ) a transmis et par lequel il a guidé et a été guidé et qu'il a incarné par son éthique, au point que `Aïsha —que Dieu soit satisfait d'elle— a dit: "Son éthique était celle du Coran."
Or pour le serviteur, aimer le Coran c'est le réciter souvent, agir selon ses préceptes et s'efforcer de le comprendre. Ainsi, le serviteur aime sa sunna et ne fait que s'en tenir à elle.
Sahl Ibn `Abdullâh disait: "Le signe de l'amour de Dieu, c'est l'amour du Coran. Le signe de l'amour du Coran, c'est l'amour du Prophète (ﷺ). Le signe de l'amour du Prophète (ﷺ), c'est l'amour de la Sunna. Le signe de l'amour de la Sunna, c'est l'amour de la vie future. Le signe de l'amour de la vie future, c'est le détachement du bas monde. Le signe du détachement du bas monde, c'est de n'en prendre que des provisions et le strict nécessaire pour la vie future."
De son côté, Ibn Mas`ûd disait: "Que chaque homme interroge son âme au sujet du Coran. S'il aime le Coran, c'est qu'il aime Dieu et Son prophète."
Parmi les signes de son amour pour le Prophète (ﷺ), il y a aussi le fait de compatir avec les membres de sa Communauté, leur prodiguer de bons conseils, s'occuper de leurs intérêts et les soustraire aux nuisances, à l'image de l'Envoyé de Dieu (ﷺ) qui a été miséricordieux et bienveillant envers les croyants.
Parmi les signes de la perfection de son amour, il y a le fait de renoncer au bas monde, de préférer la pauvreté et de l'assumer. Car le Prophète (ﷺ) a dit à Abû Sa'id al-Khudrî: "La pauvreté se hâte vers celui d'entre vous qui m'aime plus rapidement que le torrent d'eau du haut d'une vallée ou d'une montagne."
De même, dans le hadîth que rapporte `Abdullâh Ibn Mughaffal, un homme a dit au Prophète(ﷺ) :
"Ô Envoyé de Dieu ! Je t'aime !" Il lui dit: "Considère bien ce que tu dis." L'homme jura trois fois:
"Par Dieu ! Je t'aime !" Il lui dit alors: "Prépare-toi à résister à la pauvreté."
QUATRIÈME SECTION : Sur la signification et la réalité de Ach-Chifa - de kadi 'Iyâd
Les gens ont divergé sur l'explication de l'amour de Dieu et de l'amour du Prophète (ﷺ) en proposant une multitude d'expressions et de définitions en ce sens. Ceci est dû, en réalité, non à une différence de formulation, mais à une différence d'états spirituels.
Ainsi, Sufyan disait: L'amour, c'est suivre l'Envoyé de Dieu (ﷺ), et il se référait à la parole divine
Dis: Suivez-moi, si vous aimez Dieu, Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Dieu est celui qui pardonne. Il est Miséricordieux. (Coran III-31)
Quelqu'un d'autre a dit: L'amour du Prophète, c'est croire en lui, le soutenir et défendre sa Sunna, s'y soumettre et craindre de s'y opposer.
Un autre a dit: L'amour, c'est la persistance dans la mention de l'aimé.
Un autre a dit encore: C'est préférer l'aimé ; c'est l'ardent désir pour l'aimé.
Ou encore: L'amour, c'est que le coeur se conforme au bon vouloir du Seigneur: Il aime ce qu'Il aime et déteste ce qu'Il déteste.
Selon un autre: L'amour, c'est l'inclination du coeur vers celui qui est en affinité avec lui.
La plupart de ces expressions constituent une allusion aux fruits de l'amour et non pas à sa réalité. En effet, la réalité de l'amour, c'est l'inclination vers ce qui convient à l'homme.
Cette convenance peut-être due au plaisir de percevoir, tel l'amour des belles images, des belles voix, des mets et des boissons agréables et tout ce qui y ressemble parmi les choses vers lesquelles incline toute nature saine.
Elle peut être due aussi au plaisir de percevoir, grâce à la faculté de son esprit, certaines significations intérieures et nobles, comme l'amour des saints, des savants, des gens de bien et ceux qui sont réputés pour leurs attitudes magnifiques et leurs conduites exemplaires. Car, par sa nature, l'homme incline à l'engouement pour ce genre de personnes. Mais cela peut conduire au fanatisme et au sectarisme en faveur d'un groupe de la communauté. Et un tel comportement conduit à l'exil et à l'atteinte de l'honneur des personnes...
Mais cette convenance peut être due aussi au fait d'aimer un être en raison de sa bonté et de sa bienfaisance, car les âmes aiment tout naturellement celui qui leur fait du bien.
Une fois ces raisonnements admis, si tu les appliques au Prophètes, tu sauras qu'il répond à ces trois significations impliquant l'amour.
S'agissant de la beauté de la forme et de l'extérieur, ainsi que de la perfection du caractère et de l'intérieur, nous en avons déjà suffisamment parlé au début de ce livre.
Pour ce qui est de sa bonté et de sa bienfaisance en faveur de sa Communauté, nous avons également évoqué les qualificatifs par lesquels Dieu —qu'Il soit exalté— l'a honoré, tels sa bienveillance à l'égard des croyants, sa miséricorde en leur faveur, sa direction, sa compassion et son effort pour les sauver de l'Enfer. Il est une miséricorde pour les mondes, un annonciateur de bonnes nouvelles et un avertisseur, il est un brillant luminaire, qui récite pour eux les versets du Livre de Dieu, leur enseigne Le Livre et la Sagesse et les guide vers le droit chemin.
En effet, y a-t-il une bonté plus magnifique et plus grandiose que sa bonté envers tous les croyants? Y a-t-il une bienfaisance plus utile et plus bénéfique que sa bienfaisance en faveur de tous les musulmans? Il était la cause de leur guidance au sortir de l'aveuglement, leur missionnaire pour le succès, leur médiateur auprès de leur Seigneur, leur intercesseur, celui qui parle pour eux, celui qui témoigne pour eux, celui dont l'exemple ouvre à la vie éternelle et à la félicité perpétuelle.
Donc, tu vois clairement que le Prophète  mérite l'amour véritable, légalement en vertu de ce que nous avons rapporté des Traditions authentiques, et de façon naturelle en vertu de ce que nous avons indiqué précédemment: la bonté et la bienfaisance qui émanaient généreusement de lui.
Du reste, si l'homme a tendance à aimer celui qui lui accorde, une ou deux fois, un bien dans sa vie en ce bas monde ou celui qui le sauve pour un moment d'une perte ou d'un dommage passager, celui qui lui montre une félicité impérissable et le soustrait au châtiment perpétuel de l'Enfer mérite davantage son amour !
Et si cet homme aime tout naturellement un roi en raison de sa conduite exemplaire, un gouvernant en raison de ce qu'on rapporte sur sa rectitude ou un homme dans le lointain en raison de ce qu'on répand sur sa science et son noble caractère, celui qui unit l'ensemble de ces qualités dans toute leur perfection mérite bien mieux d'être aimé.
'Ali a dit en décrivant le Prophète (ﷺ): "Celui qui le voit spontanément le craint et celui qui le fréquente par connaissance l'aime."
CINQUIÈME SECTION: Sur l'obligation de sincérité envers le Prophète (ﷺ)
Dieu —qu'Il soit exalté— a dit:
Il n'y a rien à reprocher aux faibles, aux malades, à ceux qui n'ont pas de moyens, s'ils sont sincères envers Dieu et Son Prophète (ida nassahû lillâhi wa rasûlihi). Il n'y a pas non plus de raison de s'en prendre à ceux qui font le bien. Dieu est Celui qui pardonne. Il est Miséricordieux. (Coran IX-91)
Les exégètes disent que l'expression "idâ nassahu lillâhi wa rasûlihi" veut dire ceci: S'ils sont des musulmans sincères, intérieurement et extérieurement.
Al-qâdi al-faqih Abû-l-Walid nous a rapporté (au cours de nos répétitions devant lui), d'après une chaine transmetteurs remontant jusqu'à Tamim ad-Dari que l'Envoyé de Dieu, a dit: "La religion c'est la sincérité (an-nassiha)" On lui a demandé: "Envers qui, Ô Envoyé de Dieu?" Il a répondu: "Envers Dieu, Son Livre, Son Prophète, les chefs des musulmans et l'ensemble des musulmans, elle est obligatoire."
C'est pourquoi nos maitres répètent que la sincérité est obligatoire envers Dieu, Son Prophète(ﷺ), les chefs des musulmans ou plutôt l'ensemble des musulmans.
L'imâm Sulayman al-Busti dit: an-nasiha est un mot qui désigne l'ensemble du bien que l'on souhaite faire en faveur d'un individu. On ne peut donc exprimer tout cela par un terme particulier qui le délimite. Quant au sens étymologique du mot an-nasiha, il signifie la sincérité.
De son côté Abû Bakr Ibn Abi Ishâq al-Khaffaf dit: an-nush signifie: faire ce qui améliore et harmonise. Ce mot dérive d'an-nassah qui est le fil par lequel on recoud le vêtement.
Donc, la sincérité envers Dieu —qu'Il soit exalté— c'est de croire sincèrement à son unicité, de Le qualifier par ce qu'Il mérite, de l'exempter de ce qui ne Lui convient pas, de chercher ce qu'Il aime, de s'éloigner de ce qui Le courrouce et d'être sincère dans Son adoration.
La sincérité envers Son Livre, c'est de croire en lui, d'agir selon ce qu'il renferme, de bien le réciter, de le méditer, de le vénérer, de le comprendre et de l'étudier, de le défendre contre les interprétations excessives et les objections des impies.
La sincérité envers Son Messager, c'est de le soutenir, de le faire triompher, de le défendre dans vie et après sa mort, de revivifier sa Sunna par la recherche, de la défendre, de la répandre et de se conformer à son noble caractère et à ses belles règles de bienséance.
Abû Sulaymân dit: "C'est de reconnaitre sa prophétie et de lui obéir dans ce qu'il a ordonné et dans ce qu'il a interdit."
Dans le même sens, Abû Ibrâhim Ishâq al-Tujibi dit: "La sincérité envers l'Envoyé de Dieu (ﷺ), c'est de reconnaitre ce qu'il a apporté, de s'attacher à sa Sunna, de la répandre, d'inciter en sa faveur et d'appeler à Dieu, à Son Livre, au Prophète, à sa Sunna et de la pratiquer."
Ahmad Ibn Mohammed dit pour sa part que la sincérité envers l'Envoyé de Dieu (ﷺ) fait partie des obligations qui s'imposent aux coeurs.
Abû Bah al-Ajuri ainsi que d'autres auteurs disent que la sincérité envers le Prophète (ﷺ) implique deux attitudes: Une sincérité durant sa vie et une sincérité après sa mort.
En effet, dans sa vie, la sincérité de ses Compagnons à son égard consistait à le soutenir, à le défendre, à se montrer hostiles envers celui qui lui était hostile, à lui obéir, à sacrifier leurs personnes et leurs biens pour lui, comme Dieu —qu'Il soit exalté— l'a dit:
il y a, parmi les croyants, des hommes qui ont été fidèles au pacte qu'ils avaient conclu avec Dieu. Tel d'entre eux atteint le terme de sa vie ; tel autre attend, tandis que leur attitude ne change pas (Coran XXXIII-23) ;
 ... et qu'ils faisaient triompher la cause de Dieu et de Son prophète, ceux-là sont les véridiques. (Coran LIX-8)
Quant à la sincérité des musulmans à son égard, après sa mort, elle consiste à lui témoigner du respect, de la vénération et beaucoup d'amour, à s'efforcer d'apprendre sa Sunna et de connaitre sa Loi, à aimer ses Compagnons et les membres de sa famille, à éviter celui qui se détourne de sa Sunna et en mettant en garde contre lui, à être compatissant envers les membres de sa Communauté, à faire des recherches pour connaitre sa morale exemplaire, sa conduite et ses règles de bienséance et à faire preuve de patience dans cette recherche.
Ainsi, selon ce que dit cet auteur, la sincérité deviendrait l'un des fruits de l'amour et l'un de ses signes conformément à ce que nous avons indiqué.
A ce propos l'imâm Abû-l-Qâsim al-Qushayri rapporte que `Amrû Ibn al-Laythi, l'un des rois du Khurassan et de ses héros les plus célèbres, connu sous le nom al-Saffâr a été vu en songe et on lui a demandé: "Comment Dieu t'a-t-Il traité?" Il a répondu: "Il m'a pardonné." On lui dit: "Pour quelle raison?" Il a expliqué: "Un jour, je suis monté en haut d'une montagne d'où j'ai embrassé du regard l'ensemble de mes soldats. Je fus subjugué par leur nombre. Aussi, j'ai souhaité être présent aux côtés de l'Envoyé de Dieu (ﷺ) pour le soutenir et le faire triompher. Dieu m'a loué pour cela et m'a pardonné."
S'agissant de la sincérité envers les chefs des musulmans, elle consiste à leur obéir dans le respect de la vérité, à les aider pour la rétablir, à la leur recommander et à la leur rappeler, de la façon la plus appropriée. Mais aussi, les avertir quant à leurs négligences et pour ce qu'on leur a caché des affaires des musulmans, éviter de se rebeller contre eux ou d'ameuter les gens et de les manipuler contre eux.
S'agissant de la sincérité envers l'ensemble des musulmans, elle consiste à les guider vers leurs intérêts, à les aider par les actes et les paroles dans les affaires de leur foi et de leur monde ici-bas, à avertir celui qui est insouciant, à éclairer celui qui est ignorant, à épauler celui qui est dans le besoin, à repousser les dommages auxquels ils s'exposent et à leur apporter du profit.[...]
Patience, endurance et pardon du Prophète (ﷺ)
S’agissant de la mansuétude (al hilm), l’endurance (al ihtimal), le pardon (al ‘afuw) alors qu’on a les moyens de sévir, la patience (as sabr) de supporter les contraintes, il y’a entre ces vertus une certaine différence.
Ainsi la mansuétude est un état de calme digne et de fermeté, lorsque interviennent les raisons qui la provoquent.
L’endurance consiste à maîtriser l’âme et à la retenir au moment des douleurs et de tout ce qui gène.
Il en va de même pour la patience qui a presque la même signification.
Quand au pardon, il consiste à s’abstenir de sévir et de tenir rigueur.
Or tout ceci relève de l’éducation que Dieu  a donnée à Son prophète (ﷺ) .
En effet, Dieu lui a dit :
<<Pratique le pardon ; ordonne le bien ; écarte-toi des ignorants >> (Coran VII-199)
On rapporte que lorsque ce verset fut révélé au prophète (ﷺ) il a interrogé l’Archange Gabriel sur son interprétation. Gabriel lui dit : Attend que j’interroge Celui qui connaît toute chose. Il alla, puis revint le voir et dit : Ô Mohamed Dieu t’ordonnes de garder les liens avec celui qui rompt avec toi, de donner à celui qui te prive et de pardonner à celui qui te fait du tord !
Dieu dit également (parole de Luqman à son fils) :
<<… Supporte patiemment ce qui t’arrive : tout cela fait partie des bonnes résolutions>> (XXXI-17)
Dieu —qu'Il soit exalté— a dit aussi : << Sois patient, comme ont été patients ceux des Prophètes qui étaient doués d’une ferme résolution…>> (XLVI-35)
Quant au pardon Dieu dit :
<<… ils oublieront et ils pardonnerons. N’aimez vous pas quand Dieu vous pardonne ? Dieu est Celui qui pardonne. Il est très miséricordieux>> (XXIV-22)
<<Mais celui qui est patient et qui pardonne fait montre des meilleurs dispositions>> (XLII-43)
De là, on saisit parfaitement ce qui est réputé de la mansuétude et de l’endurance du Prophète (ﷺ) . Et si l’on décèle chez tout magnanime une petite faute qui pourrais entraîner un trébuchement, en revanche, l’ampleur des ennuis et des nuisances n’ont fait qu’accroître la patience du
Prophète (ﷺ)  et les excès des ignorants ne l’ont rendu que plus magnanime.
Le qadi Abû ‘Abdullah Mohamed Ibn ‘Alî al Taghlabî  et bien d’autres nous ont rapporté d’après une chaîne de nombreux transmetteurs qui remonte à ‘Aicha (raa) : « On n’a jamais donné à l’Envoyé de Dieu (ﷺ) à choisir entre deux choses sans qu’il n’opte pour la plus facile, aussi tant qu’il ne s’agissait pas d’un péché.  S’il s’agissait d’un pécher, il restait, de tous les hommes, celui qui en est le plus éloigné. Et l’Envoyé de Dieu  (ﷺ) ne s’est jamais vengé pour lui-même à moins que les interdits de Dieu  soient violés. Alors, il s’en vengeait pour Dieu. »
Ainsi ne se fâchait il que pour Dieu et dans ce cas sa colère était terrible.
On rapporte également que lorsque l’incisive du Prophète (ﷺ) fut brisée, et sa tête fut blessée au court de la bataille d’Uhud, les compagnons furent très touchés. Ils lui ont proposé : Et si tu lançais des imprécations (malédiction) contre eux (les quraish) ! Il leur répondit :
« Je n’ai pas été envoyé pour maudire. Mais j’ai été envoyé comme un implorant et comme une miséricorde. Mon Dieu ! Dirige mon peuple car ils ne savent pas. »
De même on rapporte que ‘Umar (raa) a dit un jour au Prophète : « Par mon père et ma mère ! Ô Envoyé de Dieu ! Noé a jeté l’anathème sur son peuple en disant <<Mon Seigneur ! Ne laisse sur la terre aucun habitant qui soit au nombre des impies>> (LXXI-26) Si tu jette contre nous un semblable anathème nous périrons jusqu’au dernier. Pourtant ton dos a été foulé, ton visage ensanglanté et ton incisive brisée mais tu n’as voulu dire que du bien. En effet tu as dit « Mon Dieu ! Pardonne à mon peuple car ils ne savent pas. »
Regarde comme cette parole représente le maître mot de la bienfaisance et résume les degrés de l’excellence, du bon caractère, de la noblesse de l’âme et de l’extrême patience et mansuétude. Car le Prophète (ﷺ) ne s’est pas contenté de garder le silence à leur égard mais il leur a pardonné. Puis il a eu pitié d’eux et leur a fait miséricorde en invoquant en leur faveur et en intercédant pour eux. Il a dit : Mon Dieu ! Pardonne ou guide. Et par les mots « pour mon peuple » il a manifesté sa miséricorde, avant d’excuser leur ignorance en disant : ils ne savent pas.
De même lorsqu’un homme l’interpella un jour en disant « Sois équitable, car ce partage n’as pas été fait pour Dieu. », le Prophète (ﷺ) s’est contenté dans sa réponse de lui expliquer ce qu’il ignorait (au sujet du partage) et s’exhorta lui-même en rappelant ce qui lui était reproché. Ainsi dit il a cet homme : « Malheur à toi ! Qui serait équitable si je ne le suis pas ? Je serais perdant et misérable si je ne suis pas équitable ! », Et il a ensuite arrêté celui de ses Compagnons qui a voulu tuer cet homme (pour défendre le Prophète (ﷺ) contre ces paroles offensantes).
Une autre fois, lorsque Ghawrath Ibn al Hârith se dressa pour tuer l’Envoyé de Dieu (ﷺ) endormi seul sous un arbre, tandis que les autres dormaient aux alentours au cours de l’une des expéditions, L’Envoyé de Dieu (ﷺ) se réveilla et vit cet homme debout près de sa tête avec une épée dégainée. Ghawrath lui dit : Qu’est ce qui te protège de moi ? Il lui répondit : Dieu. L’épée tomba alors de sa main et le Prophète (ﷺ), le saisissant, lui dit : Qu’est ce qui te protège de moi ? L’homme dit : Sois le meilleur de ceux qui saisissent ! Il le laissa et lui pardonna. L’homme revint ensuite dans sa tribu et dit aux siens : Je reviens de chez le meilleur des hommes.
Du reste, son histoire la plus extraordinaire en matière de pardon est celle concernant la juive qui l’a empoisonné par la viande d’une chèvre. Une tradition authentique atteste qu’après avoir entendu son aveu, il la laissa.
De même, il n’a pas tenu rigueur  à Labid Ibn al A’sam qui l’avait ensorcelé à partir de quelques cheveux sur un peigne. L’Ange Gabriel vint lui révéler toute l’affaire mais il n’a pas formulé de reproche ni de sanction.
Il n’a pas non plus tenu rigueur à ‘Abdullâh Ibn Ubay et à ses acolytes parmi les hypocrites, à propos de ce que l’on a rapporté de grave comme gestes et paroles à son encontre. Il a seulement dit à celui qui lui a conseillé de tuer quelques-uns d’entre eux : « On ne dira pas que Mohammed  exécute ses Compagnons. »
Par ailleurs, Anas rapporte ce qui suit : Pendant que j’étais avec le Prophète (ﷺ)  et qu’il portais un manteau aux bords très épais, un arabe bédouin l’a saisi par l’extrémité se son manteau et l’a violement tiré au point que le bord du manteau lui a laissé une marque sur la nuque. Puis il lui dit : Ô Mohamed ! Charge mes deux chameaux des biens que tu as de Dieu, car tu ne me donnes pas de tes biens. Le Prophète (ﷺ) garda le silence un moment puis il lui dit : Certes ce sont les biens de Dieu et je suis Son serviteur.  Faut-il te sanctionner pour  ce que tu m’a fait ô arabe bédouin ? Il répondit : Non. Il lui demanda Pourquoi ? L’arabe bédouin répondit Parce que tu ne réponds pas au mal par le mal. A ces mots le Prophète (ﷺ) sourit puis il ordonna qu’on charge d’orge l’un de ses chameaux et l’autre de dattes.
De même, ‘Aicha a dit ceci : Je n’ai jamais vu l’Envoyé de Dieu (ﷺ) sévir à la suite d’une injustice à son encontre, tant que cela ne touchait pas l’un des interdits de Dieu. Et il n’a jamais frappé de sa main qui que ce soit, sauf quand il combattait dans le chemin de Dieu. Et il n’a jamais frappé un serviteur ou une femme. Un jour on lui a apporté un homme et on lui a dit : celui là veut te tuer. Le Prophète saws lui dit : « Ne sois pas effrayé ! Ne sois pas effrayé ! Su tu en avais véritablement l’intention, tu ne serais pas lâche (effrayé) devant moi. »
De même Zayd Ibn Sa’na est venu le voir (avant d’embrasser l’islam) pour lui réclamer une dette. Il tira son habit au niveau du coude puis le saisi violement par les bords de ses vêtements et lui dit : Vous les descendants de ‘Abd-l-Muttalib  vous retardez les paiements ! A ces mots ‘Umar le menaça et lui lança des propos très durs pendant que le Prophète (ﷺ) , lui, souriait.
Puis l’Envoyé de Dieu (ﷺ)  dit à ‘Umar : Nous avions davantage besoin, lui et moi, d’un autre conseil, ô ‘Umar ! : Que tu m’ordonnes de bien régler ma dette ma dette et que tu lui ordonnes de bien la réclamer.  Et il ordonna à ‘Umar de régler sa dette et de lui donner en plus vingt boisseaux pour l’avoir effrayé. D’ailleurs cet épisode fut la cause de son entrée en islam. En effet cet homme avait dt : Il ne reste rien des signes de la prophétie que je n’ai pas reconnu chez Mohamed (ﷺ), sauf deux d’entre eux que je n’ai pas encore éprouvés. L’occasion lui en fut donnée. Quant à la mansuétude elle prend le dessus sur son ignorance et, inversement, l’excès d’ignorance chez autrui ne fait qu’accroître sa mansuétude.
En somme, parler de sa mansuétude, de sa patience et de son pardon est un thème qu’on ne peut épuiser en aucun cas. Il suffit pour toi de méditer sur ce que nous avons évoqué d’après les Recueils de Hadiths authentiques et les ouvrages sûrs qui rapportent des Traditions tout à fait authentiques. Certaines traitent de sa patience à endurer les forfaits de la tribu de Quraysh et les nuisances du paganisme, de sa constance à supporter les pires difficultés avec les gens de cette époque, jusqu’à ce que Dieu lui accorda la victoire sur eux et le rende maître de leur sort. Pourtant, jusqu’à la dernière minute, ses ennemis avaient la certitude qu’ils allaient éradiquer ce premier noyau de musulmans autour de lui. Or tout cela n’a fait qu’accroître chez lui le pardon et la mansuétude à leur égard.  En effet il a dit aux mécréants de la Mecque après sa victoire totale sur eux : « Que pensiez vous que j’allais faire de vous ? »
Ils ont répondu : Seulement du bien. Tu es un noble frère et un noble cousin.
Il leur dit alors : Je vous dirai ce que mon frère Joseph a dit à ses frères : <<Qu’aucun reproche ne vous soit fait aujourd’hui ; que Dieu vous pardonne ! Il est le plus Miséricordieux de ceux qui font miséricorde. >> (XII-92) Allez, vous êtes libres ! »
De son coté, Anas rapporte ceci : Quatre vingt hommes sont descendus du plateau al Tan’îm près de la Mecque, au moment de la prière de l’aube, pour tuer l’Envoyé de Dieu (ﷺ)  mais ils furent arrêtés. Malgré cela l’Envoyé de Dieu (ﷺ)  les a libérés. Dieu révéla alors le verset suivant : <<C’est Lui qui a écarté leurs mains de vous et eux de vos mains, dans la vallée de la Mecque, après vous avoir donné l’avantage sur eux. Dieu voit parfaitement ce que vous faites. >> (XLVIII-24)
De même, le Prophète (ﷺ)  a dit, avec calme et attention, à Abu Sufyan qu’on amena devant lui alors qu’il avait rassemblé toute une coalition d’ennemis contre les musulmans, tué son oncle et maltraité ses Compagnons : « Qu’as-tu ô Abu Sufyan ? L’heure est elle venue pour toi de comprendre qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu ? » Abû Sufyan lui répondit : « Par mon père et ma mère ! Combien tu es magnanime, attentif aux liens de parenté et noble !... »
C’est que de tous les hommes, l’Envoyé de Dieu (ﷺ)  était le plus éloigné de la colère et le plus prompt à être satisfait.


(Al-Chamael al-Mohammadiya) Les qualités sublimes du ProphèteMuhammad(صلَّى الله عليه وسلّم)

Versets à méditer: Ne méditent-ils donc pas sur le Coran?... آيت للتّدبُّر: أَفَلَا يَتَدَبَّرُونَ ٱلۡقُرۡءَانَۚ


أَفَلَا يَتَدَبَّرُونَ ٱلۡقُرۡءَانَۚ وَلَوۡ كَانَ مِنۡ عِندِ غَيۡرِ ٱللَّهِ لَوَجَدُواْ فِيهِ ٱخۡتِلَـٰفً۬ا ڪَثِيرً۬ا (٨٢) وَإِذَا جَآءَهُمۡ أَمۡرٌ۬ مِّنَ ٱلۡأَمۡنِ أَوِ ٱلۡخَوۡفِ أَذَاعُواْ بِهِۦۖ وَلَوۡ رَدُّوهُ إِلَى ٱلرَّسُولِ وَإِلَىٰٓ أُوْلِى ٱلۡأَمۡرِ مِنۡہُمۡ لَعَلِمَهُ ٱلَّذِينَ يَسۡتَنۢبِطُونَهُ ۥ مِنۡہُمۡۗ وَلَوۡلَا فَضۡلُ ٱللَّهِ عَلَيۡڪُمۡ وَرَحۡمَتُهُ ۥ لَٱتَّبَعۡتُمُ ٱلشَّيۡطَـٰنَ إِلَّا قَلِيلاً۬ (٨٣)
 Ne méditent-ils donc pas sur le Coran? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions! (82) Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S’ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d’entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris (la vérité de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement). Et n’eussent été la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde, vous auriez suivi le Diable, à part quelques-uns. (83)

mercredi 19 décembre 2018

Versets à méditer: Et le peuple de Moïse adopta ... آيات للتّدبُّر: وَٱتَّخَذَ قَوۡمُ مُوسَىٰ


وَٱتَّخَذَ قَوۡمُ مُوسَىٰ مِنۢ بَعۡدِهِۦ مِنۡ حُلِيِّهِمۡ عِجۡلاً۬ جَسَدً۬ا لَّهُ ۥ خُوَارٌۚ أَلَمۡ يَرَوۡاْ أَنَّهُ ۥ لَا يُكَلِّمُهُمۡ وَلَا يَہۡدِيہِمۡ سَبِيلاًۘ ٱتَّخَذُوهُ وَڪَانُواْ ظَـٰلِمِينَ (١٤٨) وَلَمَّا سُقِطَ فِىٓ أَيۡدِيهِمۡ وَرَأَوۡاْ أَنَّهُمۡ قَدۡ ضَلُّواْ قَالُواْ لَٮِٕن لَّمۡ يَرۡحَمۡنَا رَبُّنَا وَيَغۡفِرۡ لَنَا لَنَڪُونَنَّ مِنَ ٱلۡخَـٰسِرِينَ (١٤٩) وَلَمَّا رَجَعَ مُوسَىٰٓ إِلَىٰ قَوۡمِهِۦ غَضۡبَـٰنَ أَسِفً۬ا قَالَ بِئۡسَمَا خَلَفۡتُمُونِى مِنۢ بَعۡدِىٓۖ أَعَجِلۡتُمۡ أَمۡرَ رَبِّكُمۡۖ ... (١٥٠)
Et le peuple de Moïse adopta après lui un veau, fait de leurs parures: un corps qui semblait mugir. N’ont-ils pas vu qu’il ne leur parlait point et qu’il ne les guidait sur aucun chemin? Ils l’adoptèrent [comme divinité], et ils étaient des injustes. (148) Et quand ils éprouvèrent des regrets, et qu’ils virent qu’ils étaient bel et bien égarés, ils dirent: «Si notre Seigneur ne nous fait pas miséricorde et ne nous pardonne pas, nous serons très certainement du nombre des perdants». (149) Et lorsque Moïse retourna à son peuple, fâché, attristé, il dit: «Vous avez très mal agi pendant mon absence! Avez-vous voulu hâter le commandement de votre Seigneur?» ... (150)

mardi 18 décembre 2018

Versets à méditer: Ceux qui émiettent leur religion ... آيات للتّدبُّر: إِنَّ ٱلَّذِينَ فَرَّقُواْ


 إِنَّ ٱلَّذِينَ فَرَّقُواْ دِينَہُمۡ وَكَانُواْ شِيَعً۬ا لَّسۡتَ مِنۡہُمۡ فِى شَىۡءٍۚ إِنَّمَآ أَمۡرُهُمۡ إِلَى ٱللَّهِ ثُمَّ يُنَبِّئُہُم بِمَا كَانُواْ يَفۡعَلُونَ (١٥٩) مَن جَآءَ بِٱلۡحَسَنَةِ فَلَهُ ۥ عَشۡرُ أَمۡثَالِهَاۖ وَمَن جَآءَ بِٱلسَّيِّئَةِ فَلَا يُجۡزَىٰٓ إِلَّا مِثۡلَهَا وَهُمۡ لَا يُظۡلَمُونَ (١٦٠) قُلۡ إِنَّنِى هَدَٮٰنِى رَبِّىٓ إِلَىٰ صِرَٲطٍ۬ مُّسۡتَقِيمٍ۬ دِينً۬ا قِيَمً۬ا مِّلَّةَ إِبۡرَٲهِيمَ حَنِيفً۬اۚ وَمَا كَانَ مِنَ ٱلۡمُشۡرِكِينَ (١٦١) قُلۡ إِنَّ صَلَاتِى وَنُسُكِى وَمَحۡيَاىَ وَمَمَاتِى لِلَّهِ رَبِّ ٱلۡعَـٰلَمِينَ (١٦٢) لَا شَرِيكَ لَهُ ۥۖ وَبِذَٲلِكَ أُمِرۡتُ وَأَنَا۟ أَوَّلُ ٱلۡمُسۡلِمِينَ (١٦٣)
 Ceux qui émiettent leur religion et se divisent en sectes, de ceux-là tu n’es responsable en rien: leur sort ne dépend que d’Allah. Puis Il les informera de ce qu’ils faisaient. (159) Quiconque viendra avec le bien aura dix fois autant; et quiconque viendra avec le mal ne sera rétribué que par son équivalent. Et on ne leur fera aucune injustice. (160) Dis: «Moi, mon Seigneur m’a guidé vers un chemin droit, une religion droite, la religion d’Abraham, le soumis exclusivement à Allah et qui n’était point parmi les associateurs. (161) Dis: «En vérité, ma Ṣalāt, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers. (162) A Lui nul associé! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre.» (163)

lundi 17 décembre 2018

Les meilleurs paroles qu'a dit I ELFIKمن أجمل كلمات د/ ابراهيم الفقى

voila les meilleurs paroles qu'a dit I ELFIKI
من أجمل كلمات د/ ابراهيم الفقى ربنا يرحمه ويغفر له ويجعل مثواه الجنه ...
لا تتحدث عن أموالك أمام فقير"ne parle pas de ta richesse devant le pauvre"
لا تتحدث عن صحتك أمام عليل"ne parle pas de ta santé devant le malade"
لا تتحدث عن قوتك أمام ضعيفne parle pas de ta force devant le faible"
لا تتحدث عن سعادتك أمام تعيس " ne parle pas de ton bonheur devant le malheureux"
لا تتحدث عن حريتك أمام سجين "ne parle pas de ta liberté devant le prisonnier"
لا تتحدث عن أولادك أمام عقيم"ne parle pas de tes enfants devant le stérile"
ولا تتحدث عن والدك أمام يتيم"ne parle pas de ton père devant l’orphelin"
فجراحهم لا تحتمل المزيد ..." Car leur blessure ne supportent pas plus "
زن كلامك في كل أمور حياتك واجعل ( مراعاة شعور الآخرين ) جزء من شخصيتك حتى لا
يأتي يوم تجد نفسك فيه وحيدا مع جرحك
"Pèse tes paroles dans tous les domaines de ta vie et fait en sorte que (l'observance des sentiments des autres ) soit un parie intégrante de ta personnalité pour ne pas te retrouver un de ces jours seul avec tes blessures "
فلا ترقص على جراح الآخرين لكي لا يأتي يوم تجد فيه من يرقص على جرحك ..
" Ne dandine pas sur les blessures des autres pour ne pas être témoin d'une autre personne qui dandinera sur tes plais "

(L'éthique du musulman) par Mohammed Al-Ghazali : Le chois des amis

Les amitiés particulières ont un grand effet dans les choix de l'âme et de l'esprit
 Elles participent grandement à ce qui touche le groupe entier comme 
progrès ou retard, angoisse ou apaisement.
Aussi, l'Islam s'intéresse beaucoup à ces rapports avec des personnes qui te marquent 
et que tu marques, et qui entrent intimement dans ta vie pour un long moment. 
Si ces rapports débutent et progressent avec noblesse et sincérité, ils sont 
agréés et bénis par Dieu  . 
S'ils sont vils et bas, ils sont renvoyés aux visages de ceux qui les entretiennent:{ Ce Jour-là, les amis intimes deviendront ennemis les uns des autres, à l'exception de ceux qui craignent Dieu. Ô Mes serviteurs! N'ayez pas peur, ce Jour-là ! Ne vous affligez pas ! } [ Sourate 43 : versets 67/68 ].
Comme tu le sais l'Islam est une religion de rassemblement, de concorde et de familiarité. 
La tendance qui pousse à faire la connaissance de gens et à se mêler 
à eux est inscrite authentiquement dans ses enseignements.
Car il n'est pas fondé sur l'éloignement vis-à-vis des autres et il n'invite pas ses adeptes à s'isoler totalement et à fuir les obligations de la vie.
Il n'a pas non plus stipulé que la mission du musulman sur la terre consiste à se 
retirer dans un monastère où à se consacrer à l'adoration dans un ermitage. 
Non, absolument pas. Car Dieu  n'a pas réservé les hauts degrés 
à ces faibles enfermés sur eux-mêmes.  
En effet, l'Envoyé de Dieu   a dit:"Le croyant qui fréquente 
les gens et supporte leur gène est meilleur que le croyant qui ne se mêle 
pas aux gens et ne supporte pas leur gêne" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Pourquoi les rassemblements sont-ils prescrits ? A qui la prière en 
commun du vendredi s'impose-t-elle ? Qui assure les obligations du 
jihâd et se désigne pour cette tâche dans les moments critiques ? 
Tout cela implique une Communauté où les liens particuliers 
et généraux sont renforcés au maximum.
Voilà pourquoi Ibn' Abbâs a répondu à l'interrogation 
répétée au sujet d'un homme qui jeûnait le jour et priait la nuit,  
mais qui n'assistait ni à la prière en commun du vendredi ni à 
d'autres rassemblements en disant ceci:
"Dites-lui qu'il fait partie des habitants de l'Enfer" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Ceci parce que l'Islam prend un grand soin à ce que ses grands rites soient 
 un lieu de rencontre des musulmans pour qu'ils s'aident mutuellement 
à les accomplir et puisent, de la pureté de leur atmosphère, les sentiments 
d'une affection sans tache et d'une sincérité profonde. D'ailleurs, plus le 
rassemblement auquel le musulman participe avec ses frères est grand, 
 plus les bénédictions divines sont nombreuses en sa faveur.
Il est dit dans le hadîth :"La prière du fidèle en commun avec un 
autre fidèle est plus profitable que sa prière en solitaire. 
Et sa prière en commun avec deux fidèles est plus profitable 
que sa prière en commun avec un seul fidèle. Ainsi, plus 
ils sont nombreux, plus cela est agréable à Dieu " [ Rapporté par Ahmad ].
Dans une autre version: "La prière en commun de deux hommes 
dont l'un officie comme imam pour l'autre est plus profitable 
(pour eux) auprès de Dieu  que les prières solitaires de quatre hommes. 
La prière en commun de quatre hommes est plus profitable (pour eux) 
auprès de Dieu que les prières solitaires de huit hommes. 
La prière en commun de huit hommes dont l'un d'eux officie 
comme imam pour les autres est plus profitable (pour eux) 
que les prières solitaires de cent hommes" [ Rapporté par At-Tabarânî ].
Ces modèles de conduite exemplaire expriment le désir que l'Islam a 
de multiplier le nombre des musulmans dans leurs rassemblements et de 
les voir rassemblés en des groupes compacts plutôt qu'en individus isolés. 
Toutefois, la question de l'isolement et de la fréquentation et 
tout ce qui s'y rapporte comme créations de liens et formations d'amitiés 
est soumise à de multiples règles.En effet, tout isolement par rapport à la 
umma (communauté) fait perdre l'occasion d'accomplir le jihâd consistant 
à recommander le bien et à interdire le mal, ou affaiblit la défense 
de l'Islam devant ses adversaires. En ce sens un tel isolement est un 
 crime inacceptable de la part de celui qui le pratique. 
Les gens ont, du reste, des natures différentes: il y a celui qui se 
hâte vers les grands rassemblements, entre rapidement en contact 
avec les uns et les autres, se familiarise avec les nouveaux visages et 
engage la conversation avec ceux qui lui sont proches et lointains; 
 mais il y a aussi celui qui, lorsque tu le pousses dans les grandes 
réunions, place un siège autour de lui-même d'où il guette les gens  
avec vigilance et où il s'enferme dès qu'un homme fait un pas vers lui.
L'Islam a guidé ces deux natures vers leur voie droite. A la première on dira: 
 "Fréquente les hommes en préservant ta Foi". Et à la deuxième on dira: 
 "Le croyant est réservé, tendre, familier et sociable".
L' Islam a toutefois imposé d'éviter les discordes. 
 En effet, lorsque le pays est assailli par les troubles, que ses 
habitants se mettent à se battre entre eux pour les choses de ce 
bas monde et que les liens de la vertu sont rompus, le boycott de 
la corruption devient une forme de protestation, à condition que 
cela intervienne dans les limites des degrés de changement prescrites 
par Dieu pour lutter contre le mal par la main, 
puis par la parole, puis par le coeur. 
C'est-à-dire l'abstention de lutter contre la corruption est inacceptable 
 de celui qui a les moyens de la changer par la parole ou par la force.
Le boycott est, du reste, une arme utilisée avec bon sens à notre époque. 
Les nations faibles l'ont utilisé avec succès contre leur ennemi 
impitoyable, mais, par rapport aux autres armes de lutte,le boycott 
s'apparente à l'isolement par rapport aux autres moyens de réformisme. 
C'est-à-dire qu'elle est le refuge pour les faibles lorsqu'ils ne 
trouvent pas d'autres moyens pour fuir avec leur Foi.
En revanche, si les moyens existent pour éteindre l'incendie des 
discordes, l'isolement devient comme nous l'avons indiqué un crime flagrant.
A la lumière de ces indications tu comprendras le sens de la Parole 
de l'Envoyé de Dieu  lorsqu'on l'a interrogé:
 "Quel est le meilleur des hommes, ô Envoyé de Dieu ? Il a répondu: 
Un croyant qui combat dans le chemin de Dieu avec son âme et ses biens. 
On lui a dit: Et puis ? Il a dit: Un homme retiré dans une vallée pour 
adorer son Seigneur" [ Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim ].

Cela dit, l'isolement et la fréquentation des gens ne sont pas deux 
qualités permanentes chez l'homme. Aussi, le musulman est tenu 
de partager son temps entre la retraite utile et la bonne fréquentation 
 pour sortir dans les deux cas avec ce qui améliore toute son affaire.
C'est sur cette base que nous devons choisir les amis,  
rechercher les amitiés ou les éviter. Mais la première condition pour 
une bonne compagnie c'est d'être désintéressée, d'être vouée à 
Dieu et d'être fructifiée et renforcée dans le chemin de la 
 Foi et de l'excellence. 
Voilà le sens de l'amour pour Dieu.
Une fois son coeur raffermi par la certitude et embelli par la 
splendeur de la Foi au point de goûter sa douceur, l'homme verra 
tous les vivants avec le regard de sa Foi : s'il aime, c'est par 
principe non par désir de concupiscence, et s'il déteste, 
c'est par principe non par privation.
Evidemment les troupeaux peuvent se rassembler autour 
d'une source d'eau douce ou amère, et les gens peuvent se 
retrouver autour des attraits d'une vie passagère ou 
permanente, mais ce genre de retrouvailles et ces 
formes d'affection ne sont pas comparables aux liens  
d'amour, de pureté, d'entraide et d'abnégation qui naissent 
entre les hommes aux idéaux élevés. Voilà pourquoi l'Islam  
honore les sentiments purs de l'amitié et invite les croyants 
à les vouer à Dieu , à les entretenir pour Sa Face. 
 Il réserve, d'ailleurs à ces sentiments, une récompense 
élevée qui correspond à leur nature sublime.
L'Envoyé de Dieu  a dit : "Dieu a dit:  
 « Ceux qui s'aiment pour Ma Majesté seront à l'ombre de Mon 
Trône le jour où il n'y aura d'autre ombre que la Mienne » [ Rapporté par Ahmad ].
De même Omar Ibn al-Khattâb rapporte que l'Envoyé de 
Dieu  a dit:"II y a parmi les serviteurs de Dieu  
des hommes qui ne sont ni des prophètes, ni des témoins-martyrs. 
Pourtant, au Jour de la Résurrection, les prophètes et les 
témoins-martyrs désireront leur position auprès de Dieu. 
On lui a dit : Ô Envoyé de Dieu ! Indique-nous qui ils sont ! 
Il a dit: Ce sont des gens qui se sont aimés par l'Esprit de 
Dieu sans qu'il y ait des liens de filiation entre eux ou 
des biens qu'ils pouvaient échanger. Par Dieu ! Leurs visages sont 
illuminés par la lumière et ils sont dans la lumière. 
 Ils n'ont pas peur quand les hommes sont terrifiés et ne sont pas 
tristes quand les hommes sont affligés". Puis il a récité ce verset: 
 { Non, vraiment, les amis de Dieu n'éprouveront plus aucune 
crainte, ils ne seront pas affligés } [ Sourate 10 : verset 62 ] 
[ Rapporté par Abû Dâwud ].
L' amour en Dieu n'est pas à la portée de tous car tout le 
monde ne répond pas à l'invitation avec toute la sincérité requise. 
C'est dire que l'homme doit d'abord connaître parfaitement son 
 Seigneur, puis chérir cette connaissance jusqu'à ce qu'elle  
chasse en lui toute autre considération et qu'elle atteigne le degré 
de l'amour de Dieu pour lui-même et de la préférence d'agir pour Lui. 
Ce n'est qu'à ces conditions que l'individu aime véridiquement 
pour Dieu et déteste véridiquement pour Dieu.
Quant à aimer un grand de ce monde par admiration pour son génie 
ou un autre pour la douceur de son comportement, cela est une 
autre forme d'amitié qui ne nous concerne pas ici.
L'Envoyé de Dieu  a dit:
"Celui qui possède l'une des trois qualités suivantes retrouve 
la douceur de la Foi et son goût : L'amour de Dieu et de Son 
Prophète lui est plus cher que toute autre chose; il aime pour 
Dieu et déteste pour Dieu; il préfère qu'on allume un brasier 
et qu'on le jette dedans plutôt que d'associer une 
quelconque chose à Dieu" [ Rapporté par Muslim ].
Comme l'amour pour Dieu est l'ultime station dans l'échelle 
d'ascension de la Foi et comme son fruit n'apparaît que chez 
ceux qui sont nourris par la flamme de la sincérité, l'effusion de 
cet amour devient le signe d'une perfection et d'une pureté qui 
mérite la plus grande des récompenses.
L'Envoyé de Dieu  a dit:
"Chaque fois que deux hommes s'aiment pour Dieu, celui qui 
est le plus agréable à Dieu est celui qui aime le plus son 
compagnon" [ Rapporté par At-Tabarânî ].
Ainsi, ces deux frères qui s'aiment sont sous la protection 
de Dieu et sous Son égide. On rapporte que l'Envoyé de 
Dieu  a dit:
"Allah  a dit : "Mon amour s'impose pour ceux qui s'aiment en Moi. 
Mon amour s'impose pour ceux qui se rendent visite pour Moi. 
Mon amour s'impose pour ceux qui s'entraident pour Moi. 
Mon amour s'impose pour ceux qui deviennent amis par amour 
pour Moi" [ Rapporté par Ahmad et At-Tabarânî ].
Comme l'influence de l'ami sur son ami est profonde, l'individu est 
tenu de bien choisir ses frères et d'éprouver leurs fonds
 pour se rassurer sur leur réalité.
L'Envoyé de Dieu a dit: " L'individu 
partage la Foi de son ami. Aussi chacun de vous se doit de réfléchir 
 en choisissant ses amis"  [ Rapporté par Abû Dâwud ].
S'ils sont des hommes qui l'aident à accomplir le devoir et à 
 préserver les droits et qui le retiennent de toucher au mal, 
de commettre ce qui est illicite, ce sont des compagnons dans le bien. 
 Il doit s'attacher à eux et prendre soin de leur affection. 
Sans quoi il doit prendre garde à être trompé par les voies 
de déperdition qu'ils enjolivent pour lui ou à se laisser aller 
avec eux aux plaisirs et à la débauche. 
 Le grand ami est celui qui conduit son compagnon vers la réussite 
dans ce bas monde et le succès dans la Vie future. 
Quant à l'ami idiot et aliéné, c'est un malheur pour son compagnon. 
En effet, bien des novices ont été rongés de regrets à cause 
de cette mauvaise compagnie parce qu'elle les a mis au 
 bord d'un gouffre qui les a entraînés dans la Géhenne.
Allah  a dit:
{ Le Jour où l'injuste se mordra les mains en disant: 
Malheur à moi ! Si seulement j'avais suivi le chemin avec le Prophète ! 
Malheur à moi ! Si seulement je n'avais pas pris un tel comme ami ! 
Il m'a égaré loin du Rappel, alors que celui-ci m'était déjà parvenu. 
Le Démon est traître envers les hommes } [ Sourate 25 : versets 27/29 ].
La nature de l'homme triche souvent avec elle-même. 
 Bien souvent l'homme est prompt à suivre la direction 
désirée par son compagnon. 
 La contagion a aussi sa loi qui se répand en morale comme 
elle se répand dans les corps. 
Il arrive même que l'esprit qui règne dans une réunion 
ait pour origine une forte personnalité qui répand autour d'elle 
un débordement de bien qui jaillit de son fond intérieur.
Mais on a constaté que la contagion des méfaits se propage 
plus rapidement et atteint plus gravement que 
la contagion des bienfaits. 
Ainsi, la contagion de fumer des cigarettes se transmet souvent 
du fumeur à celui qui en était protégé. L'inverse arrive par contre rarement.
Par considération pour ces effets et par sauvegarde des bons 
caractères et des bonnes habitudes, l'Envoyé de Dieu  
ordonne de choisir les compagnons dans les réunions:
"Le bon voisin dans une réunion s'apparente au vendeur du musc, 
si tu n'en touches pas, au moins tu en reçois l'odeur. 
Le mauvais voisin dans une réunion s'apparente au souffleur, si tu n'es 
pas couvert par sa noirceur, au moins tu reçois sa fumée" [ Rapporté par Abû Dâwud ].
S'il en est ainsi pour le voisin d'une réunion que tu rencontres 
occasionnellement pour quelques instants de la journée, 
qu'en serait-il pour toi avec l'ami de toujours qui te fréquente 
dans les moments agréables et dans les heures critiques ?
C'est dire que l'amitié des hommes intelligents et pieux peut conduire aux sommets. 
Quant à l'amitié des imbéciles et des sots, elle pousse rapidement vers les abîmes.
Allah  a dit:
{ Les injustes sont amis les uns des autres; Dieu est le Maître de ceux 
qui le craignent, Ceci est, pour les hommes, un appel à la clairvoyance, 
une Direction et une Miséricorde en faveur d'un peuple qui croit fermement }[ Sourate 45 : versets 19/20 ].
 L' amitié doit s'appuyer sur la force des certitudes et de la sublimité des actes. 
Les meilleurs, dont l'individu peut garder la compagnie et sauvegarder 
l' affection dans ce monde et dans la Vie future, sont ceux désignés 
 dans la Tradition par ces termes:
"Celui qui traite les hommes sans injustice, échange des paroles 
avec eux sans leur mentir et leur fait des promesses qu'il tient, 
cet homme fait partie des hommes qui ont atteint la plénitude 
de la grandeur d'âme, dont l'équité est manifeste et 
dont la compagnie s'impose". 
Une fois née, cette amitié pour Dieu  entre deux hommes ne 
perdure que dans l'obéissance au Seigneur et 
ne se renforce que si les deux amis s'éloignent de l'hypocrisie et de la corruption. 
Car, si la désobéissance trouve son chemin vers l'un d'eux ou vers 
les deux, les coeurs changeront et l'amour en sera affecté. 
Il est dit dans le hadîth :
"Par Celui qui a mon âme entre Ses Mains ! Chaque fois que deux 
êtres éprouvent de l'affection et de l'amitié ils ne seront séparés que 
par un péché commis par l'un d'eux" [ Rapporté par Ahmad ].
C'est pourquoi les Compagnons de l'Envoyé de Dieu 
se servaient de la recommandation mutuelle de s'attacher à la vérité 
et de s'entraider dans le bien comme une protection pour préserver 
 l'affection entre eux et comme un moyen qui les rapproche du 
pardon de Dieu  et Son agrément. 
Abû Qalaba   rapporte ceci:
"Deux hommes s'étant rencontrés au marché l'un d'eux dit à l'autre: 
allons nous consacrer à la demande du pardon divin pendant 
que les gens sont distraits ! C'est ce qu'ils firent. Puis l'un d'eux mourut. 
Son compagnon le vit en songe, et le mort lui dit: 
Sais-tu que Dieu nous a pardonné le jour où 
nous nous sommes rencontrés au marché.
De même Anas Ibn Mâlik   rapporte ceci:
" Abdallâh Ibn Rawâha avait pour habitude, lorsqu'il rencontrait 
l'un des Compagnons de l'Envoyé de Dieu de lui dire: 
Allons nous consacrer un moment à l'invocation de Dieu. 
Un jour, il dit cela à un homme mais ce dernier se mit en colère. 
Ibn Rawâha alla trouver le Prophète et 
lui dit: Ô Envoyé de Dieu ! Comment trouves-tu Ibn Rawâha 
qui incite à consacrer un moment à la foi à laquelle 
tu appelles ? Le Prophète lui dit: 
Que Dieu accorde la miséricorde à Ibn Rawâha. 
Il aime les séances des fidèles qui font la fierté des anges" 
 [ Rapporté par Ahmad et At-Tabarânî ].
Il convient, pour les amis, de bien se connaître pour 
que leur amitié soit fondée sur l'évidence et de 
manifester l'un pour l'autre les sentiments de 
respect et d'affection qu'ils ressentent l'un envers l'autre.
L'Envoyé de Dieu a dit:
"Lorsque l'un de vous aime son frère qu'il le lui dise" [ Rapporté par Ahmad ].
De même Anas   rapporte ceci :"Pendant qu'un homme se trouvait 
auprès du Prophète un autre homme passa près d'eux. 
 Le premier homme dit alors : Ô Envoyé de Dieu ! J'aime cet homme.
Le Prophète lui dit: Le lui as-tu dit ? Il dit : Non. 
L'envoyé de Dieu lui dit: Dis-le lui.

L'homme alla le rattraper et lui dit: Je t'aime pour Dieu. L'autre répondit: 
Puisses-tu être aimé par Celui pour lequel tu m'as aimé !" [ Rapporté par Abû Dâwud ].
L'Envoyé de Dieu  a dit également:
"Lorsqu'un homme fraternise avec un autre qu'il lui demande son nom, 
le nom de son père et d'où il vient, car cela renforce l'affection"
 [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Nul doute, l'affinité des tempéraments et de la pensée intervient 
grandement dans la conclusion des amitiés et le renforcement des liens. 
Le Proverbe ne dit-il pas :
"Bien des frères pour toi ne sont pas de ceux que ta mère a mis au monde". 
En effet, il arrive que l'individu, dans la cohue de la vie, rencontre 
celui avec lequel il sent une attirance et la possibilité de s'entendre avec 
lui rapidement, comme s'ils se connaissaient depuis des années.
Ceci est attesté par le hadîth suivant:
" Les esprits (des hommes) sont une armée de soldats mobilisés: 
ceux qui se reconnaissent s'entendent et ceux qui se méconnaissent s'évitent" 
 [ Rapporté par Al-Bukhârî ].
Mais, ce sentiment d'amitié doit être gouverné par le 
pouvoir du Dogme et de ses exigences. C'est un pouvoir que le 
croyant puise à travers les exigences de son coeur, ce qui le 
pousse à aimer pour Allah   des gens qu'il n'a jamais vus 
à cause de la distance ou de l'éloignement dans le temps et 
l'espace, et à détester des gens auxquels il ne s'est mêlé en 
aucune occasion, pour la seule raison qu'il 
affectionne les bons et abhorre les mauvais. 
 Voilà comment ces saines exigences du coeur rehaussent 
l'individu par rapport à sa position initiale.
Abû Dhar   rapporte ceci:
"J'ai dit: Ô Envoyé de Dieu ! L'homme aime d'autres mais 
n'arrive pas à oeuvrer comme eux. Il m'a dit: ô Abû Dhar ! 
Tu es avec celui que tu as aimé" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
Parmi les bonnes règles instituées par l'Islam en matière 
d'amitié, il y a les visites échangées entre amis. 
Elles doivent être désintéressées et vouées exclusivement à Dieu. 
Abû Hurayra rapporte que le Prophète  a dit:  
"Un homme ayant voulu visiter son frère dans un autre village, 
Dieu a préposé un ange qui s'est mis sur sa route. 
A l'arrivée de cet homme au point où l'ange l'attendait celui-ci lui dit: 
Où vas-tu ? L'homme dit: Je vais voir un de mes frères dans ce village. 
L'ange lui dit: y a-t-il un bienfait de ta part que tu entretiens 
en sa faveur ? L'homme dit: Non. 
Tout ce qu'il y a c'est que je l'ai aimé pour Dieu - qu'Il soit exalté. 
L'ange lui dit : Je suis envoyé à toi par Dieu pour t'annoncer que Dieu 
t'aime comme tu as aimé cet homme pour Lui" [ Rapporté par Al-Bukhârî ].
Les pas de cet homme valent cher. Ils s'apparentent aux pas des combattants 
dans le chemin de Dieu  qui rapportent une immense rétribution.
L'Envoyé de Dieu  a dit: "Celui qui rend visite à un 
malade ou à un de ses frères en Dieu, un crieur l'appelle du ciel et lui dit : 
Réjouis-toi et que tes pas soit bénis, tu as pris ta place au Paradis" 
 [ Rapporté par Abû Dâwud ].
Il a dit également  : "Chaque fois qu'un serviteur 
visite son frère pour Dieu, un crieur du ciel l'appelle: Réjouis-toi, 
que le Paradis soit agréable pour toi ! Et Dieu dit dans le Royaume 
de son Trône: Mon serviteur a effectué une visite pour Moi. 
Je me dois de le recevoir en hôte. Et Dieu n'acceptera comme 
rétribution pour lui que le Paradis" [ Rapporté par Muslim ].
Le musulman, même s'il aime le bien pour tout le monde, 
est plus attaché au bien en faveur de ses amis. 
Il se réjouit davantage lorsque ses amis sont comblés. 
 Aussi, il convient de faire preuve de générosité envers ses amis quand il le peut:
{ N'oubliez pas d'user de générosité les uns envers les autres. 
Dieu voit parfaitement ce que vous faites }
[ Sourate 2 : verset 237 ].
L'Envoyé de Dieu  aimait, du reste, l'échange de cadeaux entre amis. 
Il a dit à ce sujet:"Echangez les cadeaux, car ils éliminent les irritations 
de la poitrine" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].
De même, Aïcha disait: " L'Envoyé de Dieu  acceptait les cadeaux et 
récompensait ceux qui les faisaient" [ Rapporté par Al-Bazzâr ].
Cette grande politesse devient toutefois mauvaise 
 lorsqu' elle succombe au maniérisme. 
 Car l'Islam se fonde sur la lutte contre les simulations 
et les afféteries et répand la simplicité. Aussi, il se décharge 
 de toute attitude qui renferme de la gêne et de l'adulation. 
En effet, l'Islam ne vise qu'à entourer l'amitié des marques 
 de prévenance pour embellir sa forme, une fois assuré du 
fond sain de cette amitié pour en faire un moyen susceptible 
de rendre la vie aisée et d'atténuer ses souffrances : 
 "Les meilleurs amis auprès de Dieu sont ceux qui sont 
les meilleurs pour leurs amis. 
Les meilleurs voisins auprès de Dieu sont ceux qui sont 
les meilleurs pour leurs voisins" [ Rapporté par Al-Hâkim ].
L'Islam a autorisé l'individu à consommer les mets de son ami comme 
si c'était un repas pris chez ses parents ou chez ses proches :
{ Il n'y a pas de faute à reprocher à l'aveugle, pas de faute à 
reprocher au boiteux, pas de faute à reprocher au malade et à vous-mêmes : lorsque vous mangez dans vos maisons, ou dans les maisons de vos pères, ou dans les maisons de vos mères, ou dans les maisons de vos frères, ou dans les maisons de vos soeurs, ou dans les maisons de vos oncles paternels, ou dans les maisons de vos tantes paternelles, ou dans les maisons de vos oncles maternels, ou dans les maisons de vos tantes maternelles, ou dans celles dont vous possédez les clés ou chez votre ami }
[ Sourate 24 : verset 61 ].
Assurément, car le contrat de l'amitié possède une grande valeur et a un effet immense. 
C'est même parfois la source de secours dans les terribles crises. 
On l'invoque même dans l'ultime crise face au châtiment de la Géhenne.
Allah  décrit l’état des polythéistes au moment où ils s'exposent au châtiment:  
{ Par Dieu ! Nous étions dans un égarement manifeste quand nous vous 
considérions comme les égaux du Seigneur des mondes. 
Seuls des criminels nous ont égarés. Il n'y a pas pour nous d'intercesseurs; 
nous n'avons aucun ami intime } [ Sourate 26 : versets 97/101 ].
En raison des exigences de cette amitié, l'Envoyé de 
Dieu a dit:
"Ne cherche que la compagnie du croyant et que 
l'homme pieux soit ton commensal.
Voici une poésie :
J'ai dit: un frère ! Ils ont dit: est-ce un frère de sang  - 
Je leur ai dit: Les formes sont des proches
Il est mon ami dans ma résolution, ma fermeté et ma doctrine, 
même si à l'origine les généalogies nous éloignent.