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mardi 2 février 2016

(Exégèse du Coran)-Tafsir Ibn kathir: Sourate 2 : La vache [Al Baqara]-Verset du Trône [Ayat al-Kursî]

Mérites du verset du Trône

Oubay ibn Ka’b, qu’Allah soit satisfait de lui, a rapporté que le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) a dit:
 
"O ‘Abou Al-Moundhir, sais-tu quel est le verset du Livre d’Allah (le Coran) que tu as retenu et qui est le plus sublime ? "
Je lui répondis : "Allah lâ ilaha illa houwa al-hay al-qayyoum" (Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant Celui qui subsiste par lui-même), [Sourate : "Al Baqara" (La vache) ; verset du Trône : 255]. I
l me frappa alors la poitrine et me dit : " La science (qui t’a été octroyée) te singularise, Abou Al-Moundhir "
(Hadith rapporté par Mouslim).

255. Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même “al-Qayyum”. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône “Kursiy” déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand. .

Ce verset se compose de dix phrases arabes complètes :

1) Allah ! Point de divinité à part Lui

Commentaire : Il s’agit d’une information qu’Allah est l’Unique divinité pour toutes les créatures.

2) Le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même « Al-Qayyûm »

Commentaire : C’est-à-dire Celui qui tire Sa vie de Lui-même, Qui ne meurt point et sur Qui dépendent toutes les créatures. Tous les êtres ont besoin de Lui et Il n’a pas besoin d’eux. Rien ne subsiste sans Lui. Allah dit : « Et parmi Ses signes le ciel et la terre sont maintenus par Son ordre ».

3) Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent

Commentaire : C’est-à-dire que rien ne Lui manque, Il n’est pas sujet au sommeil, à l’inconscience ou à l’ignorance à l’égard de Ses créatures. Il est plutôt conscient et contrôle tout ce qu’une âme gagne. Il témoigne de toute chose, rien n’échappe à Son Omnipotence et aucun secret ne peut se dissimuler à Son savoir. Ce qui fait de Lui Celui qui subsiste par Lui-même est le fait qu’Il ne succombe jamais à la somnolence et au sommeil. Par conséquent, Allah dit : « ne Le saissisent » ce qui signifie qu’Il n’est pas pris par la somnolence et le sommeil. « Ni sommeil » car il est plus fort que la somnolence.

Abû Mûssâ -qu’Allah l’agrée- dit : Dans un sermon, le Messager d’Allah - صلى الله عليه و سلم - dit en quatre mots qu’Allah : « Ne dort jamais, Sa Majesté ne peut subir le sommeil, Il fait descendre et monter la balance, les actes de la nuit avant ceux du jour. Son voile est une lumière ou un feu, si le voile est levé, les rayons de Son visage brûleraient les créatures que Sa vue touche. »
 
4) A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. 

Commentaire : Il nous informe ici qu’Il est le Souverain de Ss serviteurs qui forment une partie de Sa Royauté et qui sont sous Son pouvoir et Son autorité. Allah dit à cet effet : « Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre se rendront auprès du Tout Miséricordieux, (sans exception), en serviteurs. Il les a certes dénombrés et bien comptés. Et au Jour de la Résurrection, chacun d’eux se rendra seul auprès de Lui. »
 
5) Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ?

Commentaire : Ce sens est similaire a celui du verset dans lequel Allah dit : « Et que d’Anges dans les cieux dont l’intercession ne sert à rien, sinon qu’après qu’Allah l’aura permis, en faveur de qui Il veut et qu’Il agrée. » et aussi : « Et ils n’intercèdent qu’en faveur de ceux qu’Il a agrées. » Ceci traduit la Grandeur et la Majesté d’Allah, personne n’ose intercéder pour quelqu’un sans Sa permission de faire autant. Le Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- « Je viens au-dessous du Trône et je me prosterne, Il me laisse tant qu’Il veut avant de me dire : Lève ta tête, parle et tu seras entendu, intercède et ton intercession sera acceptée. Puis, Il m’accordera une proportion que je fais entrer au Paradis. »
 
6) Il connaît leur passé et leur futur

Commentaire : Ceci est une preuve que le Savoir d’Allah contourne toutes les créatures, leur passé, leur présent et leur futur. Allah dit par ailleurs au sujet des Anges : « Nous ne descendons que sur ordre de ton Seigneur. A Lui tout ce qui devant nous, tout ce qui est derrière nous et tout ce qui est entre les deux. Ton Seigneur n’oublie rien. »

7) Et, de Sa science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut

Commentaire : C’est-à-dire que personne n peut acquérir une partie du savoir divin hormis ce qu’Allah autorise. Il est aussi possible que cette phrase signifie que les créatures ne savent rien en ce qui concerne les attributs et les qualités d’Allah sauf ce qu’Il permet. Il dit à ce propos : « Alors qu’eux-mêmes ne Le cernent pas de leur science »
 
8) Son Kursî déborde les cieux et la terre.

Commentaire : Dans son exégèse, Wakia rapporta qu’Ibn ‘Abbâs -qu’Allah l’agrée- dit que le Kursî est l’emplacement des pieds et que personne ne peut estimer le Trône a sa juste valeur.

Al-Hakîm rapporta aussi ce récit dans son ‘Mustadrak’ et l’attribua à Ibn ‘Abbâs qui l’attribua pour sa part au Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- Il le qualifia d’authentique a condition qu’Al-Bukhârî et Muslim le confirment, mais ces derniers ne le rapportèrent pas dans leurs recueils.
Adh-Dhahâk rapporta qu’Ibn ‘Abbâs -qu’Allah l’agrée- dit : « Si les sept cieux et les sept terres étaient aplanis et mis cote à côté, leur dimension ne représentera qu’un anneau dans le désert en comparaison avec le Kursî. »

Abû Bakr ibn Mardawayh rapporta qu’Abû Dharr Al-Ghifâri -qu’Allah l’agrée- s’enquit auprès du Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- sur le Kursî. Le Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- lui dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, les sept cieux et les sept terres ne sont qu’un anneau jeté dans le désert en comparaison avec le Kursî ; les mérites du Trône sur le Kursî sont ceux du désert sur l’année. ».
 
9) Dont la garde ne Lui coûte aucune peine

Commentaire : C’est-à-dire que la préservation des cieux et de la terre et ce qui se trouve entre eux ne constitue pas une charge pour Lui. Au contraire, la protection de la création est une tache facile pour Allah, car Allah est Le Pourvoyeur de la subsistance a toutes Ses créatures et le Surveillant de toute chose, rien n’échappe a Son savoir et rien ne constitue un secret pour Son Omnipotence. Tout est insignifiant et modeste devant Lui et tout dépend totalement de Lui. Il ne dépend de rien et c’es Lui qui mérite toutes les louanges, c’est Lui qui fait toute chose selon Sa volonté absolue. Il ne répond a personne dans ce qu’Il fait et toutes les créatures répondent à Lui. Tout est soumis à Son Pouvoir suprême et Sa conscience universelle. Il est le Très-Haut, Le Grand et il n’y a nulle divinité en dehors de Lui, Il est le Seigneur Unique.
 
10) Et Il est le Très-Haut, Le Très Grand

Commentaire : Ces versets et d’autres qui comportent les même sens ainsi que les Hadîth sahîh doivent être traités de la même manière dont les traitèrent ceux de la première génération du Salaf, c’est-à-dire qu’il faut les accepter sans comparaison ni similitude.

[...]

284. A Dieu appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. Que vous publiiez ce que vous avez en l'âme ou que vous le cachiez, Dieu vous en demandera compte. Il pardonnera à qui Il veut et châtiera qui Il veut--Dieu est omnipotent.

Commentaire : Dieu est, informe-t-Il, Le Seigneur de la terre et des cieux, Le Connaissant de tout ce qui existe, qu'il soit apparent ou caché, grand ou infime. Il jugera Ses créés, nous dit-il aussi, pour tout ce qu'ils ont fait et pour tout ce qu'ils ont caché au fond de leur cœur.

Ce verset est comme : « Que vous cachiez ce qu'il y a dans vos poitrines ou que vous le publiiez, Dieu le connaît ; Lui ... sait l'arcane (Mystères, secrets) et ce qui est encore plus caché. »

Cependant, il contient une information de plus, c'est celle de la demande des comptes. Après la descente de ce verset, les compagnons du prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- eurent peur de lui et du Jugement de Dieu, car ils savaient qu'ils feraient des actions bonnes et des actions moins bonnes.

Abu Hurayra -qu’Allah l’agrée- a dit : « Après la révélation de ce verset, les compagnons trouvèrent cela pénible pour eux. Ils allèrent alors trouver le prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- et lui dirent : « O Envoyé de Dieu, nous avons été chargés d'accomplir des actions que nous pouvons faire : la prière, le jeûne, le combat, l'aumône. Mais ce verset qui est descendu sur toi, nous n'en sommes pas capables. »

Il -salla Allahou ‘alayhi wa salam- dit : « Vous voulez dire comme avaient dit vos devanciers les gens du livre : " Nous avons entendu, nous désobéissons ? " Dites plutôt : « Nous avons entendu, nous obéissons ! Nous implorons Ton Pardon, Notre Maître ! Vers Toi est La Déstination ! » »

Les compagnons reprirent en effet cela, si bien que leurs langues l'apprivoisèrent.

Alors Dieu fit descendre : « 285. L'Envoyé a cru en ce qui sur lui est descendu de Son Maître, ainsi que les croyants. Tous ont cru en Dieu, en Ses Anges, en Ses Ecritures et en Ses Envoyés. Nous ne faisons aucune différence entre Ses Envoyés. Ils ont dit : " Nous avons entendu ! Nous obéissons ! Nous implorons Ton Pardon, notre Maître ! Vers Toi est La Déstination ! ».

Quand les compagnons du prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- eurent dit cela, Dieu abrogea ce verset en faisant descendre : « 286. Dieu n'impose à une âme que selon sa capacité. En sa faveur ce qu'elle aura acquis, à sa charge ce qu'elle aura commis... »

Il est rapporté que le prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « Dieu a dit : Si mon adorateur a une intention de faire une malfaisance, ne la lui inscrivez pas. S'il la fait, insrivez-la-lui comme telle. S'il a une intention de faire une bienfaisance et qu'il ne la fait pas, inscrivez-la-lui comme telle. S'il l'a fait inscrivez-la-lui comme dix. »; Si un musulman fait bonne conduite de son Islam, pour chaque bienfaisance accomplie par lui, il aura inscrites en sa faveur de dix équivalentes jusqu'à sept cent. Tandis que chaque malfaisance s'inscrit comme telle.

Sur les genres d’Amour. "Thérapie de l’âme" par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

On m’a demandé d’étudier de plus près la question de l’amour.
L’amour se définit d’une seule façon. Il se manifeste par le fait de désirer l’être aimé,
mépriser le fait de s’éloigner de lui et souhaiter avoir son amour comme récompense du sien.
Toutefois, les gens ont supposé qu’il existe plusieurs définitions, vu la différence des buts
que les personnes lui assignent. Ceux-ci diffèrent par la diversité des intérêts qui augmentent,
s’amoindrissent ou disparaissent, ainsi l’amour doit être pour Allah – exalté soit-Il – et pour
Son agrément.
Les exigences concernant le père, le fils, les proches, l’ami, le sultan, les plaisirs de la chair, le
bienfaiteur, la chose espérée et l’être aimé sont différents car il s’agit de différents type
d’amour comme je l’ai décrit. En fonction du niveau d’intérêt en lien avec ce que l’on
recherche chez ces êtres aimés.
On a vu des personnes mourir de chagrin pour la perte d’un fils de la même façon que
l’amoureux meurt pour la perte de sa bien-aimée. On a connu ceux qui sont morts de crainte
et d’amour pour Allah. On voit aussi que l’on se montre jaloux par rapport à son sultan et à
son ami comme avec son amant. Certes la moindre prétention de l’amour auprès de l’être
aimé est de se rapprocher de lui, avoir sa considération et son égard, si ce n’est plus.
Le comble des prétentions de ceux qui aiment Allah –exalté soit-Il – est que l’on souhaite la
compagnie, la conversation et l’aide, c’est ce que l’on désire obtenir de son sultan, son ami, et
ses proches. Et la prétention suprême de celui qui aime par rapport à l’être aimé est de le
toucher physiquement s’il le souhaite.
C’est la raison pour laquelle on voit que le grand amoureux désire s’accoupler avec son
aimé de différentes manières, dans différents endroits qui comprennent les attouchements
et les baisers, ou bien que l’on voit des baisers et les accolades entres père et fils.
Tout ce qu’on a évoqué dépend du niveau de prétention, si la prétention d’une chose se
confirme pour une raison obligeante, l’âme s’y voit encline. On voit aussi que celui qui
reconnaît la possibilité de voir Allah – exalté soit-Il – en éprouve un désir ardent et un grand
bonheur, et plus rien d’autre ne peut le satisfaire car il y aspire fortement. On trouve aussi
celui qui ne la reconnaît pas, ni la désire et ne la souhaite pas car il n’y aspire point. Il se
contente de se satisfaire ici-bas car c’est la seule chose à laquelle son âme prétend.
On voit que celui qui se permet de se marier avec ses proches ne s’en abstient pas comme le
ferait celui qui considère que ce n’est pas permis. Il n’éprouve pas le même désir et s’autorise
ainsi à épouser sa fille ou sa nièce tels que les mazdéens. Leur désir ne s’arrête donc pas là où
s’arrête celui du musulman. Mais ils désirent leur fille et leur nièce comme le musulman
désire celles avec lesquelles il souhaite s’accoupler.
Il n’existe pas de musulman qui les désire, même si elles sont plus belles que le soleil et qu’il
fait partie des hommes les plus impudiques et les plus libertins. Les rares cas qui le font sont
des individus dont la foi est corrompue. Plus rien alors ne les retient.
Le musulman peut aimer sa cousine au point d’éprouver une passion pour elle, beaucoup
plus que sa fille et sa nièce même si celles-ci sont plus belles qu’elle car il peut désirer sa
cousine alors qu’il ne peut pas désirer sa fille et sa nièce.
En conclusion, si la définition de la nature de l’amour est universelle, on constate l’existence
de diverses formes dues à la différence des buts recherchés dans la relation d’amour.
De même, l’habitude et la croyance ont sur l’amour, une influence manifeste.
On ne dit pas que la prétention a une influence sur cela uniquement. Mais bien que la
prétention soit la raison de toute peine que ce soit à l’argent ou à des états.
On constate que l’Homme voit mourir son voisin, son oncle maternel, son ami, son cousin,
son oncle paternel demi-frère de son père du côté de sa mère, fils de son demi-frère du côté
de sa mère, son grand-père maternel, son petit fils du côté de sa fille, qu’il ne prétend pas à
leur héritage et n’éprouve aucun tourment s’il lui est inaccessible. Et même s’il s’agit de
grandes fortunes il n’est pas envisageable qu’il s’y intéresse. Par contre, quand des gens dont
il peut hériter décèdent, il prétend alors à l’héritage et éprouve un grand tourment et une
immense rancœur d’en perdre ne serait-ce qu’un peu.
De même, l’Homme qui fait partie des classes inférieures ne s’attriste pas de voir que les
affaires de son pays sont gérées par quelqu’un d’autre ou de se voir éloigné et remplacé par
quelqu’un d’autre. Mais quand il s’intéresse à une telle position de gestion, il s’en préoccupe
et s’en contrarie, ce qui peut conduire à sa perte ici-bas et dans l’au-delà. Car la cupidité est à
l’origine de toute humiliation et de toute peine.
C’est un vice détestable dont l’opposé est l’intégrité.
Cette dernière est une vertu qui comporte bravoure, charité, justice et compréhension car
l’Homme la recherche quand il prend conscience de son utilité. Quand il a de la bravoure,
cela lui confère de la dignité, grâce à la générosité il ne regrette pas ce qu’il a raté, et la justice
lui attribue l’austérité et l’absence de cupidité. Ainsi l’intégrité de l’âme est composée de tous
ces attributs, dont le contraire est la cupidité qui est composée des attributs opposés : la
lâcheté, l’avarice, l’injustice et l’ignorance. Le désir est de la cupidité fréquente et périssable,
s’il n’y avait pas de cupidité, personne n’aurait été humilié.
Abû Bakr ibn Abi al Fayad (Assila li Ibn Bishikwal 1/63) m’a dit : « ‘Uthmân Ibn
Muhamiss a écrit sur la porte de sa maison à Estéja (ville andalouse) : « Ô ‘Uthmân ! Ne
sois pas cupide ». (Tarikh ‘Ulamaa al Andalûs, 901 p. 305)

----------------Thèmes à ce sujet
Celui qui est éprouvé aux côtés de celui qu’il déteste est semblable à celui qui l’a été loin de
celui qu’il aime, nulle différence alors si celui que l’on aime fasse une demande, on répond à
son appel et sa prière se réalise. Sois satisfait de celui que tu as pour qu’il soit satisfait de
t’avoir. L’heureux en amour est celui qui désire quelqu’un d’accessible afin que sa poursuite
ne le conduise pas au mécontentement d’Allah –exalté soit-Il – ni au blâme des gens.
Le mieux pour l’amour est d’être réciproque. Pour libérer cet amour, il faut chasser l’ennui
car c’est un vice odieux. Et le comble de l’amour est que les jours s’arrêtent pendant la durée
où ils jouissent l’un de l’autre. Mais cela n’est possible qu’au Paradis, là où sa garantie est
certaine car c’est la vie éternelle. Si cela pouvait se réaliser ici-bas, la vie se terminerait avant
d’avoir pu éprouver un tel plaisir.
Plus la jalousie est grande, plus l’amour est certain. La jalousie est une vertu qui comporte la
bravoure et la justice. Car l’individu juste n’aime pas porter atteinte à l’honneur des autres ni
que les autres portent atteinte au sien. Celui qui est empreint de bravoure a de l’honneur, ce
qui lui attribue de la dignité quand il subit une injustice.
Un homme que j’ai connu dans le passé m’a raconté qu’il n’avait jamais connu la jalousie
jusqu’au jour où il a été atteint d’amour, cet homme était un perfide de nature corrompue,
toutefois il était aussi un homme averti et généreux.
Les étapes de l’amour sont au nombre de cinq : la première l’assentiment arrive quand l’un
apprécie l’apparence et les moeurs de l’autre, ce qui peut conduire à l’amitié. Viens ensuite
l’admiration qui consiste en le désir de voir l’autre et jouir de sa compagnie. Puis
l’attachement quand on éprouve de la solitude en l’absence de l’autre. Puis la passion quand
on pense continuellement à l’autre, ce qu’on peut également nommer : l’adoration.
Enfin l’obsession qui se manifeste par l’incapacité de dormir, de manger et de boire si ce
n’est un peu, ce qui peut engendrer la maladie physique ou mentale voire la mort. Cette
dernière est l’extrême limite de l’amour.
On croyait que la passion était provoquée par les femmes habiles et vivaces. Mais on a réalisé
qu’elle était provoquée par les femmes sereines tant que ça ne relève pas de l’idiotie.

----------------Thème sur les sortes de la beauté des apparences
On m’a demandé de l’étudier alors j’ai dit :
Le charme : c’est la finesse des qualités, la grâce des mouvements, la légèreté des signes et
l’approbation de toutes les images même en l’absence d’attributs visibles.
La taille : la beauté de chaque attribut, loué est tout être beau dont chaque attribut n’est ni
joli ni merveilleux ni charmant.
La splendeur : la sublimité et la beauté des membres apparents, c’est également de la
magnificence.
La beauté : c’est ce qui ne peut être exprimé par le langage, mais il est ressenti par les âmes et
admis par tous ceux qui le voient. C’est une étoffe du visage, un éclat qui attire les coeurs et
au sujet duquel tous les avis concordent. Il plaît à tous ceux qui l’aperçoivent même en
l’absence de beaux attributs. Il est donc inutile de contempler chaque caractère car c’est
comme s’il s’agissait d’un attribut de l’âme de celui qu’on regarde. C’est le plus haut rang de
la beauté.
Puis les désirs et les goûts diffèrent, il y a ceux qui aiment la splendeur, d’autres la beauté,
mais nous n’avons jamais vu quelqu’un qui aime juste la taille.
Enfin, la beauté idéale serait la combinaison de ce qu’on a évoqué.