Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

samedi 12 mars 2016

Citations de Jalāl ad-Dīn Rūmī:La lune éclairanteمقولات لجلال الدين الرومي:القمر المضيئ

La lune est toujours éclairante ..  
Tant qu'elle n'échappe pas de l'obscurité de la nuit.
ـ يبقى القمر مضيئا.. 
حين ﻻ يهرب من ظلمة الليل.

La demeure spirituelle de l’observation par Ibn Al-Qayyîm Jawziyyah dans "Sentier des itinérants"


La demeure de l’observation est l’une des demeures qui relèvent de la parole divine : " C’est Toi que nous adorons et c’est à Toi que nous demandons aide."

Allah le Très-Haut- a dit :

  •  Sachez qu’Allah sait ce qui est au fond de vos âmes. Prenez donc garde à Lui. 
  •  Et observe toute chose
  •  Il est avec vous où que vous soyez.
  •  ne sait-il pas qu’Allah voit ?  
  •  Tu évolues sous nos yeux.  
  •  Il connaît la trahison des regards et ce que recèlent les poitrines.
Dans le hadith appelé « Hadith de Jibrîl » il est rapporté qu’il a interrogé le Prophète sur la perfection -ihsân- et qu’il lui a répondu : « C’est que tu adores Allah comme si tu Le voyais. Et si tu ne Le vois pas, Lui, Il te voit. » [1]

L’observation consiste en ce que le serviteur sache en permanence et avec certitude qu’Allah voit son extérieur et son intérieur. Avoir en permanence cette connaissance et cette certitude relève de l’observation -murâqaba-. Celle-ci est le fruit de la conscience du serviteur qu’Allah le surveille, le regarde, entend ce qu’il dit et est au courant de tout acte qu’il fait à n’importe quel moment et de la rapidité de son accomplissement. Et celui qui est indifférent à cette réalité est loin d’atteindre l’état spirituel des débutants, loin encore de celui des novices -murîd- et encore plus de celui des gens de la gnose.


La réalité de l’observation-arridâ

L’observation consiste à surveiller en permanence le but visé. Elle comporte trois degrés :

  • Premier degré :
C’est le sentiment d’être sous l’observation permanente d’Allah dans le cheminement vers Lui et la surveillance de ses propres actes selon une juste mesure entre une vénération saisissante, une proximité motivante et une euphorie vivifiante.

Surveiller en permanence le but visé signifie viser ce but en ayant le cœur continuellement présent.

La vénération saisissante consiste en ce que le cœur [de l’itinérant] s’emplisse de la grandeur d’Allah, de sorte à le porter à un état d’extase tel qu’il ne se permet plus de vénérer quelqu’un d’autre ou de se tourner vers lui. Ainsi il n’oublie pas cette vénération lorsque son cœur fait acte de présence devant Allah. Bien plus, il veillera à la maintenir en permanence dans son cœur, car être présent auprès d’Allah procure réconfort et amour. Or si l’itinérant ne joint pas à ces deux sentiments la vénération, il sort des limites de la servitude et tombe dans la lâcheté. Tout amour auquel le serviteur ne joint pas la vénération du Bien-Aimé devient une cause de son éloignement de Lui.

On déduit de ce qui vient d’être dit cinq vertus : le cheminement vers Allah, la persévérance dans ce cheminement, la présence du cœur avec Allah, la vénération et enfin l’inspiration par celle-ci d’une extase qui fait oublier à l’itinérant tout ce qui est autre qu’Allah.

La proximité motivante consiste en ce que l’itinérant cherche à se rapprocher d’Allah d’une manière qui le pousse à acquérir ces cinq vertus. En effet, ce rapprochement le pousse à cette vénération qui lui fait oublier sa propre personne et qui lui fait oublier tout ce qui est autre qu’Allah. Plus il se rapproche du Réel — exalté soit-Il —, plus il Le vénère et plus il oublie et s’éloigne des créatures.

Quant à l’euphorie vivifiante, c’est une joie mêlée à la vénération et à un plaisir inspiré par la proximité. En effet, la joie du cœur, son contentement, sa satisfaction d’être avec Allah, n’ont pas d’équivalent en ce monde. C’est un des états des gens du Paradis. Et nul doute que cette euphorie stimule le serviteur et le pousse à continuer son chemin vers Allah et à déployer ses efforts pour obtenir Son agrément.

Le Prophète a parlé de la gustation -dhawq-, de la saveur de la foi et de la possibilité de trouver -wajada- sa douceur. Ainsi il a parlé de gustation et de wajd (Trouvation). Il a dit : « A d’ores et déjà goûté la saveur de la foi celui qui a agréé Allah pour Seigneur, l’Islam pour religion et Muhammad pour Envoyé » [2] et il a dit : « Trouve la douceur de la foi celui en qui il y a ces trois qualités. C’est quelqu’un de qui Allah et Son Envoyé sont plus aimés que tout autre, quelqu’un qui, aimant l’homme, ne l’aime que pour Allah, quelqu’un qui détesterait revenir dans la mécréance, après qu’Allah l’en a délivré, autant qu’il détesterait être jeté dans le feu. » [3]

J’ai entendu le shaykh de l’Islam Ibn Taymiyya — qu’Allah sanctifie son âme — dire : « Si tu ne trouves pas dans l’accomplissement de l’œuvre pie une douceur dans ton cœur et une dilatation, alors tu dois le réexaminer car le Seigneur est très reconnaissant. » Il voulait dire par là que l’homme est nécessairement récompensé par Allah pour l’œuvre pie qu’il fait en ce monde, récompense qui se traduit par une douceur qu’il éprouve dans son cœur, une dilatation et une euphorie. S’il ne la trouve pas, c’est que son œuvre est défectueuse.

  • Deuxième degré :
Il consiste à observer le Réel — exalté soit-Il — par le refus de l’opposition en s’abstenant de toute objection et en évitant cette attitude lâche qui est de se tourner encore vers son amour propre et les velléités de son âme pendant son observation d’Allah.

Il s’agit de se soumettre à l’attention d’Allah. C’est l’observation d’un attribut particulier d’Allah qui exige la préservation de son intérieur et de son extérieur de tous les facteurs de corruption. Or la corruption de l’extérieur est due à l’opposition à la Loi religieuse et la corruption de l’intérieur est due à l’ostentation et le fait de viser autre chose qu’Allah.

  • Troisième degré :
C’est [comme le définit le shaykh al-Harawî] l’observation de la « prééternité » -azal- en regardant la source de l’antériorité en vue de rencontrer [sur son chemin] l’étendard de l’unicité -tawhîd-, et l’observation de sa consécration [à Allah] afin de se délivrer du piège de l’observation.

L’observation de la « prééternité » c’est la contemplation -shuhûd- du sens de la « prééternité », à savoir l’éternité sans commencement.

Sa parole : « en regardant la source de l’antériorité » signifie la contemplation de l’antériorité du Réel — exalté soit-Il — par rapport à tout ce qui est autre que Lui, car Il est le Premier que rien ne précède. Lorsque le serviteur regarde la source de cette antériorité, il contemple le sens de la « prééternité » et connaît sa réalité. Cela lui permet de voir l’étendard de l’unicité, ainsi il le met devant ses yeux et se prépare sérieusement pour y accéder. C’est donc une contemplation de la distinction du Réel par Sa « prééternité », qu’Il était quand rien d’autre n’était et que tout ce qui est autre que Lui a vu le jour après son inexistence par un processus du « faire être » -takwîn-. Ainsi lorsque les êtres s’anéantissent de la contemplation [du serviteur], comme lorsqu’ils étaient inexistants dans le passé, en regardant la source de l’antériorité et en réalisant l’extinction -fanâ’- de la contemplation des êtres qui n’étaient pas pour ne contempler que Celui qui ne cesse d’être, c’est qu’il s’est mis dans une position où il peut déjà voir l’étendard de l’unicité.

Sa parole : « L’observation de la consécration [à Allah] pour se délivrer du piège de l’observation » signifie l’extinction de la contemplation de l’observateur par rapport à son âme et ce qui en émane et sa propre extinction par Celui qui l’observe par rapport à son âme et ce qui en émane. S’il continue d’« exister » par la contemplation de son observation [de son âme], c’est qu’il n’est pas encore arrivé à se délivrer du piège de l’observation.

Sache qu’il y a au-dessus de cette vertu un degré plus élevé et plus noble, à savoir l’observation [par le serviteur] des lieux de satisfaction du Seigneur et de Ses courroux en tout mouvement, l’extinction par rapport à ce qui Le courrouce [pour n’avoir dans le cœur] que ce qu’Il aime et le fait de ne se séparer d’une chose que pour Allah, par Lui et en Lui, en s’intégrant au caractère rassembleur de la servitude et en s’éteignant par rapport à ce qu’il veut de son Seigneur, quelle que soit sa valeur, pour ne se consacrer qu’à ce que son Seigneur veut de lui. — Et Allah est plus savant —
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[1] Hadith rapporté par Muslim — Livre de la foi — et Ahmad dans son musnad (1/208).

[2] Hadith rapporté par Muslim — Livre de la foi —.

[3] Hadith rapporté par an-Nasâ’î — Livre de la foi —. Voir « sahîh sunan an-Nasâ’î » (n° 4651).

Les accès d'Iblis au cœur de l'homme par Abou Hamed Al-Ghazâli


Introduction


Sache que le cœur est la partie la plus noble de l'homme. Il connaît Dieu, oeuvre pour Lui, chemine vers Lui, jouit de Sa proximité et du dévoilement de ce qu'Il a auprès de Lui. Les autres organes et membres sont ses suivants et ses domestiques dont le cœur se sert comme les rois se servent de leurs esclaves.
Celui qui connaît son cœur connaît son Seigneur. Mais la plupart des hommes ignorent leurs cœurs et leurs âmes. Et Dieu s'interpose entre l'individu et son cœur. Cette interposition consiste à le priver de la chance de Le connaître et d'être vigilant en Sa présence. Donc, la connaissance du cœur et de ses qualités constitue le principe de base de la foi et le fondement de la voie des cheminants.

Les accès d'Iblis au cœur de l'homme
Sache qu'au regarde de sa nature originelle, le cœur accepte la guidance et, qu'au regarde de ce qui a été déplacé en lui comme désirs et passions, il est disposé à se détourner de cette bonne voie. Cette lutte en son sein, entre le soldat des anges et celui des démons, est permanente, jusqu'à ce que le cœur s'ouvre à l'un d'eux pour lui permettre de s'y affermir et de s'enraciner. l'accès de l'autre s'effectue par subtilisation, conformément à la parole de Dieu - تعالى - : « Contre le mal du tentateur qui se dérobe furtivement ». [Coran : 114-4].
En effet, lorsque Dieu est invoqué, le tentateur se dérobe et lorsque l'insouciance gagne, il se réjouit. C'est dire que rien n'expulse autant du cœur la cohorte des agents de Chaytân que l'invocation et la mention de Dieu - تعالى -, car ils ne peuvent faire face au Dhikr. Sache également que le cœur s'apparente à un château fort et que Chaytân s'apparente à un ennemi qui veut entrer dans le château fort, s'en emparer et le dévaster. Or, on ne peut protéger le château fort qu'en surveillant ses accès et ses portes. De même, ne peut garder ses portes que celui qui les connaît, et on ne peut repousser le démon qu'en connaissant les accès de ce château fort. Il faut savoir, à ce propos, que les accès et les portes par où le démon se faufile sont les qualités du serviteur qui sont nombreuses. Toutefois nous allons indiquer les portes principales, qui sont des passages que risque d'emprunter la cohorte de Chaytân.
Parmi ces grandes portes, il y a la jalousie et la cupidité. En effet, lorsque le serviteur convoite quelque chose, sa cupidité le rend aveugle et sourd et elle voile la lumière du discernement par laquelle il reconnaît les accès du démon. Il en va de même lorsqu'il est envieux, car le démon y trouve une bonne occasion pour embellire chez l'homme cupide tout ce qui le fait parvenir jusqu'à son plaisir, quand bien même ce serait répréhensible et pervers.
Parmi ses grandes portes, il y a aussi la colère, le désir et l'emportement. En effet, la colère est un monstre pour l'entendement et la raison. or, lorsque les soldats de la raison faiblissent, le démon lance son offensive et se joue de l'homme. On rapporte, à ce propos, que Chaytân dit : Lorsque l'homme est solide, nous le retournons comme les enfants qui retournent la balle. Parmi ses autres portes, il y a l'amour de l'ornement et de l'embellissement de la maison, des vêtements et les meubles. En effet, le démon ne cesse d'inviter l'homme à restaurer sa maison, à décorer ses plafonds et ses murs et à orner de meubles jusqu'à ce qu'il finisse sa vie dans cette besogne.
Parmi ses portes, il y aussi la satiété, car elle renforce le désir et détourne de l'obéissance.
Parmi ses portes, il y a également la convoitise des gens. En effet, celui qui convoite quelque chose chez quelqu'un il ne cesse de le louer exagérément pour ce qu'il n'a pas, de l'amadouer sans lui recommander le bien et lui interdire le mal.
Parmi ses portes, il y aussi l'empressement. Or le Prophète - صلى الله عليه و سلم - a dit : « L'empressement procède du démon et la lenteur procède de Dieu - تعالى - ».
Parmi ses portes, il y a l'amour de l'argent. Lorsque cet amour possède le cœur, il le corromps, l'oblige à recherche l'argent par vous tous les moyens, le propulse dans l'avarice, l'intimide par la pauvreté et l'empêche de s'acquitter des droits exigibles.
Parmi ses portes, il y aussi le fait de pousser les gens du commun à spéculer sur l'Essence de Dieu - تعالى -, sur Ses Attributs et sur des questions inaccessibles à leurs esprits, ce qui les fait douter des principes fondamentaux de la foi.
Parmi ses portes, il y aussi le fait de suspecter les musulmans, car celui qui juge un musulman par mauvaise suspicion le méprise, lâche sa langue contre lui et s'estime meilleur que lui. La suspicion est favorisée par la perversion de celui qui soupçonne, parce que le croyant recherche toujours des excuses pour le croyant et l'hypocrite cherche toujours les défauts.
Il convient donc, pour l'homme, de se prémunir des situations qui favorisent les accusations pour qu'on ne le soupçonne pas.
Voilà quelques indications sur les accès du démon. Le remède contre ces fléaux consiste à boucher ces accès en purifiant le cœur des défauts. Nous aurons l'occasion, inchâ Allah, de revenir plus en détail sur ces défauts.
Une fois que les racines de ces défauts sont extirpées du cœur, il ne reste plus pour Chaytân que des insufflations et des passages instables qu'empêchent la mention de Dieu - تعالى - et l'occupation du cœur par la piété.
Il faut dire que le démon est semblable à un chien affamé qui se rapproche de toi. Si tu n'as pas dans les mains un morceau de viande ou de pain il suffit pour le chasser que tu lui dises: Arrête-toi. Mais si tu as quelque chose dans les mains et qu'il est affamé, il ne s'en ira pas sur le simple ordre que tu lui donnes. Il en va de même du cœur dépourvu de nourriture pour le démon ; celui-ci le quitte dès que tu mentionnes Dieu. Quant au cœur dominé par le désir, le Dhikr ne touche que ses alentours et ne parvient pas jusqu'à son noyau intime où le démon peut s'installer. Si tu veux une confirmation de tout cela, regarde bien ceci dans ta prière : Vois comment le démon parle à ton cœur en cet endroit en évoquant le marché, les affaires et tout ce qui se rapporte à la gestion des affaires du bas monde.
Sache également qu'on a pardonné à l'homme ce qu'il se dit en lui-même ainsi que ce que tu envisages de commettre sans aller jusqu'à l'acte. Or celui qui renonce à cela par crainte de Dieu - تعالى - son renoncement comptera comme une bonne action ; et s'il y renonce du fait d'un obstacle, nous espérons pour lui le pardon, sauf s'il s'agit d'une résolution car la résolution, de commettre un péché constitue elle-même un péché. On en a pour preuve la parole du Prophète - صلى الله عليه و سلم - : « Lorsque deux musulmans s'affrontent l'épée à la main, celui qui est tué, et celui qui a tué, seront en Enfer . On lui a demandé: pourquoi celui qui est tué ? Il a dit : Il tenait à tuer son compagnon ».
Du reste, comment ne pas s'en prendre à la détermination et à la résolution alors que les actes dépendent des intentions ? Est-ce que l'orgueil, la duplicité et la fatuité ne sont que des affects intérieurs ? Si un homme voit sur son lit une étrangère qu'il croit être sa femme, il ne commet pas de péché s'il a des rapports avec elle, mais s'il voit son épouse et croit que c'est une étrangère, il commet un péché s'il a des rapports avec elle. C'est dire que tout cela dépend de la résolution du cœur.

L'amour immature et L'amour mature:Erich Frommالمحب المراهق والمحب الناضج:ايريك فروم

L'amour immature dit : je t'aime parce que j'ai besoin de toi.
 L'amour mature : j'ai besoin de toi parce que je t'aime. 
           Erich Fromm
 المحب المراهق يقول :( أحبك لأني أحتاجك! ) 
أما المحب الناضج فيقول: ( أحتاجك لأني أحبك ! )
          ايريك فروم