Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

samedi 7 novembre 2015

Les semblants de contradictions dans Le noble Coran par Cheikh Achaârawi: Mohammad a-t-il vu.. ?

Passons maintenant à un autre point. Dieu - Exalté soit-Il - s'adresse à Mohammad - paix et bénédictions sur lui - dans la sourate intitulée Al-Fîl disant : "Ne vois-tu pas comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’éléphant ?" [12] Certains orientalistes disent : "L'expression “Ne vois-tu pas” est maladroite. Mohammad - paix et bénédictions sur lui - a-t-il assisté aux événements qui se sont produits l'année de l'éléphant ? En réalité, il est né l'année de l'éléphant, il ne l'a donc point vue. Si Dieu - Exalté soit-Il - avait dit : “Ne sais-tu pas”, nous dirions que quelqu'un l'en aurait informé." En fait, le savoir s'acquiert soit par un effort personnel, soit par une tierce personne qui t'en instruit. Mais lorsque Dieu dit "Ne vois-tu pas", les orientalistes affirment : "Mohammad - paix sur lui - s'est trompé dans le choix de ses mots. Car il n'a pas vu. Cette expression est donc clairement en contradiction avec la réalité tangible."
Mais ce qui échappe à ces gens c'est qu'il s'agit là d'une affaire de foi. Ce dont Dieu - Exalté soit-Il - informe le croyant constitue une vision véridique. Le Coran est la Parole dont la récitation est une œœuvre de culte, il est invariable et immuable. Lorsque Dieu dit "Ne vois-tu pas", Il s'adresse à tous les croyants qui bénéficient alors d'une vision ininterrompue. Car la vision dont il est question ici est une vision miraculeuse majeure. Dieu veut qu'elle se fixe dans nos esprits, tout comme se fixent les choses que nous voyons. Pourquoi ? Eh bien parce que la grande affaire de la foi qui se manifeste ici c'est que Dieu - Exalté soit-Il - transforme la faiblesse en force, ce dont Il est le seul capable.
Je peux aider une personne faible à porter une lourde charge en me substituant à elle. Mais il m'est impossible de faire en sorte que cette personne faible devienne forte de manière à ce qu'elle porte cette lourde charge elle-même. Par contre, Dieu - Exalté soit-Il - peut revêtir cette personne faible d'une force lui permettant de battre les hommes les plus forts au monde malgré sa faiblesse. Il s'agit là d'un miracle de Dieu. Par conséquent, lors de l'année de l'éléphant, des oiseaux transportant de petites pierres dans leurs becs, ont défait une armée d'éléphants, l'armée la plus forte au monde à cette époque. Logiquement, si je dis à quelqu'un qu'une nuée d'oiseaux a battu un éléphant, il se moquerait de moi. Car un éléphant peut faire périr des centaines d'oiseaux sans subir le moindre mal. Les oiseaux se posent même sur le dos de l'éléphant sans qu'il ne s'en aperçoive. Comment est-ce que ces oiseaux seraient-ils capables de décimer une armée gigantesque ? Dieu a mobilisé Ses créatures les plus faibles pour battre Ses créatures les plus puissantes. Ceci est un miracle que seul Dieu - Exalté soit-Il - est capable de produire.
Certains savants se sont mis à douter de cette question, tellement les orientalistes l'ont ressassée. Certains ont avancé que ce sont les maladies et les bactéries envoyées par Dieu qui ont décimé l'armée de Abrahah. Je ne les rejoins pas sur cette interprétation. L'année de l'éléphant coïncide avec la naissance du Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui -. Il fut chargé de sa Mission prophétique à l'âge de quarante ans c'est-à-dire qu'à cette époque il y avait des gens âgés de cinquante, soixante, soixante-dix ans et plus qui ont vécu l'année de l'éléphant et l'ont vue personnellement. Si les oiseaux n'étaient pas intervenus, s'ils n'avaient jeté aucune pierre d'argile, s'ils n'avaient pas rendu cette armée semblable à de la paille mâchée - ce qui nécessite des semaines de décomposition -, ces gens se seraient manifestés et auraient affirmé que les propos de Mohammad sont faux. Ils auraient témoigné avoir vécu cette année-là, que les oiseaux n'étaient pas venus, que nul ne les a vus anéantir une armée à coups de pierres qu'ils transportaient dans leurs becs et que nul n'a vu cette armée devenir semblable à de la paille mâchée. Etant donné que personne parmi les contemporains du Prophète n'a démenti ces événements au moment de la révélation de la sourate, cela prouve que les événements en question se sont produits de la manière décrite dans le Noble Coran et qu'ils ne nécessitent aucune interprétation car Dieu est Tout-Puissant.
Ainsi, dans les affaires de la foi, la Parole de Dieu - Exalté soit-Il - constitue une vision permanente se reproduisant devant nous sans cesse. Nous en voyons de nombreux exemples dans la vie. Combien de fois un faible a-t-il triomphé de l'homme le plus fort de tous ? Combien de fois un homme puissant a-t-il été abandonné par Dieu et destiné à périr par les mains des plus faibles ?
La Parole de Dieu - Exalté soit-Il - constitue une certitude pour le croyant et une vision permanente. C'est pour cette raison que Dieu - Exalté soit-Il - emploie l'inaccompli (le présent) "Ne vois-tu pas" et non pas le passé. C'est aussi pour cette raison qu'Il emploie le verbe voir et non pas savoir. "Ne vois-tu pas" est un présent sans cesse renouvelé et qui continuera à se reproduire au fil des années jusqu'au jour de la résurrection.
Il s'agit d'une question de justice : Dieu accorde la victoire à l'opprimé contre l'oppresseur, quelle que soit la force de l'oppresseur et quelle que soit la faiblesse de l'opprimé. Il s'agit d'une grande affaire de la foi que tu dois voir dans ton cœur si tu es croyant. Il faut que tu la vois comme une certitude. Telle est la foi. Telle est la sagesse justifiant l'usage de l'expression "Ne vois-tu pas". Elle fait que le croyant prend la force de Dieu et Son pouvoir dans tous les événements, concernant le vrai et le faux, jusqu'au jour de la résurrection.

La vanité ses formes et ses degrés par Ibn Qudâma al-Maqdisî

Il y a des gens qui se sont leurrés par le bas monde et qui disent : Ce qui est tangible est meilleur que ce qui est intangible. Or le bas monde relève de ce qui est tangible, et la vie future de ce qui est intangible. Voila la source de la duperie. Car ce qui est tangible n’est pas meilleur que ce qui est intangible, sauf s’ils sont du même ordre. Or nous savons que la vie de l’homme, par rapport a la durée de la vie future est si infime qu’elle n’en représente même pas le millionième.

Donc, celui qui estime que ce qui est tangible est meilleur que ce qui est intangible, veut dire par là qu’ils sont du même ordre. Il s’agit là de la vanité des mécréants.
Quant à ceux qui se drapent dans les petits péchés tout en préservant leur dogme, ils partagent cette vanité avec les mécréants, parce qu’ils préfèrent le bas-monde à la vie future, sauf que leur affaire est plus aisée que celle des mécréants, en ce sens que le principe de la foi les soustrait au châtiment éternel. Il faut dire que certains pécheurs s’enflent de vanité et disent : Dieu est Généreux et nous comptons sur Son Pardon. Il leur arrive aussi de se duper par l’attitude vertueuse de leurs parents. Or les savants disent que celui qui aspire à une chose doit la rechercher, celui qui craint une chose doit la fuir, et celui qui espère le pardon tout en étant obstiné, c’est un vaniteux et un prétentieux.
Qu’il sache que Dieu - عز و جل - malgré Son Immense Miséricorde possède un châtiment terrible, qu’Il a décrété que les mécréants séjourneront éternellement en Enfer, bien que leur impiété ne peut Lui nuire d’aucune façon, que Dieu - عز و جل - a imposé à certaines de Ses créatures, des maladies et des épreuves, bien qu’Il a le pouvoir de les éliminer, et qu’Il nous a fait craindre Son châtiment. Comment ne devions-nous pas avoir la crainte ?
Donc la crainte et l’espoir sont deux facteurs qui incitent à l’action, et tout ce qui n’incite pas à l’œuvre, c’est de la vanité et de la prétention. Ceci s’éclaire par le fait que l’espérance de la plupart des créatures les pousse à l’oisiveté et à préférer les péchés.
Ce qui étonne, c’est que les gens du premier siècle de l’Hégire ont œuvré et ont eu la crainte, tandis que ceux de notre époque se rassurent malgré leurs manquements. Ont-ils su de la générosité de Dieu - عز و جل - ce qui a échappé aux Prophètes et aux saints ? Et si cette affaire peut s’obtenir par les simples souhaits, pourquoi les gens de cette époque lointaine ont-ils peiné et pleuré longuement ? Du reste, le blâme adressé aux gens du Livre :
« Ils disent : en s’emparant des biens de ce monde : Cela nous sera pardonné ».(Qurân : 7-169)
n’est-il pas conçu pour ce genre de situation ? Quant à celui qui est dupé par l’action vertueuse de ses parents, qu’il se rappelle l’histoire de Nûh ( Noé) - عليه السلام - avec son fils, de celle d’Ibrahîm (Abraham) - عليه السلام - avec son père, et de celle de Muhammad - صَلَّى الله عَلَيْهِ وَ سَلَّمَ- avec sa mère et sur l’ensemble des Prophètes.
A ce genre de vanité s’apparente la prétention de certaines personnes qui ont mêlé des actes d’obéissances à des péchés, sauf que leurs péchés sont plus nombreux, et qui croient que leurs bonnes actions feront le poids. Ainsi, tu vois l’un d’eux faire l’aumône avec un dirham, alors qu’il en a pris par spoliation dix fois plus, et ce qu’il donne en aumône provient de l’argent spolié. Pourtant il compte sur l’aumône pour son salut. En fait, son cas ressemble à un homme qui met un dirham dans une main et mille dirham dans l’autre en espérant faire le poids.
Certains d’entre croient que leurs actes d’obéissances sont plus nombreux que leurs péchés, n’exigent pas des comptes à leurs âmes, du fait de leurs méfaits, et n’inspectent pas leurs péchés. C’est comme celui qui demande pardon à Dieu et Le glorifie cent fois par jour, puis il passe sa journée à médire des musulmans et à parler de ce qui est désagréable : c’est un homme qui regarde les vertus de la glorification et de la demande du pardon et qui ne voit pas la sanction de la médisance et de propos interdits. 
http://www.quisontlesmusulmans.com/search/label/Minhaj%20Al-qassidine%20par%20Ibn%20kodama%20Al-Maqdissis