Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

dimanche 14 août 2016

Les désirs de l'âme par Abou Hamed Al-Ghazâli







Quant à prendre ce qui est désirable à certains moments pour renforcer l'âme, ceci est comparable à la médecine pour le malade. 
On le loue et on ne le réfute pas, car il est bon d'être doux avec l'âme pour qu'elle ait la force de poursuivre le cheminement.



Nous avons indiqué que les désirs de l'âme n'ont été instaurés que pour une utilité évidente, car sans le désir de manger on ne pourrait plus se nourrir, et sans le désir sexuel, il n'y aurait plus d'espèce humaine. 
Ce qui est détestable, c'est la futilité des désirs et leur emprise. 
Mais il y a des gens qui ne comprennent pas cela et se mettent à renoncer à tout ce qui est désiré par l'âme. 
Car c'est une injustice que de la priver de son droit. 
En effet, l'âme a son droit, conformément à la parole du Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - : 
« Ton âme a un droit sur toi ».
Ainsi, ces gens vont jusqu'à dire par exemple : Cela fait tant d'années que je désire telle chose, mais je ne l'ai jamais touchée. 
Ceci constitue une attitude déviante par rapport au principe de licite, et une opposition à la Sunna de l'Envoyé d’Allah - صلى الله عليه وآله وسلم -.
En effet, il prenait des mets appétissants comme les sucreries, le miel surtout, et bien d'autres choses. Aussi, on ne doit pas prêter grande attention à l'ascète dépourvu de savoir, qui prive totalement son âme de ce qui est désirable, car un tel homme est plus proche de l'injustice que de l'équité.
C'est dire qu'on ne renonce à ce qui est désiré que lorsqu'il y a difficulté pour y accéder, comme par exemple, lorsqu'on ne l'obtient que par des procédés répréhensibles, ou qu'on craint que sa consommation provoque le relâchement de la détermination, ce qui amène l'âme à le priser en permanence ou à s'en accoutumer, ou qu'on y appréhende un surplus de satiété qui engourdit le fidèle et l'empêche d'observer ses actes de dévotion.


Reconnaître les amis et les ennemis par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi


La limite de la fermeté est de reconnaître les amis et les ennemis. 
Et la limite de la stupidité est de les méconnaître. 
Ne te soumets pas à l’injustice de ton ennemi et ne sois pas injuste avec lui. 
Sois aussi juste avec lui qu’avec ton ami, méfie-toi de lui. 
Ne t’en rapproche pas et ne le surestime pas car cela est le comportement des inconscients.
Celui qui met son ami et son ennemi sur un même pied d’égalité, éloigne de lui l’affection des gens, et favorise leur hostilité. Il encourage son ennemi à le combattre, repousse son ami et en fait un ennemi. La limite du bien est de t’abstenir de toute injustice envers ton ennemi mais le rapprocher est un acte d’inconscient aux bords du péril.
La limite du mal est de t’abstenir de toute injustice envers ton ami et de le laisser se montrer injuste. Mais l’éloigner de toi est un acte des gens déments et malheureux, la clémence ne consiste pas à rapprocher les ennemis mais à faire la paix avec eux en se méfiant d’eux.