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dimanche 11 octobre 2015

(Exégèse du Coran)-Tafsir Ibn kathir: Sourate 2 La vache [Al Baqara] Versets 1 à 10



Selon Abou Hourayra -qu’Allah l’agrée-, l'Envoyé d’Allah -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « Ne laissez pas vos maisons devenir des tombes ! La maison dans laquelle on récite la sourate "la vache", le diable n'y entre pas ».
Selon Sahl ibn Sa'd -qu’Allah l’agrée-, l'Envoyé d’Allah -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « Toute chose a une protubérance. Celle du Coran c'est ‘la vache’. Quiconque la récite une nuit dans sa maison, le diable n'y entre pas pendants trois jours ».
Selon Abou Hourayra -qu’Allah l’agrée-, « L'Envoyé d’Allah -salla Allahou ‘alayhi wa salam- reçut une nombreuse délégation : il examina alors chacun sur ce qu'il savait du Coran. Parvenu à un homme qui était le plus bas, il lui dit : "Qu'est-ce que tu as avec toi, Un Tel ?" -J'ai avec moi telle chose et telle chose et la sourate "la vache", dit le jeune homme. "Tu as avec toi la sourate de la "vache ?" "Oui". "Va" dit le Prophète, "tu es leur émir" »
Selon Abou Amâna -qu’Allah l’agrée-, l'Envoyé d’Allah -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « Récitez le Coran, parce qu'il intercède le Jour de la résurrection à ceux qui le récitent; récitez les deux Illuminantes (la vache et la famille d'Imran) parce qu'elles arrivent le Jour de la résurrection comme deux nuages ou comme deux nuées d'oiseaux en ordre, pour argumenter en faveur de ceux qui les ont récitées". Ensuite il a dit : "Récitez "la vache", parce que sa prise est une bénédiction, son abandon un regret. De plus, les sorciers ne peuvent rien contre elles »

Selon an Nuwâs ibn Sam'ân -qu’Allah l’agrée-, le Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « Le jour de la résurrection on amènera le Coran et ceux qui s'y conformaient, ainsi qu'à leur tête la sourate de "la vache" et de "la famille d'Imran". »
1. Alif, Lam, Mim
Commentaire : Les exégètes divergent au sujet des lettres se trouvant au début des sourates. Selon certains, Dieu s'est réservé l'exclusivité de la connaissance de ces lettres; ainsi ils n'en ont pas fait l'exégèse (par exemple al Qurtuby, dans son Exégèse). D'autres en donnent des interprétations différentes. Donc, ces lettres sont les noms des sourates (c'est l'avis de la majorité - az Zamakhchary); elles sont le début du nom des attributs de Dieu : le 'Ali f est la clef du nom Dieu, la Lam est la clef de Latîf (le Subtil), la Mim est la clef de Majîd (le Glorieux). En outre, ces lettres sont une démonstration du caractère innimitable du Coran : les créés sont incapables d'en faire de même (al Mubrad, al Fara', az Zamakhchary, Ibn Taymiya, Abou al Hajjâj).

Ar Zmakhchary voit en elles un défi, ainsi qu’une réprimande (à l'adresse des mécréants). Il constate ainsi qu'elles sont en nombres déterminés; une seule lettre (çad), deux lettres (ha, mim), trois lettres (alif, lam, mim), quatre lettres (alif, lam, mim, çad), cinq lettres (kaf, ha, ya, 'ayn, çad) et pas plus, parce que les modes de la langue arabe se construisent ainsi.

2. C'est le Livre
Commentaire : Ibn Abbâs -qu’Allah l’agrée- a dit : « Voici ce Livre ».
Les arabes emploient indifféremment les démonstratifs.
Le Livre : c'est le Coran. Ainsi donc, ce segment veut dire que ce Livre, qui est le Coran, est descendu sans aucun doute de la part de Dieu : « l'exposé détaillé du Livre en quoi il n'y a pas de doute, venu du Seigneur de l'Univers » (10/37) Selon certains savants, ce segment est une information dont la teneur réside dans la prohibition à douter du Coran. Et puis la guidance est propre aux pieux : « pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison (41.44) Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants cependant » (17.82) D'autres versets encore montrent que, grâce au Coran, le bien est attribué aux croyants. Parce que le Coran est en lui-même guidance, laquelle guidance ne peut être acquise que par les vertueux : « pour les croyants un guide et une miséricorde » (27.77).
2... c'est un guide pour les pieux
Commentaire : as Suddy -qu’Allah lui fasse Miséricorde- : « En lumière aux pieux. »
Ibn Abbâs : « Ceux qui se prémunissent sont les croyants qui se prémunissent de l'association et se conforment aux obéissances de Dieu. »
Al Hasan al Basri -qu’Allah lui fasse Miséricorde- : « Ce sont eux qui se prémunissent de ce qui leur est interdit et en accomplissent ce qui leur est dicté. »

Qatâda -qu’Allah lui fasse Miséricorde- : « ce sont ceux qualifiés par : « qui croient à l'invisible et accomplissent la Salat et dépensent [dans l'obéissance à Dieu], de ce que Nous leur avons attribué (2.3) »

La guidance s'emploie dans le sens de Foi (croyance) qui se stabilise dans le cœur. Mais cela ne peux se produire dans les coeurs des gens que grâce à la volonté de Dieu : « Tu (Muhammad) ne diriges pas celui que tu aimes : mais c'est Dieu qui guide qui Il veut » (28.56) « Ce n'est pas à toi de les guider (vers la bonne voie), mais c'est Dieu qui guide qui Il veut » (2.272) « Quiconque Dieu égare, pas de guide pour lui » (7.186) Elle s'emploie aussi dans le sens d'explicitation du Vrai : « Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et en vérité tu guides vers un chemin droit » (42.52) « et à chaque peuple un guide » (13.7) « Et quant aux Tamud, Nous les guidâmes; mais ils ont préféré l'aveuglement à la guidée » (41.17)

Umar a interrogé Ubay ibn Ka'b sur ce que signifie le "fait de se prémunir" : « N'as-tu jamais pris un chemin plein d'épines ? -Si. -Et qu'est-ce que tu as fait ? -Je me suis retroussé et j'ai fait des efforts. -C'est cela le "fait de se prémunir". »

Dans la langue, le terme "croyance" se dit quand c'est le fait d'accorder créance sincère : « Il croit en Dieu et fait confiance aux croyants » (9.61) « Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité » (12.17). Il s'emploie aussi conjointement avec les actions salutaires : « Sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres » (84.25) Mais lorsque ce terme est employé dans l'absolu, la croyance exigée ne peut être qu'avec la Foi, en paroles et en actes (Ach Châfi'y, Ahmad, etc.) Selon cet avis, la croyance, qui est parole accompagnée d'action, augmente et diminue. Selon d'autres exégètes, la croyance signifie la crainte : « qui craignent leur Seigneur malgré qu'ils ne Le voient pas » (35.18) Ainsi la crainte est considérée comme étant le résultat de la croyance et de la connaissance : « Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Dieu » (35.28)

3... l'invisible
Commentaire : C'est croire en Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses envoyés, Son Jardin, Sa rencontre et la vie après la mort (Abou al 'Aliya); c'est ce qui est invisible aux yeux des hommes, c'est à dire les choses du Jardin, les choses du Feu et ce qui est cité dans le Coran (Ibn Abbâs, Ibn Mas'ûd).

'Atâ -qu’Allah lui fasse Miséricorde- : « Celui qui croit en Dieu croit en l'invisible. »
Ibn Mas'ûd -qu’Allah l’agrée- : « La cause de Muhammad est claire pour qui la voit. Par Dieu ! Personne ne croit jamais d'une croyance meilleure que la croyance en l'invisible. Puis il a récité : « qui croient à l'invisible [...] ce sont eux qui réussissent (dans cette vie et dans la vie future) » (2.3-5)

Abou Jum'a -qu’Allah l’agrée- rapporte aussi ceci : « Nous avons soupé avec l'Envoyé. Abou Ubayda ibn al Jarrâh, qui était avec nous, a dit : "Ô Envoyé de Dieu, est-ce qu'il y en a qui sont mieux que nous ? Nous avons cru à l'Islam avec toi, nous avons combattu avec toi. -Oui, a répondu le Prophète, des gens viendront après vous et croiront en moi sans m'avoir vu. »

3... accomplissent la Salat
Commentaire : Ibn Abbâs -qu’Allah l’agrée- a dit : « Accomplissent le rukû', le sujûd, ainsi que la récitation, le recueillement »
Qatâda -qu’Allah l’agrée- dit : « C'est le fait de perpétuer la prière dans ses heures fixes, ses ablutions, son rukû' et son sujûd. »
3... et dépensent [dans l'obéissance à Dieu], de ce que Nous leur avons attribué
Commentaire : Ibn Abbâs -qu’Allah l’agrée- a dit : « C'est l'aumône légale qu'on fait sur ses biens ». C'est la dépense de l'homme en faveur de sa famille (d'autres compagnons du Prophète). Cela a été avant la descente du verset de l'aumône légale.

Qatâda -qu’Allah l’agrée- : « Faites dépense de ce que Dieu vous donne. Ses biens vont s'avarier. Et puis, ô Fils d'Adam, ce sont des dépôts chez toi, et tu es sur le point de t'en séparer. »

Ibn Jarîr, quant à lui, choisit l'avis qui dit que ce segment est général à l'aumône et aux dépenses.

Il est à remarquer que Dieu cite fréquemment ensemble la prière et la dépense sur les biens. La prière, ainsi que son adoration, est un droit de Dieu. Elle comprend la déclaration permanente de Son unicité, Sa louange, Sa glorification, Son invocation, le fait de s'en remettre à Lui. La dépense, c'est la bienfaisance envers les créatures : les premiers à en bénéficier sont d'abord les proches, puis viennent les étrangers. Toutes les dépenses exigées et l'aumône légale imposée sont incluses dans ce segment : « et dépensent [dans l'obéissance à Dieu], de ce que Nous leur avons attribué. »

Ibn Abbâs -qu’Allah l’agrée- a dit : « Et qui accordent créance à ce que tu as apporté de Dieu et à ce que les autres envoyés avaient apporté aussi, sans discrimination aucune entre tous les envoyés, et sans récuser ce que ces envoyés ont apporté de leur Seigneur. »

4. Et qui croient fermement à la vie future

Commentaire : Et sont certains de l'avènement de la résurrection, du Jardin, du Feu, du Jugement et de la Balance. On appelle ainsi la vie dernière parce qu'elle vient après la vie de l'ici-bas. Quant à l'identification des qualifiés dans ce segment les exégètes nous en donnent trois avis. D'abord, les qualifiés en premier lieu sont les mêmes qualifiés en second lieu, c.-à-d. tous les croyants (les croyants des Arabes et les croyants des gens du Livre).

Selon le deuxième avis, les qualifiés sont les Gens du Livre : ainsi le et coordonne les qualifications mentionnées dans le verset, comme dans « Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très Haut, Celui Qui a crée et agencé harmonieusement, qui a décrété et guidé » (87.1-3)

Enfin, selon le dernier avis, les qualifiés en premier lieu désignent les croyants des Arabes et les qualifiés en second lieu, par Ceux qui croient à ce qui t'a été descendu (révélé) et à ce qui a été descendu avant toi sont les croyants des Gens du Livre.

Cet avis a été adopté par Ibn Jarîr qui s'appuie sur : « Il y a certes, parmi les gens du Livre ceux qui croient en Dieu et en ce qu'on a fait descendre vers vous et en ceux qu'on a fait descendre vers eux » (3.199) « Ceux à qui, avant lui [le Coran], Nous avons apporté le Livre, y croient. Et quand on le leur récite, ils disent : Nous y croyons. Ceci est bien la vérité émanant de notre Seigneur. Déjà avant son arrivée, nous étions Soumis. » (28/52-53)

Selon l'avis de Mujâhid, qui est évident, la sourate de la Vache contient quatre versets pour qualifier les croyants, deux pour qualifier les mécréants et treize pour qualifier les hypocrites : par conséquent, ces quatre versets s'appliquent à tout croyant qui s'y conforme, qu'il soit arabe, non arabe ou un des Gens du Livre, humain ou djinn. Car une des qualifications ne peut être valable sans l'autre : croire en l'invisible n'est valable qu'en croyant à ce qui est apporté par l'Envoyé et à ce qui fut apporté par les autres envoyés et en ayant la certitude à la vie dernière : « Ô les croyants! Soyez fermes en votre foi en Dieu, en Son Messager, au Livre qu'il a fait descendre sur Son Messager, et au Livre qu'il a fait descendre avant » (4.136)

« Et dites : Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c'est à Lui que nous nous soumettons » (29.46) « Le Messager a cru en ce qu'on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Dieu, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers; (en disant) : Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers> » (2.285)

5. Ceux-là (ceux qui se conforment aux qualifications précédentes), sont sur le bon chemin de leur Seigneur (suivent la lumière, l'évidence venant de Dieu) ce sont eux qui réussissent (triomphent dans la vie de l'ici-bas et la vie dernière).

Commentaire : Ibn Abbâs -qu’Allah l’agrée- : « Suivent la lumière venue de leur Maître et se conforment à ce qu'il leur a envoyé ».

Ce sont eux qui réussissent : ceux-là sont ceux qui trouveront ce dont ils sont en quête, et se délivreront du mal de ce qu’ils fuient.

6. Ceux qui couvrent la Vérité et la cachent, que tu leur donnes l'alarme ou que tu ne la leur donnes pas, cela leur est égal

Commentaire : Ils ne croiront pas en ce tu leur apportes. « Ceux contre qui la parole (la menace) de ton Seigneur se réalisera ne croiront pas, même si tous les signes leur parvenaient, jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux » (10.96-97) Ainsi donc il n'y a pas de bonheur à qui Dieu predestine l'infortune, il n'y a pas de guidance à qui Dieu écrit la perdition. « Alors, ne sois pas triste pour eux, transmets-leur le Message; celui qui répond favorablement aura large grâce et celui qui se détourne t'importe peu : ton devoir est seulement la communication du , et le règlement de compte sera à Nous » (13.40)

Selon Ibn Abbâs, l'Envoyé d’Allah -salla Allahou ‘alayhi wa salam- tenait énormément à ce que tous les hommes croient et suivent la guidance : Dieu l'informa alors que ne croirait que celui à qui Dieu avait écrit le bonheur dans le Rappel premier, et ne s'égarait que celui à qui Dieu avait écrit l'infortune dans le Rappel premier.

6... ils ne croiront jamais

Commentaire : Ils sont dénégateurs dans les deux cas. Le segment confirme ce qui précède.

7. Dieu a scellé leurs coeurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue

Commentaire : Cela veut dire qu'ils ne voient pas de guidance, n'entendent pas, ne comprennent pas et ne raisonnent pas. Selon Mujâhid, le cœur des dénégateurs est scellé sous-entend que les péchés se fixent dans leur cœur si bien qu'ils l'entourent complètement. En outre, Il donne la métaphore du scellage de leur cœur, en raison de leur dénégation : « Non pas! Seulement Dieu y posa le sceau de la dénégation. »

Selon Ibn Jarîr -qu’Allah lui fasse Miséricorde- : « Certains disent que Dieu a scellé leurs cœurs veut dire que Dieu nous informe sur l'orgueil des dénégateurs et leur refus d'entendre la Vérité à laquelle ils sont appelés. ».

Comme on dit, telle personne est sourde à ce qu'on lui dit, quand elle refuse d'entendre. Mais cela est inexact dans ce verset, puisque c'est Dieu qui nous informe qu'il a scellé aux dénégateurs le cœur et l'ouïe. En outre, la Tradition jette une lumière qui montre ce qui est juste. En effet, il est rapporté que le Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « Si le croyant commet un péché, un point noir s'installe dans son cœur. S'il s'en repent, s'en décolle, se blâme, son cœur se récure. Mais s'il en rajoute, le point noir augmente, si bien qu'il domine son cœur. C'est cela dont parle Dieu : « non pas ! mais leur cœur s'est souillé de leurs propres acquis. » » Donc, l'Envoyé informe que si les péchés se succèdent sur le cœur, celui-ci se ferme, permettant ainsi l'arrivée du scellage décidée par Dieu. Et alors la croyance n'y trouvera plus d'issue, non plus que la dénégation n'y trouvera d'échappatoire.

Ici, Dieu commence par montrer ce qu'il en est réellement des hypocrites. Ces derniers manifestent la croyance, tout en dissimulant la dénégation au fond d'eux-mêmes. Comme leur vérité est difficile à être vue des croyants, Dieu s'étend sur le sujet, dans plusieurs sourates (S. IX, S. XXIV, S. LXIII), afin de les faire connaître.

Donc, l'hypocrisie se définit ainsi : manifester le bien tout en dissimulant le mal. Et puis, il y a plusieurs catégories d'hypocrisie : l'hypocrisie idéologique qui conduit en Enfer et celle pratique qui est définie comme le plus grave des péchés. Chez l'hypocrite, la parole contredit l'action, et le dissimulé l'apparent. Les traits caractéristiques des hypocrites ont été révélés dans les sourates médinoises, car à la Mecque, il n'y avait pas d'hypocrisie mais plutôt de la dénégation. Par ailleurs, Dieu attire l'attention sur les traits distinctifs des hypocrites, pour que les croyants ne se leurrent pas et pour qu'il n'y ait pas de corruption généralisée.

8. Parmi les gens, il y a ceux qui disent : ‹Nous croyons en Dieu et au Jour dernier!›

Commentaire : Les hypocrites disent cela du bout des lèvres seulement. Ailleurs, il est dit « Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : Nous attestons que tu es certes le Messager de Dieu » (63.1) : ils disent cela quand ils viennent à toi seulement, tandis qu'en fait, ils n'y croient pas : dénonce leur fausse croyance. Ailleurs : « et Dieu atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs » (63.1) dément leur attestation déclarée.

9. Ils cherchent à tromper Dieu et les croyants

Commentaire : Ils cherchent à tromper Dieu et les croyants, par la manifestation de la croyance et la dissimulation de la dénégation. Ignorants qu'ils sont, ils pensent berner ainsi Dieu, et que cela leur sera inutile auprès de Lui. C'est pourquoi il est dit « mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, et ils ne s'en rendent pas compte. »

10. Il y a dans leurs cœurs une maladie

Commentaire : Dans le cœur il y a de la suspicion.

10... et Dieu laisse croître leur maladie

Commentaire : Dieu leur a ajouté de la suspicion.

Ibn Abbâs -qu’Allah l’agrée- a dit : « La maladie dont il s'agit est l'hypocrisie. »

Abdarrahmân ibn Aslam -qu’Allah l’agrée- : « Cela est une maladie qui touche la foi, non une maladie qui atteint le corps. » Donc, la maladie dont parle le verset est la suspicion qui investit les hypocrites à propos de l'Islam. et Dieu laisse croître leur maladie : Dieu leur a ajouté de l'opprobre : « Et quand une Sourate est révélée, il en est parmi eux qui dit : ‹Quel est celui d'entre vous dont elle fait croître la foi?› Quant aux croyants, elle fait certes croître leur foi, et ils s'en réjouissent. Mais quant à ceux dont les coeurs sont malades elle ajoute une souillure à leur souillure, et ils meurent dans la mécréance » (9.124-125) Il leur a ajouté un mal à un mal, un égarement à un égarement. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti : ils auront le châtiment qu'ils méritent, parce qu'ils sont des menteurs et dénient l'existence de l'invisible. D'autre part, s'agissant de la vie "normale" que vécurent les hypocrites contemporains du Prophète, sa justification se trouve dans ce hadith du Prophète : Je déteste que les Arabes disent que Muhammad tue ses compagnons. Ach-Châfi'y donne une autre raison qui, selon lui, empêcha l'Envoyé -salla Allahou ‘alayhi wa salam- de tuer les hypocrites : ils manifestaient leur islam. A cet effet, il est rapporté que l'Envoyé -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « J'ai reçu ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent il n'y de dieu que Dieu. S'ils la disent, ils sauvegardent leur sang et leurs biens, en dehors de ce qui est de droit, et ainsi leur jugement dépend de Dieu. » Par conséquent, la proclamation de la formule du monothéisme entraîne formellement l'application des règles de l'Islam. Donc, si l'individu qui la proclame y croit vraiment, il trouvera bonne rétribution dans la vie dernière, mais s'il n'y croit pas, elle ne lui sera d'aucune utilité : « les hypocrites appellent (les élus) : ‹N'étions-nous pas avec vous?› leur crieront-ils. ‹Oui, répondront [les autres] mais vous vous êtes laissés tenter, vous avez comploté (contre les croyants) et vous avez douté et de vains espoirs vous ont trompés, jusqu'à ce que vînt l'ordre de Dieu » (57.14).

Selon as-Suddy, qui se réfère à Ibn Mas'ûd, cette parole divine concerne les hypocrites; le dégât sur la terre est la dénégation, ainsi que la désobéissance à Dieu.