Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

samedi 29 août 2015

La fatuité (al-'ujb) et Le remède par Ibn kodama Al-Maqdissi

On rapporte d'après Abû Hurayra - رضي الله عنه - que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Pendant qu'un homme se pavanait dans deux manteaux et qu'il était plein d'admiration pour lui-même, Allah l'a englouti sous terre où il ne cessera de s'enfonce jusqu'au Jour de la Résurrection ». Le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit également : « Il y a trois choses qui sont destructives : une avarice à laquelle on cède, une passion qu'on suit et le fait que l'individu soit imbu de lui-même » 
On rapporte qu'Ibn Mus'ûd - رضي الله عنه - a dit : « La perdition réside en deux choses : la fatuité (al-'ujb) et le désespoir (al-qunût) ». S'il les a réunis, c'est parce que le bonheur (as-sa'âda) ne s'obtient qu'au moyen de la recherche (at-talb) et du labeur (at-tashmîr), tandis que le désespéré ne recherche pas et l'homme imbu de lui même croit qu'il a déjà obtenu ce qu'il veut, c'est pourquoi il ne s'active pas. Mutrif -رحمه الله - disait : « Je préfère passer la nuit en dormant et me lever avec des regrets, plutôt que de passer la nuit debout en prière et de me lever imbu de moi même. »
Sache aussi, que la fatuité conduit à l'orgueil, parce qu'elle est l'une de ses causes, car la fatuité génère de l'orgueil et l'orgueil génère beaucoup de vices. Ceci dans les rapports avec les créatures. Envers Allah, la fatuité se rapporte aux actes de dévotion, parce qu'on les trouve grands. C'est comme si le fidèle rappellait à Allah -تعالى - que c'était lui qui les accomplissait en oubliant les bienfaits d'Allah en sa faveur et le fait qu'il a accordé la réussite pour les accomplir, et en s'aveuglant devant les vices qui affectent ces actes.
A vrai dire, ne scrute les défauts des œuvres que celui qui craint qu'on ne les accepte pas, parce qu'il les agrée et les admire.
Le remède contre la fatuité ('ilâju l-'ujbi)

Sache que c'est Allah - سبحانه - qui est ton Bienfaiteur, car c'est Lui qui t'a donné l'existence et a rendu possible tes oeuvres. Aussi, il n'y a aucun sens à la fatuité de l'homme pour son œuvre, du savant pour sa science, de celui qui est beau pour sa beauté, du riche pour sa richesse, car tout cela provient de la faveur (fadl) d'Allah -تعالى-. L'être humain n'est qu'un support pour le débordement des bienfaits en sa faveur.
D'ailleurs, le fait qu'il soit un support, constitue un autre bienfait en sa faveur. Si tu dis que l'œuvre se réalise grâce à ta puissance, et on n'imagine l'œuvre que par ton existence et l'actualisation de ton action, de ta volonté et de ta puissance, d'où vient donc ta puissance ?
Sache que tout provient d'Allah -
 تعالى- et non pas de toi. Et si l'œuvre s'actualise grâce à la puissance, c'est que la puissance est sa clé. Or, cette clé est dans les mains d'Allah - تعالى -.
Et tant que tu ne reçois pas la clé, tu ne peux pas réaliser l'œuvre. C'est comme si tu te mettais devant une armoire fermée que tu ne peux pas ouvrir, sauf si on te donne la clé.
En effet, il est rapporté dans les deux Recueils Authentiques, d'après le Hadîthtransmis par Abû Hurayra - رضي الله عنه -, que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Pour aucun de vous, son œuvre ne le fera entrer au Paradis. » Les gens présents lui ont demandé : Même pas toi ô Envoyé d'Allah ? Il a dit : « Même pas moi, sauf si Allah me comble de Sa miséricorde et de Sa faveur ».
Sache également que la fatuité est générée par les mêmes causes qui favorisent l'orgueil. Nous avons déjà évoqué ces causes et leurs remèdes.
C'est le cas notamment de la fatuité due à la descendance. Ainsi, le noble croit parfois que la noblesse de ses parents lui assure son salut. Le remède contre cela, c'est de savoir que, s'il diverge par rapport à ses parents et croit qu'il aura le même sort qu'eux, il fait preuve d'ignorance, et s'il se conforme à eux, ce qui importe ce n'est pas le fait d'admirer leurs vertus, mais de craindre pour le sort de son âme. A vrai dire, la noblesse est conférée par l'obéissance louable (at-tâ'atu l-mahmûda) et non pas par la descendance et la filiation. Allah - تعالى - a dit :
"Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux d'entre vous ". [Qur'ân Sûratu l-hajarât (44) - 13].
De même le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit à sa fille : « Ô Fâtima ! Je )ne peux en rien t'être utile devant Allah ». Si tu dis : Mais le noble espère que ses proches intercèdent en sa faveur ? La réponse est la suivante : tous les musulmans espèrent l'intercession (ach-chafâ'at); il arrive qu'on intercède en faveur d'une personne après qu'elle soit brûlée par le feu et il arrive que les péchés soient si grands que l'intercession ne permette plus de la sauver.
Il est rapporté dans les deux Recueils Authentiques, d'après le Hadîth transmis parAbû Hurayra - رضي الله عنه - que le prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Je verrai l'un de vous qui viendra au jour de la Résurrection portant sur le cou un chameau qui mugissait. Il me dira : ô Envoyé d'Allah ! Secours-moi ! Je lui répondrai : je ne peux rien pour toi. Je t'ai déjà averti ».
Celui qui s'adonne ardemment aux péchés en comptant sur l'espoir de l'intercession s'apparente au malade qui se laisse aller aux plaisirs comptant sur l'habileté et la compétence de son médecin bienveillant. C'est là une attitude pleine d'ignorance, car l'effort du médecin peut servir contre certaines maladies, non pas contre tous les maux.
Ceci s'éclaire davantage lorsqu'on sait que les compagnons craignaient beaucoup la vie future. Comment, dans ces conditions, celui qui n'a pas atteint leurs rangs peut-il compter sur l'intercession ou sur autre chose ?
La fatuité peut être générée également par la fausse opinion, conformément à la Parole divine :
" Qu'adviendra-t-il de celui pour qui la laideur de son action aura été revêtue d'apparences trompeuses et qui considérera comme un bien ? " [Qur'ân Sûratu l-Fâtir (35) - 8]
Le remède contre cela est plus difficile que les remèdes contre d'autres maux. En effet, l'homme qui est imbu de lui-même et de ses opinions personnelles, n'écoute point les conseils. D'ailleurs, comment peut-il abandonner ce qu'il considère comme une planche de salut ?
En général, le seul remède qui lui convient, consiste à ne pas se fier constamment à ses propres opinions, et à éviter qu'il n'en soit dupé, sauf s'il bénéficie du témoignage favorable et irréfutable du Livre Saint, ou de la Sunna, ou d'une preuve rationnelle qui réunit toutes conditions requises. Mais on ne parvient à le connaître qu'en fréquentant les savants et en pratiquant le Livre Saint et la Sunna.
Il convient également, pour celui qui ne consacre pas sa vie à la science (al-'ilm), de ne pas s'engager dans le débat autour des rites et doctrines et de s'en tenir au dogme général en croyant qu'Allah - سبحانه- est Un, qu'il n'a pas d'associé, que « Rien ne ressemble. Il est Celui qui entend et voit » que Son Messager est véridique (as-Sâdiq) dans ce qu'il a rapporté. Il doit aussi croire à ce qui est mentionné dans le Qur'ân sans chercher ni creuser, en consacrant plutôt son temps à la crainte révérencielle (at-taqwâ) et à l'accomplissement des œuvres d'obéissance. Car s'il se lance dans les débats doctrinaux et aspire à acquérir la connaissance, il périra.
http://www.quisontlesmusulmans.com/search/label/Minhaj%20Al-qassidine%20par%20Ibn%20kodama%20Al-Maqdissi

La transformation détestable par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi


La transformation détestable est le fait de remplacer un habit prétentieux par un autre habit de prétention ce qui est insensé.
C’est le passage d’un état insensé à un autre état insensé sans raison obligeante.
Quant au fait d’utiliser un habit autant que possible dans la mesure où l’on en a besoin et de laisser ce dont on n’a pas besoin, c'est une grande épreuve de sagesse.
Le Prophète, que les bénédictions et la paix soient sur lui, qui est le meilleur exemple de bien, dont les mœurs sont louées par Allah – exalté soit-Il – qui est celui qu’Allah a pourvu de toues les vertus et a éloigné de tous défauts, visitait les malades avec ses compagnons et ce, en allant à pieds sans souliers ni chaussures, ni chapeau ni béret. Il portait des fourrures et des habits colorés quand il en avait.
Il ne s’offrait pas ce dont il n’avait pas besoin et n'excluait pas ce dont il avait besoin. Il renonçait à ce qu’il ne trouvait pas grâce à ce qu’il avait.Tantôt il marchait les pieds nus, tantôt il portait des souliers et montait la merveilleuse mule blonde. Parfois, il montait le cheval sans selle, parfois un chameau, ou un âne avec l’un de ses compagnons derrière lui.
Il mangeait parfois des dattes sans pain ou bien du pain sec, des agneaux ou de la chèvre rôtie, des melons et des gâteaux.
Il prenait de la nourriture, faisait des dons et renonçait à ce dont il n’avait pas besoin.
Il ne dépensait pas plus qu’il n’en avait besoin, ne se mettait pas en colère pour son propre
compte mais ne renonçait pas à la colère pour le compte de son Seigneur – exalté soit-Il.
La fermeté et ce que d’autres appellent comme telle qui n’est autre que de l’obstination sont semblables. Seul un connaisseur de moralité peut les distinguer.
Cependant, l’obstination diffère de la fermeté parce qu’elle porte sur ce qui est faux ou sur ce que l’on a fait afin de défendre son point de vue, certain ou non de son erreur et de sa pertinence.
Cela est à blâmer et contraire à la justice.
La fermeté au sujet des justes convictions qu’il est judicieux de définir comme telle, porte sur ce qui est juste ou ce que l’on croit l’être jusqu’à preuve du contraire.
Cela est louable.  Son contraire est le désarroi.
Mais on peut reprocher aux deux le fait qu’on oublie de méditer sur ce au sujet duquel on se montre ferme. Et on renonce à déterminer sa pertinence ou son erreur.

La sincérité et l’amour des compliments sont inconciliables: par Ibn Al-Qayyim

La sincérité du cœur d’une part, et l’amour des éloges, des compliments et la convoitise à l’égard de ce que possèdent les autres d’autre part, sont aussi inconciliables que l’eau et le feu, ou le lézard et la baleine. Si tu te décide à être sincère, saisis toi alors de la convoitise à l’égard de ce que les gens possèdent et sacrifie la à l’aide du couteau du désespoir à l’égard de leurs biens.
Occupe toi ensuite des éloges et des compliments et renonces y avec autant de mépris que les amoureux de ce bas monde renoncent à l’au delà. Si tu arrives à sacrifier la convoitise et à renoncer aux éloges et aux compliments, la sincérité te sera alors facile.
Si tu me demandes : Qu’est ce qui pourrait m’aider à sacrifier la convoitise et à renoncer aux éloges et aux compliments ?
Je te réponds : Concernant le sacrifice de la convoitise, cela te sera facile dès lors que tu sauras avec certitude que quelle que soit la chose que tu convoites, les clés y menant son détenues par Allah ta’ala , personne d’autre que Lui ne les possède, et personne ne peut les octroyer au serviteur si ce n’est Lui. Quant au fait de renoncer aux éloges et aux compliments, cela te sera facile dès lors que tu sauras que seules les éloges d’Allah sont bénéfiques et valorisantes et que seules Ses blâmes sont néfastes et avilissants, comme lorsqu’un bédouin dit au prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam : « Sache que mes éloges embellissent leur destinataire mais que mes diatribes l’avilissent.
Le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam déclara : Ceci est une caractéristiques d’Allah seul. »
Renonce donc aux éloges de ceux dont les éloges ne te valoriseront en rien, et aux blâmes de ceux dont les blâmes ne pourront t’avilir. Recherche en revanche les éloges de Celui dont toute valorisation se retrouve dans les éloges qu’Il prodigue, et dont tout avilissement se retrouve dans les blâmes qu’Il prononce. Cependant, tout ceci ne peut se réaliser que par la patience et la certitude. Si tu te délestes de la patience et de la certitude, tu seras alors comparable à celui qui désire voguer en mer sans embarcation. Allah ta’ala dit : « Sois donc patient, car la promesse d’Allah est vérité. Et que ceux qui n’ont pas la
certitude ne t’ébranlent pas ! » (Sourate Ar Rûm verset 60)
« Et Nous avons désigné parmi eux des guides qui orientaient les gens par Notre ordre aussi longtemps qu’ils patientaient et croyaient avec certitude en nos versets. » (Sourate As Sajdah verset 24).