Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

samedi 30 janvier 2016

La droiture engendre la droiture et l’égarement engendre l’égarement. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

A maintes reprises, on remarque dans le Coran que les actes accomplis par le cœur et le corps
sont autant de causes de droiture ou d’égarement. Ainsi, certains actes issus du cœur ou
pratiqués par le corps engendrent plus de droiture ou plus d’égarement pour leur auteur, de la
même manière qu’une cause engendre sa conséquence, ou qu’une action engendre une réaction.
Les actes de bien font naître la droiture. Plus on les pratique, plus notre droiture augmente.
Les mauvais actes quant à eux égarent leur auteur plus encore.
En effet, Allah ta’ala aime les actes de bien, qu’Il rétribue par plus de droiture et de piété.
En contrepartie, Il déteste les mauvais actes qu’Il rétribue par l’égarement et la détresse.
En outre, Allah ta’ala aime le bien et les gens de bien. Il rapproche leurs cœurs de Lui
proportionnellement aux bonnes œuvres qu’ils accomplissent. Il déteste la perversion et ses
adeptes. Il repousse leur cœur aussi loin que leur perversion est profonde.
L’accroissement de la droiture
Concernant le premier point, Allah ta’ala dit :
« Alif, Lâm, Mîm. Voici le livre au sujet duquel il n’y a aucun doute.
C’est un guide pour les pieux. » (sourate Al Baqarah verset 1-2 )
Ce verset se vérifie selon deux approches :
La première : Allah guide par le Coran tous ceux qui s’écartaient de Ses interdits avant que
le Coran soit révélé. En effet, quelles que soient leurs confessions ou croyances, les hommes
se sont toujours accordé sur le fait qu’Allah déteste l’injustice, les turpitudes et la corruption
sur terre , tout comme Il hait leurs auteurs . Parallèlement, Il aime la justice, la bienfaisance,
la générosité, la sincérité et la propagation du bien sur terre, tout comme Il aime leurs auteurs.
Lorsqu’Allah a révélé le livre, Il a récompensé les gens de bien en leur permettant de croire en
Lui, les rétribuant ainsi pour leur vertu et leur obéissance. D’un autre côté, Il a avili les
pervers, coupables de turpitudes et d’injustice, en les empêchant d’être guidé par le Coran.
La seconde : Si le serviteur croit au livre, s’y conforme globalement, accepte ses ordres et
accorde crédit aux informations qu’il contient, ce sera là une cause de droiture supplémentaire
qui lui sera octroyée spécifiquement. En effet, la droiture n’a pas de limite que le serviteur
puisse atteindre, aussi guidé soit il. Il y aura toujours une droiture plus importante encore, qui
elle même est surpassée par une droiture plus conséquente, et ainsi de suite, indéfiniment.
Plus le serviteur fait preuve de piété envers Son seigneur, plus il s’élève vers les degrés de
droiture plus hauts encore. Sa droiture augmente donc en fonction de sa piété. S’il néglige
certains aspects de la piété, certains aspects de la droiture lui échapperont en conséquence.
Ainsi plus il est pieux, plus il est guidé, et plus il est guidé, plus sa piété augmente. Allah
ta’ala dit : « Une lumière et un livre explicite vous sont certes venus d’Allah ! Par ceci le Coran, Allah guide vers les chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit. » (Sourate Al Mâ’idah verset 15)
« Allah élit qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent. » (Sourate Ash Shûra verset 13)
« Quiconque craint, Allah s’en rappellera » (Sourate Al A’lâ verset 10).
« Seul se rappelle celui qui revient à Allah. » (Sourate Ghâfir verset 13)
« Ceux qui croient et font de bonnes œuvres, leur Seigneur les guidera grâce à leur foi »
(Sourate Yûnus verset 9)
Allah les a donc guidés une première fois vers la foi. Après avoir cru, Il les a à nouveau guidés vers la foi. Ce n’est donc que droiture sur droiture. Ceci est comparable à la parole d’Allah ta’ala : « Allah accroît la rectitude de ceux qui suivent le bon chemin » (Sourate Maryam verset 76)
« O vous qui croyez ! Si vous craignez Allah, Il vous accordera le discernement »
(Sourate An Anfâl verset 29)
Un des aspects de ce discernement réside dans la lumière qu’Allah leur octroie et par laquelle
ils distinguent la vérité du faux, mais aussi dans le secours et le soutien d’Allah qui leur
permet de faire régner la vérité et de détruire le faux. Ce verset du Coran a été expliqué par
ces deux aspects. Allah ta’ala a dit : « Il y a en cela un signe pour tout serviteur repentant »
(Sourate Saba’verset 9)
« Il y a en cela des signes pour tout grand endurant et reconnaissants » (Sourate Saba’ verset 19)
On retrouve ce dernier verset dans les sourates Luqmân, Ibrahîm, Saba’ et Ash Shûrâ.
Dans ces dernières, Allah ta’ala nous informe que seuls les endurants et les reconnaissants
tirent profit de Ses signes apparents et visibles. Parallèlement, Il nous informe que seuls les
pieux, qui craignent Allah, reviennent à Lui, et recherchent Sa satisfaction, tirent profit de Ses
signes religieux et coraniques, dont seuls ceux qui craignent Allah ta’ala se souviennent.
Allah ta’ala dit: « Tâ Hâ . Nous n’avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux, ce n’est qu’un rappel pour quiconque redoute Allah. » (Sourate Tâ Hâ verset 1)
Allah dit au sujet de l’heure du jour dernier : « Tu ne fait qu’avertir quiconque la redoute »
(Sourate An Nâzi’ât verset 45)

Les défauts des gens. "Thérapie de l’âme par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi"

Que celui qui est atteint de présomption pense à ses défauts.
S’il se vante de ses vertus qu’il observe ses mauvaises mœurs.
S’il est incapable de voir ses défauts au point de prétendre la perfection, qu’il sache que son drame est éternel et qu’il est le plus imparfait, le plus défectible, le plus inconscient qui soit et ce, par son ignorance et sa faiblesse d’esprit.
Et il n’y a point de défaut pire que ces deux-là car le sage est celui qui reconnaît ses défauts et qui fait en sorte de les combattre.
Et le stupide est celui qui ne les reconnaît pas à cause de son ignorance, de son manque de discernement et de la faiblesse de ses idées.
Ou bien à cause du fait qu’il considère ces défauts comme des qualités.
Cela est le pire défaut sur terre, il y a beaucoup de personnes qui sont fiers de la fornication, de la sodomie, du vol et de l’injustice, qui se vantent de leur aptitude à commettre ces vices.
Sois certain que tous les humains sont imparfaits hormis les Prophètes, que les bénédictions et la paix soient sur eux.
Celui qui ne connait pas ses propres défauts est plus vil, dépravé, mesquin, inconscient, et déraisonnable que tout autre débauché.
Qu’il s’empresse donc de chercher ses défauts au lieu de s’occuper à s’en vanter et à observer ceux des autres, ce qui ne lui est point utile ni ici-bas, ni dans l’au-delà.
Le seul bienfait que l’on retire en écoutant les défauts des gens, c’est le fait que cela permet d’éviter ceux que l’on a grâce à la puissance et la force d’Allah – exalté soit-Il.
Parler des défauts des gens est un vice qu’il faut éviter sauf si on vise par cela à avertir celui qui en subit un tord ou à conseiller l’arrogant en sa présence en lui disant : « Observe toi même, si tu réussis à discerner tes défauts, tu serais guéri de ta présomption ».
Ne prends jamais exemple sur celui qui a plus de défauts que toi afin de sous estimer tes péchés et d’imiter les mauvaises personnes.
On a critiqué ceux qui imitent les bonnes personnes, qu’en est-il alors des mauvaises personnes ?
Mais prends exemple sur ceux qui sont meilleurs que toi afin de renoncer à ta présomption qui t’incite à te moquer des gens alors qu’il y en a qui sont meilleurs que toi, et qui peuvent se moquer de toi pour une bonne raison, car Allah – exalté soit-Il – dit : « La sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action (une peine) identique »
Sourate ash Shûra, la consolation, verset 40.
Sinon tu causerais à ton égard, la moquerie des gens, le mécontentement d’Allah – exalté soit-Il – et l’oblitération de tes vertus.