Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

mercredi 29 mai 2013

La Pénitence après le péché Par l'Imam Abû Hâmid Al-Ghazâli : Les repentants et leurs diverses catégories


 Les repentants et leurs diverses catégories

Il existe quatre catégories de repentir.
Première catégorie : Le pécheur qui a commis des péchés se repent et reste à vie sur le droit
chemin en évitant les péchés et en ne commettant que des fautes légères auxquelles aucun être
humain ne peut échapper, car nul être humain n’est parfait. (le prophète- paix et bénédiction
de Dieu sur lui- nous a appris que « tout être humain commet des péchés, les meilleurs
pécheurs sont ceux qui se  repentent »). Une telle personne a un repentir sincère et une âme
apaisée que Dieu appellera :
« 27. "Ô toi, âme apaisée, 28. retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée ; 29. entre
donc parmi Mes serviteurs, 30. et entre dans Mon Paradis » (Coran 98 : 27-30)
Deuxième catégorie : une personne se repent et fait de son mieux pour rester sur le droit
chemin, mais, sans qu’elle l’est prémédité, il lui arrive de tomber dans certains péchés véniels
où l’intention de pécher n’a pas précédé l’acte. Cette personne pèse en permanence ses actes
et paroles par la balance de la religion. Chaque fois qu’elle est sur le point de commettre un
péché, elle s’interroge. Face au péché, elle ressent un vif regret et se reproche toujours le
moindre péché. Cette personne a une âme réprobatrice (An-Nafs Al-Lawwâmah). Cette âme
reproche le mal et devient son propre juge. C’est une catégorie noble, plus répandue que la
précédente, mais elle a moins de mérite que la catégorie précédente. C’est une personne qui
vit en lutte constante pour faire en sorte que ses bonnes œuvres pèsent davantage auprès de
Dieu que ses péchés. Mais tant que le fidèle est animé par la pénitence et tant qu’il demande
le pardon à Allah, Allah l’enveloppe dans Sa Miséricorde. Dieu a honoré les musulmans de
cette catégorie dans le Coran en les comptants parmi les pieux :
« 133. Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin (paradis) large comme
les cieux et la terre, préparé pour les pieux, […] 135. et pour ceux qui, s’ils ont commis
quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à
Allah), se souviennent d’Allah et demandent pardon pour leur péchés
et qui est-ce qui pardonne les péchés sinon Allah ?- et qui ne persistent pas sciemment
dans le mal qu’ils ont fait. » (Coran 3 :133,135)
Troisième catégorie : La personne qui se maintient dans la voie de la pénitence pour un
certain temps. Puis, dans la lutte interne contre certains péchés, la séduction et la tentation
finissent par l’emporter. La personne alors commet sciemment les péchés en question, tout en
faisant de bonnes œuvres en parallèle. Chaque fois, qu’elle commet ces quelques péchés
prémédités, auxquels elle a succombé, elle le regrette et se promet de ne plus y retourner.
Ainsi chez cette personne, se côtoie de bonnes œuvres et des péchés prémédités dus à la
séduction. Cette personne a une âme qui succombe aux séductions ou, du moins, à certaines
séductions. Il est à craindre que, progressivement, elle glisse vers la terre du péché en se
laissant tenter par le monde infini des péchés. Cependant, il est à espérer, grâce aux bonnes
actions qu’elle maintient, qu’elle finisse ses jours enveloppée dans la Miséricorde de Dieu.
Quatrième catégorie : Après quelques jours de repentir, la personne replonge de plus belle
dans le péché sans manifester intérieurement un regret ou sans ressentir la moindre amertume.
C’est la catégorie de ceux qui persistent sciemment dans la désobéissance et le péché. Ils ont
une âme qui appelle aux péchés et lui obéissent. Il s’agit de l’âme incitatrice au mal :
« Certes l’âme est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde,
(ne la préserve du péché) ». (Coran 12 : 53)
Ce sont des gens qui fuient le bien et vivent dans le péché tout en espérant la Miséricorde de
Dieu ! En effet il est des gens aux cœurs malades et à l’entendement limité qui commettent les
pires péchés, ne demandent jamais le pardon et pensent néanmoins mériter la Miséricorde de
Dieu. Ces personnes sont comparables dans leur attitude à un homme qui a démoli sa maison,
gaspillé son argent jusqu’au dernier sou et pense que Dieu lui enverra certainement un trésor
pour combler sa faim et celle de sa famille… Pour obtenir le pardon, il faut suivre le droit
chemin. Pour obtenir la science, il faut fournir beaucoup d’efforts et de patience. Il en est ainsi
pour toute noble chose. Mais il y a des gens dépourvus de toute raison qui, croulant sous les
péchés jour et nuit, disent allègrement : « il y aura toujours une petite place dans le vaste
paradis pour des gens comme moi, et mes péchés, même nombreux, et ma désobéissance,
même perpétuelle, ne nuisent pas à Dieu… ». Ce sont des personnes qui passent leurs vies à
courir derrière les ornements de la vie terrestre et ne prépare jamais leur rencontre avec Dieu.
Ils oublient la parole de Dieu :
« 39. et qu’en vérité, l’homme n’obtient que (le fruit) de ses efforts ; 40. et que son effort,
en vérité, lui sera présenté (le jour du Jugement). » (Coran 53 : 39-40)
Que Dieu nous éloigne de la mauvaise voie et qu’il nous guide vers son droit chemin.

La Pénitence après le péché Par l'Imam Abû Hâmid Al-Ghazâli (1)

« Sache que la pénitence est un terme qui englobe trois aspects : un savoir, des états et des
œuvres. Le premier aspect implique le second et le second implique le troisième selon une loi
divine établie dans le royaume de Dieu. Quant au savoir, c’est le savoir de l’ampleur du mal
résultant des péchés lesquels sont des poisons mortels et un obstacle entre le serviteur et
L’Aimé (Allah). Ainsi lorsque ce savoir s’installe avec certitude dans le cœur, il s’ensuit une
douleur dans le cœur due à l’éloignement de l’Aimé, car il est certain que le cœur souffre
lorsqu’il ressent que l’Aimé l’a délaissé. Comme cet éloignement est dû à une mauvaise
action, le serviteur la déplore. Ce sentiment de douleur causé par cette action s’appelle : le
regret. ».
L’essence de la pénitence:
La pénitence englobant trois domaines : un savoir, des états et enfin des œuvres. Il entend par « savoir », le savoir ou la prise de conscience de l’ampleur du mal qui résulte des péchés, lesquels sont une noirceur qui obscurcit le cœur et un obstacle entre le fidèle et son Seigneur. En effet, les péchés ont pour conséquence l’éloignement progressif du serviteur de son Seigneur. C’est pourquoi lorsque ce
savoir s’installe avec certitude dans le cœur, il s’ensuit une vive douleur. Il est certain que le
cœur souffre lorsque le musulman ressent que ses péchés risquent de le priver de la proximité
d’Allah. Le musulman déplore alors sa mauvaise œuvre ; la douleur qui emplit son cœur se
transforme en un état de regret : le regret d’avoir péché.
Ainsi la pénitence consiste-t-elle à s’écarter du péché dans le moment présent et d’avoir une
ferme volonté de ne plus jamais succomber au péché dans le futur (proche et lointain). Il va de
soi que cette volonté d’éradiquer le péché se traduit par de bonnes œuvres qui prouvent la
sincérité de la pénitence. En effet, la pénitence n’est acceptée que lorsque les œuvres qui la
suivent prouvent que le musulman a honoré sa parole devant Dieu, en ne retournant plus au
péché commis dans le passé. Le musulman qui décide de se repentir à Allah et qui, quelques
jours plus tard, retourne au même péché, prouve que sa volonté est faible, que sa foi est
vacillante, qu’il n’honore pas les engagements qu’il a pris envers Dieu. Un tel individu
prendrait-il Dieu - Exalté soit-Il - à la légère ? Il devrait être alerté par sa négligence et son
manque d’observance du Tout Puissant. Il est à craindre que l’hypocrisie s’infiltre dans son
cœur car l’hypocrisie, une fois installée dans le cœur, ne peut coexister avec une foi sincère.
Le devoir de se repentir et la valeur de la pénitence
Le devoir de se repentir apparaît clairement dans la tradition prophétique et dans les versets
coraniques. Il est rendu évident par la lumière qu’Allah dépose dans les cœurs de ses fidèles.
Heureux sont ceux qui croient fermement que nul bonheur ne peut être espéré dans la vie
future sauf le bonheur de rencontrer le Seigneur des seigneurs. Malheureux sont ceux qui ne
jouiront pas de la proximité de Dieu ; ils brûleront ce jour dans les flammes du tourment et de
l’exclusion de Sa Haute Assemblée et périront dans les feux de l’Enfer. Sache que cet
éloignement de Dieu résulte de l’obéissance de l’homme aux viles passions dictées par l’âme
charnelle. Et sache que, pour être proche de Dieu, il convient de suivre Son Droit Chemin et
de le prier avec recueillement et sincérité. Pour bénéficier de la proximité de Dieu, la première
des conditions c’est d’éviter tout ce qui écarte le musulman de son Seigneur, c’est-à-dire les
péchés. Pour se détourner du chemin des péchés et se diriger vers Le Chemin d’Allah, il faut
ce savoir (ou cette prise de conscience), le regret d’avoir péché et la ferme volonté de ne plus
retourner au péché.
Aussi Allah a-t-il fait un appel général aux croyants pour qu’ils se repentissent :
« Et repentez-vous tous à Allah Ô croyants afin que vous récoltiez le succès ». (Coran 24 : 31)
Notre Seigneur a également précisé la qualité de la pénitence qu’Il agrée :
« Repentez-vous à Allah d’un repentir sincère ». (Coran 66 : 8)
La sincérité signifie que le repentir est fait exclusivement pour plaire à Dieu. Si la seule
finalité recherchée par le repentir est la satisfaction de Dieu, c’est alors un repentir dépourvu
de toute imperfection ou défaut. C’est une action louable et agréée par Le Tout Miséricordieux.
Dieu nous a par ailleurs indiqué la noblesse de la pénitence en disant :
« Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient ». (Coran 2 :222)
L’islam accorde la plus grande importance à la purification physique mais aussi, et surtout, à
la purification des cœurs et des âmes, laquelle est le fruit de la pénitence. Notre prophète -
paix et bénédiction de Dieu sur lui- nous a appris que « Celui qui se repent après le péché et
comme celui qui n’a pas péché », la pénitence efface les péchés.                                              
(Mise en garde : ceci n’est pas une invitation aux gens à pécher de façon insouciante et
audacieuse en disant « une pénitence future lavera ce péché » ... il faut y voir évidemment une
Une pénitence bien accomplie est agréée par Dieu
Une pénitence accomplie avec sincérité est sans le moindre doute agréée par Allah. Comme la
lumière du jour dissipe les ténèbres de la nuit, la lumière de la pénitence rayonne dans le cœur
et efface la noirceur du péché. L’emploi du cœur dans de vils desseins et dans de bas péchés
le souille. Sa purification se fait alors par les chaudes larmes du regret versées lors de la
pénitence et lors des invocations de Dieu. Chaque personne dont le cœur et le corps sont
purifiés mérite la satisfaction de Dieu selon un décret divin :
« 7. Et par l’âme et Celui qui l’a harmonieusement façonnée ;
8. et lui a alors inspiré son immoralité, ainsi que sa piété !
9. A réussi, certes, celui qui l’a purifiée. » (Coran 91 : 7-9)
Puisque « tout raisonnement théologique non soutenu par la tradition ne peut valoir », prenons
à l’appui quelques versets et hadiths. Allah a dit en parlant de Lui-même :
« Le Pardonneur des péchés, l’Accueillant au repentir […] ». (Coran 40 :3)
Notre Prophète nous a enseigné : « certes Dieu étend Ses Mains avec la pénitence jusqu’au
matin pour celui qui pèche la nuit et jusqu’au soir pour celui qui pèche pendant la journée ».
Qu’est-ce qui nécessite le repentir ?
La pénitence, répétons-le, c’est le fait de regretter un péché et de s’en écarter. Or, il semble
impossible de s’écarter d’un péché sans en connaître la nature. Il est une règle selon laquelle
« Ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est à son tour une obligation à
accomplir ». Comme la pénitence est un devoir, ce sans quoi la pénitence est impossible
devient une nécessité incontournable. Aussi est-il indispensable de savoir ce que sont le                         
miséricorde de Dieu afin que les pécheurs ne désespèrent pas et pour qu’ils sachent qu’une
sincère pénitence est toujours agréée par Dieu)
péchés afin de pouvoir s’en écarter. Les péchés sont, en résumé, les actions, les paroles et les
intentions contraires aux ordres divins et aux enseignements prophétiques.
Les péchés sont commis lorsque l’homme enfreint la Loi dans quatre contextes différents où,
à chaque fois il veut s’attribuer, ou manifeste dans son attitude, des qualificatifs qui ne sont
pas les siens, à savoir : des attributs qui n’appartiennent qu’à Dieu, des qualificatifs associés
au diable, des comportements qui relèvent des animaux ou enfin des bêtes fauves.
Souvent l’homme tente de se parer d’attributs qui n’appartiennent en vérité qu’au Seigneur de
toute créature. Ainsi certains espèrent, voire prétendent, à l’éternité. D’autres manifestent
orgueil et fierté. D’autres enfin vivent pour être loués. Comme si cette personne orgueilleuse,
aimant les louanges, voulait crier haut et fort comme Pharaon :
« Je suis votre Seigneur, le Très Haut ! » (Coran 79 : 24)
Un tel comportement, fréquent, conduit inéluctablement aux péchés majeurs et au Châtiment
de Dieu. L’homme devient diabolique lorsque son cœur s’emplit d’envie, de jalousie, d’hypocrisie et
lorsqu’il détourne les gens du droit chemin et les appelle à des chemins déviants.
L’homme devient « animal » lorsqu’il se donne pour objectif l’assouvissement, à tout prix,
des plaisirs de la chair (du ventre et du sexe essentiellement). Il en découle la fornication, la
sodomie, le vol des biens d’autrui pour sa satisfaction personnelle, ainsi que d’autres péchés
que développent de bas appétits...
L’homme est parfois comme une bête fauve furieuse lorsqu’il se laisse emporter par sa colère,
en attaquant verbalement et/ou physiquement les gens, en les agressant, en tuant ou en
commettant d’autres actes aux conséquences malheureuses.
Nous avons mentionné ici des péchés capitaux ainsi que leurs sources respectives. En
dérivent des péchés qui se déclinent avec nos différents membres et sens. Pour le cœur par
exemple, c’est l’association d’autres divinités à Dieu, l’hypocrisie, l’intention de nuire et il en
va ainsi pour chacun de nos sens.
La classification des péchés : majeurs et mineurs
Les péchés se subdivisent en péchés capitaux ou majeurs (kabâ’ir) et en péchés véniels ou
mineurs (saghâ’ir). Certains savants ne sont pas de cet avis et prétendent que toute entorse à
une loi divine est un péché majeur. Même si l’intention de ces savants est louable (s’écarter de
tout type de péché), leur avis demeure cependant faible, car Dieu dit :
« Ceux qui évitent les plus grands péchés ainsi que les turpitudes et qui ne commettent
que des fautes légères. Certes, le pardon de Ton Seigneur est immense. » (Coran 53 : 32)
Il dit également : « Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer en un Lieu honorable. » (Coran 4 : 31)
Les savants ont divergé au sujet du nombre et de la nature des péchés majeurs. Abû Tâlib AlMakkî a mentionné dix-sept péchés tirés de la Sunnah. Ils se déclinent comme suit :
Quatre dans le cœur : associer d’autres divinités à Dieu, persister dans la transgression de la
loi de Dieu, désespérer de la Miséricorde de Dieu, ne pas craindre le châtiment de Dieu en
pensant qu’Il ne sévira pas contre les transgressions dans ce monde.
Quatre par la langue : porter faux témoignage, accuser injustement d’adultère une personne
vertueuse et chaste, pratiquer la magie, mentir sous serment afin de s’emparer d’un bien ou
afin d’avantager une personne qui est dans le tort.
Trois liés au ventre : boire le vin ou toute autre boisson qui provoque la perte de la raison,
dépenser à son propre profit l’argent des orphelins, vivre d’un argent issu de l’usure, laquelle
est strictement interdite.
Deux sont liés au sexe : commettre la fornication et la sodomie.
Deux concernent les mains : tuer et voler.
Un concerne les pieds : fuir l’ennemi au cours d’une bataille ; il n’est en effet pas permis de
fuir devant un ennemi même deux fois plus nombreux.
Un concerne le corps tout entier : l’ingratitude envers les parents, qui se manifeste lorsqu’une
personne désobéit à ses parents et n’accomplit pas ses devoirs envers eux, ou envers l’un
d’eux, en terme de respect, de soins et de subvention à leurs besoins, qu’il s’agisse de besoins
financiers ou affectifs.
Tel est le point de vue de Abû Tâlib Al-Makkî. Celui-ci n’a néanmoins pas classifié les
péchés qu’il mentionne en péchés majeurs ou mineurs.
Transformation d’un péché mineur en majeur
Prendre à la légère un péché mineur et persister à le commettre sciemment le rend
certainement aussi lourd de conséquences qu’un péché dit majeur. Dieu a précisément loué
ceux qui ne persistent pas dans la désobéissance :
« 133. Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Paradis large comme les cieux
et la terre, préparé pour les pieux, [...] 135. et pour ceux qui, s’ils ont commis quelque
turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Allah), se
souviennent d’Allah et demandent pardon pour leurs péchés — et qui est-ce qui
pardonne les péchés sinon Allah ? — et qui ne persistent pas sciemment dans le mal
qu’ils ont fait. » (Coran 3 : 133-135)
A contrario, un retour à Dieu et une pénitence sincère efface un grand péché. Commettre sans
cesse un péché dit mineur peut être plus grave que de commettre une fois un péché majeur. En
effet, le plus grand mal c’est de prendre l’habitude de commettre le mal sans éprouver la
moindre crainte de Dieu. D’ailleurs le Prophète met l’accent sur l’effet de la constance sur la
valeur d’une œuvre : « les meilleures actions sont les plus pérennes, même si elles ne sont pas
d’une grande envergure ». Comme, la valeur d’une bonne œuvre est multipliée lorsqu’elle est
faite dans la durée, le poids du péché est multiplié lorsqu’il est commis de façon permanente
ou répétitive. C’est pourquoi les pieux n’étaient jamais satisfaits de leurs bonnes œuvres et
voyaient en chacun de leur péché une montagne sur le point de s’effondrer sur eux. Telle est
la crainte du châtiment de Dieu. Les hypocrites, eux, trouvent leurs péchés, même les pires,
aussi insignifiants qu’une mouche qui vint se déposer sur leurs visages puis reprit son vol...
De plus, la crainte de la conséquence des péchés est plus grande chez des savants pieux que
chez les pieux au savoir limité. Le savoir contribue à la connaissance de Dieu ainsi qu’à la
connaissance des péchés et leurs conséquences. De même, la crainte de celui qui sait est
supérieure à celle de l’ignorant qui, par son ignorance, ne mesure ni ses actes, ni ses mots, ni
leurs conséquences. Il s’ensuit logiquement que le péché est d’autant plus grave que celui qui
le commet sait pertinemment qu’il enfreint la loi divine.
Pire encore, c’est de commettre le péché et n’éprouver aucune honte à le rendre public ou à
l’afficher. Comme celui qui annonce haut et fort un péché pour se féliciter de l’avoir commis !
« J’ai ruiné le commerce d’un tel ! » « J’ai insulté tel autre ! ». Ceux-ci oublient que Dieu les
laissent œuvrer, mais qu’un jour ils devront rendre compte du plus insignifiant de leurs mots
et gestes. Au lieu de se repentir à Dieu, Qui n’a pas dévoilé les péchés qu’ils commettent
secrètement, ils annoncent avec négligence leurs péchés. Ils ont commis un péché, voilà un
premier péché, ils l’ont rendu public, voilà un deuxième, ils séduisent ceux qui les écoutent et
embellissent à leurs yeux le mal, voilà un troisième péché... « Celui qui établit une mauvaise
pratique porte son péché et le péché de ceux qui l’ont suivi, sans que cela n’ôte quelque chose
aux péchés de ceux qui l’ont suivi » nous apprend le Prophète Mohammad — paix et
bénédictions sur lui —. Il en va de même pour celui qui est à l’origine d’une pratique louable.
Telle est l’équité de l’islam.