Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

lundi 29 février 2016

Implorations coraniques utiles à la réalisation de la paix intérieure: par Mohammad Moussa ach-Charif

Le livre Misbâh adh-Dhalâm d'Abou 'Abd Allah ibn an No'mân rappelle  multitude d'histoires
vraies qui mettent en exergue l'importance de l'imploration d'Allah.
L'histoire ci-dessous est l'une des histoires consignées dans ce livre:
 Rapporté par al-Bokhârî, chapitre du Djihad
 La référence précédente
 Chams ad-Dîn Mohammad ibn Moussâ ibn an-No'mân , de Marrakech , malikite, mort en 683,
ce livre qui est le sien est un manuscrit comme il est dit dans Al-A 'lâm 71118
« Quand AI-'Azîz Billâh(1) incarcéra ach-Charîf ibn Tabâtibâ(2), ce dernier, une fois la nuit tombée,
vit le Prophète en songe. Le Prophète lui dit dans son rêve :
Al-'Azîz t'a mis en prison?
Il répondit: Oui ô Messager d'Allah!
Le Prophète lui dit : « Que fais-tu donc de ces cinq choses qui sont toujours agrées par Allah
et grâce auxquelles Il te soulagerait de tous tes maux ? »
Il dit : Ô Messager d'Allah! Quelles sont ces choses?
Le Prophète de dire: ce sont Les paroles suivantes d'Allah Exalté soit-Il :
( Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens,
de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : 'Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous
retournerons': Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés. ) (AI-Baqara: 155-157)
( Certes ceux auxquels l'on disait: "Les gens se sont rassemblés contre vous; craignez-les" - cela accrut leur foi - et ils dirent: "Allah nous suffit; Il est notre  meilleur garant' '. ) (ÂI 'Imrân : 173)
( Et Job, quand il implora son Seigneur: Le mal m'a touché. Mais Toi, tu es le plus miséricordieux des
miséricordieux! " Nous l'exauçâmes, enlevâmes le mal qu'il avait, lui rendîmes les siens et autant qu'eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs. )
(AI-Anbiyâ' : 83-84).  ( Et Dhou an-Noune (Jonas) quand il partit, irrité. Il pensa que Nous N'allions pas l'éprouver. Puis il fit, dans les ténèbres, l'appel que voici : Pas de divinité à part Toi! Pureté a Toi! J'ai été vraiment du nombre des injustes . Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de son angoisse.
Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants.) (AI-Anbiyâ' : 87-88)
(Bientôt vous vous rappellerez ce que je vous dis; et je confie mon sort à Allah. Allah est, certes Clairvoyant sur les serviteurs. Allah donc le protégea des méfaits de leurs ruses, alors que le pire châtiment cerna les gens de Pharaon) (Ghâfrr : 44-45)
Ach-Charîf ibn Tabâtiba dit: Je me réveillai tout en ayant ces versets en mémoire. Et le matin l'on me
libera. Je sus alors que je devais ma liberté à la bénédiction de ces cinq versets»

(1)Nazzâr ibn Ma'add ibn Isma'il, Abou Mansour, le calife fatimide d'Égypte, chiite corrompu, mort en 386, voir sa biographie dans Siyar A '/âm anNoba/ â', 15/167.
 (2)Ach-Charif 'Abd Allah ibn Ahmad ibn 'Ali al-Hassani, médinois ensuit égyptien, il était pudique et apte à être calife. Il mourut en 348. Voir sa biographie dans Siyar A 'lâm an-Nobalâ',15/496-497.

Dans ce sens Dja'far ibn Mobammad as-Sâdiq dit:
«- Je suis étonné par tout malade qui omet de dire: ( Le mal m'a touché. Mais Toi, tu es le plus
miséricordieux des miséricordieux! ) (Al-Anbiyâ' : 83)
- Alors qu'Allah, Exalté soit-Il, dit en réponse à cette invocation:
( Nous l'exauçâmes, enlevâmes le mal qu'il avait) (Al-Anbiyâ' : 84)
- Je suis étonné par toute personne qui a des chagrins et omet de dire:
( Pas de divinité à part Toi ! Pureté a Toi ! J'ai été vraiment du nombre des injustes ) (Al-Anbiyâ' : 87)
- Alors qu'Allah, répond à cette invocation en ces termes : ( Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de son angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants.) (Al-Anbiyâ' : 88)
- Je suis étonné par quiconque éprouve la peur et omet de dire: ( Allah nous suffit; Il est notre meilleur garant. ) (Al \Imrân : 173)
- Alors que la réponse d'Allah à cette invocation est : ( Ils revinrent donc avec un bienfait de la part d'Allah et une grâce. Nul mal ne les toucha) (Ar Imrân : 174)
- Je suis étonné par toute personne qui est victime de complots et omet de dire :
( Et je confie mon sort à Allah. Allah est, certes Clairvoyant sur les serviteurs. ) (Ghâfir: 44)
- Alors qu'Allah répond à cette invocation en ces termes :
( Allah donc le protégea des méfaits de leurs ruses) (Ghâfrr : 45)
 - Je suis aussi étonné par quiconque craint que les grâces d'Allah dont il joui ne s'amenuisent et omet de dire: ( Telle est la volonté (et la grâce) d'Allah! Il ny a de puissance que par Allah)
(AI-Kahf: 39»)1

من كتاب قصة الايمان بين الفلسفة والقران والعلم للشيخ نديم الجسر


La limite de la stupidité. "Thérapie de l’âme" par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi


La limite de la stupidité est de commettre les péchés et les vices,
 tels que nuire, médire et tuer.  
C’est de la démence et de l’excitation. 
La stupidité est le contraire de la sagesse c’est ce qu’on a démontré précédemment. 
Il n’y a pas de juste milieu entre la sagesse et la stupidité autre que l’absurdité.
Et la limite de l’absurdité est de faire et dire ce dont on a nullement besoin, ni pour 
la religion ni pour la vie, ni pour les mœurs louables et non blâmables, ni pour une 
obéissance ou un acte pouvant y conduire, ni pour une vertu ni pour un vice nuisible.
Mais il s’agit de paroles vaines et d’actes curieux.
L’abondance ou la rareté de ces actes dépend de l’absurdité 
de l’individu. Ainsi on peut être absurde au sujet d’une affaire, 
sage au sujet d’une autre, et stupide au sujet d’une troisième.

Il se peut que vous détestiez quelque chose alors que c’est un bien pour vous. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Allah ta’ala dit : « Il se peut que vous détestiez quelque chose alors que c’est un bien pour vous. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est néfaste. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. » (Sourate Al Baqarah verset 216)
Dans ce verset se trouvent des sagesses, des secrets et de nombreux intérêts pour le serviteur.
En effet, si ce dernier sait qu’une chose détestable peut engendrer un bien, et qu’une chose
aimée peut engendrer un mal, il saura qu’il n’est pas à l’abri d’un dommage qu’engendrerait
un événement heureux, de même qu’il ne désespérera pas de voir un événement heureux
résulter d’une situation dommageable, étant donné qu’il ignore la tournure que peuvent
prendre les événements. En effet, Allah ta’ala connaît l’issue de toutes les situations, chose
que le serviteur ignore, ce qui implique les choses suivantes :
Premièrement : Rien n’est plus bénéfique pour le serviteur que de se conformer aux ordres
d’Allah même si au début cela peut paraître difficile. En effet, les conséquences de
l’obéissance ne sont que bien, bonheur, plaisir et joie, et ce même si l’âme répugne à obéir,
car cela est mieux pour elle et plus bénéfique. D’un autre côté, rien n’est plus néfaste au
serviteur que de transgresser les interdits, même si son âme a de l’inclination pour le péché et
le désire, car les conséquences du péché ne sont que douleurs, tristesse, maux et malheurs.
Or, une des particularités de la raison humaine est d’accepter de supporter une douleur
bénigne dans le but d’atteindre un plaisir intense et un bien prolifique. De même qu’elle est
prête à éviter de succomber à un plaisir bénin en raison de l’intense douleur et du mal infini
qu’il peut engendrer. La vision de l’ignorant se limite aux prémices sans s’attarder sur les
conséquences des actes par dessus le voile de leurs prémices. Il aperçoit donc, au delà de ce
voile, les conséquences bénéfiques ou néfastes de tel ou tel acte. Ainsi, il verra que les
interdits sont comparables à un met délicieux mélangé à un poison mortel. Toutes les fois que
la recherche du plaisir le pousse à y goûter, le poison s’y trouvant l’en dissuade. Il considérera
que les ordres sont un antidote dont le goût est désagréable, mais menant au rétablissement et
à la guérison. Toutes les fois que l’aversion qu’il a pour son goût le dissuade de prendre ce
remède, les bienfaits qui s’y trouvent l’incitent à le consommer.
Néanmoins, ces considérations nécessitent un surplus de connaissances par lesquelles les
conséquences se distingueront des prémices. Elles nécessitent aussi une forte patience permettant
à l’âme de s’habituer à supporter les difficultés jalonnant sa route qui le mènera au but.
Si le serviteur perd patience et certitude, il ne pourra atteindre son but.
Si sa certitude et sa patience se renforcent, toutes les difficultés lui paraîtront faciles à supporter,
car il recherche par là le bien et le plaisir éternels.
Deuxièmement : Un des secrets du verset susmentionné est qu’il implique que le serviteur
confie ses affaires à Celui qui connaît les conséquences de toute chose, se satisfait de ce
qu’Allah choisit et décrète pour lui, en raison de l’issue heureuse qu’il espère.
Troisièmement : Le serviteur ne doit pas chercher à devancer Allah ta’ala dans ses choix, et
ne doit pas faire de choix avant de L’avoir consulté. Il ne doit pas lui demander des choses au
sujet desquelles il n’a aucune science, car il se pourrait qu’elles lui causent des préjudices
fatals sans qu’il ne le sache. Le serviteur ne doit donc pas faire de choix, sans avoir consulté
Allah, mais doit plutôt l’implorer pour qu’Il l’aide à faire le bon choix et accepter ensuite le
choix d’Allah. Rien n’est plus bénéfique pour lui que cela.
Quatrièmement : Si le serviteur confie ses choix à son Seigneur et se satisfait de ce qu’Il
choisit pour lui, Allah lui donnera la force, la volonté et la patience dans la réalisation de ce
choix divin. Allah éloignera de lui les dangers qui guettent habituellement les choix
personnels du serviteur. Allah lui fera prendre conscience des conséquences bénéfiques de
Son choix pour lui, conséquences auxquelles il ne serait jamais parvenu s’il s’était contenté de
ses propres choix.
Cinquièmement : Ce verset soulage le serviteur des réflexions épuisantes causées par l’embarras du choix, et vide son cœur de toutes les suppositions et hypothèses qui ne font qu’aggraver sa confusion, alors que de toute manière il ne peut échapper au décret d’Allah.
S’il se satisfait du choix d’Allah pour lui, il méritera louange, reconnaissance et grâce divine lorsque le décret d’Allah l’atteindra, car il s’est contenté de son propre choix.
Lorsque le serviteur confie réellement ses choix à Allah et s’en satisfait, Il l’entourera de Sa grâce  et de Sa douceur. La douceur d’Allah le protègera de tous les dangers et Sa grâce l’aidera à supporter le destin.
Lorsqu’une destinée défavorable s’apprête à se réaliser, tenter de l’éviter par tous les moyens
est un des facteurs les plus efficaces pour sa réalisation. Et rien n’est plus bénéfique pour le
serviteur que de se soumettre au destin et de rester inanimé face à lui, comme un mort, car le
fauve répugne à consommer de la charogne.

samedi 27 février 2016

L'Imploration d'Allah. Quatrième Fondement de La Paix intérieure par Mohammad Moussa ach-Charif

C'est un vaste sujet qui ne peut être cerné que par de grands volumes
comme nos Imams purifiés l'ont fait.
La nation islamique souffre aujourd'hui, de faiblesse et subit une attaque atroce des ennemis qui usurpent ses terres et exploitent ses ressources, elle n'a aucune arme matérielle pour leur faire face, elle ne possède que la foi en Allah et la confiance en Lui.
Dans un hadith, le Prophète, prière et salut sur lui, a montré que l'imploration
est l'arme du croyant et son abri, il dit : «L'imploration est l'arme du croyant,
le pilier de la religion et la lumière des cieux et de la terre.»
Il est recommandé au croyant de s'attacher aux implorations dans l'aisance,
pour qu'Allah lui réponde dans la gêne, le Prophète (prière et salut sur lui) dit :
«Quiconque veut être répondu en cas de gêne et de catastrophes,
qu'il implore Allah en pendant l'aisance.» 
Citons aussi ce célèbre hadith qui dit:
«Retourne-à-Lui (à Allah) en cas d'aisance, tu Le trouveras en cas de gêne.»
 Transmis par al-Hâkirn dans le Mastadrak.
Donc, l'imploration, en plus d'être importante et recommandée, est aussi signe de sincérité du serviteur et de son attachement à Allah, Exalté soit-Il.
Ce serviteur jouira alors de paix intérieure, de tranquillité et de raffermissement
en cas de catastrophes et de gêne.
1- Pas de divinité à part Toi! Pureté à Toi! J'ai été vraiment du nombre des injustes:
Selon Sa'd ibn Abî Waqqâs, le Prophète (prière et salut sur lui) dit:
« L'imploration de Dhou an-Noune, alors qu'il était dans le ventre du poisson :
«Pas de divinité à part Toi! Pureté à Toi! J'ai été vraiment du nombre des injustes»
Aucun musulman ne l'utilise dans son imploration sans qu'Allah ne lui réponde.»
Dans une autre version, il est ajouté qu'un homme dit:
«Ô Messager d'Allah! Était-elle pour Yoooos spécialement ou pour les croyants en général ? »
Le Prophète (prière et salut sur lui) dit:
« N'as-tu pas entendu la parole d'Allah, Exalté soit-Il :
(Et le sauvâmes de son angoisse. Et c'est ainsi que nous sauvons les croyants). (AI-Anbiyâ' :88)
 Selon Abou Moussâ al-Ach'arî, chaque fois que le Prophète (prière et salut sur lui)
avait à livrer une bataille, il disait:
« Ô Seigneur! Aide-nous à les vaincre, nous cherchons protection auprès de Toi contre leur mal».
 Une partie d'un célèbre hadith authentique, voir le Mosnad de l'Imam Ahmad 4/286-288
 Selon 'Abd Allah ibn Abî Awill, qu'Allah soit Satisfait de lui, quand le Prophète
(prière et salut sur lui) livrait bataille, il attendait jusqu'à ce que le soleil s'incline et disait:
«O gens! Ne souhaitez point de rencontrer l'ennemi, implorez Allah de vous accorder la paix et sachez que le Paradis est sous ['ombre des épées. » Puis ajoutait:
«Ô Seigneur! Toi qui as fait descendre le Livre, qui déplace les nuages,
Toi Qui vainquit les coalisés, accorde-nous la victoire sur eux ».
Dans une autre version :
«Ô Seigneur! Toi Qui as fait descendre le Livre, Qui rend rapidement les comptes,
Toi Qui vaincs les coalisés, Seigneur, vaincs-les et secoue-les ! ».

Hikams-Sagesses Ibn âta-Allah Al askandari:Signe que l'on suit son capriceحكم ابن عطاء الله الأسكندري:علامات اتباع الهوى

 C'est signe que l'on suit son caprice que de s'empresser 
d'accomplir des actes pieux surérogatoires 
et d'éprouver de l'ennui à exécuter les actes obligatoires.
 من علامات اتباع الهوى:
 المسارعة إلى نوافل الخيرات،
  والتكاسل عن القيام بالواجبات. 


Comment améliorer ta situation. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Viens ! Je t’invite à t’introduire auprès d’Allah ta’ala et à Lui tenir compagnie dans la demeure de              la paix, sans effort, ni fatigue, ni épuisement, par le chemin le plus court et le plus aisé.
Pour cela, sache que tu vis un instant délimité par deux autres moments, et cet instant est en fait l’existence que tu mènes actuellement.
C’est le présent délimité par le passé et le futur.
Tu peux corriger le passé par le repentir, les regrets et la demande de pardon.
Cela n’a rien de fatigant, d’épuisant et n’implique aucun effort harassant, car c’est un simple acte du cœur.
Pour les actes futurs, abstiens-toi de commettre des péchés.
Cette retenue n’est qu’un délaissement reposant, car ce n’est pas un acte accompli par les membres du corps qui te serait difficile à supporter.
Il s’agit simplement d’une résolution et d’une intension fermes qui reposent le corps, le cœur et l’âme.

Rectifie le passé par le repentir.
Quand au futur, prépare-le en t’abstenant de commettre des péchés, en prenant une bonne résolution et en ayant une ferme intention.
Les membres du corps ne sont sollicités à aucun de ces deux moments, et ne se fatiguent ni ne s’épuisent.
Tout le problème réside finalement dans l’instant présent situé entre ces deux moments.
Si tu le gâches, tu auras gâché ton bonheur et ton salut.
Si tu le protèges en améliorant les deux moments avant et après lui comme vu plus haut , tu seras sauvé et tu gagneras le repos , les plaisirs et les délices .
Cependant, protéger le présent est plus éprouvant que de corriger le passé et de préparer le futur. Protéger le présent, c’est imposer à son âme de s’occuper de qui lui est bénéfique et qui est plus à même de lui apporter le bonheur.
Les gens à ce sujet occupent des degrés très différents.
Par Allah ! Il appartiendra vite au passé cet instant présent ou tu peux faire des provisions pour l’au delà dont la demeure finale est soit le paradis soit l’enfer.
Si tu utilise cet instant présent comme un chemin menant vers ton Seigneur, tu atteindras alors le bonheur ultime et le succès éclatant durant cette courte période qu’est la vie, dont la durée est insignifiante par rapport à l’éternité.
Si en revanche tu préfères les désirs, le repos, les loisirs et les jeux, tes jours passeront comme un éclair, et laisseront place à une immense et éternelle douleur.
La subir et la supporter est bien plus difficile et bien plus long que le fait de patienter face aux interdits d’Allah, face à Ses ordres et face à la résistance que l’on oppose à nos passions par
amour d’Allah ta’ala.

vendredi 26 février 2016

Des hommes autour du Prophèteﷺ: Salman al-Farisy

Cette fois, le héros vient de Perse. Plus tard, dans ce pays, l'Islam sera embrassé par de nombreux hommes. Il en fit des croyants à la foi incomparable, au savoir immense tant en religion qu'en les choses de l'ici-bas. C'est là une des merveilles de l'Islam. Dès qu'il investit un pays, il y déclenche dans un grand mouvement les énergies et la créativité des habitants, si bien qu'apparaissent des philosophes, des médecins, des savants en religion, des astronomes, des inventeurs...
En ces temps-là, ces érudits de savoir surgissaient de partout, de chaque pays, si bien que les premières époques du règne de l'Islam assistaient à une profusion de génies extraordinaires dans tous les domaines. Leurs pays étaient multiples mais leur religion était une. L'Envoyé avait déjà annoncé cette extension bénie de sa religion. Bien plutôt, il en reçut promesse de véracité de la part de Dieu le Connaissant. Un jour, Dieu lui fit voir l'avenir de l'Islam.
L'Envoyé vit alors de ses yeux l'étendard de l'Islam flotter sur les cités et les palais des monarques de la terre. Salman al-Farisy était présent. Il avait un lien très certain avec ce qui se passa. Cela eu lieu durant le siège des Coalisés. En l'an 5 ap. I'Hég., les notables des juifs se dirigèrent vers la Mecque, pour convaincre les associants d'éradiquer cette nouvelle religion. Leur mission fut un succès, puisqu'ils réussirent à mettre sur pied une coalition impressionnante. Le plan proposé par les juifs fut vite adopté.
Les Quraych et les Ghatafan attaqueraient Médine de l'extérieur, tandis que les juifs des Banou Quraydha la prendraient de l'intérieur, par derrière les rangs des musulmans. Ainsi l'Envoyé et ses compagnons seraient broyés comme par une meule. Quand cette armée d'associants se présentera devant Médine, les musulmans seront surpris, malgré les préparatifs faits. Dieu décrit bien la situation d'alors : lors elles surgirent pour vous de dessus et de dessous, et que fléchirent les regards, et que les coeurs montèrent dans les gorges et que vous conjecturiez force conjectures sur Dieu...
Les troupes ennemies seront composées de 24.000 guerriers, sous le commandement d'Abou Sufyan et Oyayna b. Hiçn. Cette armée ne représentait pas les tribus de Quraych ou Ghatafan mais toutes les tribus associantes et leurs intérêts. Ce sera là la dernière tentative entreprise par tous les ennemis de l'Envoyé .
Quand Médine fut informée des intentions belliqueuses des Coalisés, les musulmans jugèrent la situation très critique. L'Envoyé réunit ses compagnons pour des consultations. Tous convinrent évidemment, de combattre, de défendre la cité. Mais, comment organiser la défense devant une armée si nombreuse ? Là, s'avança l'homme aux grandes jambes et aux cheveux fournis, l'homme à qui l'Envoyé portait un grand sentiment de respect.
Salman s'avança vers une hauteur, d'où il jeta sur la cité un regard examinateur. Il remarqua qu'elle était, d'un côté, bien protégée par une montagne rocailleuse mais vulnérable par cette grande brèche-là. Une issue bien faite qui n'attendait que les troupes ennemies. Salman, qui connaissait les tactiques et les ruses de guerre de son pays, suggéra à l'Envoyé une proposition inconnue jusque-là des Arabes.
C'était le creusage d'un fossé le long de la zone découverte. Dieu seul sait quelle serait le sort de l'Islam, si les musulmans n'avaient pas creusé ce fossé. Quand les associants virent cette grande tranchée, ils en eurent le vertige. Ils restèrent impuissants dans leurs tentes, durant un mois, jusqu'à cette nuit-là où Dieu envoya sur eux une tornade furieuse et mugissante qui les obligea à lever leur camp.
* * *
Durant le creusement du fossé, Salman tenait sa place avec son équipe, car chaque équipe avait une surface déterminée à creuser. L'Envoyé creusait aussi avec son pic. Dans la surface où Salman et ses compagnons travaillaient, un énorme rocher ne voulait pas céder le passage devant les coups répétés de leurs pics. Salman, dont la constitution était solide, ne put pourtant pas avoir raison de ce rocher-là. Lui et ses compagnons aussi ne purent le faire remuer. Ils restèrent impuissants.
Alors, Salman s'en alla demander à l'Envoyé la permission de changer le tracé du fossé, pour éviter le rocher qui leur tenait tête. L'Envoyé vint examiner l'endroit et le rocher. Quand il le vit, il demanda un pic puis il les invita à se retirer un peu plus loin. Après quoi, il cita le nom de Dieu, et de toutes ses mains il frappa le rocher avec force et détermination. Celui-ci dégagea une brillance pleine d'étincelles. Salman dira : « Je l'ai vu illuminer les alentours. » C'est à dire les alentours de Médine.
Au premier coup, l'Envoyé dit à haute voix : « Dieu est Grand! On m'a donné les clefs de la Perse. Il m'a illuminé d'elle les palais rouges d'al-Hira et les cités de Cosroès. Ma communauté l'emportera sur elle. » Il leva haut le pic et frappa une seconde fois. Le roc étincela vivement et se fissura. L'Envoyé dit à haute voix : « Dieu est Grand! On m'a donné les clefs de Byzance. Il m'a illuminé d'elle ses palais rouge. Ma communauté l'emportera sur elle .» Au troisième coup, le rocher céda complètement, après avoir brillé intensément. L'Envoyé lança le takbîr, ainsi que les musulmans.
Il les informa qu'il voyait à ce moment-là l'étendard de l'Islam flotter sur les palais de Syrie, de Çanâ et d'autres cités du monde. Alors, les musulmans dirent à haute voix : « Voilà ce que Dieu, ainsi que son Envoyé, nous a promis! Dieu dit vrai, ainsi que son Envoyé! » Salman avait eu donc l'idée du fossé, et c'est lui qui buta sur le rocher et assista à la prédiction envoyée par Dieu. Il était tout près de l'Envoyé à voir la lumière qui se dégageait du rocher et à entendre la bonne nouvelle.
Il vivra et verra cette bonne nouvelle se réaliser dans les cités de Perse et de Byzance ; il verra les palais de Çanâ, de Syrie, d'Irak ; il verra tant de pays entendre l'appel du muezzin fuser du haut des mosquées.
* * *
Bien plus tard, le voilà assis à l'ombre de l'arbre qui se trouvait près de sa maison, à al-Madaïn. Il racontait aux présents ses pérégrinations pour atteindre la vérité. Comment avait-il abandonné la religion de son peuple persan pour embrasser d'abord le Christianisme et ensuite l'Islam ? Comment avait-il laissé la richesse de son père, pour se jeter dans la misère à seule fin de libérer son âme ? Comment avait-il été vendu comme esclave, lors de son voyage pour la vérité ? Comment avait-il rencontré l'Envoyé et comment avait-il cru en lui ? Venez, allons ensemble écouter son récit, dans cette réunion-là.
« Je suis originaire d'Ispahan, d'un village appelé Jay, et mon père était une personnalité importante ayant des terres. J'étais, pour lui, le plus aimé des hommes. Je m'étais attaché au Mazdéisme de sorte que je demeurais près du feu que nous allumions, et nous ne le laissions jamais s'éteindre. Mon père, qui avait une ferme, m'envoya un jour pour elle. Je sortis donc. (Sur le chemin), je passai près d'une église appartenant à des Chrétiens.
Je les entendis prier. J'entrai pour voir ce qu'ils faisaient. Ce que je vis de leur prière me plut et je me dis alors : "Cela est mieux que notre religion que nous suivons." Je ne les quittai qu'au coucher du soleil. Alors, je ne regagnai pas la ferme de mon père et je ne retournai pas auprès de lui qu'après qu'il eut envoyé (des gens) me chercher. Leur affaire m'ayant plu, ainsi que leur prière, j'avais interrogé les Chrétiens sur l'origine de leur religion.
Ils m'avaient dit : "C'est en Syrie..." Puis, à mon retour, je dis à mon père : "Je suis passé près de gens qui prient dans une église à eux. Leur prière m'a plu et j'ai vu que leur religion est mieux que la nôtre." Il discuta avec moi et je discutai avec lui ; Puis, il me mit aux fers et me fit prisonnier. Après quoi, j'envoyai quelqu'un aux Chrétiens pour leur dire que j'avais embrassé leur religion. Je leur demandai aussi, si un cortège venait de Syrie, de m'en informer avant son retour. Je comptai partir avec eux en Syrie. Les gens de l'église firent cela. Je brisai mes fers et je sortis.
Puis, je partis avec eux en Syrie. Là-bas, je demandai après leur savant. On me dit : "C'est l'évêque, la patron de l'église." Je le contactai et je lui racontai mon histoire. Puis, je m'installai avec lui à servir, à prier et à apprendre. Cet évêque était un homme de mal en sa religion, puisqu'il collectait les aumônes des gens, en vue de les distribuer, puis les accumulait pour lui. A sa mort, ils le remplacèrent par un autre. Je n'avais pas vu d'homme (plus impliqué) que lui dans leur religion : plus que tout autre, il désirait la vie dernière, assidu dans les adorations.
J'eus pour lui un amour, lequel je n'avais pas eu de pareil pour un autre avant lui. Quand la fatalité (de la mort) se présenta à lui, je lui dis : "Voilà que se présente à toi ce que tu vois du décret de Dieu. Qu'est-ce que tu m'ordonnes ? Pour qui me recommandes-tu ?" Il me dit : "C'est vrai, mon fils. Je ne connais personne qui suit ce que je suis, sauf un homme se trouvant à al-Mawçil..." Quand il mourut, j'allai trouver celui d'al-Mawçil. Je le mis au courant. Après quoi, je m'installai avec lui le temps que Dieu voulut.
Donc, quand la mort se présenta à lui, je l'interrogeai et il me montra un adorateur installé à Naçibin... J'allai le trouver et je lui racontai mon histoire. Après quoi, je m'installai avec lui le temps que Dieu voulut. Quand la mort se présenta à lui, je l'interrogeai. Il m'ordonna alors de rejoindre un homme installé à Âmuriya, dans le pays de Byzance. Je fis donc le déplacement et je m'installai avec lui. Et pour vivre, je pris des vaches et des moutons... Par la suite, la mort se présentant à lui, je lui dis : "Pour qui me recommandes-tu ?" Il me dit : "Ô mon fils, je ne connais aucun qui suit ce que nous suivions, pour t'ordonner de le rejoindre. Mais, tu es dans l'époque d'un prophète qui sera envoyé avec la religion d'Abraham, le croyant originel.
Il émigrera en une terre contenant des palmiers situés entre deux zones pierreuses. Si tu peux l'atteindre, agis en conséquence. Il a des signes qui ne se cachent pas : il ne mange pas l'aumône, il accepte le présent, et il a entre les épaules le sceau de la prophétie. Si tu le vois, tu le reconnais. » Puis, un certain jour, une caravane vint à passer près de moi. Les ayant interrogés sur leur pays, je sus qu'ils étaient de la presqu'île arabique. Je leur dis alors : "Je vous donne mes vaches et mes moutons et vous me prenez avec vous pour votre pays?" Ils dirent : "Oui." Ils m'emmenèrent donc avec eux jusqu'à Wadî-al Qoura.
Là, ils me nuisirent : ils me vendirent à un juif. Après quoi, je vis beaucoup de palmiers. J'eus la convoitise que l'endroit fût le pays qui m'avait été décrit et qui serait l'asile du prophète attendu. Mais, le pays ne l'était pas. Je restai chez l'homme qui m'avait acheté jusqu'au jour où un juif des Banou Quraydha vint à lui. Il m'acheta et m'emmena avec lui à Médine. Par Dieu! dès que je la vis, j'eus la certitude que c'était bien le pays qu'on m'avait décrit.
Puis, je m'installai à travailler pour lui, dans sa palmeraie située dans le territoire des Banou Quraydha, jusqu'au jour où Dieu envoya son Envoyé, et que ce dernier vint à Médine, s'installa à Qubâ', chez les Banou Amrû b. Aouf. Un jour, alors que j'étais sur le haut d'un palmier et que mon propriétaire était assis à son pied, un cousin à lui vint et lui dit : "Dieu combatte les Banou Qila! ils sont à Quba en train de se bousculer autour d'un homme arrivé de la Mecque; ils prétendent que c'est un prophète."
Par Dieu! je fus pris de frissons dès qu'il eut dit cela, si bien que le palmier frémit et que je faillis tomber sur mon propriétaire. Je descendis rapidement, en disant : "Qu'est-ce que tu dis ? Quelle est la nouvelle ?" Mon maître leva alors la main et me donna un coup fort, puis dit : "Qu'est-ce que tu as avec celui-là ? Va à ton travail !" Je m'en allai alors à mon travail. Puis, le soir venu, je rassemblai ce que j'avais et je sortis jusqu'à arriver auprès de l'Envoyé , à Quba. J'entrai et je le trouvai avec un groupe de compagnons. Je lui dis : "Vous êtes des gens se trouvant dans le besoin et en exil, et j'ai une nourriture que j'avais consacrée à l'aumône. Quand on m'a montré votre endroit, j'ai vu que vous y avez plus de droit que d'autres gens. C'est pourquoi je suis venu à vous." Sur ce, je déposais la nourriture.
L'Envoyé dit à ses compagnons : "Mangez au nom de Dieu." Quant à lui, il s'abstint de tendre même la main. Je me dis alors : "Par Dieu! voilà la première chose. Il ne mange pas l'aumône." Après quoi, je retournai. Le lendemain, je revins à l'Envoyé , avec une nourriture. Je lui dis : "Je t'ai vu que tu ne mangeais pas l'aumône. J'ai quelque chose, un présent, et je veux t'honorer." Puis, je le déposai devant lui. Il dit à ses compagnons : "Mangez au nom de Dieu." (Cette fois.) il mangea avec eux.
Je me dis alors : "Par Dieu! voilà la deuxième chose. Il mange le présent." Sur ce, je me retirai. Je restai le temps que Dieu voulut puis je revins pour le voir. Je le trouvai à al-Baqï. Il était à un enterrement. Il était entouré de ses compagnons. Il portait deux capes, dont l'une était sur son dos. Je le salua puis je m'écartai pour voir le haut de son dos. Il sut que je voulais cela. Il dégagea le vêtement, pour laisser voir sa nuque, et voilà le signe entre ses épaules! le sceau de la prophétie comme il avait été décrit par mon compagnon.
Je me penchai sur lui, pour l'embrasser et pleurer. Puis, l'Envoyé m'invita. Je m'assis devant lui et je lui racontai mon histoire comme je la raconte maintenant. Après quoi, je me soumis à Dieu. L'asservissement m'empêcha de prendre part à la bataille de Badr et celle de Uhud. Puis, un certain jour, l'Envoyé me dit: "Fais un écrit avec ton maître, en vue de ta libération." Je fis avec lui cet écrit. Puis, l'Envoyé ordonna aux compagnons de m'aider. Alors, Dieu libéra ma nuque, si bien que je vis maintenant libre et musulman. En outre, j'ai pris part avec l'Envoyé au siège du Fossé, et aussi à toutes les batailles. »
* * *
Avec de telles paroles limpides, Salman al-Farisy a parlé de ses pérégrinations à la recherche de la vérité qui le mettra en rapport avec Dieu et lui définira son rôle dans cette vie. Quel grand homme était cet homme! Quelle supériorité avait acquise son âme, pour imposer sa volonté à toutes les difficultés! Quelle ferveur permanente pour la vérité! si bien qu'il a quitté librement le luxe et l'opulence de son père, pour se jeter dans l'inconnu et ses imprévus, pour aller d'un pays à un autre, en quête de la vérité.
Sa pugnacité, ses sacrifices en vue de la guidance ont désarmé tous les obstacles, même celui de l'asservissement. C'est pourquoi Dieu l'a rétribué d'une large rétribution : il a rencontré le Vrai, son chemin a croisé celui de l'Envoyé , il a vécu longtemps pour voir l'étendard de Dieu flotter sur nombre de pays.
* * *
Cet homme de cette trempe, possédant une telle sincérité, à quoi s'attend-on de lui ? Son islam était l'islam des dévoués qui se prémunissent. Dans sa continence, sa perspicacité, sa tempérance, il ressemblait à Omar b. al-Khattab.
Une fois, il est resté des jours avec Abou ad-Darda dans une seule demeure. Remarquant qu'Abou ad-Darda faisait des prières de nuit et un jeûne surérogatoire le jour sans discontinuer, Salman a jugé que c'était là des actions d'adoration exagérées. Il a essayé de le convaincre.
Abou ad-Darda a dit : « M'empêcherais-tu de jeûner pour mon Maître, de prier pour lui ? » Salman lui a alors rétorqué: « Tes yeux ont un droit sur toi, et ta famille a aussi un droit ; jeûne et déjeune, prie et dors. » L'Envoyé , quand cela est parvenu à lui, a dit : « Salman a été comblé de science. » En outre, lors du siège du Fossé, quand les Ançar et les Muhajir se sont dit les uns aux autres : « Salman fait partie de nous! », l'Envoyé leur a dit :
« Salman fait partie de nous, nous la Maisonnée. » Salman est effectivement méritant de cet honneur. Quant à Ali b. Abou Talib, il le surnommait Luqmân le sage. A la mort de Salman, Ali b. Abou Talib a dit : « Celui-là est un homme Qui fait partie de nous. Et il est pour nous Nous la Maisonnée. Qui avez-vous qui soit comme Luqmân le sage ? Il a été doté de la science première et de la science dernière. Il a récité le Livre premier et le Livre dernier. Il était un océan (de savoir) qui ne tarissait pas. »
Salman avait une place très particulière dans le coeur des compagnons de l'Envoyé . Sous le khalifat de Omar, il est venu à Médine en visite. Omar l'a accueilli avec tous les égards. Il avait réuni ses compagnons et leur avait dit : « Sortons accueillir Salman! » Et tous allèrent l'accueillir à l'entrée de Médine. Depuis qu'il a rencontré l'Envoyé Salman mena une vie de musulman libre, de combattant. Il traversa le khalifat d'Abou Bakr, de Omar.
Mais dans celui de Othman, il fut rappelé à Dieu. Durant toutes ces années, l'Islam se répandait, ses étendards flottaient dans les divers horizons, et les biens affluaient à Médine, où on les distribuait régulièrement aux gens. Les postes de responsabilité se démultipliaient. Et Salman, où était-il dans tout cela ? De quoi s'occupait-il en cette époque de richesses ?
* * *
Regardez là! regardez bien! Voyez-vous là-bas, à l'ombre, ce noble vieillard en train de tresser les feuilles de palmier, pour en faire des ustensiles? C'est Salman. Regardez-le bien. Vous le voyez habillé d'un vêtement court, si court qu'il lui arrivait aux genoux. Pourtant, le don qu'il touchait était considérable. Entre 4000 et 6000 dirhams par an. Il distribuait tout, sans garder le moindre sou, en disant : « J'achète avec un dirham des feuilles de palmier et je les travaille, puis je les vends à 3 dirhams. Je garde un dirham pour d'autres feuilles, je dépense un autre pour ma famille, et je donne le troisième en aumône. »
* * *
Certains d'entre nous, quand ils entendent parler de la continence des compagnons, disent que cela était en rapport avec les conditions naturelles de la presqu'île arabique, où l'Arabe trouve son plaisir dans la simplicité. Mais, là, nous sommes devant un homme originaire de Perse, qui était un pays de richesses et de faste, un homme qui n'était pas un pauvre.
Pourquoi Salman refusait-il alors la fortune et la vie raffinée ? Pourquoi insistait-il à se suffire d'un seul dirham quotidien qu'il gagnait à la sueur de son front ? Pourquoi refusait-il le poste d'émir ? Il disait : « Si tu peux manger de la poussière, pour ne pas être un émir de deux personnes, fais-le! » Pourquoi rejetait-il les postes de responsabilité, sauf celui d'être chef d'une colonne partant au combat sur le chemin de Dieu ? Et pourquoi n'acceptait-il pas sa part de don qui lui était pourtant licite ?
Hichâm b. Hassan rapporte d'al-Hassan: « Le don à Salman était de 5000. Et puis, il était à la tête de 30000 hommes, il faisait son discours couvert d'une (simple) cape, dont la moitié lui servait de couche et l'autre. de vêtement. Quand sa part de don lui parvenait, il la donnait. Il mangeait du travail de ses mains. »
Pourquoi Salman agissait-il ainsi ? Qu'on écoute sa réponse qu'il avait donnée avant de mourir. Sur son lit de mort, il avait pleuré devant Saâd b. Waqaç qui lui rendait visite. « Qu'est-ce qui te fait pleurer, ô Abou Abdallah ? Pourtant, l'Envoyé mourut en étant satisfait de toi, lui dit Saâd. - Par Dieu! dit Salman, je ne suis pas affligé par la mort et je ne suis pas attaché à l'ici-bas. Mais l'Envoyé nous a confié une charge, quand il a dit: "Que l'un de vous ait dans l'ici-bas une part semblable aux victuailles du voyageur." Alors que moi je suis entouré de tant de choses. - Ô Abou Abdallah! dit Saâd, en ne remarquant autour de lui qu'une écuelle et un petit récipient, recommande-nous quelque chose que nous garderons de toi. - Ô Saâd, rappelle Dieu quand, dans ton souci, tu t'apprêtes (à agir), quand tu t'apprêtes à prendre une décision et quand tu t'apprêtes à distribuer avec ta main." Voilà l'homme.
Il a respecté scrupuleusement la recommandation de l'Envoyé , en ayant une simple écuelle dans laquelle il mangeait, ainsi qu'un récipient avec lequel il buvait et faisait ses ablutions. Et pourtant, il avait eu les larmes aux yeux.
* * *
A l'époque où il était émir d'al-Madaïn, rien n'avait changé dans sa personnalité. Il avait continué à vivre de la confection des feuilles de palmier. Un jour, alors qu'il était dans la rue, il vit un homme arriver de Damas avec une charge de figues et de dattes. Ce dernier, étant fatigué par le poids, cherchait un pauvre porteur. Dès que ses yeux tombèrent sur Salman, il l'appela. Salman prit la charge et s'en alla avec l'étranger. Sur le chemin, quand tous deux passèrent près d'un groupe d'hommes, Salman leur lança le salut et eux lui répondirent debout : « Salut sur l'émir. »
L'homme se dit aussitôt : « Quel émir désignent ils ? » Son étonnement s'accrut encore quand il vit quelques-uns accourir et dire à Salman : « Ô Emir, laisse! on va porter cela. » L'homme sut alors qu'il avait eu affaire à l'émir de la ville. Il essaya de ne pas laisser la charge sur les épaules de Salman. Mais Salman refusa de la tête, en disant : « Non, jusqu'à te faire parvenir à ta destination. »
* * *
Un jour, on lui posa la question : « Qu'est-ce qui te fait répugner le poste d'émir. » Il répondit : « C'est la saveur de son sein quand on le prend et l'aigreur de son sevrage. » Un autre jour, son compagnon entra et le trouva en train de pétrir la pâte. Il lui dit : « Où est la servante ? » Salman lui répondit : « Nous l'avons envoyée pour une affaire. Alors, nous avons détesté de lui réunir deux travaux à la fois. »
* * *
Le jour de sa mort, au matin, Salman appela sa femme, et lui dit : « Apporte-moi la chose que je t'avais donnée à cacher. » Elle alla vite l'apporter. C'était une bourse contenant du musc qu'il avait eu le jour de la conquête de Jalwala. Il l'avait gardée pour s'en parfumer à sa mort. Il demanda encore à sa femme de lui apporter un récipient d'eau, où il éparpilla le musc.
Il le fit fondre avec sa main puis dit à son épouse : « Arrose avec cela mon pourtour. Des créés de Dieu sont maintenant présents. Ils ne mangent pas la nourriture, ils aiment plutôt le bon parfum. » Quand elle termina d'arroser, Salman lui demanda une dernière fois de le laisser seul après avoir fermé la porte. Elle fit cela.
Et quand elle revint après un moment, elle le trouva sans âme. Son âme avait quitté son corps et cet ici-bas, pour aller rejoindre le sublime synode. Salman al-Fârisy était allé là-bas rejoindre l'Envoyé et ses compagnons.

jeudi 25 février 2016

Le plaisir interdit: Fawâ’id Ibn Al-Qayyim

Le plaisir interdit est entaché de laideur lorsque l’on y goûte, et donne naissance à de la
douleur après y avoir goûté.
Lorsque le désir de goûter au plaisir interdit se fait envahissant, pense alors au fait que ce plaisir est éphémère, mais que sa laideur et la douleur engendrée persisteront.
Compare donc les deux situations et évalue la différence entre elles.
Se fatiguer à obéir à Allah ta’ala est orné de beauté et fait naitre plaisir et bien être.
Si ton âme considère lourde l’adoration, pense donc au fait que l’adoration est éphémère, mais que
sa beauté, le plaisir et la joie engendrés perdurent.
Compare les deux situations et donne préférence au meilleur plutôt qu’au moindre.
Si la cause (l’adoration) te fait souffrir, contemple alors la joie, le bonheur et le plaisir qui en sont la conséquence, et la souffrance te paraîtra plus facile à supporter.
Si délaisser un plaisir interdit te fait souffrir, contemple la souffrance qui découle de l’assouvissement de ton désir et compare les deux douleurs.
De deux intérêts, la raison humaine a pour particularité de choisir le plus important, quitte à délaisser l’intérêt moindre. Et de deux douleurs, elle choisit la moindre pour éviter le pire.
Tout ceci exige de connaitre les causes des choses et leurs conséquences, ce qui nécessite d’être doté d’une raison qui sait choisir celles d’entre elles qui présentent le plus d’intérêt.
Quiconque sait préserver une part de raison et de science suffisantes choisira et préférera ce qui présente le plus d’intérêt.
Ceux qui souffrent d’un manque de raison et de science, ou de l’un des deux, choisiront l’inverse.
Et quiconque médite sur ce bas monde et sur l’au delà saura qu’aucun des deux ne s’acquiert si ce n’est par le labeur.
Il faut donc supporter le labeur permettant d’accéder au meilleur et au plus durable des deux mondes.

mercredi 24 février 2016

Peu de philosophie incline l'ésprit de l'homme à l'athéisme...:Francis Bacon إن القليل من الفلسفة..:فرنسيس بيكون

La Compréhension de l'Existence du Destin par Mohammad Moussa ach-Charif

Ce sujet est si délicat qu'il est très difficile de le traiter à fond sans s'y perdre; Car avec son esprit faillible, l'être humain ne peut comprendre parfaitement le but d'Allah dans Ses actions envers Ses créatures, et il ne lui est pas possible d'avoir une parfaite perception de la sagesse d'Allah dans Sa
création. Ainsi si l'individu s'introduit dans ce sujet en profondeur, il risque de s'égarer et de se perdre. Il va de soi que le destin est un sujet qui restera toujours subtil et difficile à comprendre pour les uns et pour les autres.
Allah, Exalté soit-Il dit :
( Et on ne vous a donné que peu de connaissance) (al-Isrâ' : 85)
Dans la sunna du Prophète (prière et salut sur lui) les piliers de la foi englobent la croyance au destin, tel que mentionné dans ce hadith :
« (La foi) est de croire en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses Prophètes, le Jour Dernier, et au destin, bon ou mauvais soit-il»1
1 Partie d'un hadith authentique célèbre, connu comme le hadith de Gabriel, prière sur lui, transmis par Moslim dans son Sshih, au début du chapitre sur la croyance.
Il faut noter de prime abord que la compréhension du sens du destin est la condition sine qua non de l'acquisition de la sérénité et de la paix intérieure. Ce qui revient à dire qu'il est permis en Islam de méditer sur le destin sans pour autant chercher à cerner tous ces contours, car Seul Allah est à
même de tout savoir.
A) Le Caractère Immuable du Destin
Sachant qu'il ne saurait éviter son destin antérieur à sa naissance, le croyant musulman mène une vie de sérénité et de paix intérieure. Ce qui revient à dire que les croyants fournissent le meilleur d'eux-mêmes au travail tout en respectant les enseignements divins, et n'éprouvent pas grand
remords pour les occasions manquées. Il faut signaler que la compréhension du destin est utile
pour le croyant dans sa quête de sérénité et de paix intérieure sans que cela n'ait aucun effet néfaste sur son dévouement dans l'accomplissement de ses devoirs et sa lutte indiscutable contre toute corruption dans la société. Le Prophète (prière et salut sur lui) affmne l'importance de la croyance au destin en ces tennes :
« Allah a prescrit les destins des créatures. cinquante mille ans avant de créer les cieux et la terre»1
Savoir cela est une très grande source de sérénité, car sur cette base l'on aura de moins en moins de remords et oeuvrera avec plus de dignité, car tout compte fait nul ne pourra surpasser la volonté d'Allah.   1 Transmis par Moslim dans son Sahîh., chapitre al-Qadar.
Quiconque assimile cette vérité, son âme devient calme, son coeur s'apaise et il acquiert la paix intérieure et la sérénité.
Allah, Exalté soit-Il dit: ( Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah) (AI-Hadîd : 22)
Dans son commentaire de ce verset, l'imatll al-Qortobî dit:
« Ar-Rabi' ibn ~âlih dit: « Quand Sa'id ibn Djobayrl fut arrêté, je pleurai, alors il dit:
« Pourquoi pleures tu ?» Je dis: « Je pleure pour ta situation présente et pour ton devenir» Il dit:
«Ne pleure pas! Cette situation était dans le Savoir d'Allah, n'as-tu pas entendu Sa parole :
( Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah) (AI-Hadîd: 22) »2
Quiconque sait que les catastrophes vécues, sont mentionnées dans une tablette préservée bien avant leur survenance, surpasse toute anxiété et joui d'une tranquillité totale.
1 Arrêté par al·Hajjâj, qui l'a tué en l'an 95, qu'Allah l'accueille dans Sa miséricorde.
2 AI-Djâmi' Li Aflkâm al-Qor 'ân, 17/ 258.

B) La Prédestination :
C'est une règle importante qui procure à l'individu, la tranquillité et la sérénité, et verse dans son coeur une immense paix intérieure, car, il saura alors, qu'Il est lié à son Créateur par un lien qu'il est impossible de rompre. Allah, Exalté soit Il dit:
( Nul malheur n'atteint [l'homme] que par la permission d'Al/ah. Et quiconque croit en Allah,
[Allah] guide son coeur. Allah est Omniscient. ) (At-Taghâbone)
L'imam al-Qortobî dit à propos de ce verset: «Ibn al' Abbâs dit:« Allah envoie dans le coeur du croyant une ultime conviction lui permettant de savoir, que ce qui lui arrive n'aurait pu le manquer, et ce qui le manque, n'aurait pu l'atteindre})l
Le Prophète, prière et salut sur lui, dit: « ...Sache que ce qui t'a manqué, ne devait pas t'atteindre. et ce qui t'a atteint ne devait pas te manquer...»2
AI-Haythamî dit: Ceci veut dire, que ce qui t'arrive de bien ou de mal était déjà prédestiné.
Donc, ce qui t'atteint est ton destin et il est impossible qu'il te manque, et ce qui ne t'atteint pas est, aussi un destin et il est impossible qu'il t'atteigne, car ce sont des destins précis, qui se situent
exactement là où il faut, par une décision prise depuis des milliers d'années... »
1 Ibid, 18/139.
2 Transmis par Abmad dans son Mosnad, Cheikh Châkir dit que c'est un hadith authentique.
Si l'individu assimile ce qui précède, son âme s'apaise, son coeur se tranquillise, et il réalise
une paix intérieure avec laquelle il pourra faire face au désespoir et au chagrin auxquels
il pourrait se confronter.
C) Tous ce qui est prédestiné est bon:
C'est une grande règle qu'il faut connaître, ce qui est prédestiné par Allah est toujours bon.
L'individu pourrait les considérer comme mal, mais selon la balance divine, ils ne
sont que bienfaits. L'imam ibn al-Qayyim, dit : « Allah, Exalté soit-Il dit:
( Dis:  Allah, Maître de l'autorité absolue! Tu donnes l'autorité à qui Tu veux, et Tu arraches
l'autorité à qui Tu veux; et Tu donnes la puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux.
Le bien est en Ta main et Tu es Omnipotent. ) (Âl 'Imrân : 26)
Ce verset commence par déclarer qu'Allah est Maître de l'autorité absolue, puis Il donne l'autorité à qui Il veut, et Il l'arrache de qui Il veut, le mal ne Lui correspond point Exalté soit-Il.
Il est rapporté par 'Moslim, que le Prophète (prière et salut sur Lui) dit :
« Je réponds à Ton appel et j'obéis à Tes ordres, le bien est entre Tes Mains, le mal ne Te correspond pas, je ne suis fort que par Ton assistance, et je retourne à Toi, Béni et Exalté sois-Tu»
1 Fat!!. al-Mobin Fi Char' al-Arba'in, 176.
Tout ce qui est lié à Allah, Exalté soit-Il, est un bienfait. Une chose ne devient mal que lorsqu'elle perd le lien qui la lie à Allah et à Ses enseignements. Ces choses créées par Allah sont qualifiées de mal suite à un processus de travestissement et de dérive. Ce qui revient à dire que le mal se trouve dans certaines créatures non dans la création. Car toute chose dans la création, est placée à la
place qui lui sied le plus, sans la moindre défaillance. »1
D) Justice absolue et omniscience:
Telles sont les deux règles d'or de la prédestination. Il est dit dans le Coran à propos de la justice absolue du Tout Puissant:
( Il n'est pas interrogé sur ce qu'Il fait, mais ce sont eux qui devront rendre compte [de leurs actes.)
(AI-Anbiyâ' : 23)
Quand Allah, Exalté soit-Il, juge, nul ne saurait trouver une faille dans son jugement.
Les versets et les hadiths qui font allusion à cette réalité sont légion. Citons en quelques-uns :
Allah, Exalté soit-Il, dit dans le Saint Coran : ( Certes. Allah ne lèse (personne), fût-ce du poids d'un
atome. S'il est une bonne action. Il la double. et accorde une grosse récompense de Sa part)
(An-Nissâ': 40)
( Et ton Seigneur nefait du tort à personne ) (AI-Kahf: 49)
( Ton Seigneur, cependant. n'est point injuste envers les serviteurs.) (Fossilat : 46)
1 Chifâ' al- 'Alil, 178-179.
Quant à l'omniscience d'Allah, le verset ci-après nous en donne une idée claire :
( Il n'échappe à ton seigneur ni le poids d'un atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qui ne soit déjà inscrit dans un livre évident.) (Younos : 61)
Croyant en un Seigneur Qui fait montre d'une telle justice absolue et d'une telle omniscience, nous nous soumettons à Lui entièrement et approuvons tout ce qu'Il fait dans Son univers, et envers Ses créatures. Nous avons tout intérêt à faire preuve d'humilité en vers notre Seigneur et à ne pas nous
opposer à Son destin.
Cette conception est la seule qui est à même de nous procurer la sérénité et la paix intérieure

mardi 23 février 2016

Même ceux qui boitent ne vont pas en arrière. Khalil Gibran

« Vous êtes bon lorsque que vous marchez fermement vers 

votre but d'un pas intrépide. 

Pourtant, vous n'êtes pas mauvais 

lorsque vous y allez en boitant. 

Même ceux qui boitent ne vont pas en arrière.  »

ِ-Khalil Gibran-(poète Libanais)

L’origine des péchés. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Le serviteur ne commet ce qui lui est interdit que pour l’une des deux raisons suivantes :
La première : la mauvaise opinion qu’il a de son Seigneur, en se disant que s’il Lui obéit et Le préfère à toute autre chose Il ne lui accordera, de ce qui est licite, rien de meilleur.
La deuxième : c’est quand il sait que celui qui délaisse une chose pour Allah, Celui ci la lui remplace par une chose meilleure encore. Mais ses désirs dominent sa patience et ses passions sa raison.
Le premier commet un péché en raison de son manque de science, et le deuxième en raison d’un manque de raison et de clairvoyance.

La suffisance, et l'éloignement de Satan ?!. M-Ach-Charif

D'autre part, Allah, Exalté soit-Il, a garanti aux évocateur de les évoquer, et quand Allah,Exalté
soit-Il évoque un évocateur, ce dernier est préservé de toute peur, de tout chagrin, il est dit dans le Coran: « Souvenez-vous de Moi donc, Je vous récompenserai »
Dans un hadith Qodsî, Allah le Tout Puissant, dit:
« ... S'i! m'évoque en lui-même, Je le mentionnerai en Moi-même, s'i! m'évoque dans un public,
Je le mentionnerai dans un public bien meilleur encore »
Selon Abou ad-Dardâ', qu'Allah soit Satisfait de lui, le Prophète (prière et salut sur lui) dit :
« Certes, Allah dit : « Je suis avec mon serviteur, tant qu'il M'évoque et bouge ses lèvres
par Mon évocation ».


L’accroissement de l’égarement. "Fawâ’id Ibn Al-Qayyim"

Le second fondement à savoir que la perversion, l’orgueil et le mensonge engendrent plus d’égarement encore, se vérifie de nombreuses fois dans le Coran. Allah ta’ala dit : « Par ces paraboles, nombreux sont ceux qu’Il égare et nombreux sont ceux qu’Il guide, mais Il n’égare par ce biais que les pervers, qui trahissent le pacte qu’ils avaient fermement conclu avec Allah, rompent les liens de parentés qu’Allah a ordonné d’honorer, et sèment la corruption sur terre. Ceux là sont les vrais perdants. »
(Sourate Al Baqarah verset 26)
« Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au delà, tandis qu’Il égare les injustes. Et Allah fait ce qu’Il veut. » (Sourate Ibrâhim verset 27)
« Qu’avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites, alors qu’Allah les a refoulés dans leur mécréance pour ce qu’ils ont accompli ? » (Sourate An Nisâ verset 88)
« Et ils dirent : Nos cœurs sont enveloppés et impénétrables. Allah les a plutôt maudits à cause de leur mécréance, et ils ne croient que très peu » (Sourate Al Baqarah verset 88)
« Parce qu’ils n’ont pas cru la première fois, nous détournerons leurs cœurs et leur vue »
(Sourate Al An’âm verset 110)
Allah nous informe donc qu’Il les a punis pour avoir refusé d’embrasser la foi et s’en être détournés lorsqu’elle leur vint, bien que l’ayant reconnue. Il les a punis par le détournement de leurs cœurs et de leur vue et par une barrière s’interposant entre la foi et eux, comme le dit Allah ta’ala :
« O vous les croyants ! Répondez à Allah et Son messager lorsqu’il vous appelle à la vraie vie, et sachez qu’Allah s’interpose entre l’homme et son cœur » (Sourate Al Anfâl verset 24).
Allah nous ordonne donc de Lui répondre et de répondre à Son messager lorsqu’il nous appelle à ce qui nous fait vivre. Il nous met ensuite en garde contre le fait d’ajourner et de retarder cette réponse, retard qui serait alors la cause de l’interposition d’Allah entre l’homme et son cœur. Allah ta’ala dit :
« Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs, car Allah ne guide pas les gens pervers. »
(Sourate As Saff verset 5)
« Non ! Mais ce qu’ils ont accompli couvre plutôt leur cœur » (Sourate Al Mutaffifûn verset 14)
Allah nous informe dans ce dernier verset que leurs mauvaises œuvres ont recouvert leur cœur, interposant un voile entre eux et la foi en les signes d’Allah. C’est pour cette raison qu’ils ont dit du Coran : Ce ne sont que de vieilles légendes ! Allah ta’ala dit au sujet des hypocrites :
« Ils ont oubliés Allah qui les a négligés en retour » (Sourate At Tawbah verset 67)
Parce qu’ils L’ont oublié, Allah les a rétribués par de la négligence à leur égard, en dédaignant de les guider et de leur faire miséricorde. Il nous informe aussi qu’Il leur a fait oublier de se soucier de leur propre âme qu’ils ne cherchent pas à parfaire par la science utile et les bonnes actions, désignées respectivement par la droiture et la religion de vérité. Allah leur a donc fait oublier de rechercher ces choses, et de rechercher Son amour et Sa connaissance avec dévouement, les punissant ainsi pour L’avoir oublié. Allah ta’ala a dit à leur sujet :
« Voilà ceux dont Allah a scellé les cœurs et qui suivent leurs passions. Quant à ceux qui se mettent sur la bonne voie, Il les guidera plus encore et leur inspirera leur piété. » (Sourate Muhammad verset 16-17).
Allah cite conjointement ici les passions qu’ils suivent et l’égarement qui en résulte, de la même façon qu’Il cite conjointement la piété des biens guidés et la droiture qui en résulte.

dimanche 21 février 2016

La situation du serviteur face à son Seigneur للْعَبد بَين يَدي الله موقفان


Le serviteur est face à son Seigneur dans deux situations : celle ou il se retrouve face à Lui en prière, et celle ou il se retrouve face à Lui le jour ou il Le rencontrera. Celui qui remplit son devoir dans la première situation vivra la seconde plus facilement. Mais celui qui néglige la première, vivra difficilement la seconde. 
Allah ta’ala dit :
« Et prosterne toi devant Lui une partie de la nuit, et glorifie Le durant de longues (heures) nocturnes. Ces gens là aiment (la vie) éphémère d’ici bas et laissent derrière eux un jour bien lourd (le jour du jugement). »
(sourate al Insân verset 26-24 ) 
قَاعِدَة للْعَبد بَين يَدي الله موقفان موقف بَين يَدَيْهِ فِي الصَّلَاة وموقف بَين
يَدَيْهِ يَوْم لِقَائِه فَمن قَامَ بِحَق الْموقف الأول هوّن عَلَيْهِ الْموقف 
 الآخر وَمن استهان بِهَذَا الْموقف وَلم يوفّه حقّه شدّد عَلَيْهِ ذَلِك الْموقف
 قَالَ تَعَالَى وَمن اللَّيْلِ فَاسْجُدْ لَهُ وَسَبِّحْهُ لَيْلاً طَوِيلاً
 إِنَّ هَؤُلاءِ يُحِبُّونَ الْعَاجِلَةَ وَيَذَرُونَ وَرَاءَهُمْ يَوْماً ثَقِيلاً.
ابن قيم