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lundi 22 août 2016

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La vertu du bon caractère et le rejet du mauvais caractère par Abou Hamed Al-Ghazâli



Introduction


Sache que le bon caractère est la qualité des Prophètes (al-anbiya) et des justes (as-sadîqîn) et que les mauvais caractères sont des poisons mortels qui rangent leur auteur dans la cohorte du démon et des maux incurables.

Je dis pour ma part, que ceci est attesté par la parole du Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - :
« L’individu partage la foi de son ami intime. Que chacun de vous regarde avant de choisir son ami intime. ».





Il convient donc que tu connaisses leurs causes et que tu retrousses tes manches pour remédier.
Nous allons évoquer ici quelques-unes de ces maladies et la façon de les guérir sans entrer dans les détails, car cela sera développé ailleurs Si Allah - تعالى - le veut.

La vertu du bon caractère et le rejet du mauvais caractère


On a déjà développé quelques aspects de ce thème dans le chapitre consacré aux règles de bienséance relatives à la bonne compagnie.
Sache donc que les gens ont abordé le bon caractère en évoquant ses fruits et non pas sa réalité foncière, sans d'ailleurs envisager tous ses fruits, car chacun en a mentionné que ce qui s'est présenté à son esprit. Mais le dévoilement de la vérité à ce sujet consiste à dire ceci : On associe souvent le bon caractère à la beauté physique. On dit, ainsi, qu'un tel est beau moralement et physiquement, c'est-à-dire qu'il est beau extérieurement et intérieurement, ceci parce que l'homme est constitué d'un corps et d'une âme. Le corps est perçu à l'aide de la vue et l'âme est perçue grâce à la faculté de discernement, et chacun possède sa forme et sa configuration qui peut être soit belle, soit laide. Il reste que l'âme perçue par le discernement a une plus grande valeur que le corps perçu grâce à la faculté visuelle.
Voilà pourquoi Allah - تعالى - a confié beaucoup d'importance à son affaire en disant :

{ Oui, Je vais créer d'argile un être humain. Lorsque Je l'aurai harmonieusement façonné et que j'aurai insufflé en lui de Mon Esprit... }
(Qur'ân : Sâd [38] - 71/72)
Il a indiqué que le corps était composé d'argile et l'esprit ne procède que de Lui - سبحانه وتعالى -.
Donc, le bon caractère constitue une attitude bien établie de l'âme, d'où procèdent les actes aisément et sans avoir besoin de la pensée et de la réflexion. Si les actes sont beaux, on les appelle des bons caractères, et s'ils sont laids, on les appelle des mauvais caractères.
Mais certains hommes oisifs, qui supportent mal les exercices spirituels, prétendent qu'il est inconcevable de les changer au même titre qu'il est inconcevable de modifier la forme extérieure.
Notre réponse est la suivante : si vraiment les caractères relevant des valeurs de la morale ne pouvaient admettre le changement, les recommandations et les exhortations seraient dépourvues de toute signification.
D'ailleurs, comment peut-on nier la modification des caractères alors que nous constatons que les animaux sauvages peuvent être domestiqués, que le chien apprend, par dressage, à s'arrêter de manger et que la jument apprend à marcher au pas et à être dirigée avec finesse. Toutefois, certaines natures acceptent rapidement qu'on les réforme et les améliore tandis que d'autres, opposent beaucoup de résistance.
Quant à l'imagination de celui qui croit que ce qui relève du caractère et du tempérament ne peut être modifié, sache que le but ne consiste pas à réprimer totalement ces affects, ce qui est recherché à travers les exercices spirituels, c'est de ramener le désir à l'équilibre qui est le juste milieu entre l'excès et la négligence.
Quant à le réprimer totalement, évidemment c'est non. Comment peut-il en être autrement, puisque le désir a été créé pour répondre à une utilité indispensable pour le caractère et le tempérament. En effet, si le désir de manger cessait d'exister, ce serait la perte de l'homme ; si le désir sexuel cessait d'exister, ce serait la fin de la reproduction de l'homme et si l'agressivité cessait d'exister, l'homme ne pourrait plus repousser ce qui le détruit.
Allah - تعالى - a dit :

{ Violents envers les impies }
(Qur'ân : al-Fath [48] - 29)
Or, la violence procède de l'agressivité et de la colère. Du reste, si la colère cessait d'exister, ce serait la fin du jihâd contre les infidèles.
Allah - تعالى - a parlé de

{ Ceux qui maîtrisent leur colère }
(Qur'ân : âl 'Imrân [3] - 134)
et n'a pas parlé de ceux qui ont perdu leur colère.
Il en va de même à propos de l'appétit et du désir de manger : Ce qui est recherché, c'est l'équilibre et le juste milieu et non pas la gloutonnerie et la frugalité.
Allah - تعالى - a dit :

{ Mangez et buvez ; ne commettez pas d'excès }
(Qur'ân : al-A'râf [7] - 31)
Il reste que lorsque le maître spirituel (chaykh) constate, chez son novice (al-murîd), une inclination à la colère (al-ghadab) et à l'appétit (ash-shahwatu), il améliore cela, en exagérant sa critique contre ces deux attitudes pour le ramener à l'équilibre (at-tawassut). D'ailleurs ce qui prouve bien que c'est la modération (al-i’tidâl) et le juste milieu qui sont recherchés à travers la pratique des exercices spirituels, c'est que la générosité est une vertu recommandée légalement. Or, il s'agit d'une attitude de juste milieu entre la parcimonie (at-taqtîr) et le gaspillage (at-tabdhîr).
Allah l'a louée en disant :

{ Ceux qui, pour leur dépenses, ne sont ni prodigues, ni avares -, car la juste mesure se trouve entre les deux }
(Qur'ân : al-Furqân [25] - 67)
Sache que cette modération (al-i’tidâl ) s'obtient parfois grâce à la perfection de la nature originelle (al-fitratu) par don du Créateur - en effet bien des garçons naissent véridiques, généreux et magnanimes -, et parfois elle s'obtient par acquisition (al-iktisâb), grâce à la pratique des exercices spirituels (ar-riyâdatu) qui consistent à amener l'âme à assumer les œuvres qui procurent le bon caractère recherché. Ainsi, celui qui veut acquérir la qualité morale qu'est la générosité se doit d'assumer les actes de don qu'assumé l'homme généreux, pour que cela devienne une seconde nature chez lui.
De même, celui qui veut la modestie (al-jûd) assume les actes des hommes modestes. Il en va ainsi pour toutes les vertus, car l'accoutumance y est pour quelque chose. De la même manière que celui qui veut devenir écrivain s'adonne à la pratique de l'écriture, celui qui veut obtenir le Fiqh s'adonne à la pratique des Fuqahâ', qui consiste à répéter les leçons jusqu'à ce que la qualité du Fiqh imprègne son cœur. Mais, il ne faut pas rechercher l'effet de tout cela au bout de deux ou trois jours, car l'effet ne s'obtient qu'avec la régularité ; de la même manière qu'en matière de croissance, on n'exige pas l'élévation de la taille au bout de deux ou trois jours. C'est dire que la régularité a ici un grand effet ( ta`thîr ‘adhîm).
Mais, de la même façon qu'on ne doit pas sous-estimer les œuvres pies lorsqu'elles sont peu nombreuses, car leur régularité a de l'effet, on ne doit pas non plus mésestimer les péchés peu nombreux. Le fait de pratiquer les vertus, influence l'âme et change sa nature, le fait de succomber à la paresse devient une seconde nature et prive de tout accès au bien. Du reste, les bonnes valeurs morales peuvent s'acquérir en fréquentant les gens de bien, car le naturel est un voleur qui vole le bien mais aussi le mal.