Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

mercredi 10 février 2016

La distraction de l’esprit par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Mon étonnement de la mort a longtemps duré et ce, par ce que j’ai été lié à
des hommes d’une amitié sincère pareille à celle qui lie l’âme au corps.
Or, lors de leur décès, j’ai vu en rêve certains parmi eux et pas les autres.
Alors que j’avais promis à certains, quand ils étaient en vie,
de se rendre visite en rêve si cela est possible, mais je ne les
ai pas vus après qu’ils m’aient devancé dans l’au-delà.
Et je ne sais guère s’ils l’ont oublié ou s’ils sont occupés ?
La distraction de l’esprit et l’oubli de son état ici-bas, lieu des épreuves,
avant de s’incarner dans le corps, sont tels que la distraction de celui qui tombe
dans la boue qui couvre et cache tout ce qu’il a connu avant.
Puis en réfléchissant longtemps à ce sujet, j’ai constaté une autre
preuve ; en regardant l’Homme qui s’endort au moment où son
âme quitte son corps et devient apte à voir ce qui est inconnu, celle-là oublie
complètement l’état où elle se trouvait juste auparavant.
Car elle se retrouve dans d’autres états, mémorise et ressent les
plaisirs et les peines dans la mesure où la personne endormie se réjouit,
ressent le plaisir, la peur et le chagrin pendant son sommeil.
Certes, on se réjouit uniquement de l’âme, le corps étant source d’ennui.
La preuve en est : la précipitation pour inhumer le corps lors du décès de
ceux que l’on a chéri et la désolation que provoque le
départ de l’âme malgré la présence du corps.