Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

mercredi 5 octobre 2016

J’ai observé... "Thérapie de l’âme par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi"



J’ai observé ce qu’il y a en dessous du ciel et je l’ai médité. 
J’ai réalisé que toute chose vivante ou non souhaite remplacer 
les attributs de l’autre par les siens. 
Ainsi on voit que le vertueux souhaite que tout les gens soient vertueux, 
le médiocre souhaite que tout les gens soient médiocres. 
Chaque personne qui mentionne quelque chose la recommande en disant :
 « Et moi je fais ceci ».
Chacun souhaite que tous les gens suivent sa pensée. 
Cela est propre à tout élément, quand celui-ci se fortifie. 
Il transforme les autres en son propre genre. 
On peut observer cela dans la composition des arbres et l’alimentation 
des plantes et des arbres en eau et en humidité du sol, 
et leur transformation en leurs genres de plantes et d’arbres. 
Glorifié en soi l’Inventeur et l’Administrateur, 
il n’y a point d’autre divinité que Lui.
 Thérapie de l’âme par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Les symptômes du mal du cœur, son retour à la santé et comment l'homme parvient à connaître ses propres défauts par Abou Hamed Al-Ghazâli






Sache que chaque membre a été créé pour accomplir un acte particulier. 
Ainsi, le symptôme de sa maladie réside dans le fait qu'il ne peut plus assurer ce genre d'acte ou qu'il manifeste un certain trouble de fonctionnement : la maladie de la main prive de la force de saisir, la maladie de l'œil prive de la possibilité de voir et la maladie du cœur réside dans le fait qu'il lui devient difficile d'accomplir l'action qui lui est propre et pour laquelle il a été créé, à savoir la science (al-'ilm), la sagesse (al-hikma), la connaissance (al-ma'rifa), l'amour d’Allah - تعالى - (hubb Allahi ta'âlâ) et Son adoration ('ibâdatahu), ainsi que le fait de préférer cela à tout autre désir (shahwa).
La quatrième voie consiste à fréquenter les gens pour chercher à éviter tout ce qui est détestable chez eux.
Supposons que l'homme ait tout connu sans connaître Allah - سبحانه -, il serait comme s'il n'avait rien connu. Or, le signe de la connaissance, c'est l'amour. Ainsi, celui qui connaît Allah L'aime. 
Le signe de son amour, c'est qu'il ne Lui préfère rien d'autre parmi les choses aimables. 
 Et celui qui préfère à Allah quelque chose parmi ce qui est aimable, possède un cœur malade, au même titre que l'estomac malade qui préfère la consommation de l'argile à celle du pain, en perdant l'appétit du pain.
Mais la maladie du cœur est subtile et il arrive à celui qui en est atteint de l'ignorer et d'en être insoucieux. S'il la connaît, il lui est souvent difficile d'endurer l'amertume de son remède, car son remède consiste à s'opposer au désir. 
Et s'il trouve la patience, il ne trouvera pas pour autant le médecin habile pour le soigner. 
En effet, les médecins ce sont les savants, mais ceux-ci sont aussi victimes de la maladie. 
Il faut savoir que rarement le médecin malade ne se penche sur son propre mal. 
 C'est pour cette raison que le mal est devenu incurable, que cette science s'est éteinte, que la médecine des cœurs et de leurs maux a été complètement reniée et que les gens se sont adonnées à des œuvres dont l'extérieur est constitué de dévotions et dont l'intérieur n'est qu'habitudes et automatismes. 
Voilà les symptômes de l'origine du mal.
Quant au rétablissement du cœur et son retour à la santé normale après les soins dispensées, cela consiste à regarder la cause : si le fidèle veut soigner le mal de l'avarice, son remède consiste à donner de l'argent, mais sans excès pour ne pas tomber dans le gaspillage et la dilapidation et ne pas contracter un autre mal. 
Son cas ressemble à celui qui soigne le refroidissement par une chaleur excessive. 
Jusqu'à ce que la fièvre s'empare de son corps, et il ne fait qu'introduire un autre mal. 
C'est pourquoi, il convient de rechercher la modération.
Si tu veux connaître le juste milieu, regarde en toi-même : si l'accumulation et la garde de l'argent t'es plus agréable et plus facile que sa dépense en faveur de ceux qui le méritent, sache que ce qui prédomine chez toi, c'est le vice de l'avarice. 
Tu dois donc te soigner par les dépenses. 
 Lorsque la dépense en faveur de celui qui la mérite devient pour toi plus agréable et plus aisée que la retenue de l'argent, c'est que tu es gagné par le gaspillage. 
Tu dois revenir à l'observance de la retenue. 
Tu ne cesses ainsi de te surveiller et de juger ta morale en fonction de la facilité ou de la difficulté, jusqu'à ce que le rapport de ton cœur à l'argent soit rompu au point qu'il n'incline plus, tantôt vers sa dépense, tantôt vers sa retenue, et qu'il devienne pour toi comme l'eau coulant de sa source : tu ne cherches plus à le retenir lorsque quelqu'un en a besoin ou à le dépenser s'il y a nécessité de le faire. 
Ainsi tout cœur qui atteint ce stade arrive à Allah sain et sauf au sein de cette station.
Mais le cœur doit être sain et à l'abri de tous les mauvais caractères pour qu'il n'ait plus aucune attache au bas monde et afin que l'âme puisse se couper de ses attraits, s'en détourner et perdre toute nostalgie à ses séductions. 
Elle peut alors effectuer son retour à son Seigneur comme une âme agréée et apaisée.
Comme le véritable juste milieu entre les deux extrêmes est très confus et ambigu, ou plutôt, il est plus fin qu'un cheveu et plus aigu qu'une lame d'épée, nul doute que celui qui se maintient fermement sur cette voie droite dans le bas-monde (man istawâ 'alâ hâdha as-sirâti fî d-dounyâ), peut traverser une semblable voie dans la vie future (al-âkhira). Mais comme la rectitude est très difficile, il a été ordonné au serviteur de répéter à plusieurs reprises chaque jour :
{ Dirige-nous sur la voie droite }
(qur'ân : al-Fâtiha [1] - 6)
Il reste que celui qui ne peut pas atteindre cette rectitude doit s'efforcer de s'en rapprocher, car le salut réside dans les œuvres pieuses.
Comme les œuvres pieuses ne procèdent que des bons caractères, chaque serviteur est tenu d'examiner ses propres qualités et son caractère et de s'employer à les soigner les uns après les autres. 
 Celui qui est doué de détermination doit endurer cette affaire, car elle finira par lui devenir agréable comme l'est le sevrage pour l'enfant qui le déteste au début. 
Pourtant, si après le sevrage, on le remet à l'allaitement il le détestera. 
C'est dire que celui qui sait que les jours d'une vie sont infimes par rapport à la durée de la vie future, se doit de supporter les difficultés d'un voyage de quelques jours pour jouir d'une félicité éternelle. 
Comme on dit : C'est au matin qu'on loue le voyage de la nuit.
Sache également que lorsque Allah - تعالى - veut du bien (khayr) pour quelqu'un, Il lui accorde le discernement pour voir ses propres défauts. Ainsi, celui qui possède du discernement (basîra) ses défauts ne lui échappent plus. 
Ensuite lorsqu'il connaît les défauts, il peut rechercher les soins et les remèdes. Mais le problème c'est que la plupart des gens ignorent leurs défauts. L'un d'eux voit la paille dans l'œil de son frère et ne voit pas la poutre dans son propre œil.
Celui qui veut connaître et soigner ses propres défauts, a quatre voies possibles devant lui :
La première voie consiste à s'asseoir entre les mains d'un maître spirituel (chaykh) qui connaît parfaitement les défauts de l'âme, pour qu'il lui fasse connaître ses propres défauts et les moyens pour y remédier. 
Mais l'existence d'un tel maître est devenue très rare à notre époque. Ainsi, celui qui tombe sur lui, tombe sur un médecin habile, et il ne convient pas qu'il le quitte.
La deuxième voie consiste à rechercher un ami sincère (sadîq), clairvoyant (basîr) et pieux (mutadayin) pour le préposer comme un surveillant de sa propre âme afin que cet ami l'avertisse contre ce qui est répréhensible et blâmable de ses caractères et ses actes.
Le prince des croyants 'Umar ibn al-Khattâb - رضى الله عنه - a dit : « Qu’Allah prenne en miséricorde un homme qui nous fait cadeau de nos propres défauts ».
De même, en recevant Salmân - رضى الله عنه - il lui a demandé quels étaient ses propres défauts. Salmân - رضى الله عنه - lui répondit : « Tu réunis deux condiments à ta table et tu as deux habits : l'un pour la nuit et l'autre pour le jour ». 'Umar - رضى الله عنه - lui demanda : « Sais-tu autre chose à part cela ». Il répondit par non. 'Umar - رضى الله عنه - lui dit : « Quant à cela je m'en charge ».
'Umar - رضى الله عنه - ne cessait d'interroger Hudhayfa en lui disant : « Est-ce que je fais partie des hypocrites ? » Ceci, parce que celui qui possède un degré élevé en matière de vigilance redouble d'accusation contre lui-même. 
Mais il devient de plus en plus difficile à notre époque de trouver un ami qui a cette qualité, car rares sont les amis qui renoncent à la complaisance pour parler des défauts ou dénoncer l'envie, car ils se contentent de ce qui est indispensable.
Or, les anciens pieux (As-Salaf) aimaient celui qui attire l'attention sur leurs propres défauts, alors que nous considérons maintenant qu'en général l'homme le plus détestable pour nous est celui qui nous fait voir nos propres défauts. 
Pourtant, ceci constitue une preuve de la fragilité de la foi, car les mauvais caractères sont semblables aux scorpions. 
En effet, si un homme nous avertit de la présence d'un scorpion sous les vêtements de l'un de nous, nous lui saurons gré pour son geste et nous nous employons à écraser cette bête. 
Pourtant, les mauvais caractères et les vices sont plus nuisibles, comme on le sait de toute évidence, que le scorpion.
La troisième voie consiste à tirer profit de ce que disent ses ennemis pour connaître ses propres défauts, car l'œil courroucé dévoile les méfaits. 
Du reste, un ennemi bagarreur qui rappelle les défauts rapporte plus de profit pour l'homme qu'un ami complaisant qui lui cache ses propres défauts.