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lundi 13 avril 2015

UNITÉ : L'énigme de la mort - 13 - Moustafa MAHMOUD


 
Nous provenons tous d’un même père.

L’unité est ce qu’il y a de plus grand ici-bas.
Elle ne peut être fractionnée en deux, quatre, huit, seize, trente-deux, soixante-quatre, etc., jusqu’à l’infini. Cela donne tous les chiffres qu’ont pu ou peuvent imaginer les grands mathématiciens, d’Euclide et Pythagore à Einstein.
Chiffre entier et simple, l’unité contient en elle tous les chiffres jusqu’à l’infini.
La vie a commencé par l’unité. Une unique cellule s’est divisée, donnant naissance à deux, puis quatre, puis huit…, jusqu’à des milliers, des millions, des milliards de cellules qui se sont diversifiées en fonction des milieux et des circonstances. C’est ainsi qu’est apparu tout ce que nous voyons autour de nous : reptiles, oiseaux, papillons, vers, singes, êtres humains…
L’univers est issu d’un seul gaz simple : l’hydrogène, comme celui qui brûle actuellement au cœur des astres pour nous donner la lumière et la chaleur, avec les rayons du soleil apparaissant chaque matin.
À partir de l’hydrogène au fond des immenses fourneaux stellaires, sont apparus le fer, le cuivre, l’or, l’étain, le plomb, le carbone, le silicium, le mercure, l’iode, ainsi que la totalité des éléments qui existent autour de nous, à l’état séparé ou non, sous forme de composés, de matières premières, de roches et de sables.
Il est remarquable que l’atome d’hydrogène ne contienne qu’un seul proton autour duquel gravite un seul électron.
Cet atome – c’est ce qui se produit dans les étoiles – se scinde pour produire de la lumière et de la chaleur dans le rayonnement qu’il émet. Sa composition prend alors des formes et proportions nouvelles : 1 + 2, 2 + 3, 1 + 4, etc. Chaque fois, un nouvel élément apparaît.
Les diverses catégories de gaz, de liquides et de minéraux existant sur la terre sont le résultat du fractionnement d’une unité qui a pour nom l’atome d’hydrogène.
Toi-même, tu es un. À tes yeux, tu sembles petit et limité, mais tu peux renfermer une infinité de sentiments, de perceptions et de connaissances. Tu es infiniment plus petit que le monde, et pourtant, tu l’englobes en toi. Tu te le représentes, tu l’imagines, tu le vois…
Sur la rétine de ton œil, se dessine une image claire et précise du soleil, de la lune, des étoiles, des galaxies…
Dans ton intelligence, l’architecture de l’univers se résume en un nombre algébrique, en un ensemble d’équations, de symboles et de nombres, des nombres qui s’avèrent toujours exacts.
Les équations conçues ici-bas par les mathématiciens sont confirmées par les vaisseaux spatiaux, les fusées et les satellites artificiels. Leur exactitude est prouvée par les observatoires et les radars.
Cet un que tu es, toi, est un tout englobant l’architecture de l’univers, son secret, ses énigmes.
Être un et limité, tu es un modèle réduit de l’infini.
Tout ce qui existe – phénomènes, plantes, minéraux, animaux, êtres humains – provient de l’unité. Le mal et le bien sont comme l’ombre et la lumière dans un même tableau : ils se complètent mutuellement. Chacun des deux est nécessaire à l’unité du tableau.
Chacun est une mélodie, une phrase musicale dans la symphonie globale.
La souffrance est une sensation de rupture.
Le bonheur est dans l’ivresse de l’union.
Tu souffres lorsque, par égoïsme, tu te sépares du tout et que tu oublies ce que tu es : une lettre, une ligne dans le grand chapitre de l’Être. Si par contre tu abordes les êtres, conscient de la relation et de la proximité qui te relient à eux, tu ressentiras alors que tu peux fraterniser avec le lion, sympathiser avec les hyènes des forêts, apprivoiser les serpents et les vipères au point de jouer avec eux comme s’ils étaient de ta famille. Tous les êtres ne sont en effet que les divers aspects de l’unité fondamentale.
Cette unité ne doit pas être confondue avec l’unicité de l’être selon l’acception bien connue de la philosophie hindoue. Selon moi, il s’agit uniquement d’une unité de matière brute : unité dans le tissu, les constantes naturelles et les lois ; unité du matériau à partir duquel tout a été construit. La seule différence entre les créatures est dans le plan de construction. Elle est quantitative et qualitative, de telle sorte que chaque créature a son équation propre, son chiffre constitutif, son individualité, sa particularité.
C’est en raison de cette ressemblance dans la matière première entre créatures qu’est apparu le sentiment de relation et de proximité dont nous avons parlé. L’œil de ton affectivité a su dépasser les cloisonnements fictifs pour découvrir la fraternité et l’affinité qui te relient à toute chose. Cette même ressemblance a donné naissance à l’instinct grégaire chez les animaux, ou encore au désir chez l’homme de vivre en société. Elle a suscité la prise de conscience d’un intérêt commun.
Tu es une unité participant de l’Unité suprême.
Les guerres que tu déclenches, tu ressens que c’est à toi-même que tu les déclares. Lorsque tu extermines, tu es ta propre victime.
Qu’est-ce que l’amour sinon la nostalgie de ton unité première ?
Qu’est-ce que l’amour créateur des familles, des tribus, des sociétés et des états sinon une tentative de retour à l’unité ?
Qu’est-ce que l’attraction entre les étoiles, à l’origine des galaxies et des constellations, sinon une réorganisation où le tout devient un ?
La mort, enfin, qui nous réduit en poussière et nous ramène vers notre mère la terre pour que les plantes se nourrissent de nous comme nous nous sommes nourris d’elles… cette mort nous rappelle ce que nous sommes réellement.
Le feu nous dévore et nous réduit tous en charbon : arbres, serpents, singes, humains, la totalité des êtres vivants… C’est donc la preuve que nous avons tous une commune origine matérielle. La vie n’est autre, en effet, que le résultat des agencements d’un même élément : le carbone.
Toute mutation tend à ramener à l’unité la multiplicité des formes. Distincts et différents, les phénomènes apparents se résolvent finalement en un élément unique et simple.
Comme nous l’avons dit plus haut, il y a, dans l’être vivant, plusieurs centaines de sortes de tissus : peau, ongles, os, cheveux, dents, muscles, cerveau, foie, sang, fibres, etc. Tous proviennent de l’embryon, par division d’une cellule unique et simple.
Dans un même champ, la même terre produit mille et une espèces de fruits, de légumes, de fleurs, de lichens, de bactéries.
Tout provient de l’unité première.
Tout retourne à l’unité.
En partant d’une allumette à laquelle on juxtapose une autre allumette, puis encore une autre, etc., on obtient un triangle, un carré, un rectangle, un hexagone…, puis une pyramide, un cube et toutes sortes de formes géométriques.
Il en est ainsi de l’enchevêtrement des êtres qui nous entourent. Ils se réduisent tous à une unité simple (l’atome) qui est entrée dans une infinité de compositions et de constructions, produisant la variété des êtres visibles. Ces êtres sont distincts les uns des autres. Ils se contredisent et se font la guerre, ils s’entre-dévorent et s’entretuent, même si, en définitive, ils proviennent tous d’un même père.
Unité…
La vie et la mort… les liquides, les solides et les gaz… les radiations : autant d’assortiments d’un seule et unique principe initial. La différence tient uniquement aux proportions, aux rapports, aux modalités.
Deux atomes d’oxygène donnent ce gaz agréable que nous respirons.
Trois atomes d’oxygène donnent un poison mortel qui a pour nom l’ozone. Bien plus, les deux atomes précédents, s’ils sont disposés autrement, donnent un autre élément.
La diversité substantielle est, en fin de compte, une diversité formelle, qualitative et quantitative. Elle réside dans les proportions, les chiffres et les rapports.
La différence entre le sucre et l’amidon tient au nombre et à la disposition des atomes intervenant dans la composition de ces produits. Mais les deux proviennent d’une même substance organique : l’hydrocarbure.
Entre le venin du serpent et un appétissant plat d’œufs frits, il n’y a qu’une différence formelle, dans l’agencement des atomes. Mais la substance protéique est la même dans les deux cas.
L’univers entier est constitué d’un seul et unique matériau qui, déversé dans des moules différents, s’adapte à une infinité de formes et de compositions.
Tout part de l’unité.
Entre Shakespeare, le gardien à la porte de ton immeuble, le chien qui remue la queue devant toi et le pou qui joue sur ta tête, la seule différence dépend de la disposition, de l’ordre et de la manière selon lesquels sont agencés les acides aminés dans les gènes.
Cette différence réside dans une substance unique appelée ADN (acide désoxyribonucléique), qui se compose de 21 acides aminés pouvant être disposés de telle ou telle manière, comme les lettres de l’alphabet. On aboutit ainsi à des créatures diverses, de la même façon qu’en partant des lettres de l’alphabet, on obtient des mots différents et des expressions distinctes les unes des autres.
Une même substance… Seuls varient l’aspect, la disposition et la forme… Nous voici donc face à un Créateur ingénieux, auteur de projets (des « esprits ») à partir desquels une même matière a été façonnée en une infinité d’individus.
Il a suffi des 26 lettres de l’alphabet pour composer, par de simples échanges et dispositions de ces lettres, tout ce que contiennent les bibliothèques du monde entier, tout ce qui fut écrit sur les langues, les arts, les civilisations et autres domaines de la connaissance. De la même manière, par des échanges, des dispositions et des compositions entre les acides aminés selon des plans inédits, l’Auteur de la vie a pu façonner, à partir du seul ADN, toutes les familles, espèces et races de vivants qui se meuvent à la surface de la terre… tous les individus, de Shakespeare au microbe, en passant par la totalité des plantes et des animaux qui s’entre-dévorent bien qu’ayant une commune origine.
Les sciences naturelles affirment que la différence entre les couleurs rouge, verte, jaune et bleue tient à des longueurs d’ondes lumineuses différentes, donc qu’elle est d’ordre purement numérique.
Entre les rayons lumineux, les rayons X, les rayons gamma qui sont mortels, les ondes radar et les ondes radio, la différence est encore dans les longueurs d’ondes.
Les rayons lumineux sont mesurés en microns, voire en longueurs plus petites encore ; les ondes radar, en millimètres. Mais il s’agit dans les deux cas d’ondes électromagnétiques.
On aboutit ainsi à un résultat très rassurant, qui suscite tout autant la réflexion et l’étonnement que la satisfaction. Entre toi et moi, entre nous, l’âne et un moule à briques, il n’y a qu’une différence arithmétique due au nombre des éléments constitutifs et à la manière dont ils sont agencés.
Il est possible de traduire en chiffres cette différence, étant donné que la matière des êtres, qu’ils soient vivants ou inanimés, peut très facilement être ramenée à une même base. Appelons-la « X ». L’âne devient la racine carrée de 343 X ; tu es toi-même le logarithme de XY 91 et je suis personnellement XYZ 3, Y et Z étant les symboles de facteurs qualitatifs inconnus qui équivalent, pour nous, à l’esprit, à la raison, à la conscience.
Le monde entier est formé à partir d’un même matériau.
Ce que nous voyons autour de nous est une collection de types d’art figuratif. C’est le résultat d’une multiplication, d’une soustraction, d’une addition ou d’une division d’un seule et unique élément.
L’unité peut être divisée. Ses parties peuvent être assemblées pour former des sommes, des fractions, des racines, des logarithmes… La trigonométrie, le calcul différentiel et le calcul intégral peuvent t’indiquer un nombre infini de probabilités découlant de ces opérations mathématiques.
C’est sous cette forme que t’apparaît l’univers. Elle résulte de ce qu’est réellement cet univers : un ensemble de quantités, de propriétés, de mesures, de chiffres, de longueurs de temps et d’espace, rien de plus !
Le sourire aux lèvres, tu te demandes : « Un monde aussi splendide et éclatant de couleurs, comment peut-il être réduit à un chiffre ? »
La musique que tu écoutes chaque jour te charme, t’émeut et te met en extase. Et pourtant, elle n’est rien d’autre qu’une cascade de chiffres, une succession de vibrations plus ou moins élevées, plus ou moins fortes. Les ondes sonores frappant le tympan de ton oreille, elle n’est plus qu’un ensemble de chocs variables en intensité. En définitive, la musique se réduit à des chiffres, à des propriétés physiques.
La structure musicale est tout d’abord une question de géométrie et de mathématique.
Elle est un dessin dans le vide.
Toute œuvre musicale est une équation avec ses lois propres. Et pourtant, tu es ému en l’écoutant, comme s’il s’agissait d’une réalité indépendante dotée de personnalité.
Tu es ému de même devant un beau coucher de soleil, alors que tu es devant une équation de longueurs d’ondes !
Il se peut bien que l’âne soit la racine carrée de 343 X… Mais tu vois autre chose : une créature avec une tête, deux longues oreilles, une queue. Dans leur langage à eux, tes sens te traduisent les équations mathématiques et les simples chiffres que tu as devant les yeux.
Lorsque l’émetteur de télévision envoie ton image par la voie des airs, il la transforme en ondes qui sont interceptées par l’antenne. Celle-ci les transmet au récepteur sous forme de vibrations électriques variables en intensité. L’équation mathématique de ton image consiste finalement en un ensemble de mesures électriques. L’appareil récepteur fonctionne exactement comme tes sens lorsque tu contemples un coucher de soleil : il interprète les vibrations électriques et traduit l’équation mathématique qu’il reçoit en son équivalent d’ombre et de lumière sur l’écran. Ton image reparaît alors sous sa forme initiale. Mais, lorsqu’elle était transportée par les airs, elle avait bien sûr une autre forme. Elle était un ensemble d’ondes, une simple équation faite de chiffres, de mesures et de propriétés.
Le monde extérieur se présente donc sous deux aspects (étant donné la variété des moyens de perception, ils sont en fait plus nombreux) : celui sous lequel nous le voyons et celui qu’étudient la chimie analytique, les sciences naturelles et l’anatomie (à savoir une collection de chiffres, de mesures, de propriétés et de rapports indiquée par nos appareils et instruments de mesure).
Il y a enfin le monde sous son aspect dépouillé, dans son agencement initial. Il s’agit plutôt d’une esquisse, d’un modèle initial créé par Dieu. C’est l’esprit…
Toute créature a un esprit, un modèle à partir duquel elle a été créée.
Notre langage doit se contenter ici d’approximations et de simplifications, avec toutes les erreurs que cela comporte. Il essaie de discerner, d’identifier et de concrétiser ce qui ne peut l’être. Lorsqu’elle atteint la sphère de l’esprit, la pensée est toujours frappée de mutisme. Il lui est impossible de trouver les mots lui permettant d’expliciter ce qu’elle ressent.
L’unité de tissu entre les créatures est une vérité absolue.
Cette unité, toutefois, ne contredit pas l’individualité des créatures, ni le fait que chacune d’entre elles se distingue par une individualité et des caractéristiques propres.
Qui plus est, cette individualité se manifeste, chez l’homme, sur tous les plans : non seulement dans l’âme, la personnalité et le comportement, mais encore dans la constitution physique. Chaque homme, par exemple, se distingue par ses empreintes digitales. Il est impossible d’en trouver qui soient identiques, même entre jumeaux, parmi les millions d’êtres humains qui ont vu le jour depuis le début de la création.
Cette individualité absolue, corporelle et spirituelle, qui caractérise tout homme et toute créature est une autre vérité s’ajoutant à l’unité de laquelle tout provient.
Le tissu vivant est individualisé au point de refuser toute greffe prélevée sur un autre corps. L’organisme rejette le cœur, le foie, le poumon ou le rein qui lui sont donnés par un autre corps pour le sauver. Il préfère mourir en restant lui-même que de vivre avec un greffon étranger.
Notre individualité et notre provenance d’une commune origine sont deux vérités catégoriques allant de pair.
Nous sommes issus de l’unité.
Mais chacun de nous retrouve son unité propre pour devenir unique en son genre, absolument sans égal.
Toute l’histoire de la vie se résume en ceci : une personnalité individuelle et distincte sortant de l’anonymat d’une matière homogène faite d’argile et d’eau.
Notre découverte de l’unité, par-delà les différentes sortes de vie, ne doit pas nous voiler cette individualité et cette singularité, ni nous cacher notre originalité.
L’individualité signifie que chacun d’entre nous, une fois sorti de l’unité originelle, a essayé à son tour de devenir un en lui-même et de prendre l’identité qui lui était propre.
L’aspect extérieur par lequel un corps se différencie des autres exprime le caractère unique et original de l’esprit qui habite ce corps.
La particularité de la forme et du contenant indique et traduit extérieurement celle du contenu.
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