Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

jeudi 31 mars 2016

Par Sa sagesse, Allah ta’ala a fait de chaque partie du fils d’Adam apparente ou cachée un outil répondant à une fonction. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

 Par Sa sagesse, Allah ta’ala a fait de chaque partie du fils d’Adam apparente ou cachée un outil répondant à une fonction. Et c’est dans cette utilisation que cet outil atteint la perfection : L’œil pour voir, l’oreille pour entendre, le nez pour sentir, la langue pour parler, le sexe pour s’accoupler, la main pour saisir, le pied pour marcher, le cœur pour l’unicité d’Allah et la connaissance, l’âme pour l’amour, la raison pour penser et méditer sur les conséquences des affaires religieuses et terrestres afin de pouvoir choisir ce qui convient d’être choisi et délaisser ce qui convient d’être délaissé. L’homme qui réalise la plus mauvaise affaire est celui qui se préoccupe de sa personne plutôt que d’Allah ta’ala. Et plus perdant encore est celui qui se préoccupe des gens plutôt que de sa personne. Le rôle central du cœur Il est rapporté dans les Sunan, d’après Abû Sa’îd -qu’Allah l’agrée- qui attribue ces propos au prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam : « Au matin, tous les membres du corps de l’être humain se soumettent à la langue en lui disant : Crains Allah ! Car nous dépendons de toi, si tu restes sur la voie droite, nous y serons aussi, et si tu dévies, nous dévierons. » . Dans un autre hadith, il est rapporté que lorsque les compagnons furent introduits auprès du Négus, ils ne ce sont pas soumis à lui. C’est à dire qu’ils ne se sont pas prosternés devant lui. C’est pour cela que ‘Amr ibn al As -qu’Allah l’agrée- lui a dit : « O roi ! Ils ne se soumettent pas à toi. » Les membres se soumettent à la langue car elle est le messager du cœur, son interprète et l’intermédiaire entre lui et les membres.  Hadith hasan, voir Sahih Sunan At Tirmidhî 2407. Lorsque les membres disent : Nous dépendons de toi, cela signifie : Notre salut et notre perte dépendent de toi. C’est pourquoi ils disent ensuite : Si tu reste sur la voie droite, nous y serons aussi, et si tu dévie, nous dévierons. Demander de la meilleure façon En disant : « Craignez Allah et soyez modérés dans la recherche des biens de ce bas monde » 10 , Le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam a réuni les bienfaits de ce monde et de l’au delà. Les plaisirs et les délices de l’au delà ne peuvent être atteints que par la crainte d’Allah. Quant au repos du cœur et du corps, qui passe par le délaissement des soucis, de l’avidité, de la fatigue, de la difficulté, de la peine et de la souffrance dans la recherche des biens de ce bas monde, il ne peut être atteint qu’en étant modéré dans cette recherche. Celui qui craint Allah ta’ala réussira en obtenant les plaisirs et délices de l’au delà, et celui qui modère sa recherche des biens de ce bas monde trouvera le repos face à ses peines et ses soucis. Et c’est auprès d’Allah que nous recherchons l’aide.

dimanche 27 mars 2016

Au moment du sommeil, on se retire de la vie. l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Au moment du sommeil, on se retire de la vie, on oublie, il s’agit de la meilleure leçon pour les gens doués de raison, que l’on oublie toutes ses peines, toutes ses peurs, et toutes ses prétentions au moment du sommeil, car à ce moment, on ne se rappelle plus ni de ses enfants, ni de sa famille, ni de son rang, ni de sa paresse, ni de son pouvoir, ni de sa solitude, ni de sa pauvreté, ni de sa fortune, ni de ses tourments, cela est la meilleure leçon pour les gens doués de raison.

samedi 26 mars 2016

Les bases de toute erreur. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

 
Les bases de toute erreur sont au nombre de trois : L’orgueil qui a conduit Satan à l’état dans lequel il se trouve; L’avidité qui a fait sortir Adam du paradis; La jalousie qui a poussé l’un des fils d’Adam à tuer son frère. Celui qui est préservé de ces trois choses est préservé du mal. La mécréance naît de l’orgueil, les péchés de l’avidité et la transgression et l’injustice de la jalousie.

jeudi 24 mars 2016

L’établissement de la justice est pour l'humanité entière: l’application idéale de la justice à l’époque du Prophète (ﷺ)

 Le récit est signalé dans la Sourate An-Nisâ' (Les Femmes), il a eu lieu du vivant du Prophète (ﷺ), trois ans après son émigration à Médine. 
Mais avant d’aborder le récit et avant de prendre connaissance de l’application idéale de la justice à Médine, il nous faut connaître les conditions dans lesquelles l’émigration du Prophète () s’est déroulée et quelle atmosphère y régnait alors.

Au bout de treize ans passés à la Mecque, le Prophète démenti, et oppressé cherchait en vain une tribu qui le protègerait contre le despotisme, et l’hostilité des siens. 26 tribus refusèrent de l’accueillir, jusqu’au moment où il trouva par pur hasard, six jeunes gens des Ançars qui eurent foi en son message et lui affirmèrent être prêts à lui procurer l’hospitalité, la protection et la sécurité. Cependant, ils appartenaient à la tribu des Aouss qui était en conflit perpétuel avec la tribu des Khazradj, et ce, depuis une quarantaine d’années. Or, si le Prophète () se rendait à Médine dans ces conditions, il risquerait de s’attirer l’hostilité des Khazradj, c’est pourquoi il a patienté jusqu’à l’année suivante. Le nombre est devenu douze, dont neuf des Aouss et trois des Khazradj. L’année d’après, leur nombre a augmenté jusqu’à soixante-douze, ce qui a poussé le Prophète () à se rendre à Médine.

Le Prophète () a fourni des efforts intensifiés dans le dessein de rallier les deux tribus en conflit armé au point qu’il a insisté dans son premier sermon sur la consolidation des relations de parenté. De nombreux versets qui soulèvent la question de la fraternité, lui furent également révélés.

En outre de ces deux tribus, Médine renfermait des polythéistes qui avaient refusé de se convertir à l’Islam ; des hypocrites qui étaient aux aguets pour créer des problèmes aux Musulmans ; en plus de trois tribus Juives qui s’étaient alliées avec les nomades athées. La bataille de la tranchée constitue une preuve de leur trahison ; de même qu’ils ont essayé à deux reprises d’assassiner le Prophète ().

Le bouclier volé :

Les compagnons à Médine vivaient dans la pénurie et la faim, au point qu’ils ont été obligés de serrer des pierres contre leur ventre. Parmi eux, il y avait un compagnon des Aouss récemment converti à l’Islam, nommé Roufa’a Ibn An-Nou’man. Il était en possession d’un bouclier qui lui revenait d’un butin lors d’une des batailles à laquelle il avait participé avec le Prophète (). Ce bouclier qui constituait sa seule fortune au milieu de cette pénurie, fut volé. Bachir, un homme des Khazradj, lui aussi nouvellement converti à l’Islam, fut accusé de ce vol. Mais il se fait que Qatada le cousin de Roufa’a a vu Bachir en flagrant délit et tint le Prophète () au courant. Un profond chagrin s’empara du Prophète parce qu’il pensait que:

- les Juifs et les athées de Médine vont se réjouir car le voleur est un Musulman.

- Le conflit va s’approfondir entre les Aouss et les Khazradj.

- Cet incident va entraver ses efforts, lui qui cherche depuis trois ans à établir la paix entre ces deux tribus.

Entre temps, trois personnes des Khazradj vinrent trouver le Prophète () et lui affirmèrent que le véritable voleur n’est que Zeyd Ibn Samin, un Juif et qu’il a caché le bouclier dans son jardin. 
Le Prophète envoya sur le champ quelques-uns de ses compagnons qui fouillèrent le jardin et ramenèrent le bouclier. Ces trois personnes demandèrent au Prophète () de prendre la défense de Bachir et de l’innocenter en public ; le Prophète () gravit les marches de sa chaire et blâma Qatada pour avoir accusé Bachir sans preuve, au point que ce dernier regretta profondément son acte.

Ainsi, l’incident prit fin et la crise entre les Aouss et les Khazradj fut évitée ; tout le monde accomplit la Salât du Isha’ en groupe.

Mais quelques instants avant le Fadjr, l’Ange Gabriel descendit du ciel et mit le Prophète () au courant de la vérité en dévoilant le véritable voleur qui n’était que Bachir.

Au fait, Bachir a cédé à un moment de faiblesse en volant le bouclier, et décida de le cacher dans le jardin de son voisin le juif, afin de se débarrasser de ce péché, et d’en accuser ce dernier ; puis il a demandé à quatre personnes de sa famille de témoigner en sa faveur auprès du Prophète en leur promettant qu’il ne récidiverait plus. L’un d’eux refusa de faire ce faux témoignage car il pensa que c’était là une trahison au Prophète () ; mais Bachir insista qu’il garde le silence, celui-ci finit par se résigner tout en étant sûr de l’innocence du Juif.

Allah le Juste, observe tout. Il fallait que Gabriel descende du ciel bien avant la Salât Al-Fadjr et avertisse le Prophète. Le fait de retarder le dévoilement de la vérité est une injustice en soi. Peu importait que le Juif soit satisfait de son innocence ; peu importait qu’un problème naisse entre les Aouss et les Khazradj ; l’établissement de la justice est prioritaire.

Le Prophète () gravit les marches de la chaire lors de la Salât Al-Fadjr, innocenta le Juif et dévoila le véritable voleur en récitant les versets de la Sourate An-Nisâ’ les Femmes :

Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens, selon ce qu’Allah t’a appris. Et ne te fais pas l’avocat des traîtres (105).
Et implore d’Allah le pardon car Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux. (106).
Et ne dispute pas en faveur de ceux qui se trahissent eux-mêmes. Allah, vraiment, n’aime pas le traître et le pécheur. (107)
Ils cherchent à se cacher des gens, mais ils ne cherchent pas à se cacher d’Allah. Or, Il est avec eux quand ils tiennent la nuit des paroles qu’Il (Allah) n’agrée pas. Et Allah ne cesse de cerner (par Sa science) ce qu’ils font (108).
Voilà les gens en faveur desquels vous vous disputez dans la vie présente. Mais qui va disputer pour eux devant Allah au Jour de la Résurrection? Ou bien qui sera leur protecteur? (109).
Quiconque agit mal ou fait du tort à lui-même, puis aussitôt implore d’Allah le pardon, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux (110).
Quiconque acquiert un péché, ne l’acquiert que contre lui-même. Et Allah est Omniscient et Sage. (111).
Et quiconque acquiert une faute ou un péché puis en accuse un innocent, se rend coupable alors d’une injustice et d’un péché manifeste. (112)

En entendant ces versets, Qatada et Roufa’a fondirent en larmes en répétant à trois reprises :  
« Allah a révélé la Vérité, le bouclier est à Allah. » et ils l’offrirent en aumône.

L’établissement de la justice :

Les Khazradj n’ont cherché à provoquer aucun problème, du fait que la justice a été rendue en faveur du Juif. Ils se sont rendus à l'évidence que c'est la loi seule qui prédomine et passe avant toute autre considération. Ceci les a bien réconfortés, surtout lorsque le Prophète () a déclaré : « Si Fatimah, la fille de Mohammad a volé, Mohammad n’hésiterait point à lui faire couper la main. » Telle est l’équité de Mohammad !

Quant au juif, il ne s’est pas converti à l’Islam, ceci prouve que le Messager d’Allah () n’a pas établi la Justice dans un objectif déterminé, mais parce que la Justice est un ordre Divin, quel qu’en soient les résultats qui en découleraient.

Bachir de son côté, s’est enfui hors de Médine, trop faible pour assumer la responsabilité de son péché. D’ailleurs, un verset a été révélé à son compte :

« Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! »

Alors que les trois proches de Bachir Al-Khazradji, ils s’étaient repentis de leur péché en implorant le pardon d'Allah.

Aimer les uns les autres: jonathan swiftحبَّ بعضُنا بعض: جوناثان سويفت

« Nous avons tout juste assez de religion pour nous haïr, 
mais pas assez de religion pour nous aimer les uns les autres. »
 jonathan swift
.لدينا من التدين ما يكفي ليُبغِض بعضُنا بعضا،
 وليس لدينا منه ما يكفي ليُحبَّ بعضُنا بعضا.
  جوناثان سويفت
















Ne soit pas triste: Dr Ibrahim El fikiلا تحزن:ابراهم الفقي

لا تحزن:ابراهم الفقي  

Allah ne rassemble pas Ses trésors dans un cœur ou se trouve autre que Lui. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Si délaisser les désirs interdits pour Allah permet d’échapper au châtiment divin et d’accéder
à Sa miséricorde, il reste que les trésors d’Allah, les richesses du bien, le plaisir de Sa
compagnie, le désir ardent de Le rencontrer, la joie et le bonheur de Le mentionner, ne
peuvent être présents dans un cœur ou se trouve autre que Lui, même si ce cœur appartient à un adorateur, ascète et savant. En effet, Allah ta’ala S’est refusé à placer Ses trésors dans un cœur ou se trouve autre que Lui, et dont l’ambition est placée ailleurs qu’en Lui. Allah place Ses trésors dans le cœur de celui qui considère que la pauvreté est richesse avec Allah, que la richesse est pauvreté sans Lui, que l’honneur est humiliation sans Lui, que l’humiliation est honneur avec Lui, que les délices sont un supplice sans Lui, et que les supplices sont un délice avec Lui. Plus généralement, Allah ta’ala place Ses trésors dans le cœur de celui qui ne se voit pas vivre autrement qu’avec Allah et par Lui, et qui voit la mort, la douleur, les soucis, l’angoisse et la tristesse dans le fait de ne pas être proche de Lui. Cette personne se délectera alors dans deux paradis : Un paradis terrestre qui lui est offert à l’avance et un paradis dans l’au delà.

L’intension et la patience. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Le conseil sincère est le pollen de la raison.
Plus le conseil est sincère et plus la raison se renforce et s’illumine.
Le rappel et la méditation se fécondent l’un l’autre.
S’ils se rencontrent, ils engendrent l’ascétisme en ce bas monde et le désir de l’au delà.

mercredi 23 mars 2016

Les esprits soutenus et les esprits abandonnés: "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Les esprits soutenus par l’aide d’Allah considèrent que la révélation faite au prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam est la vérité conforme à la raison et à la sagesse.
Quant aux esprits abandonnés par la grâce divine, ils considèrent que la raison contredit les textes révélés, et que la sagesse s’oppose à la législation.

mardi 22 mars 2016

L’amour d’Allah ta’ala. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Le serviteur ne cesse de se consacrer à Allah, jusqu’à ce que sa volonté et son amour se lie à Son auguste visage. Ce lien consiste à ce que l’amour du serviteur atteigne Allah et se lie à
Lui seul, de telle façon que rien ne les sépare. Il consiste aussi à ce que la connaissance du
serviteur se lie aux noms, attributs et actes d’Allah, sans que la pénombre de la dénégation
(Ta’tîl) ne vienne en éteindre la lumière. De même, la lumière de l’amour d’Allah ne peut être
éteinte par la pénombre du polythéisme. Ce lien consiste aussi à être en relation avec la
mention d’Allah ta’ala de sorte que le voile de l’insouciance et de la distraction entre le
serviteur et le mentionné disparaisse. C’est alors que cette mention se liera à Allah et que les
actes se lieront aux ordres et aux interdits. Le serviteur pratiquera les actes d’obéissance parce qu’il lui a été ordonné de les accomplir mais aussi parce qu’il les aime. Il délaissera aussi les actes prohibés car ils lui ont été interdits mais aussi parce qu’il les déteste.
Voilà donc ce que signifie la mise en relation des actes avec les ordres et les interdits.
Essentiellement, il s’agit de la disparition des causes incitant à agir ou à délaisser, qui sont le
plus souvent des éléments et des intérêts matériels. Il s’agit aussi de lier sa confiance et son
amour à Allah, de manière à avoir une confiance totale en Lui, à éprouver quiétude en Sa
compagnie, à se satisfaire des choix judicieux qu’Il fait pour soi même, sans l’accuser de quoi
que ce soit, dans quelque situation que ce soit. Le serviteur doit aussi lier sa pauvreté et son
indigence à Allah ta’ala et à personne d’autre que Lui. Il doit aussi lier sa peur, son espoir, sa
joie, sa réjouissance et son allégresse à Allah seul. Il ne doit donc craindre personne d’autre
que Lui, ne doit rien espérer de personnes d’autre que Lui, ne doit se réjouir pleinement ni
éprouver de joie complète que pour Lui. S’il éprouve quelque joie et exaltation pour une
créature, il ne s’agit pas de la joie complète, de l’exaltation pleine, de l’allégresse, de la
délectation, de la réjouissance éprouvée pour Allah seul. Pour ce qui est d’autre qu’Allah, si
les sentiments éprouvés pour lui aident à atteindre ce but, on peut s’en réjouir et en éprouver
de la joie. Si en revanche ils mettent un voile entre soi et Allah, la tristesse, l’éloignement
d’Allah, et le trouble du cœur remplaceront la joie et l’allégresse.
Ainsi, aucune joie réelle ni aucune réjouissance véritable ne peuvent être éprouvées si ce n’est pour Allah, ou pour ce qui mène à Lui et suscite Son agrément. Allah ta’ala a d’ailleurs
mentionné le fait qu’Il n’aimait pas ceux qui se réjouissaient des parures de ce bas monde. Il a aussi ordonné de se réjouir de Son bienfait et de Sa miséricorde que sont l’islam, la foi et le coran, comme l’ont expliqué les compagnons et leurs successeurs.
En résumé : quiconque lie les sentiments précités à Allah parviendra à son but.
Dans le cas contraire, il sera coupé d’Allah et lié à ses propres intérêts et à son âme, tout en étant troublé dans sa connaissance, sa volonté et son attitude.

lundi 21 mars 2016

Les méfaits du mensonge. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Prends garde à ne jamais mentir, car le mensonge corrompt la vision que tu as des choses, de
même qu’il corrompt les informations que tu transmets et enseignes aux gens. En effet, le
menteur fait croire à l’existence de l’inexistant et vice versa. Il fait croire que le vrai est faux,
que le faux est vrai, que le bien est mal et que le mal est bien. Le menteur corrompt donc sa
propre vision des choses ainsi que ses connaissances, ce qui est une punition consécutive à ses
mensonges. Non content de cela, le menteur fait s’imaginer des choses à ceux qui en sont
dupes et se laissent impressionner, en corrompant la conception qu’ils ont des choses et leurs
connaissances .L’âme du menteur se détourne de la réalité existante pour tendre vers le néant,
préférant le faux. Si sa capacité à concevoir les choses et ses connaissances qui sont le
fondement de tout acte volontaire se corrompent, ses actes seront tout aussi corrompus, et le
mensonge se transmettra à ses œuvres et se manifestera par leur biais, de la même façon qu’il
se manifeste par la langue. Le menteur ne tire donc profit ni de sa langue ni de ses actes.
C’est pour cette raison que le mensonge est le fondement de la perversion comme l’a dit le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam : « Le mensonge mène à la perversion, et la perversion mène à l’enfer. »
 La première chose à laquelle se transmet le mensonge est la langue qu’il corrompt.
Puis le mensonge se transmet aux membres et corrompt leurs actes comme il a corrompu les propos de la langue. Le mensonge se diffuse ainsi de manière globale dans les propos, les actes et les attitudes.
La corruption s’enracine alors, menant le menteur à sa perdition, à moins qu’Allah ta’ala ne le sauve par le remède de la véracité qui éradiquera ce mal à la racine.
C’est pour cela que le fondement de tous les actes du cœur est la véracité.
Quant à leurs opposés que sont l’ostentation, la prétention, l’arrogance, la fierté, la gloriole, la vanité,
l’orgueil, l’impuissance, la paresse, la lâcheté, la bassesse et autres vils caractères, ils sont tous issus du mensonge. Ainsi, tout acte de bien qu’il soit apparent ou caché est motivé par la véracité.
Parallèlement, toute mauvaise action qu’elle soit apparente ou cachée est motivée par le mensonge.
Allah ta’ala punit le menteur en l’empêchant de parvenir à protéger ses intérêts et d’atteindre
ce qui lui est bénéfique. Il récompense les véridiques en les aidant à réaliser leurs intérêts dans
ce bas monde et dans l’au delà. Les intérêts de la vie d’ici bas et de l’au delà ne se réalisent
jamais aussi bien que par la véracité. Quant aux dégâts et dommages des deux mondes, ils ne
se produisent jamais mieux que par le biais du mensonge. Allah ta’ala dit :
« O vous les croyants ! Craigniez Allah et soyez avec les véridiques »
(Sourate At Tawbah verset 119)
« Allah dira : Voilà le jour ou leur véracité va profiter aux véridiques »
(Sourate Al Mâ’idah verset 119)
« Puis, quand l’affaire fut décidée, il aurait mieux valu pour eux
de se montrer véridiques vis à vis d’Allah »
(Sourate Muhammad verset 21)
« Et parmi les bédouins, certains sont venus demander d’être dispensés (du combat). Et ceux qui ont menti à Allah et à Son messager sont restés chez eux. Un châtiment douloureux affligera les mécréants parmi eux. » (Sourate At Tawbah verset 216)

dimanche 20 mars 2016

Sagesses Ibn âta-Allah Al askandari:le fruit حكم ابن عطاء الله الأسكندري:الثمر


Ne considère pas comme valable une inspiration dont tu ignores le fruit ; 
ce que l'on désire du nuage, ce n'est pas la pluie, 
mais seulement les fruits qui résulteront de celle-ci.
لا تزكين واردا لا تعلم ثمرته؛
 ,فليس المراد من السحابة الإمطار
 .وإنما المراد منها: وجود الإثمار

Les ruses du diable [Shaytân] envers les fils de Adam Par l’Imâm Ibn Al-Qayyîm Jawziyya


En vérité, il n'est pas possible pour nous les hommes de discerner, 
encadrer, ou limiter les différentes catégories du mal que le diable peut 
mettre en oeuvre alors qu'en sera-t-il pour un nombre limité; défini.
En effet, le diable est la cause de tout le mal dans le monde, mais après 

une bonne recherche on peut constater et dire que son mal est 
centralisé dans six catégories. 
Il ne cesse d'entraîner l'homme jusqu'à ce 
qu'il le pousse dans un des pièges.

1er Piège :
La mécréance, l'infidélité, l'association et prendre Allâh et Son
Messager Mohammad pour ennemi En premier lieu, si le diable 

réussit à piéger l'homme dans ce péché blâmable il se tranquillise
et se calme à ce moment et cesse de fournir tout effort de détournement.
Si le diable réussit ceci, il fait de cette personne piégée un soldat dans son 

armée et un adjoint pour être responsable sur ses semblables, 
alors cette personne devient une publicité pour Iblis (le diable).
Mais si cette personne est destinée à choisir l'Islam elle évitera le piège.
Dans le cas où le diable n'a pas réussi son coup, il persiste et ne 

désespère  pas, il essaye d'entraîner cette personne vers le second piège.

2ème Piège : L'innovation [Al-Bid‘â]
La Bid‘â est préférable au diable que la perversité et le reste des 

actes de désobéissance, car le mal qu'elle peut engendrer risque 
de modifier la bonne ligne de la religion.
Le mal de la Bid‘â est un mal à double effet, l'innovateur 

se charge de péchés et en même temps il modifie la religion.
La Bid‘â est un péché énorme; le repentir de cet innovateur 

ne pourra être accepté que quand celui-ci délaissera cette innovation. 
C'est le 1er piège à poser. Avant même qu'elle ne soit créée.
Le diable réussit à mêler, piéger la personne en question dans 
la Bid‘â (l'innovation), à ce moment fait de lui un « Moubtadi‘ » 
adjoint du diable qui fait la propagande de la Bid‘â, appelle aux 
chemins rivaux à la ligne du Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam-. 
Si cet homme est bien lié à la Sunna et déteste la Bid‘â, 
le diable à ce moment-là, tente de le pousser dans le 3ème piège.

3ème Piège : Pousser l'homme dans les grands péchés.
A ce stade, le diable essaie à tout prix d'entraîner le musulman 

à commettre les grands péchés surtout si celui qu'on veut 
piéger est une personne de savoir .
Le diable essaie de le piéger pour l'utiliser comme moyen 

pour écarter les fidèles de la pratique de la religion, il est bien 
évident qu'un peuple pourrait être détourné facilement
quand elle perd l'homme exemple, modèle à suivre.
Le diable trouve une personne naïve pour cette mission, 

faisant croire à celui-ci que propager le défaut de cette personne 
fait parti de la pratique de la religion alors que ce naïf ne se rend
pas compte qu'il travaille pour le compte du diable.
Allâh -Ta‘âlâ- dit : « Ceux qui aiment que la turpitude se propage 

parmi les croyants auront un châtiment douloureux ici-bas 
comme dans l'au-delà. » (Sourate 24, verset 19).
Cette punition mentionnée dans le verset précédent 
« châtiment douloureux » atteint ceux qui souhaitent 
propager les défauts de leurs frères au lieu de les conseiller, 
qu'en pensez-vous alors de ceux qui arrivent au stade de 
diffuser les défauts de quelqu'un au sein de la communauté.
Les péchés commis par cette personne en question font parti 

des péchés entre Allâh et les hommes, ceux-ci peuvent être 
pardonnés si le pécheur se repent, regrette sa faute, demande le
pardon alors que le naïf "haut parleur" a fait une injustice envers 

cette personne en question "chercher à dévoiler les défauts de 
quelqu'un" ce genre de péchés font parti des péchés entre
hommes, ne profitent du pardon que par un arrangement entre 

deux (oppresseur et opprimé) dans ce monde ; et si ce n'est pas 
le cas, par règlement des comptes le jour du jugement dernier.
Par ce moyen le diable entraîne cette personne "haut parleur" 

à dévoiler, scandaliser toucher à la dignité de son frère, mais 
ne sait-il pas que rien n'échappe à la connaissance de Allâh ?
Allâh sait tout, même ce qu'on dit à soi-même quand on est seul. 

 Normalement un musulman doit conseiller son frère 
musulman au lieu de propager ses défauts.
Si le diable ne réussit pas ce piège-ci il essaie le suivant.

-4ème Piège : Les petits péchés
Les petits péchés peuvent causer la perte d'une personne s'ils s'accumulent. 

Le Prophète -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- dit : 
« Méfiez-vous des petits péchés ».
Il -sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- dit un hadith dont le sens 

est l'exemple d'un groupe de voyageurs chacun a ramené un 
bout de bois, ils ont réussi à préparer de quoi manger. 
Le diable entraîne donc cet homme vers l'accumulation des petits péchés.
Il ne cesse de le faire croire que les petits péchés ne sont pas 

graves de sorte que la personne qui commet les grands péchés 
déçue de ceux-ci se trouve dans un stade meilleur que ce "petit pécheur".
Car on voit bien que celui qui vit déçu de ces péchés (grands péchés) 

les reconnaît comme tels, finit un jour par les désavouer et se 
repent finalement, or celui qui y néglige ne se repent
presque jamais. Dans le cas où le diable échoue à ce stade, 

il essaie d'entraîner le serviteur vigilant vers le 5ème piège.

5ème Piège : Le permis [Al-moubah]
Ce sont les actes qui ne rapportent ni récompenses ni péchés. 

Ici le diable essaie de dévier le serviteur de certains actes 
bénéfiques pour lui au Jour de la Résurrection. 
Il peut utiliser divers moyens pour l'empêcher de réaliser 
le but pour lequel cet adorateur a été créé.
Si cette personne réussit à bien gérer son temps de manière 

qu'elle ne perd pas les minutes de sa vie, elle oeuvre en 
permanence bénéfiquement pour elle (pour son au-delà). 
Le diable cette fois-ci utilise le 6ème piège.

6ème Piège : C'est d'occuper le serviteur dans des oeuvres 
moins avantageuses que d'autres.
Le diable ne désespère pas de dévier ce serviteur même après 
avoir échoué dans les premiers pièges. 
En effet il va user ses ruses pour orienter cet adorateur vers 
des actes qui même bons ne rapportent pas à son auteur autant 
de récompenses et de mérites que d'autres.
Il enjolive ces actes de moins grandes valeurs de manières à 
ce que le fidèle passe à côté et rares sont ceux qui arrivent à déceler, 
percevoir que le manipulateur de ce détournement est le diable. 
L'homme ne voit dans ses actions que du bien et il sait que 
le diable ne pousse qu'à faire le mal. 
Il est donc persuadé que son acte a été guidé par Allâh.
Dans ce cas le serviteur est excusé car son savoir est limité, et il ne 
peut distinguer la stratégie du diable qui inspire soixante dix bonnes 
oeuvres pour l'entraîner dans une seule  oeuvre mauvaise ou bien 
pour l'écarter d'une oeuvre meilleure que ces soixante dix. 
L'homme ne peut atteindre ce niveau de clairvoyance que par 
une lumière de guidée que Allâh met dans le coeur de ce dernier.
Ces occupations sont en générale celles qui ramènent moins 
de récompenses que d'autres .
La cause de cette guidée divine étant le suivi du Prophète 
-sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam- et l'attachement à ses traditions 
(Sunna) qui amènent le serviteur à connaître et cibler les oeuvres
les plus méritoires pour les hommes et les plus agréées par Allâh.
Ne connaissent vraiment ce stade de guidée que les hommes 
qui sont les héritiers de la science donnée au Prophète 
-sallâ l-Lahû ‘aleyhi wa sallam-, ceux qui le prennent pour
exemple, et modèle à suivre, alors que la plupart des hommes 
vivent dans l'indifférence vis-àvis de ceci. 
Allâh fait grâce à celui qu'Il veut parmi Ses serviteurs.

La connaissance d’Allah ta’ala. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

La connaissance d’Allah ta’ala est de deux sortes :
La première : C’est celle qui consiste à attester de Son unicité. Elle est commune à tous les
musulmans, qu’ils soient pieux, pervers, obéissants, désobéissant.
La seconde : C’est celle qui implique d’avoir de la pudeur et de l’amour pour Lui. Celle qui
fait que le cœur s’attache à Lui et désire ardemment Le rencontrer. Celle qui pousse le
serviteur à Le craindre, à revenir vers Lui, à se contenter de Sa compagnie et à fuir les
créatures pour se réfugier auprès de Lui. Voilà la connaissance particulière dont parlent les
sages, et au sujet de laquelle ils occupent des degrés dont le nombre exact n’est connu que de Celui qui S’est fait connaître d’eux et a dévoilé à leurs cœurs une connaissance qu’Il a
dissimulés aux autres. Et les sages qui ont parlé de cette connaissance l’ont fait en fonction de leur degrés et de ce qu’Allah ta’ala a bien voulu leur dévoiler.
L’homme qui connait le mieux Allah à savoir le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam a dit :
« Je ne peux dénombrer les éloges qui te conviennent car Tu corresponds aux éloges que
Tu T’es faites à Toi même. », et il nous a aussi informé que le jour dernier, Allah lui
permettra de Lui faire des éloges telles qu’il ne saurait les reproduire dans ce bas monde.
Cette connaissance particulière s’acquiert par deux moyens aisément accessibles :
Premièrement : Réfléchir et méditer sur tous les versets du Coran, et comprendre de manière toute particulière ce qu’Allah et Son messager ont voulu dire.
Deuxièmement : Méditer sur les signes visibles d’Allah ta’ala, et méditer sur Sa sagesse les
concernant, Sa puissance, Sa délicatesse, Sa bienfaisance, Sa justice et Sa manière d’établir l’équité parmi Ses créatures. Tout cela s’acquiert par la compréhension du sens des Noms parfaits d’Allah, leur magnificence, leur perfection, Son unicité à leur sujet, et la relation qui les lient à la création et au décret divin. Le serviteur doit donc comprendre les ordres et les interdits d’Allah, comprendre Son décret et Sa prédestination, comprendre Ses noms et
attributs, comprendre Son décret et Sa prédestination, comprendre Ses noms et attributs,
comprendre Ses décrets religieux et légaux, mais aussi comprendre Ses décrets universels et prédestinés. « Telle est la grâce d’Allah qu’Il donne à qui Il veut . Et Allah détient l’immense grâce. » (Sourate al Jumu’ah verset 4).
La meilleure et la pire des acquisitions
L’argent est de quatre types :
L’argent acquis dans l’obéissance à Allah et dépensé en respectant le droit D’Allah.
Voila le meilleur des biens.
L’argent acquis dans la désobéissance à Allah et dépensé dans la désobéissance à
Allah. Voila le pire des biens.
L’argent acquis en ayant causé préjudice à un musulman et dépensé dans le même
but. C’est là aussi le pire des biens. Rapporté par Muslim.
L’argent acquis licitement et dépensé pour assouvir un désir licite.
Cet argent n’apporte rien, ni ne cause préjudice.
Voilà les différents types de biens pécuniaires que l’on peut se procurer. D’autres type en
découlent comme l’argent acquis licitement mais dépensé dans l’illicite, ou l’argent acquis
illicitement mais dépensé dans le bien. Cette dépense sera considérée comme une expiation. Il y a aussi l’argent acquis de manière douteuse, et dont l’expiation consiste à le dépenser dans une œuvre pieuse. La récompense, le châtiment, les éloges et les critiques s’appliquant à la dépense des biens, ils s’appliquent aussi à la manière de se les procurer. Et le serviteur sera aussi questionné sur l’origine et la destination de son argent : Comment se l’est il procuré ? Et dans quoi il l'a dépensé ?

samedi 19 mars 2016

La plupart des gens sont hypocrites. "Thérapie de l’âme par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi"

La plupart des gens sont hypocrites.
Le plus surprenant est qu’ils n’approuvent pas l’hypocrisie. 
Si quelqu’un disait : « La particularité des tempéraments est que les opposés se rencontrent », on ne serait pas loin de la vérité. Ainsi on constate que les conséquences des opposés sont souvent égales. Ainsi l’on pleure de joie et de tristesse, et l’on guette les erreurs de l’autre par amour ou par mépris.
Cela peut être une cause de rupture en l’absence de patience et d’équité. 
Tout individu qui se laisse dominer par son tempérament risque d’en périr, même s’il fait preuve d’une extrême fermeté et de prudence.
L’exagération du doute incite à mentir souvent dans le but de s’excuser. 
Le mensonge en devient une simple affaire. 
Le visage de l’Homme honnête le trahit quand il est contraint ou sur le point de mentir. 
Et la langue du menteur le trait vu son trouble et la contradiction de ses dires.
La trahison d’un ami est plus grave que sa perte. 
Quelqu’un pour qui les insultes constituent une simple affaire, 
raisonne pareillement pour les mauvais actes.

Liberté contre sécuritéa. Benjamin Franklin الحرية لأجل الأمن: بنيامين فرانكلين

Celui qui est prêt a sacrifier un peu de liberté 
contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une, 
ni l'autre, et finit par perdre les deux.
Benjamin Franklin
الذي يتخلى عن شيء من حريته 
لأجل تحقيق شيء من الأمن
 فهو لا يستحق حرية و لا يستحق أمنا
 وينتهي بفقد كليهما.
 بنيامين فرانكلين

jeudi 17 mars 2016

Sagesses Ibn âta-Allah Al askandari:N'expose pas à autre que Lui un besoinحكم ابن عطاء الله الأسكندري:لا ترفعنَّ إلى غيره حاجة

N'expose pas à autre que Lui un besoin qu'Il t'a envoyé. 
Comment un autre que Lui pourrait-il enlever ce que Lui t'a imposé ? 
Celui qui ne peut se délivrer lui-même (d'un tourment), 
comment pourrait-il en soulager autrui ?"
لا ترفعنَّ إلى غيره حاجة هو موردها عليك؛ 
فكيف يرفع غيره ما كان هو له واضعا؟! 
 من لا يستطيع أن يرفع حاجة عن نفسه،
 فكيف يستطيع أن يكون لها عن غيره رافعا؟

La meilleure fin. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Celui en qui on a créé une force et une disposition à accomplir une chose trouvera son plaisir dans l’utilisation de cette force. 
Ainsi celui en qui on a créé une force et une disposition à l’acte sexuel, trouvera son plaisir en l’utilisation de sa force en cela. 
Celui en qui on a créé la force de la colère et de la fougue trouvera son plaisir dans l’utilisation de sa force colérique en ce qui s’y rapporte. 
Celui en qui on a créé la force du manger et du boire trouvera son plaisir dans l’utilisation de sa force en cela. 
Celui en qui on a créé la force de la science et de la connaissance trouvera son plaisir dans l’utilisation de sa force dans la science.
 Celui en qui on a créé la force de l’amour d’Allah , du retour vers Lui , de l’attachement du cœur vis à vis de Lui , du désir de Le rencontrer , de la recherche de Sa compagnie trouvera son plaisir et son bien être dans l’utilisation de sa force en cela . 
Tous les plaisirs à l’exception de ce dernier sont insignifiants et voués à disparaitre, et la meilleure fin qu’on puisse en attendre est qu’ils ne soient ni un avantage ni un désavantage pour l’homme. 
Leçons et sagesses: Tu as éduqué ton chien qui délaisse son désir de dévorer ce qu’il a chassé, ceci par respect pour tes bienfaits et par peur de ton autorité. 
Et combien de fois, le législateur t’a éduqué, et toi tu t’obstines à refuser.

mercredi 16 mars 2016

Les hommes se trompent en ce qu'ils pensent être libres. "CITATIONS ET PROVERBES"

" Les hommes se trompent en ce qu'ils pensent être libres 
et cette opinion consiste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions,
 et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés."
(Baruch Spinoza)

Les épreuves. Khalil Gibran

« Les épreuves m’ont rendu clairvoyant, les larmes ont poli ma vision et la tristesse m’a appris le langage des cœurs. »« Les malheurs que tu subis sont la force qui illumine le cœur et qui élève l’âme depuis les bas-fonds de la dérision jusqu’au haut de l’échelle de la considération. »K. Gibran 

Œuvrer avant qu’il ne soit trop tard. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Lorsque les gens voient les demeures de leurs biens aimés partir en ruine, ils invoquent la miséricorde d’Allah à leur égard. De la même manière, lorsque le serviteur aimant Allah est enterré et que son corps se décompose par l’effet du temps, son Seigneur est alors reconnaissant pour l’obéissance et l’affection qu’il Lui vouait sur terre, et la miséricorde d’Allah ne cessera de se renouveler pour celui qui habitait ce corps aujourd’hui décomposé. L’état le plus honorable face à Allah ta’ala Celui qui perd sa proximité avec Allah ta’ala en public pour la retrouver dans la solitude, est un homme sincère mais faible. Celui qui la trouve en public et la perd dans la solitude a le cœur malade. Celui qui perd en public et dans la solitude a le cœur mort, privé de la miséricorde d’Allah. Et quant à celui qui la trouve en public et dans la solitude, c’est un homme qui aime vraiment Allah ta’ala d’un amour sincère et fort. Celui dont la proximité avec Allah vient dans la solitude ne l’augmentera que de cette manière. Celui qui trouve la proximité d’Allah parmi les hommes, en les aidant et en les conseillant ne l’augmentera que de cette manière. Celui dont la proximité avec Allah vient dans le fait de se conformer à ce qu’Allah lui demande ou qu’il soit et quelle que soit la situation, l’augmentera plus encore que ce soit en public ou dans la solitude. L’état le plus honorable est donc de ne choisir pour ta propre personne que la situation qu’Allah a choisie pour toi et dans laquelle Il t’a mis. Reste du côté de ce qu’Il attend de toi et non de ce que toi tu t’attends de Lui. Qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur ? Une des choses les plus étonnantes est : Que tu Le connais sans pour autant L’aimer. Que tu entends l’appel de Son Messager et que tu tarde à lui répondre. Que tu connais la valeur du gain en commerçant avec Lui puis que tu commerce avec autre que Lui. Que tu connais le degré de Sa colère puis que tu t’y expose. Que tu goûte à Son éloignement lorsque tu Lui désobéis sans chercher Sa compagnie en Lui obéissant. Que tu goûte à l’oppression du cœur lorsque tu mentionne autre que Ses paroles et parles d’autre que Lui, sans chercher à épanouir ta poitrine en L’évoquant et en  t’adressant à Lui. Que tu goûte au supplice lorsque le cœur s’attache à autre que Lui sans fuir vers le bienfait du retour et du repentir vers Lui ! Mais le plus étonnant de tout cela est que tu sais ne pas pouvoir te passer de Lui, et tu sais être la créature qui a le plus besoin de Lui, mais tu te détourne de Lui et aspire à atteindre ce qui pourtant t’éloignera de Lui.

lundi 14 mars 2016

Hikams-Sagesses Ibn âta-Allah Al askandari: Situation حكم ابن عطاء الله الأسكندري: حالة

Ne demande pas à Dieu qu'Il te sorte d'une situation 
pour t'employer dans une autre ! 
S'Il le voulait, Il t'y aurait employé sans 
te faire quitter la première.
لا تطلب منه أن يخرجك من حالة  ليستعملك فيما سواها؛ 
.فلو أرادك لاستعملك من غير إخراج

Dr ibrahim elfiki : Les soucisد.إبراهيم الفقى : المشاكل

Parfois on essaye d'ouvrir la porte ...mais on échoue
alors on le pousse avec force ....on se fait mal au point d'en souffrir
puis on découvre que la porte s'ouvre dans l'autre sens ....alors on rigole
Et c'est ainsi que se comportent les soucis de ce bas monde ,

ils se règlent par la sagesse et non pas par la force. Dr ibrahim elfiki
احيانا نحاول فتح الباب ... فنفشل
فندفعه بقوة ... فنتألم
ثم نكتشف انه يُفتح في الإتجاه الآخر ... فنضحك
.كذلك هي المشاكل تُحل بالعقل لا بالقوة
د.إبراهيم الفقى

Du doute à la foi - 1. L’itinéraire spirituel d’un musulman contemporain. Moustafa Mahmoud

Tel le pèlerin de la vérité qui, au terme de multiples tâtonnements, est finalement parvenu au havre de paix auquel il aspirait de tout son être, Moustafa Mahmoud feuillette ici, sous nos yeux, le livre de son passé. Page après page, chapitre après chapitre, nous apparaissent moments de doute et espaces de lumière, écueils et points de repère. Peu à peu, sous la lumière crue de la certitude enfin perçue, les embûches du chemin prennent tout leur relief, là même où les pas du chercheur s’étaient auparavant fourvoyés.
Tel l’aveugle qui recouvre la vue, l’auteur du présent ouvrage ne peut s’empêcher de témoigner. Comment se taire en effet quand on a connu l’amertume du doute et des ténèbres et que l’on sait à quel prix il en coûte de trouver l’issue ?
C’est précisément le caractère biographique de ces pages qui, à notre avis, les exempte d’un ton pédant ou doctrinal qui aurait pu rendre pénible leur lecture. Leur style même n’a rien de recherché. Les phrases se succèdent, entrecoupées de nombreux silences, parfois inachevées, ne servant que de support à une méditation qui se poursuit. Constamment, nous y sentons un auteur qui réagit avec toutes les fibres de sa personne et qui n’a de cesse de partager son expérience, son inlassable quête de la vérité.
La réalité spirituelle de l’homme, empreinte de la marque divine, est le message premier et fondamental adressé par le Créateur à l’espèce humaine. Tous les autres messages en sont de simples rappels. D’où cette affirmation on ne peut plus explicite : « L’homme doté d’une saine raison n’a pas besoin de lire le Livre saint pour découvrir qu’il a un esprit, qu’une vie l’attend après la mort et qu’il y aura une reddition des comptes. Car la nature innée et saine éclaire, pour celui qui la possède, le chemin vers la vérité. »
C’est pourquoi les moments de silence, d’introspection et de recueillement prennent chez Moustafa Mahmoud une telle importance. Il ira même jusqu’à affirmer : « L’homme naît seul et meurt seul ; il parvient seul au vrai. »
« Nature innée » : cette expression (il s’agit en fait d’un seul terme – fitra – dans le Coran) est fréquente sous la plume de l’auteur. Elle signifie la nature telle que Dieu l’a créée, non altérée et ne connaissant pas le mal. Tel qu’issu de la création divine, l’homme est comme greffé naturellement sur le bien et le vrai ; il est apte à une « spontanéité de connaissance », échappant à l’illusion et à l’erreur, à condition que son intelligence ne soit pas souillée par les circonlocutions de la logique et les distorsions de la raison, mais qu’elle fasse place à la "clair-voyance" (al-basîra, que nous traduisons avec emploi du tiret pour souligner le sens étymologique cher à l’auteur).
La démarche de Moustafa Mahmoud est à la fois celle d’un scientifique (qui relativise la portée philosophique de la science) et d’un mystique (qui ne se veut tributaire d’aucune "école"). Sans doute serait-il plus exact de parler ici d’un humanisme éclairé, dont la portée universaliste n’échappera pas au lecteur. 
Source: http://tarjama.over-blog.com/

Le chemin du succès. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Quiconque cherche à cheminer vers Allah ta’ala et la vie dernière, ou même vers une quelconque science, compétence, ou responsabilité, et désire devenir une référence en la matière de sorte qu’on le prenne comme modèle, a besoin de s’armer de courage et de témérité.
Il doit maîtriser son imagination et ne pas subir l’autorité de ses illusions. 
Il doit faire fi de toute autre chose que son objectif. Il doit ardemment désirer le but de sa quête, connaître le chemin l’y menant et les voies qui l’en éloignent.
Il doit être ambitieux et imperturbable.
Aucune critique, aucun blâme ne doit le distraire de sa quête.
Il doit être silencieux, réfléchi, et ne doit pas être influencé par le plaisir que
procurent les éloges, ni par la douleur que causent les critiques.
Il doit mettre en œuvre tout ce dont il a besoin pour mener sa mission à bien.
Les obstacles ne le font pas trembler.
La patience est son slogan et la fatigue son repos.
Il doit aimer les nobles caractères et ménager son temps.
Il ne fréquente les gens qu’avec précaution, comme l’oiseau qui picorerait des graines
au milieu de la foule. Il doit être animé par le désir et la crainte, en espérant récolter
les fruits de son succès qui le distinguerait des êtres de son espèce.
Aucun de ses cinq sens ne doit être utilisé à mauvaise scient, et ses pensées ne doivent
pas se perdre dans la contemplation des catégories de créatures.
Tout cela repose sur le fait de renoncer aux habitudes et de casser les chaînes empêchant
d’atteindre le but escompté.
Chez le commun des hommes, se comporter avec bienséance malgré le voile séparant
d’Allah est préférable au fait de délaisser la bienséance bien que le voile soit levé.


dimanche 13 mars 2016

Pensées profondes. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"


Celui qui connait sa personne s’attachera à la rectifier plutôt que de s’intéresser
aux défauts des gens. Et celui qui connaît son Seigneur, sera préoccupé par
Lui plutôt que par ses passions.
La plus profitable des œuvres est celle pour laquelle tu fais Fi des gens en étant sincère envers Allah, et pour laquelle tu fais Fi de ta propre personne
en reconnaissant qu’il s’agit d’un bienfait d’Allah.
Ainsi, tu ne dois voir dans l’œuvre accomplie
ni ta personne ni les créatures.
Les gens entrent en enfer par trois portes : La porte des ambigüités qui fait
 naître le doute concernant la religion d’Allah.
La porte des désirs qui donne prééminence aux passions sur l’obéissance
et la satisfaction d’Allah.
La porte de la colère qui pousse à maltraiter les créatures d’Allah.

samedi 12 mars 2016

Citations de Jalāl ad-Dīn Rūmī:La lune éclairanteمقولات لجلال الدين الرومي:القمر المضيئ

La lune est toujours éclairante ..  
Tant qu'elle n'échappe pas de l'obscurité de la nuit.
ـ يبقى القمر مضيئا.. 
حين ﻻ يهرب من ظلمة الليل.

La demeure spirituelle de l’observation par Ibn Al-Qayyîm Jawziyyah dans "Sentier des itinérants"


La demeure de l’observation est l’une des demeures qui relèvent de la parole divine : " C’est Toi que nous adorons et c’est à Toi que nous demandons aide."

Allah le Très-Haut- a dit :

  •  Sachez qu’Allah sait ce qui est au fond de vos âmes. Prenez donc garde à Lui. 
  •  Et observe toute chose
  •  Il est avec vous où que vous soyez.
  •  ne sait-il pas qu’Allah voit ?  
  •  Tu évolues sous nos yeux.  
  •  Il connaît la trahison des regards et ce que recèlent les poitrines.
Dans le hadith appelé « Hadith de Jibrîl » il est rapporté qu’il a interrogé le Prophète sur la perfection -ihsân- et qu’il lui a répondu : « C’est que tu adores Allah comme si tu Le voyais. Et si tu ne Le vois pas, Lui, Il te voit. » [1]

L’observation consiste en ce que le serviteur sache en permanence et avec certitude qu’Allah voit son extérieur et son intérieur. Avoir en permanence cette connaissance et cette certitude relève de l’observation -murâqaba-. Celle-ci est le fruit de la conscience du serviteur qu’Allah le surveille, le regarde, entend ce qu’il dit et est au courant de tout acte qu’il fait à n’importe quel moment et de la rapidité de son accomplissement. Et celui qui est indifférent à cette réalité est loin d’atteindre l’état spirituel des débutants, loin encore de celui des novices -murîd- et encore plus de celui des gens de la gnose.


La réalité de l’observation-arridâ

L’observation consiste à surveiller en permanence le but visé. Elle comporte trois degrés :

  • Premier degré :
C’est le sentiment d’être sous l’observation permanente d’Allah dans le cheminement vers Lui et la surveillance de ses propres actes selon une juste mesure entre une vénération saisissante, une proximité motivante et une euphorie vivifiante.

Surveiller en permanence le but visé signifie viser ce but en ayant le cœur continuellement présent.

La vénération saisissante consiste en ce que le cœur [de l’itinérant] s’emplisse de la grandeur d’Allah, de sorte à le porter à un état d’extase tel qu’il ne se permet plus de vénérer quelqu’un d’autre ou de se tourner vers lui. Ainsi il n’oublie pas cette vénération lorsque son cœur fait acte de présence devant Allah. Bien plus, il veillera à la maintenir en permanence dans son cœur, car être présent auprès d’Allah procure réconfort et amour. Or si l’itinérant ne joint pas à ces deux sentiments la vénération, il sort des limites de la servitude et tombe dans la lâcheté. Tout amour auquel le serviteur ne joint pas la vénération du Bien-Aimé devient une cause de son éloignement de Lui.

On déduit de ce qui vient d’être dit cinq vertus : le cheminement vers Allah, la persévérance dans ce cheminement, la présence du cœur avec Allah, la vénération et enfin l’inspiration par celle-ci d’une extase qui fait oublier à l’itinérant tout ce qui est autre qu’Allah.

La proximité motivante consiste en ce que l’itinérant cherche à se rapprocher d’Allah d’une manière qui le pousse à acquérir ces cinq vertus. En effet, ce rapprochement le pousse à cette vénération qui lui fait oublier sa propre personne et qui lui fait oublier tout ce qui est autre qu’Allah. Plus il se rapproche du Réel — exalté soit-Il —, plus il Le vénère et plus il oublie et s’éloigne des créatures.

Quant à l’euphorie vivifiante, c’est une joie mêlée à la vénération et à un plaisir inspiré par la proximité. En effet, la joie du cœur, son contentement, sa satisfaction d’être avec Allah, n’ont pas d’équivalent en ce monde. C’est un des états des gens du Paradis. Et nul doute que cette euphorie stimule le serviteur et le pousse à continuer son chemin vers Allah et à déployer ses efforts pour obtenir Son agrément.

Le Prophète a parlé de la gustation -dhawq-, de la saveur de la foi et de la possibilité de trouver -wajada- sa douceur. Ainsi il a parlé de gustation et de wajd (Trouvation). Il a dit : « A d’ores et déjà goûté la saveur de la foi celui qui a agréé Allah pour Seigneur, l’Islam pour religion et Muhammad pour Envoyé » [2] et il a dit : « Trouve la douceur de la foi celui en qui il y a ces trois qualités. C’est quelqu’un de qui Allah et Son Envoyé sont plus aimés que tout autre, quelqu’un qui, aimant l’homme, ne l’aime que pour Allah, quelqu’un qui détesterait revenir dans la mécréance, après qu’Allah l’en a délivré, autant qu’il détesterait être jeté dans le feu. » [3]

J’ai entendu le shaykh de l’Islam Ibn Taymiyya — qu’Allah sanctifie son âme — dire : « Si tu ne trouves pas dans l’accomplissement de l’œuvre pie une douceur dans ton cœur et une dilatation, alors tu dois le réexaminer car le Seigneur est très reconnaissant. » Il voulait dire par là que l’homme est nécessairement récompensé par Allah pour l’œuvre pie qu’il fait en ce monde, récompense qui se traduit par une douceur qu’il éprouve dans son cœur, une dilatation et une euphorie. S’il ne la trouve pas, c’est que son œuvre est défectueuse.

  • Deuxième degré :
Il consiste à observer le Réel — exalté soit-Il — par le refus de l’opposition en s’abstenant de toute objection et en évitant cette attitude lâche qui est de se tourner encore vers son amour propre et les velléités de son âme pendant son observation d’Allah.

Il s’agit de se soumettre à l’attention d’Allah. C’est l’observation d’un attribut particulier d’Allah qui exige la préservation de son intérieur et de son extérieur de tous les facteurs de corruption. Or la corruption de l’extérieur est due à l’opposition à la Loi religieuse et la corruption de l’intérieur est due à l’ostentation et le fait de viser autre chose qu’Allah.

  • Troisième degré :
C’est [comme le définit le shaykh al-Harawî] l’observation de la « prééternité » -azal- en regardant la source de l’antériorité en vue de rencontrer [sur son chemin] l’étendard de l’unicité -tawhîd-, et l’observation de sa consécration [à Allah] afin de se délivrer du piège de l’observation.

L’observation de la « prééternité » c’est la contemplation -shuhûd- du sens de la « prééternité », à savoir l’éternité sans commencement.

Sa parole : « en regardant la source de l’antériorité » signifie la contemplation de l’antériorité du Réel — exalté soit-Il — par rapport à tout ce qui est autre que Lui, car Il est le Premier que rien ne précède. Lorsque le serviteur regarde la source de cette antériorité, il contemple le sens de la « prééternité » et connaît sa réalité. Cela lui permet de voir l’étendard de l’unicité, ainsi il le met devant ses yeux et se prépare sérieusement pour y accéder. C’est donc une contemplation de la distinction du Réel par Sa « prééternité », qu’Il était quand rien d’autre n’était et que tout ce qui est autre que Lui a vu le jour après son inexistence par un processus du « faire être » -takwîn-. Ainsi lorsque les êtres s’anéantissent de la contemplation [du serviteur], comme lorsqu’ils étaient inexistants dans le passé, en regardant la source de l’antériorité et en réalisant l’extinction -fanâ’- de la contemplation des êtres qui n’étaient pas pour ne contempler que Celui qui ne cesse d’être, c’est qu’il s’est mis dans une position où il peut déjà voir l’étendard de l’unicité.

Sa parole : « L’observation de la consécration [à Allah] pour se délivrer du piège de l’observation » signifie l’extinction de la contemplation de l’observateur par rapport à son âme et ce qui en émane et sa propre extinction par Celui qui l’observe par rapport à son âme et ce qui en émane. S’il continue d’« exister » par la contemplation de son observation [de son âme], c’est qu’il n’est pas encore arrivé à se délivrer du piège de l’observation.

Sache qu’il y a au-dessus de cette vertu un degré plus élevé et plus noble, à savoir l’observation [par le serviteur] des lieux de satisfaction du Seigneur et de Ses courroux en tout mouvement, l’extinction par rapport à ce qui Le courrouce [pour n’avoir dans le cœur] que ce qu’Il aime et le fait de ne se séparer d’une chose que pour Allah, par Lui et en Lui, en s’intégrant au caractère rassembleur de la servitude et en s’éteignant par rapport à ce qu’il veut de son Seigneur, quelle que soit sa valeur, pour ne se consacrer qu’à ce que son Seigneur veut de lui. — Et Allah est plus savant —
_________________________



[1] Hadith rapporté par Muslim — Livre de la foi — et Ahmad dans son musnad (1/208).

[2] Hadith rapporté par Muslim — Livre de la foi —.

[3] Hadith rapporté par an-Nasâ’î — Livre de la foi —. Voir « sahîh sunan an-Nasâ’î » (n° 4651).

Les accès d'Iblis au cœur de l'homme par Abou Hamed Al-Ghazâli


Introduction


Sache que le cœur est la partie la plus noble de l'homme. Il connaît Dieu, oeuvre pour Lui, chemine vers Lui, jouit de Sa proximité et du dévoilement de ce qu'Il a auprès de Lui. Les autres organes et membres sont ses suivants et ses domestiques dont le cœur se sert comme les rois se servent de leurs esclaves.
Celui qui connaît son cœur connaît son Seigneur. Mais la plupart des hommes ignorent leurs cœurs et leurs âmes. Et Dieu s'interpose entre l'individu et son cœur. Cette interposition consiste à le priver de la chance de Le connaître et d'être vigilant en Sa présence. Donc, la connaissance du cœur et de ses qualités constitue le principe de base de la foi et le fondement de la voie des cheminants.

Les accès d'Iblis au cœur de l'homme
Sache qu'au regarde de sa nature originelle, le cœur accepte la guidance et, qu'au regarde de ce qui a été déplacé en lui comme désirs et passions, il est disposé à se détourner de cette bonne voie. Cette lutte en son sein, entre le soldat des anges et celui des démons, est permanente, jusqu'à ce que le cœur s'ouvre à l'un d'eux pour lui permettre de s'y affermir et de s'enraciner. l'accès de l'autre s'effectue par subtilisation, conformément à la parole de Dieu - تعالى - : « Contre le mal du tentateur qui se dérobe furtivement ». [Coran : 114-4].
En effet, lorsque Dieu est invoqué, le tentateur se dérobe et lorsque l'insouciance gagne, il se réjouit. C'est dire que rien n'expulse autant du cœur la cohorte des agents de Chaytân que l'invocation et la mention de Dieu - تعالى -, car ils ne peuvent faire face au Dhikr. Sache également que le cœur s'apparente à un château fort et que Chaytân s'apparente à un ennemi qui veut entrer dans le château fort, s'en emparer et le dévaster. Or, on ne peut protéger le château fort qu'en surveillant ses accès et ses portes. De même, ne peut garder ses portes que celui qui les connaît, et on ne peut repousser le démon qu'en connaissant les accès de ce château fort. Il faut savoir, à ce propos, que les accès et les portes par où le démon se faufile sont les qualités du serviteur qui sont nombreuses. Toutefois nous allons indiquer les portes principales, qui sont des passages que risque d'emprunter la cohorte de Chaytân.
Parmi ces grandes portes, il y a la jalousie et la cupidité. En effet, lorsque le serviteur convoite quelque chose, sa cupidité le rend aveugle et sourd et elle voile la lumière du discernement par laquelle il reconnaît les accès du démon. Il en va de même lorsqu'il est envieux, car le démon y trouve une bonne occasion pour embellire chez l'homme cupide tout ce qui le fait parvenir jusqu'à son plaisir, quand bien même ce serait répréhensible et pervers.
Parmi ses grandes portes, il y a aussi la colère, le désir et l'emportement. En effet, la colère est un monstre pour l'entendement et la raison. or, lorsque les soldats de la raison faiblissent, le démon lance son offensive et se joue de l'homme. On rapporte, à ce propos, que Chaytân dit : Lorsque l'homme est solide, nous le retournons comme les enfants qui retournent la balle. Parmi ses autres portes, il y a l'amour de l'ornement et de l'embellissement de la maison, des vêtements et les meubles. En effet, le démon ne cesse d'inviter l'homme à restaurer sa maison, à décorer ses plafonds et ses murs et à orner de meubles jusqu'à ce qu'il finisse sa vie dans cette besogne.
Parmi ses portes, il y aussi la satiété, car elle renforce le désir et détourne de l'obéissance.
Parmi ses portes, il y a également la convoitise des gens. En effet, celui qui convoite quelque chose chez quelqu'un il ne cesse de le louer exagérément pour ce qu'il n'a pas, de l'amadouer sans lui recommander le bien et lui interdire le mal.
Parmi ses portes, il y aussi l'empressement. Or le Prophète - صلى الله عليه و سلم - a dit : « L'empressement procède du démon et la lenteur procède de Dieu - تعالى - ».
Parmi ses portes, il y a l'amour de l'argent. Lorsque cet amour possède le cœur, il le corromps, l'oblige à recherche l'argent par vous tous les moyens, le propulse dans l'avarice, l'intimide par la pauvreté et l'empêche de s'acquitter des droits exigibles.
Parmi ses portes, il y aussi le fait de pousser les gens du commun à spéculer sur l'Essence de Dieu - تعالى -, sur Ses Attributs et sur des questions inaccessibles à leurs esprits, ce qui les fait douter des principes fondamentaux de la foi.
Parmi ses portes, il y aussi le fait de suspecter les musulmans, car celui qui juge un musulman par mauvaise suspicion le méprise, lâche sa langue contre lui et s'estime meilleur que lui. La suspicion est favorisée par la perversion de celui qui soupçonne, parce que le croyant recherche toujours des excuses pour le croyant et l'hypocrite cherche toujours les défauts.
Il convient donc, pour l'homme, de se prémunir des situations qui favorisent les accusations pour qu'on ne le soupçonne pas.
Voilà quelques indications sur les accès du démon. Le remède contre ces fléaux consiste à boucher ces accès en purifiant le cœur des défauts. Nous aurons l'occasion, inchâ Allah, de revenir plus en détail sur ces défauts.
Une fois que les racines de ces défauts sont extirpées du cœur, il ne reste plus pour Chaytân que des insufflations et des passages instables qu'empêchent la mention de Dieu - تعالى - et l'occupation du cœur par la piété.
Il faut dire que le démon est semblable à un chien affamé qui se rapproche de toi. Si tu n'as pas dans les mains un morceau de viande ou de pain il suffit pour le chasser que tu lui dises: Arrête-toi. Mais si tu as quelque chose dans les mains et qu'il est affamé, il ne s'en ira pas sur le simple ordre que tu lui donnes. Il en va de même du cœur dépourvu de nourriture pour le démon ; celui-ci le quitte dès que tu mentionnes Dieu. Quant au cœur dominé par le désir, le Dhikr ne touche que ses alentours et ne parvient pas jusqu'à son noyau intime où le démon peut s'installer. Si tu veux une confirmation de tout cela, regarde bien ceci dans ta prière : Vois comment le démon parle à ton cœur en cet endroit en évoquant le marché, les affaires et tout ce qui se rapporte à la gestion des affaires du bas monde.
Sache également qu'on a pardonné à l'homme ce qu'il se dit en lui-même ainsi que ce que tu envisages de commettre sans aller jusqu'à l'acte. Or celui qui renonce à cela par crainte de Dieu - تعالى - son renoncement comptera comme une bonne action ; et s'il y renonce du fait d'un obstacle, nous espérons pour lui le pardon, sauf s'il s'agit d'une résolution car la résolution, de commettre un péché constitue elle-même un péché. On en a pour preuve la parole du Prophète - صلى الله عليه و سلم - : « Lorsque deux musulmans s'affrontent l'épée à la main, celui qui est tué, et celui qui a tué, seront en Enfer . On lui a demandé: pourquoi celui qui est tué ? Il a dit : Il tenait à tuer son compagnon ».
Du reste, comment ne pas s'en prendre à la détermination et à la résolution alors que les actes dépendent des intentions ? Est-ce que l'orgueil, la duplicité et la fatuité ne sont que des affects intérieurs ? Si un homme voit sur son lit une étrangère qu'il croit être sa femme, il ne commet pas de péché s'il a des rapports avec elle, mais s'il voit son épouse et croit que c'est une étrangère, il commet un péché s'il a des rapports avec elle. C'est dire que tout cela dépend de la résolution du cœur.