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lundi 4 novembre 2013

Les 40 Hadiths Nawawiya avec charh: Hadith 6 -Le licite et l'illicite٤٠ النووية




Abû ‘abd Allah an-Nu’mân ibn Bashîr[1] - رضي الله عنه - a dit :
J’ai entendu l’Envoyé de Dieu -
صلى الله عليه و سلم - dire :
« Les choses licites sont bien évidentes et les choses illicites sont bien évidentes. Entre les deux, il y a des choses équivoques que beaucoup de gens ignorent. Ainsi quiconque se met à l’abri des choses équivoques, préserve sa religion et son honneur. Et quiconque s’est laissé tomber dans les choses équivoques tombera dans les choses illicites, comme le berger qui fait paître son troupeau autour d’un enclos réservé, risquant à tout moment de l’empiéter. Or, chaque souverain a un domaine réservé : celui de Dieu est l’ensemble de Ses interdits. N’est-ce pas qu’il y a dans le corps humain un morceau de chair –mudgha- qui, s’il est bon, tout le corps le sera et s’il est corrompu, tout le corps le sera ? N’est-ce pas que c’est le cœur ? ».[2]

له النَّعْمَانِ بْنِ بَشِيرٍ رَضِيَ الله عَنْهُمَا قَالَ : سَمِعْتُ رَسُولَ الله ( صَلَّى الله عَلَيْهِ وَ سَلَّمْ ) يَقُولُ :
إِنَ الْخَلَالَ بَيّنٌ , وَ إِنَّ الْحَرَامَ بَيّنٌ , وَ بَيْنَهُمَا أُمُورُُ مُشْتَبِهَاتٌ لَا يَعْلَمُهُنّ كَثِيرٌ مِنَ النَّاسِ , فَمَنِ اتَّقَى الشُّبُهَاتِ , فَقَدِ اسْتَبْرَأَ لِدِينِهِ وَ عِرْضِهْ , وَ مَنْ وَقَعَ فِي الشُّبُهَاتِ وَقَعَ فِي الْحَرَامِ , كَالرَّاعِي يَرْعَى حَوْلَ الْحَمَى يُوشِكُ أَنْ يَرْتَعَ فِيهِ , أَلا وَإِنَّ حِمَى الله مَحَارِمُهُ , أَلا وَإِنَّ فِي الْجَسَدِ مُضْغَةً إِذَا صَلَحَتْ صَلَحَ الْجَسَدُ كُلُّهُ , وَ إِذَا فَسَدَتْ فَسَدَ الْجَسَدُ كُلُّهُ أَلا وَ هِيَ الْقَلْبُ .
( رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَ مُسْلِمٌ )
Commentaire

Le Prophète - صلى الله عليه و سلم - a classifié les choses dans ce Hadîth selon trois catégories :
- La catégorie des choses licites évidentes et sans ambiguïté, comme par exemple l’autorisation de manger la bête du troupeau.
- La catégorie des choses illicites de façon évidente et sans ambiguïté, comme par exemple l’interdiction du vin.
- La troisième catégorie est celle des choses équivoques qui laissent le jugement hésitant : font-elles partie du domaine du licite ou du domaine de l’illicite ? Beaucoup de gens ignorent le statut de ces deux choses, sinon il est connu chez d’autres.
S’agissant de cette catégorie, l’Envoyé de Dieu - صلى الله عليه و سلم - a souligné qu’éviter ces choses-là relève de la piété scrupuleuse, il a dit : « Ainsi quiconque se met à l’abri des choses équivoques, préserve sa religion et son honneur » ceci dit, il préserve sa religion pour ce qui est entre Dieu et lui et préserve son honneur pour ce qui est entre les gens et lui, afin qu’ils ne racontent pas qu’untel est tombé dans l’illicite, du fait qu’ils en connaissent le statut, alors qu’à ses yeux la chose prête à confusion.
Puis le Prophète - صلى الله عليه و سلم - a cité en parabole le berger qui fait paître son troupeau autour d’un enclos réservé qui, puisqu’il ne sert pas de pâture, est généralement riche en herbes, ce qui attire les bêtes à aller paître dedans : « comme le berger qui fait paître son troupeau autour d’un enclos réservé, risquant à tout moment de l’empiéter », puis le Prophète - صلى الله عليه و سلم - a dit : « Or chaque souverain a un domaine réservé » car d’habitude les rois protègent une partie de leur terre pour y laisser pousser de l’herbe en abondance.
« Celui de Dieu est l’ensemble de Ses interdits » : Tout ce que Dieu a rendu illicite rentre dans Son domaine réservé, car il a interdit de tomber dedans.
Puis le Prophète - صلى الله عليه و سلم - a montré que dans le corps il y a une mudgha c’est-à-dire un morceau de viande aussi grand que le mangeur est capable de mâcher. Quand ce morceau est sain tout le corps est sain, il a expliqué ceci en disant : « N’est-ce pas le cœur ? », allusion au fait qu’il incombe à l’homme de contrôler ce qu’il y a dans son cœur comme passions qui risquent de l’emporter jusqu’à le faire tomber dans des choses équivoques et ensuite dans des choses carrément illicites.
Leçons tirées de ce Hadith

- Dans la loi islamique, le licite et l’illicite sont clairs, quant aux choses équivoques, peu de gens les connaissent.
- Quand l’homme ne sait pas si une chose est licite ou illicite, il vaut mieux qu’il l’évite, il ne la fait que quand il est sûr qu’elle est licite.
- Quand l’homme tombe dans les choses équivoques, il risque avec le temps de tomber sans se gêner dans les choses clairement illicites. A force de commettre les choses équivoques, l’âme de l’homme le pousse à commettre les choses dans l’illicéités est évidente, ce qui le fera tomber dans la perdition.
- Il est permis de citer des exemples pour rendre explicite une chose abstraite par la citation d’une chose concrète, car la comparaison entre ce qui est intelligible et ce qui est matériel facilite la compréhension.
- Le bon enseignement de l’Envoyé de Dieu - صلى الله عليه و سلم - en citant des exemples et en les expliquant par la suite.
- La plaque tournante de la bonté et de la mauvaiseté [de l’homme] est le cœur. De ce fait, à l’homme d’entretenir constamment son cœur jusqu’à le mettre sur le chemin de rectitude.
- La corruption de l’aspect extérieur de l’homme est un indicatif de la corruption de son intérieur, le Prophète - صلى الله عليه و سلم - a en effet dit : « s’il est bon, tout le corps le sera et s’il est corrompu, tout le corps le sera ».


[1] Biographie page 116
[2] Unanimement accordé, rapporté par al Bukhâri (n°52), Muslim (n°1599), Abû Dâwûd (n°3329), at-Tirmidhî (n°1205), an-Nasâ’î (7/241) 

source: Charh des 40 Hadîth de l'Imâm An-Nawâwî Par Shaykh Al-'Uthaymîn

la repentance des gens du commun et ses dégâts aux yeux des gens de l'élite: par Ibn Al-Qayyîm Jawziyyah-Madarij as-Salikine-Sentier des itinérants

L'auteur des Manâzil dit: “La repentance des gens du commun consiste pour eux à ne voir que la multiplication des actes d'obéissance, ce qui incite à nier le bienfait de la préservation et du répit accordés par Dieu en leur faveur, à croire qu'on a un droit sur Lui et à avoir le sentiment de se passer de Lui.”
Pour les gens de l'élite, la repentance des gens du commun est défectueuse et imparfaite car leur repentance consiste à ne voir que la multiplication des bonnes actions et des actes de désobéissance qu'ils accomplissent. Or cela comporte selon les gens de l'élite trois sortes de dégâts.  
- Le premier, c'est que les bonnes actions qu'ils accomplissent sont en fait des mauvaises actions pour les gens de l'élite. On dit même que les bonnes actions des hommes bons sont des méfaits chez les gens rapprochés. Et les gens du commun ont besoin de se repentir de la vision de ces bonnes actions.   En effet, en raison de leur insouciance quant à leurs défauts, de la vision qu'ils ont de ces bonnes actions et de l'attachement qu'ils accordent à leur importance, ils nient le bienfait de la préservation de Dieu et du répit qu'Il accorde, comme Il le fait avec les auteurs des péchés manifestes. Mais ces derniers reconnaissent Sa préservation et Son répit tandis que les premiers les nient. Ceci parce qu'ils concentrent leurs ambitions sur la multiplication des bonnes actions sans se pencher sur les défauts de l'âme et de l'œuvre, sans scruter leurs pièges et sans voir ce qui les pousse à en demander d'avantage, c'est la considération et l'admiration qu'ils ont pour ces bonnes actions.   Du reste, s'ils se mettaient à les scruter, à exiger des comptes à l'âme à leur sujet et à distinguer entre les parts et la vérité qu'elles renferment, cela les occuperait suffisamment pour ne plus chercher que leur multiplication.   Si tu veux bien comprendre la part des choses comme il le faut, regarde bien ta façon de lire le Coran: si au cours de ta lecture tu négliges ce qu'elle t'exige comme concentration, réflexion, intellection, compréhension de ce que chaque verset veut dire de ta part personnelle dans l'économie du Discours divin à travers ce verset et sa saisie comme remède pour ton cœur, tu verras comment tu parviens facilement à venir au bout de la récitation intégrale ou partielle du texte coranique en ne retenant que l'ampleur et le volume de ta lecture.   Mais si tu t'imposes au cours de ta lecture l'obligation de réfléchir, de méditer, de connaître les sens, d'examiner ce qui t'intéresse personnellement pour ton adoration et de t'en servir comme remède pour ton cœur, tu verras que tu ne pourras pas facilement passer d'un verset au suivant et encore moins d'une sourate à l'autre.   Il en va de même lorsque tu te concentres tout ton cœur pour accomplir deux rak'ats de prière au quelles tu accordes tout ce que tu peux apporter comme présence, recueillement et vigilance, tu verras que tu ne pourras en faire davantage que très péniblement. Bien entendu, si le cœur est vide de tout cela tu pourras égrener les rak'ats sans compter. Donc, chercher à multiplier les actes d'obéissance sans considérer leurs méfaits et leurs défauts pour s'en repentir, voilà ce qui caractérise la repentance des gens du commun.
- Le deuxième dégât, c'est que leur auteur estime en son fort intérieur qu'il a un droit sur Dieu pour qu'Il le récompense pour ses bonnes actions en lui accordant les jardins du Paradis, les béatitudes et la félicité. Voilà pourquoi il estime que ses bonnes actions sont nombreuses malgré son insouciance à l'égard de ses œuvres.   Pourtant, il doit savoir que sans le pardon de Dieu, sans Sa grâce et Sa miséricorde, les œuvres des habitants des deux mondes ne permettent pas de les faire entrer au Paradis et de les sauver de l'Enfer, et que personne ne sera sauvé de l'Enfer à cause de ses œuvres.
- Le troisième dégât, c'est qu'ils ont le sentiment qu'ils peuvent se passer du pardon et de l'ablution de Dieu en constatant leurs mérites, bénéficier du pardon et de la récompense escomptée à cause de leurs bonnes actions et leurs obéissances. Leurs prétentions à pouvoir gagner le salut et la rétribution grâce à leurs obéissances et le fait d'estimer qu'ils font beaucoup de bonnes actions considérables à leurs yeux, montrent qu'ils sont enclins à se passer du pardon de Dieu et de Son ablution, ce qui constitue le comble de la tyrannie et de l'impudence à oser se mesurer avec Dieu.
Nul doute que les simples accomplissements des œuvres extérieures qu'exécutent les membres, sans présence ni vigilance ni attachement à Dieu peut renfermer ces trois sortes de dégâts et bien d'autres. Sans compter qu'en lui-même ce genre d'accomplissement est de peu d'utilité dans le bas monde et dans la vie future. En plus, il exige beaucoup d'effort. Ce genre d'œuvres est similaire aux œuvres observées sans respect de l'ordre et sans sincérité envers Celui qui est adoré. En effet, même nombreuses, ces œuvres sont harassantes et inutiles.
Ainsi donc, l'œuvre extérieure et superficielle est assimilable aux résidus de la mouture qui paraissent volumineux et qui sont en fait de peu d'utilité. En effet, Dieu ne retient, par exemple, de la prière de son serviteur, ce qu'il en retient lui-même.
Tiré du livre “Les sentiers des itinérants” (commentaire des principales étapes spirituelles d'al-Ansârî) d'Ibn Qayyim al-Jawziyya - traduit de l'arabe par Muhammad al-Fatih, éditions Universel, 2004