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mardi 27 octobre 2015

La beauté d’Allah ta’ala : Fawâ’id l’imam Ibn Al-Qayyim Al-Jawziyya

Connaître Allah ta’ala par Sa beauté est une des connaissances les plus précieuses et c’est par
elle que l’élite des créatures connaît Allah. Toutes les créatures Le connaissent par le biais de
l’un de Ses attributs. Mais ceux qui Le connaissent le mieux sont ceux qui Le connaissent à
travers Sa perfection, Sa magnificence, et Sa beauté. Rien ne Lui ressemble, à tout point de
vue. Et à supposer que toutes les créatures soient aussi belles que la plus belles des créatures,
et que l’on compare leur beauté interne et externe à la beauté du Seigneur, cette comparaison
serait aussi faible que le rapport existant entre la lueur fragile d’une lampe et la lumière
éclatante du soleil. Pour se figurer Sa beauté, il suffit de savoir que s’Il dévoilait Son visage,
les lumières s’en dégageant brûleraient toutes les créatures que Son regard atteindrait. Pour se
faire une idée de Sa beauté, il suffit de se rappeler que toute beauté interne et externe, dans ce
bas monde ou dans l’au delà est une conséquence de Sa création.
Que penser donc de Celui dont émane cette beauté créée ?
Pour saisir l’ampleur de sa beauté, il suffit de savoir que toute la puissance, la force, la générosité, la bienfaisance, la science, et la bonté Lui appartiennent. C’est par la lumière de Son visage que l’obscurité se dissipe, comme l’a dit le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam dans l’invocation qu’il a faite à Tâ’if : « Je me réfugie auprès de la lumière de Ton visage par laquelle l’obscurité se dissipe, et grâce à laquelle les affaires de ce bas monde et de l’au delà s’équilibrent. »
‘Abd Allah ibn Mas’ûd -qu’Allah l’agrée- a dit : « Il n’y a ni nuit ni jour auprès de votre
Seigneur. La lumière des cieux et de la terre émane de la lumière de Son visage. »
Allah est donc la lumière des cieux et de la terre. Lorsqu’il viendra au jour de la résurrection pour juger les créatures, la terre resplendira de Sa lumière. Un des noms magnifiques d’Allah est Al Jamîl (Le beau). Il a d’ailleurs authentiquement été rapporté du Prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam qu’il a dit : « Allah est beau et aime la beauté ».
La beauté d’Allah ta’ala se décline en quatre variantes : La beauté de Son être, la beauté de Ses attributs, la beauté de Ses actes et la beauté de Ses noms. Ainsi, tous Ses noms sont magnifiques, Ses attributs sont tous parfaits, Ses actes se caractérisent tous par la sagesse, leur intérêt, leur équité et leur clémence. Quant à la beauté de Son être et de Son essence, Il est Le seul à la cerner et à la connaitre réellement. Les créatures n’en connaissent que certain aspect, connaissances dont Il a honoré certains de Ses serviteurs. En effet, cette beauté est préservée de toute altération, et cachée par la couverture du manteau et du pagne comme l’a rapporté le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam au sujet d’Allah qui aurait dit : « La grandeur est Mon manteau et la magnificence est Mon pagne. ».
 La grandeur étant plus importante et plus immense, elle est plus à même d’être comparée à un manteau. Allah est en effet le Grand, l’Elevé, et Il est le Très Haut, l’Immense.
Ibn ‘Abbâs -qu’Allah l’agrée- a dit : « La beauté de l’essence d’Allah est dissimulée par
Ses attributs, et la beauté des attributs est dissimulé par les actes d’Allah. »
Hadîth faible, voir As Silsilah Ad Da’îfah d’al Albanî 2933. Rapporté par Muslim 91.
Rapporté par Muslim 2620.
Que penser alors d’une beauté dissimulé par les attributs de la perfection et cachée par les
caractéristiques de l’immensité et de la magnificence ?
C’est à partir de là que l’on peut partiellement comprendre le sens de la beauté de l’essence d’Allah. Ainsi, le serviteur se hisse de la connaissance de Ses actes vers celle de Ses attributs, pour se hisser vers la connaissance de Son être. Quand il prend connaissance d’une partie de la beauté de Ses actes, il en déduit la beauté de Ses attributs, pour en déduire ensuite la beauté de Son être.
C’est selon ce principe qu’il apparait clairement que toute la louange revient à Allah ta’ala, et qu’aucune créature ne peut lui faire suffisamment d’éloges, car Il correspond aux éloges qu’Il
s’est faits Lui même. Il mérite d’être adoré pour ce qu’Il est, d’être aimé pour ce qu’Il est, d’être remercié pour ce qu’Il est. Allah ta’ala S’aime, fait Ses propres éloges et louanges.
L’amour qu’Il a pour Lui même, les louanges et les éloges qu’Il S’adresse, et l’unicité qu’Il proclame pour Lui même représentent les louanges, les éloges qu’Il s’est Lui même adressés et Il est mieux encore que les éloges que Lui adressent Ses créatures. Et de la même manière qu’Allah S’aime Lui même, Il aime aussi Ses attributs et Ses actes. Tous Ses actes sont donc bons et aimables, même si leurs conséquences Lui sont parfois détestables et exécrable.
Aucun de Ses actes ne Lui est détestable et haïssable, et aucun être ne mérite d’être aimé et
loué pour ce qu’il est si ce n’est Lui.
Concernant ce qui est aimé en dehors de Lui, si cet amour découle de l’amour que l’on a pour Allah, en ce sens que l’on aime pour Allah, alors c’est un amour valide. Sinon, c’est un amour invalide. Voilà la réalité du caractère d’Allah.
En effet, le Dieu véritable est Celui qui est aimé et loué pour ce qu’Il est. Mais qu’en est-il si en plus de cela ce Dieu est Bienfaisant, Bienfaiteur, Indulgent, Magnanime, Clément, Bon et Miséricordieux ??
Le serviteur doit donc savoir qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah. Il doit
L’aimer et Le louer pour ce qu’Il est et pour sa perfection. Il doit savoir Qu’Il n’y a de
véritable bienfaiteur, déversant toutes sortes de bienfaits tant apparents que cachés, si ce n’est
Lui. Il L’aimera donc pour Sa bienfaisance et Sa bonté, et Le louera pour cela. Il L’aimera
ainsi pour ces deux aspects. Et de même que rien ne Lui est semblable, aucun amour n’est
comparable au Sien. Or l’amour associé à l’humilité est la définition même de l’adoration
pour laquelle les créatures ont été créées. L’adoration est l’amour le plus total couplé à
l’humilité la plus totale. Or cela ne peut être voué qu’à Allah ta’ala, et Lui associer qui que ce
soit en cela est la forme de polythéisme qu’Allah ne pardonne pas, et pour laquelle Il
n’accepte pas les actes des polythéistes.
La louange d’Allah inclut deux choses : l’évocation de Ses mérites et de Ses attributs parfaits,
et l’amour d’Allah qui en découle. Quiconque évoque les splendeurs d’Allah sans l’aimer ne
l’aura pas loué. Et quiconque L’aime sans évoquer Ses splendeurs ne L’aura pas loué. Les
deux notions doivent donc être présentes. Allah loue Son être par Lui même, et par le biais
des louanges qu’Il inspire à Ses anges, Ses prophètes, Ses messagers et Ses serviteurs
croyants. Allah Se loue donc par ces deux moyens. En effet, les éloges émanant de Ses
créatures le sont par Sa volonté, Sa permission et Son décret, car c’est Lui qui a fait que le
louangeur Le loue, que le soumis se soumette, que le prieur prie et que le repentant se repente.
C’est de Lui que viennent les bienfaits et vers Lui qu’ils reviennent. Ses bienfaits émanent de
Lui par Sa louange et Lui reviennent par Sa louange .C’est Lui qui inspire à Son serviteur de
se repentir et Il s’en réjouit pourtant de la meilleur des façons, bien que ce repentir soit le
résultat de Sa grâce et de Sa bonté. Il inspire à Son serviteur de Lui obéir, Il l’aide en cela puis
l’en récompense, alors que cet acte d’obéissance est le résultat de Sa grâce et de Sa
générosité. Allah ta’ala Se passe de tout le monde de tout point de vue, alors que les créatures
ne peuvent se passer de Lui, serait ce pour la moindre des choses. Le serviteur a besoin
d’Allah par essence, tant dans les causes que dans les objectifs. Car ce qui se fait sans l’aide
d’Allah ne peut aboutir, et ce qui ne se fait pas pour Lui est inutile.