Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

dimanche 30 août 2015

Le sommet de la justice par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Le sommet de la justice est de donner aux autres leurs droits et de saisir les tiens, et celui de
l’injustice est de saisir tes droits et ne pas remettre aux autres les leurs.
Le sommet de la générosité est de remettre aux autres leurs dus par obéissance et que tu
abandonnes tes droits aux autres par volonté.
Cela est également de la bienfaisance.
Toute charité est générosité et bienfaisance.
Mais toute générosité et bienfaisance n’est pas de la charité car la bienfaisance est plus
générale et la charité plus spécifique.
Ainsi la clémence relève de la bienfaisance et non de la charité, la bienfaisance est une
obligation majorée d’un acte surérogatoire.

samedi 29 août 2015

La fatuité (al-'ujb) et Le remède par Ibn kodama Al-Maqdissi

On rapporte d'après Abû Hurayra - رضي الله عنه - que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Pendant qu'un homme se pavanait dans deux manteaux et qu'il était plein d'admiration pour lui-même, Allah l'a englouti sous terre où il ne cessera de s'enfonce jusqu'au Jour de la Résurrection ». Le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit également : « Il y a trois choses qui sont destructives : une avarice à laquelle on cède, une passion qu'on suit et le fait que l'individu soit imbu de lui-même » 
On rapporte qu'Ibn Mus'ûd - رضي الله عنه - a dit : « La perdition réside en deux choses : la fatuité (al-'ujb) et le désespoir (al-qunût) ». S'il les a réunis, c'est parce que le bonheur (as-sa'âda) ne s'obtient qu'au moyen de la recherche (at-talb) et du labeur (at-tashmîr), tandis que le désespéré ne recherche pas et l'homme imbu de lui même croit qu'il a déjà obtenu ce qu'il veut, c'est pourquoi il ne s'active pas. Mutrif -رحمه الله - disait : « Je préfère passer la nuit en dormant et me lever avec des regrets, plutôt que de passer la nuit debout en prière et de me lever imbu de moi même. »
Sache aussi, que la fatuité conduit à l'orgueil, parce qu'elle est l'une de ses causes, car la fatuité génère de l'orgueil et l'orgueil génère beaucoup de vices. Ceci dans les rapports avec les créatures. Envers Allah, la fatuité se rapporte aux actes de dévotion, parce qu'on les trouve grands. C'est comme si le fidèle rappellait à Allah -تعالى - que c'était lui qui les accomplissait en oubliant les bienfaits d'Allah en sa faveur et le fait qu'il a accordé la réussite pour les accomplir, et en s'aveuglant devant les vices qui affectent ces actes.
A vrai dire, ne scrute les défauts des œuvres que celui qui craint qu'on ne les accepte pas, parce qu'il les agrée et les admire.
Le remède contre la fatuité ('ilâju l-'ujbi)

Sache que c'est Allah - سبحانه - qui est ton Bienfaiteur, car c'est Lui qui t'a donné l'existence et a rendu possible tes oeuvres. Aussi, il n'y a aucun sens à la fatuité de l'homme pour son œuvre, du savant pour sa science, de celui qui est beau pour sa beauté, du riche pour sa richesse, car tout cela provient de la faveur (fadl) d'Allah -تعالى-. L'être humain n'est qu'un support pour le débordement des bienfaits en sa faveur.
D'ailleurs, le fait qu'il soit un support, constitue un autre bienfait en sa faveur. Si tu dis que l'œuvre se réalise grâce à ta puissance, et on n'imagine l'œuvre que par ton existence et l'actualisation de ton action, de ta volonté et de ta puissance, d'où vient donc ta puissance ?
Sache que tout provient d'Allah -
 تعالى- et non pas de toi. Et si l'œuvre s'actualise grâce à la puissance, c'est que la puissance est sa clé. Or, cette clé est dans les mains d'Allah - تعالى -.
Et tant que tu ne reçois pas la clé, tu ne peux pas réaliser l'œuvre. C'est comme si tu te mettais devant une armoire fermée que tu ne peux pas ouvrir, sauf si on te donne la clé.
En effet, il est rapporté dans les deux Recueils Authentiques, d'après le Hadîthtransmis par Abû Hurayra - رضي الله عنه -, que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Pour aucun de vous, son œuvre ne le fera entrer au Paradis. » Les gens présents lui ont demandé : Même pas toi ô Envoyé d'Allah ? Il a dit : « Même pas moi, sauf si Allah me comble de Sa miséricorde et de Sa faveur ».
Sache également que la fatuité est générée par les mêmes causes qui favorisent l'orgueil. Nous avons déjà évoqué ces causes et leurs remèdes.
C'est le cas notamment de la fatuité due à la descendance. Ainsi, le noble croit parfois que la noblesse de ses parents lui assure son salut. Le remède contre cela, c'est de savoir que, s'il diverge par rapport à ses parents et croit qu'il aura le même sort qu'eux, il fait preuve d'ignorance, et s'il se conforme à eux, ce qui importe ce n'est pas le fait d'admirer leurs vertus, mais de craindre pour le sort de son âme. A vrai dire, la noblesse est conférée par l'obéissance louable (at-tâ'atu l-mahmûda) et non pas par la descendance et la filiation. Allah - تعالى - a dit :
"Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux d'entre vous ". [Qur'ân Sûratu l-hajarât (44) - 13].
De même le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit à sa fille : « Ô Fâtima ! Je )ne peux en rien t'être utile devant Allah ». Si tu dis : Mais le noble espère que ses proches intercèdent en sa faveur ? La réponse est la suivante : tous les musulmans espèrent l'intercession (ach-chafâ'at); il arrive qu'on intercède en faveur d'une personne après qu'elle soit brûlée par le feu et il arrive que les péchés soient si grands que l'intercession ne permette plus de la sauver.
Il est rapporté dans les deux Recueils Authentiques, d'après le Hadîth transmis parAbû Hurayra - رضي الله عنه - que le prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Je verrai l'un de vous qui viendra au jour de la Résurrection portant sur le cou un chameau qui mugissait. Il me dira : ô Envoyé d'Allah ! Secours-moi ! Je lui répondrai : je ne peux rien pour toi. Je t'ai déjà averti ».
Celui qui s'adonne ardemment aux péchés en comptant sur l'espoir de l'intercession s'apparente au malade qui se laisse aller aux plaisirs comptant sur l'habileté et la compétence de son médecin bienveillant. C'est là une attitude pleine d'ignorance, car l'effort du médecin peut servir contre certaines maladies, non pas contre tous les maux.
Ceci s'éclaire davantage lorsqu'on sait que les compagnons craignaient beaucoup la vie future. Comment, dans ces conditions, celui qui n'a pas atteint leurs rangs peut-il compter sur l'intercession ou sur autre chose ?
La fatuité peut être générée également par la fausse opinion, conformément à la Parole divine :
" Qu'adviendra-t-il de celui pour qui la laideur de son action aura été revêtue d'apparences trompeuses et qui considérera comme un bien ? " [Qur'ân Sûratu l-Fâtir (35) - 8]
Le remède contre cela est plus difficile que les remèdes contre d'autres maux. En effet, l'homme qui est imbu de lui-même et de ses opinions personnelles, n'écoute point les conseils. D'ailleurs, comment peut-il abandonner ce qu'il considère comme une planche de salut ?
En général, le seul remède qui lui convient, consiste à ne pas se fier constamment à ses propres opinions, et à éviter qu'il n'en soit dupé, sauf s'il bénéficie du témoignage favorable et irréfutable du Livre Saint, ou de la Sunna, ou d'une preuve rationnelle qui réunit toutes conditions requises. Mais on ne parvient à le connaître qu'en fréquentant les savants et en pratiquant le Livre Saint et la Sunna.
Il convient également, pour celui qui ne consacre pas sa vie à la science (al-'ilm), de ne pas s'engager dans le débat autour des rites et doctrines et de s'en tenir au dogme général en croyant qu'Allah - سبحانه- est Un, qu'il n'a pas d'associé, que « Rien ne ressemble. Il est Celui qui entend et voit » que Son Messager est véridique (as-Sâdiq) dans ce qu'il a rapporté. Il doit aussi croire à ce qui est mentionné dans le Qur'ân sans chercher ni creuser, en consacrant plutôt son temps à la crainte révérencielle (at-taqwâ) et à l'accomplissement des œuvres d'obéissance. Car s'il se lance dans les débats doctrinaux et aspire à acquérir la connaissance, il périra.
http://www.quisontlesmusulmans.com/search/label/Minhaj%20Al-qassidine%20par%20Ibn%20kodama%20Al-Maqdissi

La transformation détestable par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi


La transformation détestable est le fait de remplacer un habit prétentieux par un autre habit de prétention ce qui est insensé.
C’est le passage d’un état insensé à un autre état insensé sans raison obligeante.
Quant au fait d’utiliser un habit autant que possible dans la mesure où l’on en a besoin et de laisser ce dont on n’a pas besoin, c'est une grande épreuve de sagesse.
Le Prophète, que les bénédictions et la paix soient sur lui, qui est le meilleur exemple de bien, dont les mœurs sont louées par Allah – exalté soit-Il – qui est celui qu’Allah a pourvu de toues les vertus et a éloigné de tous défauts, visitait les malades avec ses compagnons et ce, en allant à pieds sans souliers ni chaussures, ni chapeau ni béret. Il portait des fourrures et des habits colorés quand il en avait.
Il ne s’offrait pas ce dont il n’avait pas besoin et n'excluait pas ce dont il avait besoin. Il renonçait à ce qu’il ne trouvait pas grâce à ce qu’il avait.Tantôt il marchait les pieds nus, tantôt il portait des souliers et montait la merveilleuse mule blonde. Parfois, il montait le cheval sans selle, parfois un chameau, ou un âne avec l’un de ses compagnons derrière lui.
Il mangeait parfois des dattes sans pain ou bien du pain sec, des agneaux ou de la chèvre rôtie, des melons et des gâteaux.
Il prenait de la nourriture, faisait des dons et renonçait à ce dont il n’avait pas besoin.
Il ne dépensait pas plus qu’il n’en avait besoin, ne se mettait pas en colère pour son propre
compte mais ne renonçait pas à la colère pour le compte de son Seigneur – exalté soit-Il.
La fermeté et ce que d’autres appellent comme telle qui n’est autre que de l’obstination sont semblables. Seul un connaisseur de moralité peut les distinguer.
Cependant, l’obstination diffère de la fermeté parce qu’elle porte sur ce qui est faux ou sur ce que l’on a fait afin de défendre son point de vue, certain ou non de son erreur et de sa pertinence.
Cela est à blâmer et contraire à la justice.
La fermeté au sujet des justes convictions qu’il est judicieux de définir comme telle, porte sur ce qui est juste ou ce que l’on croit l’être jusqu’à preuve du contraire.
Cela est louable.  Son contraire est le désarroi.
Mais on peut reprocher aux deux le fait qu’on oublie de méditer sur ce au sujet duquel on se montre ferme. Et on renonce à déterminer sa pertinence ou son erreur.

La sincérité et l’amour des compliments sont inconciliables: par Ibn Al-Qayyim

La sincérité du cœur d’une part, et l’amour des éloges, des compliments et la convoitise à l’égard de ce que possèdent les autres d’autre part, sont aussi inconciliables que l’eau et le feu, ou le lézard et la baleine. Si tu te décide à être sincère, saisis toi alors de la convoitise à l’égard de ce que les gens possèdent et sacrifie la à l’aide du couteau du désespoir à l’égard de leurs biens.
Occupe toi ensuite des éloges et des compliments et renonces y avec autant de mépris que les amoureux de ce bas monde renoncent à l’au delà. Si tu arrives à sacrifier la convoitise et à renoncer aux éloges et aux compliments, la sincérité te sera alors facile.
Si tu me demandes : Qu’est ce qui pourrait m’aider à sacrifier la convoitise et à renoncer aux éloges et aux compliments ?
Je te réponds : Concernant le sacrifice de la convoitise, cela te sera facile dès lors que tu sauras avec certitude que quelle que soit la chose que tu convoites, les clés y menant son détenues par Allah ta’ala , personne d’autre que Lui ne les possède, et personne ne peut les octroyer au serviteur si ce n’est Lui. Quant au fait de renoncer aux éloges et aux compliments, cela te sera facile dès lors que tu sauras que seules les éloges d’Allah sont bénéfiques et valorisantes et que seules Ses blâmes sont néfastes et avilissants, comme lorsqu’un bédouin dit au prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam : « Sache que mes éloges embellissent leur destinataire mais que mes diatribes l’avilissent.
Le prophète sallallahu ‘alayhi wa sallam déclara : Ceci est une caractéristiques d’Allah seul. »
Renonce donc aux éloges de ceux dont les éloges ne te valoriseront en rien, et aux blâmes de ceux dont les blâmes ne pourront t’avilir. Recherche en revanche les éloges de Celui dont toute valorisation se retrouve dans les éloges qu’Il prodigue, et dont tout avilissement se retrouve dans les blâmes qu’Il prononce. Cependant, tout ceci ne peut se réaliser que par la patience et la certitude. Si tu te délestes de la patience et de la certitude, tu seras alors comparable à celui qui désire voguer en mer sans embarcation. Allah ta’ala dit : « Sois donc patient, car la promesse d’Allah est vérité. Et que ceux qui n’ont pas la
certitude ne t’ébranlent pas ! » (Sourate Ar Rûm verset 60)
« Et Nous avons désigné parmi eux des guides qui orientaient les gens par Notre ordre aussi longtemps qu’ils patientaient et croyaient avec certitude en nos versets. » (Sourate As Sajdah verset 24).

mardi 25 août 2015

Paroles et citations de Muhammad Al-ghazali:Certaine personne présente mal la religionمن أقوال الشيخ محمد الغزالي: بعض الناس يسىء إلى الدين



"Certaine personne présente mal la religion, 
lorsqu'il néglige la discipline  
et ne redresse pas sa conduite et son comportement,
Alors qu'il a une vive dévotion pour ses apparences religieux,
  comme celui qui détient le savon dans sa main,  
sans l’utiliser pour se nettoyer." 
“بعض الناس يسىء إلى الدين عندما يهمل تهذيب طباعه وتقويم عوجه٬
 ثم يحرص على الاستمساك بشعائره٬
  كما يمسك الملوث قطع الصابون بيده٬ دون أن يذهب بها درئا.”


Les fondements des nobles caractères et des caractères vils par Ibn Al-Qayyim Al-Jawziya

Les fondements des caractères vils sont l’orgueil, la mesquinerie et la bassesse.
Quant aux fondements des nobles caractères, il s’agit de l’humilité et de l’ambition.
Ainsi, la gloriole, l’infatuation, la fatuité, la suffisance, la jalousie, la transgression,l’arrogance, l’injustice, la rudesse, la brutalité, le détournement, le refus du conseil sincère, l’égoïsme, l’amour du pouvoir, la soif de reconnaissance, d’autorité et d’éloges immérités, et autres vils caractères émanent tous de l’orgueil.
Quant au mensonge, la médiocrité, la traîtrise, l’ostentation, la tromperie, la fourberie, l’avidité, la couardise, la lâcheté, l’avarice, l’impuissance, la paresse, l’humilité pour autre qu’Allah, se contenter du moins quand on peut le plus, et autres caractères de ce genre, ils émanent tous de la bassesse, de la mesquinerie, et de la petitesse d’âme.
Pour ce qui est des nobles caractères comme la patience, le courage, la justice, l’honneur, la chasteté, la dignité, la générosité, la magnanimité, le pardon, l’indulgence, l’endurance, l’abnégation, préserver son âme de toute bassesse, la modestie, savoir se contenter de peu, la véracité, la sincérité, rendre la pareille voire mieux, à qui a été bienfaisant envers soi, ignorer les erreurs des autres, délaisser ce qui ne nous concerne pas, préserver son cœur de tous ces vils caractères et autres :
Tout cela émane de l’humilité et de l’ambition.
Allah ta’ala nous informe que lorsque la pluie tombe sur la terre aride qui lui est soumise, celle ci s’ébranle, développe sa flore, et fait étalage de toute sa beauté et splendeur. Il en est de même pour l’être humain, créé de terre. Mais cela ne peut se réaliser qu’à condition qu’il hérite d’une part de soutien divin.
Le feu quant à lui tend par nature à s’élever en détruisant tout ce qu’il touche.
Mais très rapidement, il s’éteint pour devenir la plus vile et la plus méprisable des choses.
Il en est de même pour les démons, créés à partir de feu.
Le feu se trouve donc soit dans une situation d’élévation quand il s’étend et s’amplifie, soit dans une situation de médiocrité et d’avilissement lorsqu’il s’atténue puis s’éteint.
Les caractères vils sont issus du feu et des démons qui en sont créés.
Les nobles caractères quant à eux sont issus de la terre et de l’être humain qui en est créé.
Quiconque a une grande ambition et sait faire preuve d’humilité se parera de tout noble caractère. Quiconque a une faible ambition et une âme orgueilleuse s’entachera de tout caractère vil.

Comment soigner l'orgueil et acquérir la modestie par Ibn kodama Al-Maqdissi

Sache que l'orgueil relève de ce qui est destructeur. Le soigner constitue une obligation individuelle (fardun ayn).
Pour y remédier, il convient d'adopter deux attitudes :
 La première attitude consiste à extirper ses racines et à couper son arbre. Pour cela, l'homme doit se connaître lui-même et connaître son Seigneur. En effet, lorsqu'il se connaît parfaitement, il sait qu'il est le plus vil des vils. Il lui suffit de regarder l'origine de son existence après le néant, à partir de la terre puis à partir d'une goutte de sperme sortie du conduit urinaire, puis à partir d'un grumeau de sang, puis à partir d'un embryon pour devenir quelque chose qu'on mentionne, alors qu'auparavant, c'était un objet inerte qui n'entend pas, ne voit pas, ne sent pas et ne se meut pas. Ainsi, il a débuté par sa mort avant sa vie, par sa faiblesse avant sa force et par son indigence avant sa richesse. Allah - تعالى - a fait allusion à cela en disant :
{ Comment Allah l'a-t-Il créé ? D'une goutte de sperme } 
[Qur'ân Sûratu 'Abassa (80) - 18-19]
Ensuite, Il lui a accordé Sa faveur en disant :
{ Puis Il a rendu son chemin facile } 
[Qur'ân Sûratu 'Abassa (80) - 20]
{ Nous lui avons donné l'ouïe et la vue } 
[Qur'ân Sûratu Ad-Dahru / al-insân (76) - 2]
Ainsi, c'est Allah qui lui a donné la vie après la mort, a parfaitement façonné sa forme, l'a fait venir au monde, l'a rassasié et abreuvé, l'a vêtu, guidé et raffermi. Quelqu'un qui a de tels débuts, comment peut-il s'enorgueillir ou s'en glorifier ? Si son existence se poursuivait selon son propre choix, on pourrait admettre que sa domination puisse se frayer un chemin. Mais il n'en est rien, puisqu'on lui a imposé des humeurs opposées et des maux terribles. Puis, au moment où sa constitution parvient à sa plénitude, il commence à décliner et s'autodétruire, sans posséder en lui-même le pouvoir de nuire ou d'être bénéfique, et il passe sa vie à se rappeler d'une chose pour l'oublier, à apprécier une chose qui le conduit à sa perte, à viser une chose sans l'obtenir, sans avoir la moindre assurance de ne pas être privé de sa vie à chaque instant. Tel est son état intermédiaire par rapport à son état de débutant. Quant à son état final, il se résume dans la mort qui le réduit à l'état inerte tel qu'il était avant d'exister. Puis, on le dépose sous terre où il devient un cadavre immonde : ses membres s'usent, ses os se dégradent, les vers de terre mangent ses restes et il se transforme en une terre qui sert pour les constructions. Ensuite, au terme d'une longue usure, ses membres seront rassemblés après leur dispersion et il assistera à la scène de la Résurrection où il verra une terre transformée, des montagnes déplacées, un ciel décroché, des étoiles disséminées, un soleil retourné, des états ténébreux, un Enfer grondant et des livrets déployés. On lui dira alors : { Lis ton livre ! Il suffit aujourd'hui pour rendre compte de toi-même } [Qur'ân Sûratu al-isrâ (17) - 14].
Il dira : C'est quoi mon livre ? On lui répondra : au cours de ta vie, dont tu t'étais réjouis en t'enorgueillissant de ses délices, on t'a préposé deux anges qui comptabilisaient tout ce que tu prononçais ou faisais, que ce soit beaucoup ou peu, tous tes gestes debout ou assis, tout ce que tu mangeais ou buvais, mais tu as tout oublié.
Allah -
 تعالى - l'a comptabilisé. Viens maintenant pour rendre des comptes et prépare tes réponses. Autrement on te conduira en Enfer.
Quelqu'un qui connaît une telle situation peut-il s'enorgueillir ? S'il va en Enfer, les animaux auront meilleur sort que lui parce qu'ils réintègrent la terre. Celui qui connaît cette situation et qui est incertain pour ce qui est du pardon de ses péchés, peut-il s'enorgueillir ? Qui peut, du reste, se soustraire à un péché qui mérite d'être sanctionné ?
En fait son état est comparable à celui d'un homme qui a commis à l'encontre de son roi un crime et qui mérite qu'on lui administre mille coups de fouet. On le met en prison en attendant de le faire sortir et de le punir ; il passe son temps à attendre qu'on l'appelle pour subir son châtiment. Un tel homme peut-il s'enorgueillir contre les gens de la prison (sijn) ?
Or, le bas monde n'est-il pas une prison ? Et les péchés n'impliquent-ils pas des sanctions ? Le remède pratique consiste à être vraiment humble devant Allah - تعالى - et Ses serviteurs. Ceci, en s'attachant régulièrement aux vertus des humbles. A ce propos, nous avons déjà évoqué la conduite (tarîq) de l'Envoyé d'Allah - صلى الله عليه وآله وسلم -, son attitude humble et son caractère sublime.
La deuxième attitude se rapporte à l'orgueil fondé sur la descendance et de la lignée. Que celui qui est gagné par l'orgueil du fait de sa descendance sache que c'est une glorification fondée sur la perfection d'autrui. Qu'il sache ensuite qu'il descend d'une goutte immonde et d'une poignée de terre. De même, que celui qui est gagné par l'orgueil, du fait de sa beauté, regarde son intérieur avec un regard sensé et ne regarde pas son extérieur comme le font les bêtes. Que celui qui est gagné de l'orgueil du fait de sa puissance, sache que si un nerf lui fait mal, il sera plus impuissant que tout impuissant, qu'une fièvre d'un jour réduit sa force, ce qu'une longue convalescence ne parvient pas à rétablir, qu'une épine qui s'enfonce dans son pied l'immobilise et qu'une puce qui s'introduit dans son oreille le gêne sérieusement !
De même, celui qui s'enorgueillit à cause de l'argent, regarde attentivement certains juifs, il verra qu'ils sont plus riches que lui. Que pour une gloire où les juifs viennent en tête et que le voleur peut subtiliser à tout instant, ce qui réduit son propriétaire au degré le plus bas.
Quant à celui qui s'enorgueillit à cause de la science, qu'il sache que la preuve d'Allah contre le savant est plus exigeante par rapport à l'ignorant. Qu'il réfléchisse au grand danger qui le menace, car l'orgueil est plus dangereux pour lui que pour autrui, au même titre que sa valeur est plus grande que celle d'autrui. Qu'il sache également que l'orgueil ne convient pas devant Allah - تعالى - et que s'il s'enorgueillit, il sera méprisé et dédaigné auprès d'Allah - تعالى - car allah aime la modestie et l'attitude humble.
Ainsi, à chaque cause de l'orgueil, le fidèle lui oppose son contraire et use pour ce faire de la modestie.
Sache également que, comme toute valeur, cette vertu comporte deux extrémités : son extrémité qui tend vers l'accroissement s'appelle « orgueil ». Son extrémité qui tend vers la réduction s'appelle « avilissement » et « abaissement ».
Le juste milieu s'appelle « modestie ». C'est cette attitude qui est louable. Ce juste milieu consiste à se montrer modeste et humble sans abaissement et humiliation. Car la meilleure des choses, c'est celle qui est médiane. Ainsi, celui qui devance ses pairs est un orgueilleux et celui s'attarde par rapport à eux, est un humble, parce qu'il a cédé une part de sa valeur. En revanche, lorsqu'un cordonnier ou quelqu'un de semblable rentre chez un savant et que celui-ci lui cède sa place pour s'asseoir ou l'accompagne jusqu'à la porte, ce savant fait preuve d'avilissement et d'abaissement, et c'est une attitude qui n'est pas louable, car ce qui est louable, c'est l'équité qui consiste à donner à chacun selon son droit.
Sa modestie envers les gens du commun consiste à être bienveillant lorsqu'on l'interroge, à être doux en leur parlant, à répondre à leur invitation, à résoudre leurs problèmes, à ne pas les dédaigner et les mépriser.

lundi 24 août 2015

Ainsi- la vie m'a appris de Mustapha Siba': Le tonnerre et l'eauهكذا علمتني الحياة لمصطفى السباعي:الرعد والماء



  - Le tonnerre sans pluie,  
ne pousse pas avec lui l'herbe,
Ainsi que le travail sans sincérité,  
ne donne pas de bonnes actions.
   - الرعد الذي لا ماء معه لا ينبت العشب،            
 وكذلك العمل الذي لا إخلاص فيه لا يثمر الخير.         

samedi 22 août 2015

Ainsi- la vie m'a appris de Mustapha Siba':Les croyances entre amour et haineهكذا علمتني الحياة لمصطفى السباعي:العقائد بين الحب والحقد


 
    Les croyances prescrites par la haine, 
sera démolis par la vengeance 
Les croyances construites par l'amour, 
 sera protégées par la bienfaisance.
       العقائد التي يبينها الحقد يهدمها الانتقام،                         
 والعقائد التي يبنيها الحب يحميها الإحسان.                     

jeudi 20 août 2015

Et si tu admires ton rang ici-bas par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Et si tu admires ton rang ici-bas, alors pense à tes opposants, tes adversaires et tes égaux.
S’ils s’avèrent vils, dépravés et indignes, sache qu’ils te ressemblent, ce qui est une honte si
l’on considère leur bassesse et la vilenie de leurs âmes et de leurs moeurs. 
Abandonne alors tout rang que tu as partagé avec eux. 

mercredi 19 août 2015

Mustapha Siba':Maux de cette civilisationمصطفى السباعي:من مفاسد هذه الحضارة


Parmi les maux de cette civilisation  
-On appelle la fraude intelligence, la décadence liberté,  
et le vice art, et l'exploitation de l'aide 
- من مفاسد هذه الحضارة أنها تسمّي الاحتيال ذكاءً،
 والانحلال حرية، والرذيلة فناً، والاستغلال معونة.
 Mustapha Siba'
مصطفى السباعي

Les limites du comportement par Ibn Al-Qayyim Al-Jawziya

Le comportement présente une limite supérieure. Lorsqu’elle est dépassée, il devient outrage.
Il présente également une limite inférieure. Si cette limite n’est pas atteinte, le comportement
devient faiblesse et bassesse.
Ainsi la colère présente une limite : Il s’agit du courage digne d’éloges, et le refus de s’abaisser à l’infamie et à la vilenie. Voilà la forme la plus parfaite de colère. Si elle dépasse cette limite, la colère devient transgression et oppression. Si elle ne l’atteint pas, elle n’est que lâcheté, et elle n’empêche pas
de sombrer dans l’infamie.
La convoitise présente une limite : c’est le fait de rechercher à acquérir les biens matériels
nécessaires et suffisants. Si cette limite n’est pas atteinte, la convoitise n’est plus que faiblesse
et gâchis. Si elle est dépassée, la convoitise devient avidité et ambition mal placée.
La jalousie présente une limite : il s’agit de se concurrencer dans la recherche de la perfection
et du refus d’être dépassé par autrui. Si on outrepasse cette limite en espérant que l’être
jalousé ne puisse plus profiter de son bienfait et en cherchant à lui faire mal cela devient de la
transgression et de l’injustice. Si cette limite n’est pas atteinte, le serviteur sombrera alors
dans la bassesse, la faiblesse d’ambition et la petitesse d’âme. Le Prophète sallallahu ‘alayhi
wa sallam a dit : « Il est interdit de jalouser autrui si ce n’est concernant deux situations :
celle d’un homme à qui Allah a donné des biens en quantité et qu’il dépense dans la vérité, et
celle d’un homme à qui Allah a accordé science par laquelle il juge et qu’il enseigne aux gens. »
Cette jalousie là est une jalousie de concurrence par laquelle l’être jaloux cherche à atteindre
le rang occupé par le jalousé. Ce n’est donc pas une jalousie abjecte par laquelle on espère
que le bienfait dont jouit l’être jalousé disparaisse.
Le désir présente une limite : Il s’agit l’assouvissement du désir aidant, d’accorder du repos au cœur et à la raison après les efforts fournis dans l’obéissance à Allah ta’ala et l’amélioration de soi. Si cette limite est dépassée, le désir n’est plus que lubricité et avidité sensuelle et se réduit à un instinct animal. Si cette limite n’est pas atteinte, et ne permet donc pas d’assouvir ses désirs, dans le but de ne se préoccuper ensuite que de la recherche de la perfection (de l’adoration) et des mérites, le serviteur fera alors aveu de faiblesse, d’impuissance et de bassesse.
Le repos présente une limite : Il s’agit de laisser son âme, ses sens et ses forces au repos, en se
préparant à la pratique d’actes d’obéissance et à la recherche des mérites et de leur prolifération.
Le but est que l’âme ne soit pas épuisée par l’effort et la fatigue, ce qui affaiblirait l’effet des mérites recherchés. Si cette limite est dépassée, c’est que le serviteur fait preuve de nonchalance, de paresse et d’apathie et la plupart de ses intérêts vitaux lui échapperont. Si cette limite,’est pas atteinte, ce sera alors néfaste pour ses forces qui faibliront, et l’excès d’effort pourrait même l’amener à délaisser tout acte, comme un cavalier pressé qui épuiserait sa monture : non seulement il ne pourra arriver à destination, mais il risque aussi de perdre sa monture.
La générosité présente une limite : elle se trouve entre deux extrêmes. Si cette limite est dépassée,
la générosité devient gaspillage et dilapidation des biens. Si elle n’est pas atteinte, elle devient
 avarice et cupidité.
Le courage présente une limite : si elle est dépassée, le courage devient imprudence. Si elle n’est pas atteinte, il devient lâcheté et couardise. Cette limite consiste à faire preuve d’audace quand il le faut, et faire preuve de retenue quand c’est nécessaire.
Mu’âwiyah dit un jour à
Amr ibn Al As -qu’Allah les agrée- : « J’ai du mal à savoir si tu es courageux ou lâche, tantôt, tu as une telle audace que je me dis : c’est le plus courageux des hommes. Mais parfois tu fais preuve d’une telle retenue que je me dis : c’est le plus lâche des hommes.
Amr lui répondit par les vers suivant : Courageux quand l’occasion se présente, Je fais preuve de retenue quand les circonstances l’imposent. » Rapporté par Al Bukhârî 73 et Muslim 816
La jalousie présente une limite : si elle est dépassée, elle se transforme en accusation infondée
et en mauvaise opinion à l’égard des innocents. Si elle n’est pas atteinte, elle devient naïveté,
voire prémices d’un manque d’honneur vis à vis de son épouse.
La modestie présente une limite : si elle est dépassée, elle devient médiocrité et petitesse. Si
elle n’est pas atteinte, elle devient orgueil et arrogance.
La fierté présente une limite : si elle est dépassée, elle devient orgueil et vil caractère. Si elle
n’est pas atteinte, elle devient humiliation et abaissement.
Le critère commun à tous ces caractères est l’équilibre qui consiste à se positionner dans le juste milieu, entre les deux extrémités que sont l’excès et la négligence.
C’est sur cet équilibre que reposent les intérêts de ce bas monde et de l’au delà.
Les intérêts du corps humain même dépendent de cet équilibre.
Ainsi, lorsque l’équilibre de certaines humeurs du corps humain se dérègle, les quantités idéales étant dépassées ou non atteintes, il en résulte des problèmes de santé et une diminution des forces proportionnels à la gravité de ce dérèglement. Il en est de même pour les attitudes naturelles du corps, comme le sommeil et la veillée, le manger et le boire, les relations sexuelle, les mouvements du corps, l’exercice physique, la solitude, la vie en société et autres. Si le serviteur s’inscrit dans le juste milieu en s’éloignant des deux extrêmes condamnables, il aura trouvé l’équilibre. Si en revanche, son âme tend vers un des deux extrêmes, elle sera alors déficiente et les carences se succéderont.
La connaissance des limites est une des sciences les plus importantes, et en particulier celle des limites des ordres et des interdits religieux. Les hommes les plus savants sont ceux dont la connaissance de ces limites est la plus approfondie, de telle façon qu’ils n’y intègrent pas ce qui n’en fait partie, et n’en excluent pas ce qui y participe.
Allah ta’ala a dit : « Les bédouins sont les plus endurcis dans la mécréance et l’hypocrisie, et les plus
enclins à méconnaître les limites de ce qu’Allah a révélé à Son messager » (Sourate At Tawbah verset 97)
Les plus équilibrés des hommes sont ceux qui s’inscrivent dans les limites des nobles caractères, des œuvres profanes et religieuses, tant d’un point de vue théorique que pratique.
Et c’est d’Allah que provient l’aide.

lundi 17 août 2015

La répartition des vices de l'orgueil -(al-kibr) par Ibn kodama Al-Maqdissi

 بسم  الله الرحمن الرحيم 
Sache qu'au regard des vices de l'orgueil, les savants et les dévots se répartissent en trois catégories.
La première : c'est que l'orgueil soit enraciné dans le cœur de l'un d'eux. Il se voit meilleur que les autres, mais il fait des efforts et devient modeste. Chez un tel homme, l'arbre de l'orgueil est planté dans son cœur, mais il est parvenu à couper ses branches.
La deuxième catégorie : il s'agit de l'homme qui manifeste, à travers ses gestes, de l'élévation dans les rencontres publiques, de la supériorité par rapport à ses collègues et de la réfutation pour celui qui nie ses droits.  
Ainsi, tu vois le savant qui se montre hautain à l'égard des gens comme s'il se détournait d'eux, et le dévot qui a un visage dédaigneux pour eux. Or, ces deux sortes d'hommes ont ignoré les règles de bienséance qu'Allah a imposées à Son Prophète — que Dieu lui accorde la grâce et la paix - notamment lorsqu'Il lui a dit : « Abaisse ton aile vers ceux des croyants qui te suivent ». [Qur'ân Suratu chu-Chu'arâ (26) - 215].
La troisième catégorie : il s'agit de l'homme qui manifeste de l'orgueil par son langage sous forme de prétentions, de propos fiers, d'éloge de soi-même, de récits personnels en évoquant des états édifiants chez autrui, ainsi que l'orgueil au moyen de la descendance : celui qui a une descendance noble méprise celui qui n'en a pas, même s'il lui est supérieur par son action.
Ibn Abbâs disait : « L'homme dit à l'homme : je suis plus noble et plus généreux que toi. Or, personne n'est plus noble par rapport à quelqu'un d'autre que par la piété et la crainte révérencielle. Allah - تعالى - n'a-t-Il pas dit : { Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux d'entre vous } 
[Qur'ân Suratu al-hajarât (49) - 13]. »
Il en va de même de l'orgueil par l'argent (al-mâlu), par la beauté (al-jamâlu), par les troupeaux, par la puissance (al-quwwatu), par le nombre élevé de disciples. Ainsi, l'orgueil par l'argent court souvent entre les rois, les commerçants et leurs semblables ; l'orgueil par la beauté court souvent entre les femmes et implique le dénigrement, la médisance et la mention des défauts ; Quant à l'orgueil par le nombre élevé de disciples et de partisans, il court souvent entre les rois qui se montrent fiers du nombre élevé de leurs soldats, et entre les savants qui se montrent fiers du nombre élevé de leurs disciples.
En un mot, tout homme qui croit être parfait alors que ce n'est pas le cas, peut s'enorgueillir de ses prétendues qualités au point que le libertin (al-fâsiq) peut s'enorgueillir de la consommation d'alcool et de son libertinage, croyant qu'il s'agit d'une marque de perfection.
Sache également que l'orgueil peut transparaître à travers les attitudes de l'homme, comme le fait de détourner le visage devant les hommes, ou le regard hautain, ou le fait de baisser la tête, ou le fait de s'asseoir les jambes croisés, ou de s'accouder, ou à travers ses paroles comme le son de sa voix et sa façon d'articuler les phrases, ou à travers sa manière de marcher, de se mettre debout, de s'asseoir, de bouger, de rester immobile, etc...
Il faut dire que, parmi les manies de l'homme orgueilleux, il y a celle qui consiste à aimer que les gens se lèvent pour lui. Or, le fait de se lever pour quelqu'un est de deux sortes.
- Se lever pour quelqu'un qui est déjà assis.
C'est là une attitude interdite par l'Envoyé d'Allah -
 صلى الله عليه وآله وسلم - qui a dit : « Que celui qui aime que les hommes se lèvent pour lui prenne sa place en Enfer . » Car il s'agit d'une habitude chez les non arabes et les gens pleins d'orgueils.
- Se lever à l'arrivée d'un homme : les anciens pieux (As-Salafu) ne le faisaient presque jamais. Anas disait : « Aucune personne ne nous était plus chère que l'Envoyé d'Allah -
 صلى الله عليه وآله وسلم -. Pourtant, lorsqu'ils le voyaient, ils ne se levaient pas, car ils savaient qu'il n'aimait pas cela. ».
Les savants disent qu'il est bon de se lever pour les parents, l'Imâm juste et les gens de grand mérite. Cela est devenu une sorte de marque entre gens de mérite, de sorte que si un homme le néglige à l'égard de celui qui mérite qu'on observe cette pratique, il risque d'être accusé de mépris et de négligence et de s'exposer ainsi au ressentiment. Mais le fait que cela soit recommandé pour celui qui se lève ne doit pas empêcher celui pour qui on se lève de le détester et d'estimer qu'il ne le mérite pas.
Parmi les autres manies de l'homme orgueilleux, il y a le fait qu'il marche toujours avec quelqu'un derrière lui, ou celui de ne rendre visite à personne par simple orgueil, ou de répugner à ce qu'un autre s'assoit ou marche à ses côtés. Or, Anas rapporte ceci : Il arrivait à la servante parmi les habitants de Médine, de tenir la main de l'Envoyé d'Allah - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - et de partir en sa compagnie pour résoudre son problème.
De même Ibn Wahb rapporte ceci : j'étais assis à côté de 'Abd al-'Azîz ibn Abî Rawwâd et ma cuisse touchait la sienne. Je me suis donc écarté un peu. Il m'a pris par les vêtements et m'a tiré vers lui en disant : « Pourquoi faites-vous avec moi ce que vous faites avec les tyrans. Or, je sais qu'il y a pas parmi vous un seul homme qui soit plus mauvais que moi. »
Il y a également le fait que l'homme orgueilleux n'aime pas porter ses affaires depuis le marché jusqu'à sa maison. Pourtant, l'Envoyé d'Allah - صلى الله عليه وآله وسلم-. a acheté quelque chose qu'il porta chez lui. De même, Abû Bakr - رضى الله عنه - portait des vêtements au marché pour les vendre. De son côté, 'Umar - رضى الله عنه- acheta de la viande qu'il pris dans la main pour l'amener chez lui. Pour sa part Alî - رضى الله عنه - acheta des dattes qu'il mis dans un morceau d'étoffe. Quelqu'un lui dit : veux-tu que je les porte ! Il lui dit : non. Le père d'une famille se doit de les porter. De même, Abû Hurayra - رضى الله عنه - arriva un jour au marché transportant du bois alors qu'il était gouverneur de Marwân. Il dit à un passant : écarte-toi pour al-amîr.
Du reste celui qui veut repousser l'orgueil et pratiquer la modestie doit se conformer à l'attitude de l'Envoyé d'Allah - صلى الله عليه وآله وسلم -. . .
http://www.quisontlesmusulmans.com/2012/01/minhaj-al-qassidine-par-ibn-kodama-al.html 

dimanche 16 août 2015

Si tu admires ton courage par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Si tu admires ton courage, pense à ceux qui sont plus courageux que toi, 
et pense à la façon dont tu as usé de la bravoure dont Allah – exalté soit-Il – t’a pourvu. 
Si tu en as usée pour commettre des péchés, alors tu serais stupide car cela n’en valait pas la peine. 
Et si tu en as usée pour accomplir un bienfait, tu risques de le corrompre par ta présomption. Rappelle-toi de la future extinction de ta bravoure en raison de la vieillesse, 
au moment où tu seras aussi chétif qu’un enfant. 
Toutefois, j’ai remarqué que les courageux étaient les moins présomptueux et ce, 
grâce à leur intégrité et la grandeur de leurs âmes.

jeudi 13 août 2015

Accomplir les devoirs est une obligation par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Accomplir les devoirs est une obligation, dépenser ce qui reste des vivres
est de la générosité et l’abnégation consistant à donner les vivres
sans lesquelles tu ne risques pas de périr, c'est de la bienfaisance.
Empêcher l’accomplissement des devoirs est illicite.
Te priver de ce qui te reste comme vivres est de l’avarice.
S’abstenir de faire preuve d’abnégation en offrant
quelques vives est de l’avidité.
Et s’en priver ou priver les proches est de la vilénie,
de la bassesse, et c’est un péché.
Donner ce que tu as pris injustement est une injustice répétée,
cela doit être rétribué par un blâme, non par un éloge.
Car tu dépenses dans ce cas, l’argent des autres et non le tiens.
Remettre aux gens leurs droits ne relève pas de la générosité mais du devoir.
Thérapie de l’âme par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

mercredi 12 août 2015

Les œuvres de ceux qui assument le tawakkul par Ibn kodama Al-Maqdissi

Certains pourraient penser que le tawakkul signifie le fait de renoncer au gagne-pain avec le corps, de s'abstenir d'être régi par le cœur et de tomber par terre comme un chiffon ou comme un morceau de viande sur l'étal du boucher. Ceci constitue la croyance des ignorants et elle est interdite par la loi religieuse. Car celle-ci a loué les mutawakkilûn (ceux qui s'en remettent à Allah).
C'est dire que l'effet du tawakkul n'apparaît qu'à travers le mouvement du serviteur et sa démarche vers ses buts et ses desseins. Or la démarche du serviteur s'effectue soit pour apporter un profit manquant comme dans le travail et le gagne-pain, soit pour préserver ce qui existe comme dans l'épargne, soit pour repousser un dommage comme lorsqu'on repousse un animal farouche, soit pour éliminer un mal déjà arrivé comme le fait de se soigner contre une maladie. Donc, les mouvements du serviteur s'inscrivent dans ces quatre cadres :
Le premier cadre : le fait d'apporter des profits et des intérêts : Nous disons que les moyens qui permettent d'apporter des profits sont au nombre de trois. L'un d'eux est tout à fait évident, comme les causes et les effets et tout le principe de causalité qui sont décrétés par Allah - تعالى  -. Donnons en un exemple : Tu as devant toi de la nourriture et tu as faim. Mais tu ne te tends pas ta main vers cette nourriture et tu affirmes : Je suis Mutawkkil (je m'en suis remis à Allah) ; la condition du tawakkul, c'est de cesser d'agir, or le fait de tendre la main est un agissement et il en est de même du fait de mâcher la nourriture et de l'avaler ! C'est de la pure folie et cela n'a rien à voir avec le tawakkul. Car si tu attendais que Allah - تعالى - crée en toi une satiété sans avoir mangé ou fasse mouvoir la nourriture jusqu'à toi, ou prépose un ange pour te mâcher et la faire parvenir jusqu'à ton estomac, tu ferais preuve d'ignorance à l'égard de la loi immuable d'Allah. De même si tu ne sèmes pas et que tu t'attendes à ce que Allah - تعالى - fasse pousser des épis sans semis, ou que l'épouse enfante sans rapports, tout ceci c'est de la folie. Le tawakkul, à ce niveau, ne consiste pas à abandonner l'action, mais à s'en remettre à Allah par la science et par l'état du cœur.
Pour ce qui est de la science, elle consiste en ceci : Que tu saches qu’Allah - تعالى - a créé la nourriture, la main, les causes efficientes, la puissance du mouvement et que c'est Lui qui te nourrit et t'abreuve.
Pour ce qui est de ton état, c'est que ton cœur et ton appui se fondent sur la faveur de Allah - تعالى- et non pas sur la main et sur la nourriture, car il se peut que ta main se paralyse et cesse d'agir, ou qu’ Allah lâche contre toi celui qui te prive de cette nourriture. Autrement dit, le fait de tendre la main à la nourriture ne contredit pas letawakkul.
Le deuxième moyen se rapporte aux causes dont les effets ne sont pas tout à fait sûrs, comme dans le cas de celui qui quitte les zones d'habitations pour s'engager dans des étendues désertiques qui ne sont fréquentées que très rarement par les hommes, sans prendre avec lui de provision. Un tel homme est semblable à quelqu'un qui veut mettre Allah - تعالى - à l'épreuve. Son attitude est interdite et il est tenu de prendre des provisions avec lui. En effet, l'Envoyé d’Allah - صلى الله عليه وآله وسلم - a voyagé avec des provisions et il a pris un guide pour se rendre à Médine.
Le troisième moyen consiste à s'en tenir aux causes dont on croit qu'elles aboutissent à leurs effets, sans qu'il y ait certitude évidente, comme celui qui scrute les détails subtils à propos du travail et de ses formes. Si son but est louable et si son action n'outrepasse pas le cadre de la loi religieuse, il ne quitte pas le tawakkul. Mais il risque de succomber à la cupidité s'il recherche du surplus.
Cela dit, le fait de délaisser le travail et le gagne-pain n'a rien à voir avec letawakkul, car c'est l'attitude des oisifs et des paresseux qui préfèrent le repos en arguant le tawakkul'Umar - رضى الله عنه - disait : « Le mutawakkil est celui qui sème le grain dans la terre puis s'en remet à Allah. »
Le deuxième cadre : il consiste à s'opposer aux moyens habituels du gagne-pain en épargnant. Ainsi celui qui trouve une nourriture licite qui lui évite les soucis du gagne-pain et qu'il épargne, cette attitude ne le fait pas exclure du tawakkul, surtout s'il a une famille à nourrir. Il est dit, dans les deux recueils authentiques, d'après le Hadîth transmis par 'Umar ibn al-Khattâb - رضى الله عنه - que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - vendait les dattes de la palmeraie de Banû al-Nadhr et réservait les revenus de cette récolte à la nourriture de sa famille pour une année.
Si l'on dit que l'Envoyé d’ Allah - صلى الله عليه وآله وسلم - a interdit à Bilâl d'épargner, la réponse consiste à dire que les compagnons pauvres étaient pour lui comme des invités, de sorte que s'ils se mettaient à épargner, ils risquaient de connaître la faim. Mais dire que l'état spirituel de Bilâl et de ses semblables parmi les gens de laSuffa (Parvis de la mosquée de Médine où ils vivaient) impliquait l'absence de l'épargne, et que, s'ils divergeaient par rapport à cet état, le reproche porterait sur la fausse prétention relative à leur état spirituel, et non pas sur l'épargne licite.
Le troisième cadre :entreprendre les moyens qui repoussent le dommage.
Le tawakkul n'a pas pour condition d'abandonner les moyens qui repoussent le dommage. Ainsi, il n'est pas permis de dormir dans un endroit rempli de fauves et de bêtes sauvages ou dans le lit d'un fleuve ou sous un mur en ruine. Tout ceci est interdit. De même, le tawakkul ne contredit pas le fait de porter une armure, ou de fermer la porte, ou d'attacher le chameau. Allah - تعالى- a dit :
{ Qu'ils prennent leurs armes ! } 
[Qu'rân : 4-102]
 { وليأخذوا أسلحتهم }
« Un homme est venu voir le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - et lui a demandé : « Ô Envoyé d’ Allah ! Dois-je attacher la chamelle puis m'en remettre à Allah ou dois-je la lâcher et m'en remettre à Allah ? Il lui a dit : attache-la et remets-toi à Allah !  Donc, le serviteur compte en tout cela sur le Maître des causes, et non pas sur les causes, en étant satisfait de tout ce qui sera décrété par Allah à son encontre. S'il lui arrive, lorsqu'on lui vole ses biens, de se dire que s'il avait pris ses précautions, il ne serait pas volé, ou s'il se plaint de ce qu'il lui arrive, il montrera son éloignement par rapport au tawakkul. Qu'il sache que l'Arrêt divin est pour lui comme le médecin : s'il lui présente la nourriture, il se réjouit et se dit : s'il ne savait pas que la nourriture m'est bénéfique il ne me la présenterait pas, et si le médecin l'en empêche il se réjouit et se dit : s'il ne savait pas que la nourriture m'est nuisible il ne me l'interdirait pas.
Sache également que tout homme qui ne croit pas à la bienveillance de Allah - تعالى - autant qu'un malade qui croit en l'habileté du médecin attentif, son tawakkul n'est pas valable. Si ses biens sont volés, il accepte le décret et ne poursuit pas le voleur par bonté envers les musulmans. On raconte qu'un homme s'était plaint à un savant des brigands qui se sont emparés de ses biens. Le savant lui dit : si ton attristement pour la décadence des musulmans n'est pas plus fort que ton attristement pour la perte de tes biens, tu n'as pas été d'un bon conseil envers les musulmans.
Le quatrième cadre :s'employer à éliminer le mal, comme le fait de soigner une maladie et ainsi de suite.
Sache que les causes qui éliminent le mal sont de trois sortes.
Premièrementcelles qui sont évidentes comme l'eau qui élimine le danger de la soif ou le pain qui élimine le mal de la faim. L'abandon de ce genre de causes n'a rien à voir avec le tawakkul.
Deuxièmement, celles qui sont présumées, comme la saignée, la prise de purgatifs et ainsi de suite. Ceci ne contredit pas le tawakkul. En effet, l'Envoyé d’ Allah - صلى الله عليه وآله وسلم - s'est soigné et a ordonné qu'on se soigne. De même beaucoup de musulmans se sont soignés, mais d'autres se sont abstenus par tawakkul. On rapporte qu'on a dit à Abu Bakr As-Sidîq - رضى الله عنه-: veux-tu qu'on t'emmène un médecin ? Il a répondu : Le Médecin m'a vu ! On lui a demandé : qu'est-ce qu'il a dit sur ton mal ? Il a répondu : Il a dit : Je Suis Celui qui, par Excellence, fait ce qu'il veut. L'auteur de l'Ihyâ - رحمه الله - ajoute : Nous soutenons que se soigner est Meilleur. Et on interprétera l'attitude d'Abû Bakr - رضى الله عنه- comme ceci : soit qu'il s'est soigné et qu'il a arrêté en jugeant qu'il avait fait ce qu'il lit, soit qu'il savait, sur la base de signes clairs, que son terme était proche.
Sache que les médicaments sont des moyens rendus possibles, grâce à Allah - تعالى-.
Troisièmement : que l'effet soit imaginaire, comme dans le recours à la cautérisation par le feu. Ceci fait sortir du tawakkul parce que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a décrit ceux qui s'en remettent à Allah par le fait qu'ils ne recourent pas à la cautérisation par le feu. D'ailleurs, certains savants estiment que cette indication sur la cautérisation dans le Hadîth renvoie à une pratique que les gens suivaient dans la Jâhiliyya (période anté-islamique). En effet, les gens de cette époque recouraient à la cautérisation et s'efforçaient de devenir mince pendant qu'ils étaient en bonne santé pour éviter de tomber malade, tandis que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - recourait à la protection au moyen des versets du Qu'rân après l'arrivée du mal. D'ailleurs, on rapporte que As'ad ibn Zarâra - رضى الله عنه - a eu recours à la cautérisation.
Pour ce qui est de la plainte du malade, elle est bien gênante. En effet, les anciens détestaient les gémissements du malade parce qu'ils traduisaient sa plainte. Ainsi,al-Fudhayl disait : « Je souhaite une maladie sans visiteurs. »
Un homme a demandé à l'Imam Ahmad ibn Hanbal : « Comment vas-tu ? » Il dit : « Bien. » L'homme lui a demandé : « Tu as eu de la fièvre hier soir ? » L'Imam Ahmadlui dit : « Si je te dis : Je vais bien, ne m'oblige pas à dire ce que je n'aime pas. »
En revanche, lorsque le malade décrit pour le médecin ce qu'il ressent, cela ne lui nuit pas. C'est d'ailleurs ce que faisait un ancien pieux (As-Salaf) en ajoutant : Je ne fais que décrire le pouvoir d’Allah sur moi ! On imagine également que le maître puisse le faire devant son élève pour le raffermir dans les moments de difficultés et lui faire comprendre que c'est un bienfait qui mérite une action de grâce, sans que cela soit une plainte.
Du reste, nous rapportons que le Prophète - صلى الله عليه وآله وسلم - a dit : « Il m'arrive d'être malade et de souffrir comme deux hommes parmi vous ».