Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

dimanche 29 mai 2016

(Le trône et le cœur). "Fawa'id l’imâm Ibn Al-Qayyim"


Le trône et le cœur La créature la plus pure, éminente, lumineuse, noble, élevée tant en essence qu’en importance et la plus vaste d’entre toutes les créatures est le Trône du Tout Miséricordieux. 
Et c’est parce qu’il présente toutes ces caractéristiques qu’Allah ta’ala S’est établi dessus. 
Plus une chose est proche du Trône, plus elle est lumineuse, pure et noble, et inversement. 
C’est pour cela que les jardins du Firdaws sont les jardins les plus élevés du paradis. 
Ils sont les plus nobles, les plus lumineux et les plus majestueux, en raison de leur proximité avec le Trône qui en est le plafond. Plus une chose est éloignée du Trône, plus elle est sombre et étroite.
C’est pour cela que le plus bas degré de l’enfer (Asfal as Sâfilîn) est le pire des lieux, le plus étroit et le plus éloigné de tout bien. Allah ta’ala a créé les cœurs et en a fait le lieu de Sa connaissance, de Son amour et de Sa volonté. 
Ils sont donc le Trône des attributs de perfection que sont Sa connaissance, Son amour et Sa volonté. Allah ta’ala dit : « A ceux qui ne croient pas en l’au delà reviennent les attributs d’imperfection qu’ils attribuent à Allah. 
Tandis qu’à Allah Seul reviennent les attributs de perfection. 
Et c’est Lui le Tout Puissant, le Sage. » (Sourate An Nahl verset 60). 
Et c’est Lui qui forme la création une première fois, puis la refait, et cela est plus facile encore pour Lui. 
Il possède tous les attributs de perfection dans les cieux et sur la terre. 
« C’est Lui le Tout Puissant, le Sage » (Sourate Ar Rûm verset 27). 
« Il n’y a rien qui Lui ressemble, et c’est Lui qui entend et voit tout » (Sourate As Shûra’ verset 11). Cela fait partie des attributs de perfection, perfection qui est établie sur le cœur du croyant et dont ce cœur est le trône. 
Si le cœur n’est pas la plus saine des choses, la plus pure et la plus éloignée de toute souillure et impureté, il ne convient pas aux attributs de perfection que sont la science, l’amour et la volonté de s’y établir. 
Ce sont plutôt les considérations bassement matérielles qui s’y établissent. 
Elles seront aimées par le serviteur, désirées et il s’y attachera. 
Son cœur sera alors à l’étroit, s’assombrira, et s’éloignera de la perfection et de la réussite. 
Ainsi, les cœurs sont de deux types : Un cœur qui est le trône du Tout Miséricordieux, empli de lumière, de vie, de joie, de gaieté, de bonheur et de trésors de bien. 
Un cœur qui est le trône du diable, étroit, empli de ténèbres, de mort, de tristesse, de soucis, et d’angoisses. 
Il s’attriste ainsi pour le passé, s’angoisse pour le futur et se fait du souci pour le présent. 
At Tirmidhî et d’autres rapportent que le Prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam a dit : « Lorsque la lumière pénètre le cœur, celui ci s’élargit et s’épanouit. 
Les compagnons demandèrent : Quels en sont les signes ?? Il dit : Revenir vers la demeure éternelle (l’au delà), s’éloigner de la demeure d’illusions (la vie d’ici bas), et se préparer pour la mort avant qu’elle n’arrive. »  . 
La lumière qui pénètre le cœur vient des attributs de perfection, c’est pourquoi le cœur s’élargit et s’épanouit. 
Mais si ce cœur ne contient ni connaissance ni amour d’Allah, il n’obtient que ténèbres et étroitesse.

samedi 28 mai 2016

Versets à médités : Dis: «Nous croyons en Allah, à ce qu’on a fait descendre sur nous,..

Dis: «Nous croyons en Allah, à ce qu’on a fait descendre sur nous, à ce qu’on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur: nous ne faisons aucune différence entre eux; et c’est à Lui que nous sommes Soumis». (84) Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants. (85)

jeudi 26 mai 2016

Versets à médités : Alif, Lām, Mīm. (1) Allah! Pas de divinité à part Lui,..

Alif, Lām, Mīm. (1) Allah! Pas de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même «Al-Qayyūm». (2) 
 Il a fait descendre sur toi le Livre avec la vérité, confirmant les Livres descendus avant lui. Et Il fit descendre la Thora et l’Evangile. (3) auparavant, en tant que guide pour les gens. Et Il a fait descendre le Discernement. Ceux qui ne croient pas aux Révélations d’Allah auront, certes, un dur châtiment! Et, Allah est Puissant, Détenteur du pouvoir de punir. (4) Rien, vraiment, ne se cache d’Allah de ce qui existe sur la terre ou dans le ciel. (5)

mardi 24 mai 2016

Les 99 Hadiths du Prophète SAWS. Hadith 4 : L’Islam

4) Le Messager d’Allah saws1.gif )a dit : « L’islam consiste à témoigner qu’il n’y a pas de divinité digne d’être adorée si ce n’est Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, d’accomplir la prière, de verser l’aumône, de jeûner ramadan et d’effectuer le pèlerinage à la maison sacrée si on en a la possibilité. » Rapporté par Mouslim.

Versets à médités : Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité.

Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. 
Elle sera récompensée du bien qu’elle aura fait, punie du mal qu’elle aura fait. 
 Seigneur, ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur. 
Seigneur! Ne nous charge pas d’un fardeau lourd comme Tu as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, 
pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, 
accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles (286)

Trois enseignements bénéfiques. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Il y a une grande différence entre le respect des droits d’Allah malgré la difficulté, et
leur respect dans la facilité.
On rapporte qu’Allah ta’ala a dit : « Mon serviteur le plus dévoué est celui qui
mentionne Mon nom, même lorsque la bataille fait rage. »
« O vous qui croyez ! Lorsque vous rencontrez une troupe ennemie, soyez fermes, et
invoquez beaucoup Allah afin de réussir. » (Sourate Al Anfâl verset 45).
On ne devrait pas s’étonner d’une personne en bonne santé et sans occupation qui
pratique des actes d’adorations. On devrait plutôt s’étonner d’une personne faible,
malade, continuellement occupée, dont la situation change continuellement, et dont le
cœur pourtant ne cesse d’adorer Allah ta’ala, sans jamais manquer à une obligation
dans les limites de ses capacités.

dimanche 22 mai 2016

Les 99 Hadiths du Prophète SAWS. Hadith3 -LA FOI. Quiconque dit : j’accepte Allah comme Seigneur



3) Le Messager d’Allah saws1.gif )a dit : « Quiconque dit : j’accepte Allah comme Seigneur, l’Islam comme religion et Muhammad comme prophète, le paradis lui sera obligatoirement attribué. » Rapporté par Aboû Dawoûd et authentifié par Albâny.

Versets à médités : Ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier d’Allah ressemblent à un..

Ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier d’Allah ressemblent à un grain d’où naissent sept épis, à cent grains l’épi. Car Allah multiplie la récompense à qui Il veut et la grâce d’Allah est immense, et Il est Omniscient. (261) Ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier d’Allah sans faire suivre leurs largesses ni d’un rappel ni d’un tort, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Nulle crainte pour eux, et ils ne seront point affligés. (262) Une parole agréable et un pardon valent mieux qu’une aumône suivie d’un tort. Allah n’a besoin de rien, et Il est Indulgent. (263) Ô les croyants! N’annulez pas vos aumônes par un rappel ou un tort, comme celui qui dépense son bien par ostentation devant les gens sans croire en Allah et au Jour dernier. Il ressemble à un rocher recouvert de terre: qu’une averse l’atteigne, elle le laisse dénué. De pareils hommes ne tirent aucun profit de leurs actes. Et Allah ne guide pas les gens mécréants (264) Et ceux qui dépensent leurs biens cherchant l’agrément d’Allah, et bien rassurés (de Sa récompense), ils ressemblent à un jardin sur une colline. 
Qu’une averse l’atteigne, il double ses fruits; à défaut d’une averse qui l’atteint, c’est la rosée. 
Et Allah voit parfaitement ce que vous faites. (265)

Les conséquences du délaissements des péchés. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"


Gloire à Allah, Seigneur des mondes ! Si délaisser les péchés et les actes de désobéissance
n’avaient pour seules conséquences que les avantages suivants, ce serait amplement suffisant :
L’accomplissement de la dignité humaine.
La préservation de l’honneur, de la réputation et des biens par lesquels Allah ta’ala
maintient les intérêts de ce bas monde et de l’au delà.
L’amour des créatures pour le serviteur et l’intérêt porté a ses propos.
Une vie agréable, un corps reposé, un cœur fort, une âme bonne, un bien être
intérieur, une poitrine épanouie.
Le fait de ne plus craindre les pervers et les débauchés.
Le peu de souci, d’angoisse et de tristesse.                                                 
Rapporté par Ahmad vol 3 p.488 , At Tirmidhî 3267 , authentifier par Al Albanî.
Une dignité d’âme refusant l’humiliation.
La protection de la lumière du cœur contre toute extinction par la pénombre des péchés.
Une issue de secours dans les situations ou les pervers et débauchés n’en trouvent pas.
L’obtention facilitée de la subsistance d’une manière inespérée.
La facilitation des actes d’obéissance et de l’accès à la science religieuse.
La bonne réputation dont le serviteur jouit auprès des gens et leurs invocations à son égard.
Le charme qui embellît le visage.
Le respect qu’il inspire dans le cœur des gens.
Le secours que les gens lui apportent et la protection dont ils le couvrent lorsqu’il subit une injustice.
La défense de son honneur lorsque quelqu’un médit à son sujet.
La rapidité avec laquelle ses invocations sont exaucées.
La disparition de la distance le séparant d’Allah ta’ala.
La proximité des anges et l’éloignement des démons qu’ils soient humains ou djinns.
L’empressement avec lequel les gens le servent et subviennent à ses besoins.
Le désir qu’ils expriment de gagner son amitié et de jouir de sa compagnie.
Le fait que le serviteur ne craint plus la mort, et s’en réjouit même car il se rend ainsi
chez son Seigneur, va à Sa rencontre et se dirige vers Lui.
L’insignifiance de ce bas monde et l’importance de l’au delà dans son cœur.
Son souci permanent d’obtenir le grand royaume du paradis et de jouir ainsi de la plus belle des victoires.
Le fait de goûter à la douceur de l’obéissance et aux délices de la foi.
Les invocations en sa faveur de la part des porteurs du trône et des anges les accompagnants.
La réjouissance des anges scribes et leurs invocations en sa faveur à chaque moment.
L’amélioration de ses capacités de réflexion et de compréhension et l’augmentation de sa foi et de ses connaissances.
L’amour d’Allah ta’ala envers lui, l’intérêt qu’Il lui porte et le fait qu’Il Se réjouit du repentir de Son serviteur.
Le fait qu’Allah lui fasse goûter à une joie et un bonheur qui ne sont en rien comparable à la joie et au bonheur procurés par la désobéissance.
Voilà donc quelques unes des conséquences du délaissement des péchés dans ce bas monde.
Dès qu’il meurt, le serviteur sera accueilli par les anges qui lui annonceront la bonne nouvelle
du paradis, ou il ne connaîtra ni peur ni tristesse. Il quittera la prison de ce bas monde et son
étroitesse pour un des jardins du paradis dans lequel il se délectera jusqu’au jour de la
résurrection. Quand ce jour arrivera, les gens souffriront de la chaleur et baigneront dans leur
sueur, alors que le serviteur qui a délaissé les péchés sera sous l’ombre du trône d’Allah.
Lorsqu’Allah en aura fini avec le jugement des créatures, le serviteur obéissant se dirigera
vers la droite, rejoignant ainsi les rangs des élus pieux d’Allah et Son parti victorieux.
« Telle est la grâce d’Allah qu’Il donne à qui Il veut. Et Allah est le Détenteur de
l’immense grâce. » (Sourate al Jumu’ah verset 4)

samedi 21 mai 2016

Les 99 Hadiths du Prophète SAWS. Hadith 2 : Les branches de La foi


2) Le Messager d’Allah saws1.gif )a dit : « La foi se décompose en soixante-dix branches et quelques. La meilleure branche est de dire « il n’y a pas de divinité digne d’être adorée si ce n’est Allah » et la dernière branche est de ramasser tout ce qui peut faire obstacle sur un chemin ; et la pudeur est une des branches de la foi. » Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

Versets à médités : Nulle contrainte en religion

Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. 
Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide, 
qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient (256) 
 Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi: 
Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. 
Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Ṭāg ūt, 
qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. 
Voilà les gens du Feu, où ils demeurent éternellement. (257)

Signification de la religion. Moustafa Mahmoud. Dialogue avec un ami athée

Mon ami me dit : - Écoute ! S'il y a pour vous, comme vous le prétendez, un paradis, je serai le premier à y entrer. Je suis, en effet, plus religieux que beaucoup de vos vieillards à barbe qui invoquent Dieu en égrenant leur chapelet.
- Plus religieux ? Que veux-tu dire ?

- Je ne fais de tort à personne. Je ne vole pas, je ne tue pas. Je ne me laisse pas corrompre. Je ne suis ni envieux, ni rancunier. Je ne veux de mal à aucune créature. Je ne désire que le bien et ne recherche que l'intérêt de tous. Je me réveille et me couche la conscience tranquille. 

La devise de ma vie est : Faire le bien autant que je peux ! N'est-ce pas cela la religion ? 
Ne dites-vous pas vous-mêmes que la religion est une manière de se comporter à l'égard d'autrui ?  

- Tout ce que tu viens d'énumérer s'appelle, en d'autres termes, une conduite irréprochable. Elle est requise par la religion ; mais elle ne s'identifie pas à elle. Tu confonds les deux. La religion n'a qu'une seule signification : elle est connaissance de Dieu. Une connaissance de Dieu en vérité, de laquelle découle une certain façon de se comporter envers Lui. Une connaissance de ton Dieu comme étant un Dieu Grand et Sublime, un Dieu Proche qui répond, entend et voit lorsque tu l'invoques, humblement prosterné devant Lui comme l'esclave devant son maître. C'est cette relation entre toi et ton Dieu qui est la religion. Les rapports que tu as avec tes semblables sont exigés par la piété ; ils sont aussi, en réalité, un rapport avec ton Seigneur. C'est ce qu'affirme notre Prophète : « L'aumône tombe dans la Main de Dieu avant de tomber dans celle du mendiant. »
Celui qui aime Dieu doit aussi aimer ses créatures et être bon envers elles. Mais si tu n'as de relations qu'avec les êtres humains, s'ils sont les seuls que tu reconnaisses et considères, tu te limites au monde d'ici-bas. Tu nies donc l'existence de Dieu, quand bien même aurais-tu une conduite irréprochable à l'égard des hommes. Ton bon comportement signifie uniquement que tu fais preuve de perspicacité, d'intelligence, de tact, de sensibilité. Mais il n'y a rien de religieux en tout cela. Tu veux gagner les gens pour réussir dans la vie. Ta conduite irréprochable est un expédient pour gagner uniquement le monde d'ici-bas. C'est à ce signe que l'on reconnaît les incroyants de ton espèce.


- Crois-moi ! Je ressens parfois qu'il existe une Force supérieure...
- Une Force ?

- Oui, une Force mystérieuse qui domine l'univers. J'y crois pleinement.

- Et comment te la représentes-tu ? Sous la forme d'un Être qui entend, voit et est doué d'intelligence ? Un Être qui s'engage à prendre soin de ses créatures et à les guider sur la Voie Droite en leur manifestant sa Révélation, en leur envoyant ses Prophètes, en répondant à leurs appels et à leurs supplications ?

- Sincèrement, je ne crois pas à toutes ces balivernes et je conçois les choses autrement. De surcroît, tes propos me semblent bien mesquins eu égard à la Force grandiose dont je te parlais.

- Si j'en crois la description que tu en donnes, il s'agirait d'une force électromagnétique aveugle menant l'univers de manière absurde et méprisante.
- Peut-être...
- Mon pauvre ami ! Tu as de ton Dieu une bien piètre idée. Il t'a créé le regard, et tu L'imagines aveugle ! Il t'a créé raisonnable, et tu en fais un être absurde et stupide ! Par Dieu ! Tu es un mécréant et rien d'autre, même si tu passais ta vie entière dans une conduite irréprochable. Tes bonnes actions n'auront aucune utilité le Jour du Jugement dernier. Elles seront réduites à néant.

- N'est-ce pas injuste ?

- Au contraire ! C'est la justice même. Tu imaginais que tes actions émanaient de toi et qu'il n'y avait personne pour te conduire et te guider. C'est toi qui as été injuste envers ton Dieu en niant le mérite qui Lui revenait. Si le croyant et l'incroyant sont, en apparence, égaux dans leur manière louable de se comporter, il y a cependant une différence entre leurs bonnes actions respectives. Chacun d'eux peut, par exemple, faire construire un hôpital. L'incroyant dit : « C'est moi qui ai bâti ce grand hôpital pour le bien des gens. » Le croyant, quant à lui, reconnaît : « C'est grâce à mon Seigneur que j'ai accompli cette oeuvre. Je n'ai été qu'un intermédiaire. » Quelle différence ! L'un attribue le mérite à Celui à qui il revient. Il ne s'approprie à lui-même aucun honneur, sinon celui d'avoir été un simple instrument. Et même pour cela, il rend grâce à Dieu en disant: « Ô mon Seigneur ! Je te loue d'avoir fait de moi une cause de bien. » C'est toute la différence entre la présomption et la modestie, entre l'arrogance et la délicatesse. C'est pourquoi, dans le culte païen que vous rendez à votre Force électromagnétique aveugle, vous ne priez pas.

- Pourquoi prier ? Pour qui prier ? Je ne vois, en votre prière, aucune raison d'être. Et pourquoi toute cette gymnastique ? L'humilité ne suffit-elle pas ?

- La raison d'être de la prière est qu'elle anéantit cet orgueil dans lequel tu vis. Au moment de la prosternation, lorsque ton front touche terre et que tes lèvres prononcent ce que croit ton coeur : « Sois exalté, ô mon Seigneur Tout-Puissant ! », tu sais finalement quelle est ta véritable place : tu n'es rien face au Dieu Tout-Puissant. Tu n'es que poussière sur poussière et Lui est le Transcendant qui trône au-dessus des sept cieux...

Quant à savoir pourquoi la prière est faite de mouvements, pourquoi l'humilité du coeur de nous suffit pas, je voudrais à mon tour te poser cette question : Pourquoi as-tu été créé avec un corps ? La charité en paroles ne te suffit pas non plus : tu dois tendre la main, donner de ton argent... Pourquoi ? Ton corps a été créé par Dieu pour exprimer les intentions de ton coeur. Ce qui est réellement dans ton coeur déborde sur ton corps. Si ton humilité est sincère, elle se répand sur ton corps. C'est alors que tu t'inclines et te prosternes. Si par contre elle est fausse, elle ne dépasse pas le seuil de tes lèvres.


- Crois-tu que tu iras au paradis ?

- Nous serons tous ramenés vers le feu de l'enfer. Dieu sauvera ensuite ceux qui L'auront craint. Sera-ce mon cas ou non ? Seul le sait Celui qui sonde les coeurs. Pour ma part, ma science n'est malheureusement que de l'encre sur du papier. Une action peut être pure, alors que l'intention ne l'est pas. Une intention peut être pure, alors que la sincérité ne l'est pas... Quelqu'un d'entre vous, par exemple, peut penser faire le bien pour Dieu seul, alors qu'il le fait en réalité par souci de sa réputation ici-bas ou par soif de notoriété.

Que de fois nous nous leurrons sur nous-mêmes ! Que de fois, sans que nous sachions comment, nous nous faisons illusion avec la bonne impression que nous avons de nous-mêmes ou le calme menteur qui nous habite ! Demandons à Dieu la pureté du coeur !


- L'homme peut-il être sincère ?

- Il ne le peut pas de lui-même. Dieu seul met la sincérité au fond des coeurs. C'est la raison pour laquelle le Coran parle davantage de « ceux qui ont été rendus sincères » (al-mukhlasûn) que de « ceux qui sont sincères » (al-mukhlisûn). Cependant, Dieu a promis qu'Il « dirigeait vers la Religion celui qui revient repentant vers Lui » (Coran : 42, 13). Il t'appartient donc de revenir vers Dieu. Et à Lui de faire le reste !

Les fondements du bonheur. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Ceux qui éprouvent des difficultés à délaisser leurs habitudes et coutumes sont ceux qui ne les ont pas délaissées pour Allah ta’ala.
En revanche, quiconque les délaisse pour Allah véritablement, sincèrement et du plus profond de son cœur n’en éprouvera aucune peine, sauf dans les débuts ou Allah ta’ala l’éprouve pour tester si son délaissement est sincère ou s’il ne fait que mentir. S’il endure quelques temps cette peine avec patience, elle se transformera en bien être.
Ibn Sirîn -qu’Allah lui fasse Miséricorde- a dit : « J’ai entendu Shurayh jurer par Allah qu’aucun serviteur ne délaisse une chose pour Allah, puis en éprouve un manque. Quant au propos : « Quiconque délaisse une chose pour Allah, Allah la lui remplacera par quelque chose de meilleur  », c’est une parole vraie. Allah ta’ala peut remplacer cette chose délaissée de différentes manières, la meilleure étant de la remplacer par la compagnie d’Allah, Son amour, la quiétude du cœur en Sa présence, sa force, sa motivation, sa joie, et la satisfaction que le serviteur éprouve à l’égard de son Seigneur. »

jeudi 19 mai 2016

« X » : L'énigme de la mort - 12 - Moustafa MAHMOUD



Je suis X 3
Tu es le logarithme de X 19

Au cours de notre réflexion, nous avons découvert en l’homme un être complexe. Non pas une chose simple et limitée, comme une chaise, une table ou un encrier, mais une réalité croissante et évolutive qui prend à chaque instant une décision, en son for intérieur, grâce à sa volonté propre.
L’homme peut vivre à divers niveaux.
Il peut avoir une vie diminuée, extrêmement rudimentaire, quasi végétative. C’est ce qui se produit durant le sommeil. L’homme est alors réduit à un ensemble de fonctions agissant automatiquement, spontanément, inconsciemment.
Il peut mener une vie machinale, faite de bavardages et de médiocrité. Il se laisse conduire alors par ses idées toutes faites et des habitudes héritées d’autrui. Il est guidé par des coutumes vétustes et périmées. Ses actes sont réglés à la minute près sur des horaires que lui fixent les autres.
Il peut encore avoir une vie profonde : tourné vers lui-même, il suit l’orientation de ses pensées et de ses désirs. Il vit dans son temps à lui et suit le rythme que lui dictent sa volonté et son état affectif. C’est à ce niveau que sa vie est authentique et que ses actions sont le reflet direct de sa personnalité.
Il peut enfin atteindre le tréfonds de son être au moment de l’amour, de la contemplation, de la création ou de l’expérience mystique. Il éprouve alors un sentiment de durée et d’éternité. Il savoure cet instant étrange où le temps et la personne ne comptent plus. Instant de plénitude devant lequel s’évanouissent tous les autres. Chaque jour a une fin et les années sont reléguées dans le passé, mais cet instant dure comme un souvenir tenace auquel l’homme reste profondément attaché.
Ce sentiment prouve que l’homme est ouvert, de l’intérieur, sur une existence d’un autre ordre, différente de l’existence extérieure, figée, limitée, temporelle et machinale qui est liée au déterminisme et aux lois. Elle jaillit librement, dégagée du temps et de l’espace, n’ayant d’autre cause qu’elle-même. En elle prennent leur source la volonté, la personnalité, le comportement et l’action. Le monde extérieur semble en être une part, comme l’un de ses fruits.
Cette autre existence a la profondeur d’une source cachée où l’homme prend ses racines et où les fibres de son être naissent et s’abreuvent. C’est par elle qu’il est sensible à la vérité et qu’il ressent une continuité dans le tourbillon de la réalité oscillante et changeante. Elle est pour lui une terre ferme au milieu des apparences fragmentaires qui, sans cesse, surviennent, puis disparaissent. Grâce à elle, il continue de croire en l’existence d’un havre de sécurité, de repos et de paix.
La vie temporelle n’apparaît comme réelle que parce qu’elle découle de cette existence éternelle et qu’elle y achemine.
L’âme aspire sans trêve à cette existence intérieure. Elle y cherche un refuge contre l’angoisse et le stress que provoquent les changements constants de la réalité matérielle.
Existence du Moi absolu… Existence éternelle et véritable qui est celle de l’esprit.
Je ne relie pas cet esprit à la personnalité, car l’existence dont je parle ici n’est pas « personnelle ». Elle est trop profonde pour l’être, trop profonde pour être personnalisée et limitée.
La réalité personnalisée et mouvante est sujette aux divisions du temps et de l’espace. Elle est limitée aux phénomènes.
L’existence intérieure est, quant à elle, de l’ordre de la substance. Elle ne souffre ni division, ni multiplication. Elle est le substrat réel et la source des phénomènes. C’est d’elle que naît la personnalité, mais elle ne lui est en rien identique.
La réalité est une et simple. Certes, elle apparaît à nos yeux comme diverse et variée. Mais sous cette apparente et irréelle multiplicité, à sa source même, se cache une unité fondamentale. Nous en voulons pour preuve le lien et la dépendance réciproque qui unifient l’entière réalité.
Au cours de notre enquête, nous avons découvert que toutes les créatures ne sont que des assemblages, des compositions diverses d’une même matière (le protoplasme) et d’unités extrêmement petites (les cellules) agglutinées les unes aux autres. Ce sont toutes des assemblages et compositions de « X », ce « X » correspondant approximativement à la « matière » selon Marx ou à la hulè aristotélicienne. C’est en somme la matière première à partir de laquelle est édifié le monde terrestre.
Même les différentes sortes de matière inerte sont, elles aussi, des compositions diverses de particules élémentaires (électrons et protons) chargées négativement et positivement, cette énergie se manifestant sous forme de chaleur, de lumière, d’électricité, de champ magnétique, de mouvement ou de vie.
Tous les éléments – plomb, sodium, fer, cuivre, soufre, etc. – ne sont que des composés différents de ces électrons et protons et il est possible de changer un élément en un autre en changeant sa composition atomique.
La seule différence entre les créatures réside dans la forme et l’apparence. Elle est susceptible d’être réduite finalement à un principe unique, simple et commun.
L’univers est constitué fondamentalement d’une réalité simple et unique, à partir d’une même substance. Le tronc est unique, mais de lui partent toutes les ramifications de l’arbre. Chaque branche est vraie dans la mesure où elle trahit ses origines et porte, dans ses cellules et ses fleurs, la marque de son hérédité.
Les planètes, les étoiles, les astéroïdes et les comètes ne sont que des différents agencements de matière, issus de nuages d’atomes et de poussière flottant dans l’espace.
L’être a un nombre illimité d’effets et d’aspects à partir d’un principe unique, simple et éternel. Ce principe renferme une richesse infinie qui s’exprime en des formes illimitées en nombre. La multiplicité des êtres créés est la manifestation de cette richesse.
La multiplicité est un phénomène relevant du monde spatio-temporel qui est, par sa nature même, limité et divisible en dimensions et en instants. Tout, dans ce monde terrestre, peut être divisé, diversifié, multiplié.
Si la matière première est une et simple, les personnes, elles, sont multiples, chacune étant une disposition singulière de cette matière première. Mais la personne est vouée finalement à l’anéantissement, comme tout être fini, comme tout être situé dans le temps et l’espace.
Figures et constructions, tout disparaît comme s’écroule un immeuble bâti avec de la brique, de la chaux et du ciment. Le plan cependant subsiste, ce projet initial à partir duquel fut édifié l’immeuble. C’est ce qui correspond à la « forme » aristotélicienne ou à l’ »esprit » pour nous. C’est ce que l’on dénomme en philosophie le « Moi absolu ».
Le plan ou projet initial est inventé par le Créateur. Il émane de son Esprit, et c’est la raison pour laquelle il est immortel.
Distinct du corps et de la personne même, c’est le Moi absolu (l’esprit) qui, en nous, murmure avec stupéfaction face à la mort : « Ce n’est pas vrai ! » Il n’y attache aucune importance, car elle n’est pour lui d’aucun intérêt.
Lorsque nous avons peur de la mort, c’est à cause de ce Moi absolu, à cause du lien de tendresse qui nous relie à la réalité et à nous-mêmes. Mais il n’y a pas lieu de s’effrayer, car l’absolu dont nous parlons habite une contrée éternelle où il n’y a ni mort, ni mutation, ni changement.
Ce qui meurt en nous, c’est ce qui change et disparaît chaque jour : notre corps, notre âme, notre personnalité. Cette mort est l’effet de la vie, faisant place à la mutation, au changement.
Mais l’esprit, le Moi absolu, est éternellement vivant.
Nous sommes ouverts de l’intérieur sur cet Un absolu qui n’est pas circonscrit aux limites de la personne, de l’espace ou du temps.
Pour ce Moi absolu, mort, anéantissement, mutation et changement n’ont aucun sens.
C’est un trésor inépuisable, une richesse absolue d’où émanent nos actes, notre personne et notre vie. Au moment de notre mort, le Moi subsiste dans le monde de l’esprit dont il est issu.
Parce que nous sommes ouverts de l’intérieur sur l’absolu, l’illusion nous prend de penser que nous non plus ne mourrons pas. Nous faisons cette confusion tout naturellement, étant donné la double dimension – corps-esprit – de notre vie et de notre nature.
Dotés d’une vie autonome, nous croyons posséder une existence réelle indépendamment du cœur éternel dont nous sommes les pulsations.
C’est l’immortalité de l’esprit dont nous provenons et auquel nous appartenons en vertu de notre origine qui est la cause de notre illusion. En fait, nous sommes mortels. Nous sommes dans un état de mort continuelle, même lorsque nous sommes en vie.
Lien existentiel reliant nos instants et regroupant nos mouvements éparpillés dans l’espace, cette unité homogène qui nous pénètre et rassemble notre existence éparse n’appartient pas au monde spatio-temporel. Elle n’appartient pas au monde individualisé et particularisé. Elle ne dépend pas de nous alors que nous dépendons d’elle.
Il ne s’agit pas d’une unité spécifiée, mais plutôt d’une continuité absolue qui englobe toutes les situations où nous nous trouvons durant notre vie. Elle les englobe dans ce qui ressemble au Moi absolu, ce Moi qui est l’esprit de chacun d’entre nous et une étincelle de l’Esprit divin, source créatrice de laquelle tout provient et à laquelle tout retourne.
Chacun de nous est une unité participant de l’Un suprême.
C’est pourquoi nous constatons que toutes les formes d’être sont reliées entre elles par un lien étroit de proximité. Un lien du sang les rassemble toutes dans une commune matière première initiale.
L’échange qui se produit à tout instant entre les diverses catégories d’êtres révèle leur lien familial.
Les plantes prennent à la terre les phosphates et les nitrates ; à l’air, les composés de carbone et de vapeur d’eau. Puis elles transforment ces substances minérales mortes en tissus vivants et verts semblables aux leurs.
L’animal assimile ces tissus végétaux. Il les transforme en chair, sang, os et muscles. Finalement, il meurt, se décompose et se transforme en poussière et en sels minéraux qui réintègrent la terre-mère.
Ce cycle met en évidence la matière première commune à partir de laquelle sont créées toutes les différentes formes d’existence.
Concernant le degré d’animalité, une différence extrêmement grande sépare le tigre sauvage et féroce de l’homme délicat, affable et intelligent. Et pourtant, le regard qu’ils échangent dans la cage du cirque – regard du dompteur aux fauves qui sont assis à ses pieds – est révélateur de cet élément commun qui les réunit dans un lien secret d’amour réciproque.
Malgré toute la férocité de l’un et la délicatesse de l’autre, le tigre et l’homme se rencontrent dans un moment d’affection mutuelle, comme s’ils se connaissaient depuis toujours dans la mesure où leur Créateur est unique et qu’unique est la matière de la création.
En chaque regard nous apparaît la gloire du Créateur, plus proche de nous que ne l’est notre veine jugulaire.
L’unité, la ressemblance fondamentale et la relation intime sont cachées derrière la multiplicité, la divergence et le morcellement apparent.
L’être en son entier est un hymne célébrant l’Esprit divin éternel. Par les millions de mots qui le composent, cet hymne en exprime la signification et la richesse infinies.
Par la mort – c’est là son sens –, le Créateur nous dit :
  • J’ai encore davantage. J’ai d’autres possibilités, inépuisables… Regardez ! Voici quelque chose de tout autre… une nouvelle surprise : la naissance d’un nouvel enfant !
http://tarjama.over-blog.com/

La jalousie. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

La jalousie est de deux types La jalousie est de deux types :
La jalousie pour quelqu’un et la jalousie envers quelqu’un.
La jalousie que l’on éprouve pour un être aimé est en fait le désir ardent qu’on lui porte, et la jalousie envers ce qui est détestable consiste à vouloir que personne ne rivalise avec soi dans l’amour de cet être aimé.
 La jalousie pour un être aimé n’est complète qu’avec cette jalousie envers les rivaux. C’est une jalousie louable quand l’amour éprouvé pour l’être aimé ne peut être partagé, comme c’est le cas pour les créatures. En revanche, lorsqu’il s’agit d’un amour qu’il est conseillé de partager, comme l’amour éprouvé pour le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam ou un savant, ou même pour le bien Aimé, le proche d’Allah, on ne peut concevoir d’éprouver de la jalousie envers un rival qui éprouverait le même amour, car ce serait considéré comme de l’envie blâmable.
 La jalousie louée concernant Allah consiste à ce que le serviteur soit jaloux de l’amour qu’il Lui porte en ne le vouant à aucun autre que Lui, et ne laisse personne le découvrir au risque de le corrompre.
Il doit être jaloux pour ses actes afin de n’en vouer aucun à d’autre que Celui qu’il aime, ou que ses actes soient mélangés à des choses que son Bien aimés déteste, comme l’ostentation, la suffisance, le désir de faire connaître ses œuvres, ou le manque de reconnaissance de la grâce qu’Allah lui accorde à travers ces actes.
En résumé, la jalousie du serviteur implique que les situations dans lesquelles il se trouve, ses œuvres et ses actes soient tous voués à Allah ta’ala.
Il doit être également jaloux concernant son temps afin qu’il n’en perde rien dans autre chose que les œuvres qui satisfont son Bien aimé.
Ceci est la jalousie du point de vue du serviteur, qui doit être jaloux de tout rival et de tout ce qui pourrait lui faire obstacle et l’empêcher d’arriver à l’agrément de son Bien aimé.
Quant à la jalousie de son Bien aimé envers lui, elle consiste en ce qu’Il déteste que son cœur se détourne de Son amour pour l’amour d’un autre, de sorte que cet autre soit associé dans Son amour. C’est pour cela que la jalousie d’Allah consiste en ce qu’Il déteste que Son serviteur commette ce qu’Il lui a interdit.
C’est en raison de Sa jalousie qu’Il a interdit la turpitude apparente et cachée, car les créatures ne sont que Ses serviteurs et servantes.
Il est jaloux pour Ses servantes, comme le maître est jaloux pour ses esclaves et à Allah ta’ala appartiennent les attributs de perfection.
Il est jaloux que l’amour de Ses serviteurs puisse être voués à autre que Lui, si bien que cet amour les amène à s’attacher aux seuls apparences physiques et à commettre la turpitude (la fornication).

mardi 17 mai 2016

Les branches de la foi. Sheikh Kichk

Il est nécessaire pour le musulman qui a une croyance correcte de savoir que la foi constitue une unité non fractionnable. De même que les organes du corps travaillent dans une organisation parfaite et précise, sans que l’un puisse se passer des autres, les branches de la foi se complètent et se renforcent parfaitement : le Credo est son fondement, les rites en sont le système de sécurité, et le comportement avec autrui en est le fruit et la preuve de sa validité.
L’Imâm Muslim a rapporté dans son Sahîh selon Abû Hurayrah, que Dieu l’agrée, que le Messager d’Allâh, paix et bénédiction : "La foi compte soixante-dix et quelques branches et la pudeur est une branche de la foi".
Selon une variante, également selon Abû Hurayrah, le Messager d’Allâh, paix et bénédiction d’Allâh sur lui, a dit : "La foi compte soixante-dix et quelques (bid`) branches (shu`bah). La meilleure branche est la parole " lâ ilâha illâ Allâh ", il n’ a de Dieu qu’Allâh. La moins élevé c’est le fait d’écarter la nuisance qui se trouve sur le chemin et la pudeur (hayâ’) est une branche de la foi".
Étant donné l’importance de ce hadîth, les commentateurs l’ont largement sondé et ont montré les nobles et magnifiques sens qu’il renferme. C’est pourquoi nous résumons ici les paroles des savants, afin que nous atteignions son fruit, pourvu que Dieu nous accorde son application.
Al-Qâdî `Iyâd dit : on entend par bid` (traduit par quelques) un chiffre entre 3 et 10. Al-Khalîl Ibn Ahmad quant à lui affirma que le mot bid` désigne le chiffre 7 et on entend par shu`bah (traduit par branche), une partie d’un tout. Ainsi le sens de ce hadith signifie-t-il : "la foi comporte soixante-dix et quelques qualités". Les savants ont établi que le fondement de la foi c’est l’adhésion véridique du cœur et la langue à la foi et l’accomplissement des piliers. En témoigne la parole du Messager d’Allâh, paix et bénédiction d’Allâh sur lui, dans le hadîth précédent : " la meilleure [des branches] c’est lâ ilâha illâ Allâh " et la dernière " le fait d’écarter la nuisance du chemin". Pour ce qui est de sa parole "soixante-dix et quelques branches", l’Imâm Abû Hâtim Ibn Hibbân, que Dieu lui fasse miséricorde, affirma avoir décompté les œuvres d’obéissance dans le Livre et la Sunnah et a trouvé qu’elles n’étaient ni plus ni moins que ce qu’a mentionné le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, "la foi compte soixante-dix et quelques branches".
Il dit aussi, paix et bénédiction de Dieu sur lui, "la pudeur (hayâ’) est une branche de la foi", dans une variante "la pudeur est une partie de la foi", dans une autre encore "la pudeur n’apporte que le bien", et dans une autre variante enfin "la foi est entièrement du bien".
Dans une narration du maître Abû Al-Qâsim Al-Qushayrî selon le noble maître Abû Al-Qâsim Al-Junayd, que Dieu l’agrée : la pudeur (hayâ’) c’est le fait de contempler les bienfaits de Dieu et d’observer notre négligence, il en résulte un état que l’on appelle " hayâ’ ".
S’il a fait de la pudeur une branche de la foi, c’est parce qu’elle appelle celui qui est pudique à faire le bien et les œuvres d’obéissance.
Il a été rapporté du Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, des hadiths au sujet de la pudeur que nous devons mentionner, par respect à cette noble éthique. Le Messager d’Allâh, paix et bénédiction de Dieu sur lui : "chaque religion a une éthique et l’éthique de l’islam c’est la pudeur". Le Messager d’Allâh fut des humains celui qui avait le plus doux caractère, le plus noble historique, la plus profonde conscience de la responsabilité, et celui qui ressentait la plus vive répulsion face à l’illicite. Selon Abû Sa`îd Al-Khudrî : "Le Messager d’Allâh était plus pudique qu’une vierge voilée. Lorsqu’il voyait quelque chose qu’il déteste, nous le reconnaissions à son visage".
Pour renforcer le lien entre la foi et la pudeur et pour montrer que toutes deux vont de paire, le Messager nous a enseigné ce noble hadîth : "La pudeur et la foi vont de paire. Lorsque l’une des deux disparaît, l’autre disparaît également".
Le jour où la pudeur quitte une personne, elle ne cesse de chuter. Une chute au fond d’un abîme très profond. Et qui te dira ce que c’est ? C’est un Feu ardent. Certes la pudeur est un solide rempart qui préserve celui qui l’a de chuter dans les vices. Pour montrer cette vérité le Messager d’Allâh, paix et bénédiction de Dieu sur lui, dit : "Lorsque Dieu - Exalté Soit-Il - veut anéantir un serviteur, il ôte de lui la pudeur. Lorsqu’il ôte de lui la pudeur, il ne sera que détestable et odieux, et la loyauté sera ôtée de lui. Lorsque la loyauté est ôtée de lui, il trahira et sera soupçonné de trahison. Lorsqu’il trahira et sera soupçonné de trahison, la miséricorde sera ôtée de lui. Lorsque la miséricorde est ôtée de lui, il ne sera qu’un maudit lapidé. Lorsqu’il sera ainsi, l’islam sera retiré de lui".

Ne pas s'éloigner de son seigneur...لا تبتعد عن ربك


ليس من الخطأ أن يقترب العبد من ربه أيام الإمتحانات،لكن الخطأ أن يبتعد عن ربه فور انتهائها.
ابراهيم_الفقي رحمه الله
Le tort n'est pas de se rapprocher les jours des examens  de Son Seigneur, mais c'est une erreur de s'éloigner de son Seigneur immédiatement après les examens.
Dr Ibrahim_fiqi 

Les degrés de plainte. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

L’ignorant se plaint d’Allah ta’ala auprès des gens, ce qui est le summum de l’ignorance
concernant Celui dont on se plaint et ceux à qui on se plaint. S’il avait connu son Seigneur, il
ne serait pas plaint de Lui, et s’il avait connu les gens, il ne se serait pas plaint auprès d’eux.
Un pieux prédécesseur vit un homme se plaindre auprès d’un autre de sa pauvreté et son
besoin, et il lui dit : O toi ! Par Allah, tu n’as fait que te plaindre de Celui qui te fait
miséricorde auprès de celui qui ne te fait pas miséricorde.
On a aussi dit à ce sujet : Si tu te plains auprès du fils d’Adam, tu te plains du Clément auprès
de celui qui ne fait pas miséricorde.
L’homme savant ne se plaint qu’auprès d’Allah. Et le plus savant d’entre eux est celui qui se
plaint auprès d’Allah de sa propre personne et non des gens. Il se plaint d’avoir en lui des
choses permettant aux gens de le dominer, et cela est semblable à Sa parole :
« Tout malheur qui vous atteint est dû aux péchés que vos mains ont commis.
Et Il pardonne beaucoup. » (Sourate As Shûrâ’ verset 30).
« Tout bien qui t’atteint vient d’Allah, et tout mal qui t’atteint vient de toi-même. »
(Sourate An Nisâ’ verset 79).
« Lorsqu’un malheur vous atteint tandis que vous aviez infligé le double à vos ennemis
vous dites: D’ou vient ce malheur ?? Réponds leur : Il vient de vous mêmes (vos péchés). »
(Sourate Al Imrân verset 165).
Il y a ainsi trois niveaux : le plus bas est que tu te plaignes d’Allah auprès des gens, le plus
haut est que tu te plaignes de ta personne auprès d’Allah, et le niveau intermédiaire est que tu
te plaignes de Ses créatures auprès de Lui.

samedi 14 mai 2016

Versets à médités : Et quand ils affrontèrent Goliath et ses troupes, ils dirent: «Seigneur! Déverse sur nous l’endurance,..

Et quand ils affrontèrent Goliath et ses troupes, ils dirent: «Seigneur! Déverse sur nous l’endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle». (250) Ils les mirent en déroute, par la grâce d’Allah. Et David tua Goliath; et Allah lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu’Il voulut. Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Allah est Détenteur de la Faveur pour les mondes. (251)

Les différents types de pensées. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Les fondements du bien et du mal proviennent de la pensée, car la pensée est une prémisse de
la volonté, de l’intention, de l’ascétisme, du délaissement, de l’amour et de la haine.
La meilleure des pensées consiste à penser aux intérêts de l’au delà et aux moyens de les réaliser,
et penser aux dommages de l’au delà et aux moyens de les éviter.
Voilà donc quatre des plus importantes pensées.
Elles sont suivies par quatre autres pensées :
Penser aux intérêts matériels et aux moyens permettant de les réaliser, et penser aux
dommages matériels et aux moyens de les éviter.
C’est autour de ces huit pensées que s’articule la réflexion des sages.
Les quartes premières se résument à penser aux bienfaits et dons d’Allah, à Ses ordres et interdits, aux moyens permettant de Le connaitre et de connaitre Ses noms et attributs tirés de Son livre et de la Sunna de Son prophète et ce qui en découle.
Ces pensées font naitre en l’individu l’amour et la connaissance d’Allah.
Ainsi, s’il pense à l’au delà, sa valeur et son éternité, et s’il réfléchit à ce bas monde, à sa médiocrité et à son caractère éphémère, cela fera naître en lui le désir de l’au delà et le délaissement de ce bas
monde. Plus le serviteur réfléchit au caractère éphémère de cette vie et au peu de temps imparti, et plus il sera sérieux, consciencieux, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour tiré profit de son temps.
Ces pensées nourrissent son ambition, la revivifient après avoir été morte et rabaissée.
Elles font de lui un homme à part qui se distingue du commun des êtres humains.
A l’opposé de ces pensées se trouvent les pensées malsaines qui traversent l’esprit de la majorité des créatures, comme le fait de penser à des choses qui n’ont pas été imposées à l’intellect, choses que ce dernier n’a d’ailleurs pas les moyens de maîtriser, comme une science futile qui n’apporte rien, ou comme le fait de méditer sur le  « comment » de l’essence du Seigneur et de Ses attributs, que l’intellect humain est dans l’incapacité de cerner.
On compte aussi parmi les pensées malsaines, le fait de réfléchir à la conception de systèmes complexes mais inutiles voire néfaste, comme le fait de réfléchir à une stratégie au jeu d’échec, à la musique et autres systèmes et concepts.
Il y a aussi le fait de réfléchir à des sciences qui même s’il s’agit de science exactes,
n’améliorent ni n’octroie d’honneur à l’âme humaine, comme le fait de réfléchir aux détails
de la logique, des mathématiques, des sciences naturelles, et de l’écrasante majorité des
sciences philosophiques qui, à supposer qu’un individu s’y spécialise jusqu’a en atteindre le
summum, ne l’améliorent ni ne purifient son âme.
Il y a le fait aussi de penser aux désirs, aux plaisirs et aux moyens permettant de se les procurer.
Ces pensées, même si l’âme en retire quelque plaisirs, ne mènent à rien de bon, et leurs effets néfastes dans ce bas monde, avant même l’au delà, sont bien plus importants que le plaisir procuré.
Il y a le fait de réfléchir à des choses qui n’ont pas eu lieu, et de chercher à savoir ce qu’il se serait passé si elles avaient effectivement eu lieu. Comme le fait de s’imaginer être un roi, ou avoir trouvé un trésor, ou posséder une contrée et s’imaginer ce que l’on ferait alors : à savoir que l’on prendrait telle chose, qu’on donnerait telle autre, que l’on se vengerait d’untel, et autres réflexions de bas étage.
Il y a le fait de penser aux détails de la vie des gens et des situations dans lesquelles ils sont, leurs entrées et sorties et autres réflexions propres aux âmes inactives et vides de toute pensée envers Allah, Son messager et l’au delà.
Il y a le fait de penser à des stratagèmes détaillés et à des ruses et des fourberies fomentées
dans le but de parvenir à ses objectifs et passions, qu’ils soient licites ou illicites.
Il y a aussi le fait de penser aux différents types de poésie, ses catégories et les thèmes qu’elle
aborde, comme le panégyrique, la diatribe, la galanterie, les hommages et autres thèmes.
Tout ceci occupe l’être humain et le distrait de penser à ce qui fera son bonheur et une vie heureuse
éternelle.
Il y a aussi le fait de penser à des suppositions purement hypothétiques qui n’ont concrètement aucune réalité et dont les gens n’ont absolument pas besoin.
Or ces hypothèses existent dans toute science, même dans la science de la jurisprudence et ses fondements, ou en médecine.
Toutes ces pensées présentent plus de dommages que d’intérêts.
Et le seul fait qu’elles distraient de ce qui est plus important et plus bénéfique tant dans l’immédiat qu’à l’avenir, est un dommage suffisant.

mercredi 11 mai 2016

À nous le bonheur d'ici-bas ! À vous les rêves ! : Moustafa Mahmoud-Dialogue avec un ami athée

Mon ami me dit sur un ton qui trahissait la joie du vainqueur :
- Le débat entre nous a été long, et nous ne sommes toujours pas d'accord. Quoi qu'il en soit, c'est nous qui sortons victorieux du combat, cela ne fait aucun doute. Nous gagnons le bonheur d'ici-bas. Vous vous en sortez, quant à vous, avec quelques rêves en tête. Tu as beau dire, c'est à nous que revient en ce monde la meilleure part. À nous les fêtes, l'alcool, les jolies femmes, la richesse et les plaisirs qu'aucune crainte du défendu ne vient troubler ! À vous le jeûne, la prière, la louange de Dieu et la crainte du Jugement ! Alors, qui de nous a gagné?
-Ce serait exact, lui rétorquai-je, si ce que vous avez gagné était réellement le bonheur. Mais en réfléchissant ensemble et posément à l'image que tu te fais de ce bonheur, nous n'y trouverions réellement que du malheur.

- Le malheur ! Comment cela ?

- Dans le prétendu bonheur dont tu parles, tu te rends en fait esclave d'instincts insatiables. Les combles-tu, ils se lassent et restent insatisfaits. Toi-même, tu t'abrutis et deviens apathique... Le sein d'une femme peut-il procurer un bonheur durable, alors que les coeurs sont inconstants, que la passion est instable et que les femmes sont déçues par les éloges qui leur sont adressés ? Tout ce que nous avons lu dans les romans d'amour se résume en un mot : le malheur ! Si les amoureux se marient, le malheur et la déception s'aggravent encore. Chacun recherche en l'autre la perfection dont il rêvait ; mais lorsque le désir disparaît et que le feu de la passion s'éteint, chacun remarque et amplifie le moindre défaut de l'autre.

Qu'est-ce que la fortune, sinon une autre forme d'esclavage ? Le riche est totalement accaparé par ses biens matériels pour les accroître, les entasser, les protéger. Alors que la richesse était auparavant à son service, c'est lui désormais qui en devient l'esclave.

Qu'est-ce que l'autorité et le prestige, sinon une pente dangereuse vers la vanité, l'orgueil et l'injustice ?
Le détenteur du pouvoir ne ressemble-t-il pas à celui qui prend un lion pour monture ? Aujourd'hui, tout va comme prévu ; mais demain, le fauve le dévorera.
Le vin, l'alcool, les drogues, le jeu, la querelle, le plaisir sexuel (à l'abri des regards et sans crainte du défendu)..., tout cela est-il le bonheur ? Ne s'agit-il pas plutôt de diverses manières de fuir les exigences de la raison et de la conscience ? Pris par ces plaisirs, l'homme ne néglige-t-il pas sa responsabilité et les appels de l'Esprit, en se fourvoyant dans le feu de la passion et la voracité des désirs ? S'élève-t-il, ou bien s'avilit-il à vivre comme un singe et à s'accoupler comme un vulgaire animal ?
Le Coran a eu raison de décrire ainsi les incroyants :« Ils jouissent un certain temps des biens de ce monde,
ils mangent comme mangent les bestiaux ;
leur lieu de séjour sera la feu. » (Coran : 47, 12)
Nous ne nions pas que les incroyants connaissent de réels plaisirs. Mais ces plaisirs ressemblent à ceux d'une bête qui trouve sa pâture... Est-ce cela le vrai bonheur ? Vivre dans la débauche et le désir continuel en se laissant aller à la gloutonnerie jusqu'à étouffer d'indigestion, une telle vie n'obéissant qu'à la passion n'a plus rien à voir avec le bonheur véritable.
Être vraiment heureux, cela ne signifie-t-il pas plutôt vivre l'âme parfaitement apaisée et l'esprit libéré de toutes les idoles ? Dans sa définition ultime, le bonheur ne réside-t-il pas dans un « état de paix entre l'homme et lui-même, entre l'homme et son prochain, entre l'homme et son Dieu » ? Or cette paix et cette quiétude intérieure ne se réalisent que par l'action. L'homme doit mettre sa force, ses biens et sa santé au service des autres. Il doit vivre guidé par le bien et la piété, dans ses intentions et ses actes. Il doit être en relation continuelle avec Dieu, dans la prière et l'humilité, pour que Dieu lui communique encore davantage sa Paix, son Aide, sa Lumière. Un tel bonheur n'est-il pas, en définitive, l'équivalent de la religion ? Le mystique revêtu de haillons n'avait-il pas dit : « Si les rois savaient quel bonheur est le nôtre, ils nous en voudraient et nous tueraient de leurs épées » ? Ceux qui ont connu un tel bonheur, celui de la relation avec Dieu et de la paix de l'âme, savent que le mystique avait raison.

- N'étais-tu pas comme nous, il y a quelques années de cela, quand tu t'adonnais à la boisson et que tu te divertissais, en quête de ce bonheur animal que nous recherchons nous-mêmes ? N'as-tu pas fait montre d'impiété - eh oui ! - dans ton livre Dieu et l'Homme, où tu te révèles plus athée que les athées ? Comment as-tu pu changer ainsi du tout au tout ?

- Dieu crée le changement ; mais Lui-même ne change pas...

- Tu affirmes, je le sais, qu'en toute chose le mérite revient à Dieu. Mais quel fut ton rôle ? Quels efforts te furent demandés ?

- J'ai regardé autour de moi. Tout d'abord, la mort et le néant me sont apparus comme une plaisanterie, une absurdité. Puis j'ai constaté que le monde entier était régi par des lois extrêmement exactes et rigoureuses, ne laissant aucune place à l'absurdité et à la plaisanterie. Si ma vie, comme d'aucuns le pensent pour eux-mêmes, était absurde, ne débouchant sur rien, quel sens auraient mes pleurs, mon remords, ce profond et ardent désir que je ressens de parvenir à la vérité et à la justice ? Pourquoi lutter pour ces valeurs jusqu'au sacrifice de ma vie ?

J'ai vu les étoiles se déplacer sur leur orbite, obéissant à une loi donnée. J'ai constaté que les insectes vivant en groupe communiquent entre eux... que les plantes voient, entendent et sentent... que les animaux ont une morale... J'ai observé cette merveille qu'est le cerveau humain. J'ai vu qu'il se compose de millions et de millions de cellules nerveuses fonctionnant toutes en même temps dans un ordre parfait et inimitable : si une lésion survient ici ou là, elle entraîne immédiatement la paralysie, la cécité, le mutisme, l'idiotie, la folie... Ces troubles, cependant, ne surviennent qu'exceptionnellement. À quoi ce mécanisme impressionnant doit-il son bon fonctionnement ? Qui l'a équipé de cet ensemble de fonctions parfaites ?

J'ai observé la beauté d'une feuille d'arbre, d'une plume de paon, d'une aile de papillon. J'ai écouté le chant mélodieux du rossignol, le gazouillis des moineaux. Partout où j'ai tourné mon regard, j'ai vu l'oeuvre d'un Peintre, d'un Dessinateur, d'une Main créatrice. La nature m'est apparue comme un tout absolument parfait, où il est impossible que le hasard ait la moindre place. Chaque chose en elle semble crier : « J'ai été conçue et façonnée par un Créateur Tout-Puissant. »

Puis j'ai lu le Coran. La mélodie et le rythme de sa langue surprirent mon oreille. Son contenu émerveilla mon esprit. Qu'il ait à répondre aux questions concernant la politique, l'éthique, le droit, le cosmos, la vie, l'âme ou la société, il apporte toujours le dernier mot, bien qu'il ait été révélé il y a plus de 1 300 ans. Il est en accord avec toutes les sciences les plus récentes, bien qu'il nous soit parvenu par l'intermédiaire d'un bédouin analphabète qui vivait dans un peuple arriéré et éloigné de la lumière des civilisations. J'ai lu la vie de cet homme, ce qu'il a fait... et je me suis dit : Oui ! C'est un Prophète ! Il est impossible qu'il en soit autrement. L'univers merveilleux ne peut avoir pour Auteur que ce Dieu Tout-Puissant dont parle le Coran et dont il décrit les Oeuvres.


Mon ami avait écouté attentivement. Il se mit à chercher la dernière faille :
- Qu'adviendrait-il si tu te trompais dans tes calculs et si, après une longue vie, tu finissais en poussière, réduit à néant ?
- Je n'aurais rien perdu, car j'aurais eu la vie la plus heureuse qui soit, une vie bien remplie et aux larges horizons. Par contre, c'est vous qui perdrez beaucoup si mes calculs sont justes et si mes prévisions s'avèrent exactes. Or elles le sont ! Oui, mon ami, vous serez terriblement surpris !


Tout en parlant, je le fixai droit dans les yeux. Pour la première fois, j'y notai une lueur de peur accompagnée d'un clignement saccadé des paupières.
Cet instant fut passager, car la peur naissante fut vite contrôlée. Il fut suffisamment long cependant pour me permettre de comprendre ce qui se passait : malgré sa belle assurance, son obstination et son arrogance, mon ami était maintenant au bord du doute. Il se voyait sur le point de tomber dans un précipice sans fond et il ne savait plus à quoi s'agripper.
Il me dit sur un ton qu'il voulut empreint de conviction :
- Tu verras que tu retourneras en poussière. C'est là tout ce qui nous attend, toi comme nous tous !
- En es-tu certain ?


Pour la deuxième fois, une lueur de frayeur apparut dans ses yeux. Il répondit, en appuyant sur le mot comme s'il craignait d'être trahi par celui-ci en le prononçant :
- OUI !
- Tu mens ! Ce que tu viens d'affirmer ne pourra jamais faire l'objet d'une certitude.


En revenant seul, cette nuit-là, après notre long entretien, je savais que j'avais mis à vif une plaie dans l'âme de mon ami. Sous sa philosophie chancelante, j'avais ouvert une faille qui irait s'élargissant au fil des jours et contre laquelle sa logique vacillante ne serait d'aucune utilité.
Je me disais en moi-même : « Qui sait ? Cette peur le sauvera peut-être... » Pour qui se ferme à la Vérité avec obstination, la peur est l'ultime voie d'accès à cette Vérité.
Je savais qu'il n'était pas en mon pouvoir de le mettre sur le Droit Chemin. Dieu a dit à son Prophète :
« Tu ne diriges pas celui que tu aimes,
mais Dieu dirige qui Il veut. » (Coran : 28, 56)

Je lui souhaitais cependant de parvenir à la Vérité, et je priais à cette intention. Il n'y a rien de pire, en effet, que le sort réservé à l'infidèle. Il n'est pas de faute plus grave que le refus de croire.

lundi 9 mai 2016

La meilleur façon de mentionner Allah ta’ala. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Parmi ceux qui mentionnent Allah ta’ala, certains commencent par mentionner Allah avec la
langue, bien que leur cœur soit distrait. Ils ne cessent de Le mentionner jusqu’à ce que le cœur reprenne conscience, et c’est alors que cœur et langue mentionnent Allah en harmonie.
D’autres ne sont pas de cet avis, et se refusent à commencer à mentionner Allah alors que leur cœur est distrait.
 Ils font donc silence jusqu’à ce que leur cœur se concentre.
Ils commencent ensuite à mentionner Allah par le cœur qui lorsque la mention d’Allah prend de l’ampleur en eux, est suivi par la langue, et c’est alors que cœur et langue mentionnent Allah en harmonie.
Pour les premiers, la mention d’Allah se transmet de la langue vers le cœur.
Pour les autres, elle se transmet du cœur vers la langue, sans que jamais le cœur ne s’en départe.
Ils font donc d’abord silence jusqu’à ce que la mention d’Allah apparaisse dans leur cœur, et c’est alors que celui ci se met à mentionner Allah.
La mention du cœur se propage ensuite vers la langue, et ces serviteurs se plongent dans la mention d’Allah jusqu’à ce que tout leur corps y participe.
La meilleure façon de mentionner Allah et la plus bénéfique est celle à laquelle participent
cœur et langue, qui fait partie des formules de rappel enseignées par le Prophète sallallahu
‘alayhi wa sallam et dont le serviteur comprend la signification et la portée.

dimanche 8 mai 2016

L’arbre du culte sincère. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

L’année est un arbre, dont les mois sont les branches, dont les jours sont les rameaux,
dont les heures sont les feuilles, dont les instants sont les fruits.
Ceux qui utilisent ces instants dans l’obéissance à Allah, les fruits de leur arbre seront bons.
Quant à ceux qui les utilisent pour Lui désobéir, les fruits de leur arbre seront amers.
La récolte se fera le jour de la résurrection.
Et c’est à ce moment que l’on distinguera les fruits sucrés des fruits amers.
Le culte sincère et le Tawhîd sont un arbre dans le cœur.
Les œuvres sont leurs branches dont les fruits sont une vie heureuse dans ce bas monde et
des délices éternels dans l’au delà...
Les fruits du paradis n’étant ni périssables ni défendus, il en est de même pour les fruits
du culte sincère et du Tawhîd dans le bas monde.
Le polythéisme, le mensonge et l’ostentation sont un arbre dans le cœur, dont les fruits dans ce bas monde sont la crainte, les soucis, l’angoisse, l’oppression de la poitrine et l’obscurité du cœur.
Quant aux fruits de l’au delà, il s’agit de l’arbre de Zaqqûm et du châtiment perpétuel .
Allah a mentionné ces deux arbres dans la sourate Ibrâhîm.