Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

mardi 10 mai 2016

Le corps et l’âme. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Le corps de l’être humain a été créé de terre et son âme provient du royaume des cieux, puis
Allah ta’ala les associa. Quand l’être humain fait goûter à son corps la faim, la prive de
l’excès de sommeil et lui impose de se mettre au service d’Allah, son âme se sent plus légère
et vive. Elle tendra alors vers le lieu d’où elle provient, et désirera ardemment rejoindre son
royaume céleste. Si en revanche l’être humain rassasie son corps, lui fait goûter délices et
sommeil, se met à son service et se soucie de son confort, le corps tendra vers le lieu dont il a été créé. L’âme se verra alors entrainée par le corps et se retrouvera emprisonnée. Si ce n’était le fait qu’elle s’habitue à vivre en prison, l’âme criera au secours en raison des douleurs provoquées par sa séparation et son éloignement du monde d’où elle provient, de la même façon qu’un prisonnier torturé crie au secours.
Généralement, plus le corps s’allège, et plus l’âme est délicate et légère et demande à
rejoindre le monde céleste. Mais plus le corps est lourd et tend vers les désirs et le confort, et plus l’âme est lourde et descend de son monde pour devenir une âme bassement terrestre.
Ainsi, tu peux voir certaines personnes dont l’âme est auprès de la Haute compagnie, mais
dont le corps est à tes cotés. Elles sont dans leurs lits, endormis, mais leur âme est proche du Lotus de la Limite, et évolue autour du Trône. Tu verras d’autres personnes dont le corps
pratique en apparence des actes d’adoration pour Allah ta’ala, mais dont l’âme est basse et
évolue donc autour des bassesses.
Quand l’âme quitte le corps, elle rejoint soit la Haute compagnie, soit la basse compagnie.
Auprès de la Haute compagnie se trouvent réjouissances, délices, joies, allégresse, plaisirs et vie plaisante. Auprès de la basse compagnie se trouvent soucis, angoisses, oppression,
tristesse, vie pénible et existence restreinte. Allah ta’ala dit : « Et quiconque se détourne de Mon rappel, mènera certes, une vie pénible (dank). »(Sourate Tâ Hâ verset 124)
Son rappel est Sa parole qu’Il a révélée à Son messager. S’en détourner, c’est ne pas méditer dessus, ni agir en conséquence. La majorité des exégètes considèrent que la vie pénible (dank) désigne les supplices de la tombe. C’est l’avis d’ibn Mas’ûd , d’Abû Hourayrah , d’Abû Sa’id al Khudrî et d’ibn ‘Abbâs -qu’Allah les agrée-. Il existe d’ailleurs à ce sujet un hadith dont la chaine de rapporteur remonte jusqu’au Prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam.
Le mot « dank » en arabe désigne l’étroitesse et la difficulté. On dit de toute chose étroite
qu’elle est dank. Ainsi on peut dire d’une maison qu’elle est dank et d’une vie qu’elle est dank.
Cette vie pénible est le résultat de la liberté accordée à l’âme et au corps en termes de désirs assouvis, de plaisirs et de confort. En effet, plus on donne de liberté à l’âme et plus le cœur se sent à l’étroit, jusqu’à ce que la vie devienne pénible. Et plus on prive l’âme de ses plaisirs, et plus le cœur se libère et goûte à la plénitude et à l’épanouissement.
Une vie faite de privations dans ce bas monde en raison de piété, aura pour conséquence une vie pleine dans la tombe et dans l’au delà.
Et goûter au confort en étant à l’écoute de ses passions dans ce bas monde aura pour conséquence une vie pénible dans la tombe et l’au delà. Accorde donc préférence à la meilleure, la plus plaisante et la plus durable des deux vies.
Fatigue ton corps dans ce bas monde pour faire goûter à ton âme les délices de l’au delà, et ne rend pas ton âme malheureuse dans l’au delà en faisant goûter à ton corps les délices de ce bas monde.
En effet, les délices de l’âme et son malheur sont plus important et plus durables, alors que les délices du corps et sa fatigue sont plus courts et plus légers à supporter.
Et c’est d’Allah que nous implorons l’aide.