Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

vendredi 22 février 2013

L'invitation au bon comportement Par l’imam Ibn Al-Qayyim


-Allah est Tout-Miséricordieux ; Il aime ceux qui sont miséricordieux.
Il ne fait vraiment Miséricorde qu’à ceux qui sont miséricordieux parmi Ses adorateurs.
-Il est "Allah Soubhanah"  Celui qui cache les faiblesses humaines ; Il aime celui qui cache ainsi
les faiblesses de ses semblables (de façon à éviter le scandale).
-Il est "Allah Soubhanah"  Indulgent ; Il aime celui qui se montre indulgent vis-à-vis de Ses
adorateurs.
Il est "Allah Soubhanah"   Tout-Pardonnant ; Il aime celui qui leur pardonne.
Il est Bienveillant ; Il aime celui qui se montre bienveillant vis-à-vis d’eux.
Il déteste la parole dure et rude, arrogante et prétentieuse.
Il est Doux ; Il aime la douceur.
Il est longanime (al-Halim) ; Il aime la longanimité.
Il est Bon ; Il aime la bonté et les gens de bien.
Il est Juste ; Il aime la justice.
Il accepte les excuses, Il aime ceux qui acceptent les excuses de Ses
adorateurs.
-"Allah Soubhanah"  récompense Son adorateur dans la mesure où il porte ou ne porte pas ces
qualités ; de sorte que celui qui est indulgent, Il se montre Indulgent vis-à-vis de
lui. Il pardonne à qui pardonne, est Clément vis-à-vis de celui qui est clément.
Il est (au contraire) précis à relever les erreurs de celui qui relève les erreurs
d’autrui (pour faire valoir ses droits).
Il est Doux vis-à-vis de celui qui est doux pour Ses adorateurs.
Il fait Miséricorde à qui est miséricordieux vis-à-vis de Ses créatures.
Il est Bienfaisant envers celui qui est bienfaisant envers elles ; Généreux pour
qui se montre généreux pour elles ; Utile pour qui leur est utile.
Il cache (les faiblesses) de qui cache (leurs faiblesses).
Il se détourne des erreurs de celui qui se détourne de leurs erreurs.
Il découvre les faits intimes et honteux de celui qui cherche à découvrir leurs
faits intimes et honteux.
Il déshonore et livre au scandale qui les déshonore.
-Celui qui s’oppose à Allah, Il s’oppose à lui.
Allah use de stratagème envers celui qui ruse contre Lui.
Il égare qui cherche à Le tromper.
-(En règle générale donc), celui qui se comporte vis-à-vis des créatures d’Allah
selon une qualité, Allah se comporte vis-à-vis de lui selon cette même qualité,
sur terre comme dans l’au-delà.
-Allah le Très-Haut est pour Son adorateur comme celui-ci est pour Sa
créature.
C’est pourquoi le Hadith rapporte :
Le Prophète Mohamed, sallallahou ‘alayhi wa sallam, a dit : « Celui qui
protège un musulman, Allah le Très-Haut le protégera en ce monde et dans
l’autre. Celui qui soulage un croyant d’une affliction de ce monde, Allah le
soulagera d’une affliction au Jour de la Résurrection. Celui qui vient en
aide à qui se trouve dans la gêne, Allah le Très-Haut rendra léger son
jugement » (Rapporté par l’Imam Mouslim)
Source : Al-Wabil as-Sayyib wa Rafi’ al-Kalim at-Tayyib.

Les bases du rapprochement entre les écoles de pensée musulmanes par Abû Hâmid Al-Ghazâlî


« Si une personne prétend que l’infidélité est ce qui diverge de la doctrine ash`arite, de la doctrine mu`tazilite, de la doctrine hambalite, ou d’une quelconque autre doctrine, alors sache que tu as affaire à un niais imbécile, emprisonné dans le suivisme.
Il te suffit alors, pour lui rabattre le caquet, d’opposer à ses prétentions celles de ses adversaires, car toutes les sectes tiennent le même discours.
Supposons par exemple que ton ami penche pour la doctrine ash`arite, et qu’il prétende que s’opposer à celle-ci est une preuve d’infidélité manifeste. Demande-lui alors d’où il tient qu’Al-Ash`arî détient le monopole de la vérité, afin qu’il puisse déclarer infidèle un savant aussi noble qu’Al-Bâqillânî, qui s’est pourtant opposé à Al-Ash`arî sur la signification de l’Attribut de Perdurance divine (al-baqâ’). Al-Bâqillânî a dit en effet que la Perdurance divine n’était pas une qualité extrinsèque à la Quiddité de Dieu - Exalté soit-Il.
Pourquoi Al-Bâqillânî deviendrait-il infidèle, en s’opposant à Al-Ash`arî, plutôt qu’Al-Ash`arî, en s’opposant à Al-Bâqillânî ? Pourquoi faudrait-il que l’un d’eux détienne le monopole de la vérité, au détriment du second ? Est-ce parce que l’un est antérieur à l’autre ? Si c’est cela, alors Al-Ash`arî a été précédé par des Mu`tazilites. Que la vérité soit donc du côté du Mu`tazilite antérieur à Al-Ash`arî. Ou bien est-ce parce que l’un est plus vertueux et plus savant que l’autre ? Dans ce cas, à l’aide de quelle balance ou de quelle mesure estime-t-on les degrés de la vertu ?
Si ton ami se retrouve impuissant pour oser dire un mot sur Al-Bâqillânî, et qu’il admette que celui-ci puisse s’opposer à Al-Ash`arî, car étant célèbre pour son savoir et sa vertu, alors demande-lui pourquoi il refuse d’admettre la même chose concernant des hommes non moins savants et vertueux qu’Al-Bâqillânî, et quelle distinction il fait entre Al-Bâqillânî, Al-Karâbîsî, Al-Qalânisî, et bien d’autres encore. »

« Si tu es objectif, tu pourras admettre que celui qui place le monopole de la vérité chez l’une de ces sectes en particulier est certainement plus proche de l’infidélité que de la foi. Car il se permet d’élever les disciples de cette secte au rang du Prophète infaillible à l’erreur, par lequel la foi ne se réalise qu’en adhérant à ses idées et par lequel l’infidélité ne se justifie qu’en s’opposant à ses idées. »

 « Après tout ceci, tu voudras certainement savoir quelle est cette infidélité qui exclut de la religion islamique. Je vais t’en donner une définition authentique, que tu garderas constamment à l’esprit, qui te ramènera à résipiscence pour ne plus excommunier les sectes musulmanes et qui te portera à retenir ta langue à leur égard, même si les voies qu’elles empruntent sont divergentes, du moment qu’elles demeurent attachées à l’attestation qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu, de manière sincère et dévouée, ne faisant rien allant à l’encontre de la signification de cette formule.
Je dis : L’infidélité consiste à démentir le Messager - que la paix soit sur lui - sur une chose qu’il a apportée ; la foi consiste à attester de sa véracité dans tout ce qu’il a apporté. Le Juif et le Chrétien sont ainsi des infidèles pour avoir démenti le Messager. Le Brahmane est à plus forte raison un infidèle, puisqu’il renie, outre le Messager, l’ensemble des Messagers. L’athée est, à plus forte raison que le Brahmane, un infidèle puisqu’il renie, outre le Messager, l’Existence de Dieu - Exalté soit-Il. Ainsi, tout infidèle est une personne démentant le Messager, et toute personne démentant le Messager est infidèle. Il s’agit d’une condition nécessaire et suffisante.
Sache que malgré l’évidence des propos que nous venons de tenir, nous sommes amenés à les expliciter davantage, car chaque secte excommunie ses contradictrices et les accuse de démentir le Messager.
Certains Hambalites excommunient par exemple l’Ash`arite, sous prétexte que celui-ci démentirait le Messager sur l’affirmation de la Supériorité spatiale de Dieu (al-fawqiyyah)  et sur l’Établissement de Dieu sur le Trône (al-istiwâ’ `alâ al-`arsh), ce qui contredirait le verset : « Etes-vous assuré que Celui qui est au Ciel ne vous engloutira pas dans la terre ? »
Certains Ash`arites excommunient en retour certains Hambalites sous prétexte que ceux-ci tiendraient des propos anthropomorphiques, démentant en cela les propos du Coran : « Il n’y a rien qui Lui ressemble. »
Certains Ash`arites excommunient également les Mu`tazilites sous prétexte que ceux-ci démentiraient le Messager sur la possibilité de voir la Divinité, et sur la négation que des Attributs comme la Science et l’Omnipotence divines puissent être extrinsèques à la Quiddité de Dieu - Exalté soit-Il.
Le Mu`tazilite excommunie en retour l’Ash`arite sous prétexte que celui-ci affirmerait l’existence de plusieurs êtres éternels partageant avec Dieu - Exalté soit-Il - l’Attribut d’Éternité (al-qidam).
Car lorsque l’Ash`arite dit que les Attributs divins sont extrinsèques à la Quiddité divine, tout en étant incréés, il sous-entendrait que ces Attributs s’associent à Dieu dans l’Attribut d’Éternité, ce qui amène à démentir le Messager sur le fait que Dieu est Un, et que Lui Seul est Éternel, rien ne lui ressemblant dans Son Attribut d’Éternité. »

 « Rien ne pourra t’extirper de ce bourbier si ce n’est une connaissance précise de la limite entre l’incrédulité et la créance. Se dévoilera ainsi à toi l’extrémisme de ces sectes, et l’abus d’anathème dont elles usent les unes envers les autres.
Mais avant de nous plonger dans le détail de cette distinction, tu dois prendre connaissance de cette petite introduction que nous ne pouvons nous permettre d’omettre, même si elle peut sembler quelque peu insolite pour le lecteur non averti. »

« La créance salvatrice est la soumission du cœur et la reconnaissance de l’existence de tout ce dont Dieu et Son Messager nous ont informé de son existence. Ceci étant acquis, sache alors que l’existence possède des degrés tels, qu’une personne, qui n’y prête guère attention, peut sombrer dans l’excommunication de personnes ne méritant pas d’être excommuniées.
Le premier degré est l’existence que les savants qualifient de propre. Il s’agit de ce qui existe dans notre environnement extérieur, comme le ciel, la terre, les mers, les montagnes, etc., c’est-à-dire tout ce dont la réalité ne dépend pas d’une conceptualisation intellectuelle.
Le deuxième degré est l’existence sensorielle. C’est l’existence des choses qui se manifestent à l’œil, sans que celui-ci ne les ai perçues réellement pour autant. L’exemple typique est celui des images étranges que le dormeur ou le malade voient pendant leur sommeil, ou qu’une personne éveillée peut se représenter si elle se laisse transporter par son imagination en oubliant le monde qui l’entoure : l’image d’un cheval ailé par exemple.
Le troisième degré est l’existence virtuelle. C’est l’existence de l’image d’une chose que l’œil a déjà eu l’occasion de percevoir réellement, et qui se manifeste dans l’imagination, en l’absence de la réalité extérieure qu’elle représente : l’image d’un éléphant ou d’un cheval après qu’ils aient disparu du champ de vision par exemple.
Le quatrième degré est l’existence intellectuelle. C’est l’existence d’une chose dont la réalité est avérée, mais qui n’est perceptible que par l’intellect et non par les sens : la puissance, la volonté, ou la vie en sont des exemples, car ces choses sont perceptibles par l’intellect mais seuls certains de leurs effets sont perceptibles par les sens.
Le cinquième degré est l’existence métaphorique. Elle concerne une chose identifiée par un nom, mais qui n’a pas d’existence propre à l’extérieur, pas plus qu’une existence sensorielle, virtuelle ou intellectuelle. Ce qui existe est alors une chose autre qui lui ressemble dans un de ses attributs. Nous en donnerons des exemples, dans le cas de Dieu - Exalté soit-Il.
Maintenant que tu sais cela, je vais te donner des exemples de chacun de ces niveaux d’existence, tirés du Livre de Dieu - Exalté soit-Il - ou de la Sunnah de Son Messager.
Quiconque oublie cette hiérarchie de l’existence sombre dans l’excommunication de personnes ne méritant pas d’être excommuniées.
Si le Législateur nous informe de l’existence d’une chose, il faut garder à l’esprit que cette existence peut revêtir l’une des formes que nous avons explicitées, et n’est pas nécessairement l’existence propre, qui est, certes, la plus haut-placée dans la hiérarchie de l’appréhension humaine.
Le Prophète dit par exemple dans le hadith authentique : « On amènera la mort le Jour de la Résurrection, sous la forme d’un bélier qu’on égorgera entre le Paradis et l’Enfer. On appellera alors : « Ô gens du Paradis, ce sera une vie sans mort ! Ô gens de l’Enfer, ce sera une vie sans mort ! » »
Certains savants pensent détenir la preuve que la mort est un accident, non une substance, que la mort ne touche que les substances et non les accidents, et que la transformation d’un accident en substance est impossible.
En conséquence, on interprète le hadith en disant que le Jour de la Résurrection, les hommes voient une image qu’ils pensent être la mort mais que celle-ci n’existe que dans leur perception, non dans la réalité extérieure.
C’est ici le deuxième degré d’existence que nous avons précédemment défini.
D’autres savants ne sont pas convaincus de l’impossibilité qu’un accident se transforme en substance. Ils disent alors que la mort se transforme effectivement en bélier qui sera égorgé.
Bien que ce deuxième groupe de savants se soit manifestement trompé, nous ne pouvons pas l’excommunier pour autant, car il n’a tenu les propos qui sont les siens que parce qu’il a cru à la lettre du texte, ce qui ne cause de tort à quiconque, comme nous allons le voir par la suite.
Dieu - Glorifié soit-Il - dit également : « La Main de Dieu est au-dessus de leurs mains. »
Ceux qui pensent détenir la preuve qu’il est impossible à Dieu - Exalté soit-Il - d’avoir une Main physique et sensible interprètent ce verset en disant qu’il s’agit d’une Main intellectuelle, non sensorielle.
Leur idée est que puisque la main est l’organe qui agit, qui saisit, qui donne et qui prive, alors le verset signifie que le Pouvoir de Dieu est au-dessus de leur pouvoir.
Ceux qui ne sont pas convaincus par cet argument disent que Dieu a une Main réelle, mais qu’elle ne ressemble pas à nos mains : elle n’est qu’un Attribut divin comme l’Ouïe ou la Vue, dont Dieu Seul connaît la réalité.
Le Prophète dit : « Dieu Se réjouit de Son Serviteur repentant, tout comme vous vous réjouissez lorsque vous retrouvez ce que vous avez perdu. »
Et Dieu - Exalté soit-Il - dit : « Ils encoururent la Colère de Dieu. »
Certains pensent détenir la preuve qu’il est impossible à Dieu - Exalté soit-Il - de Se réjouir ou de Se mettre en colère, étant donné que la réjouissance est le contentement de l’âme qui a pu satisfaire ses plaisirs et que la colère est un bouillonnement sanguin qui incite au châtiment.
Ceux qui pensent détenir la preuve de cette impossibilité disent donc que la réjouissance signifie ici l’agrément, qui lui est nécessairement lié, et que la colère est la volonté du châtiment, voire le châtiment lui-même, qui lui est nécessairement lié également.
Ceux qui ne sont pas convaincus par cet argument disent que rien n’empêche l’existence d’Attributs divins qu’on nommerait la Réjouissance et la Colère, bien qu’on ne connaisse pas leur réalité.
Maintenant que tu sais cela, tu dois comprendre que toute personne, interprétant de l’une de ces manières une parole du Législateur, demeure croyante. Car l’incrédulité consiste à nier toute forme d’existence de ces choses mentionnées par le Législateur, et à prétendre que ce que dit le Législateur est insensé ou qu’il s’agit d’un pur mensonge par lequel Il cherche à détourner les gens d’une chose qu’Il convoite.
Ainsi donc, un interprète n’a pas à être excommunié. Et comment serait-il excommunié alors qu’il n’existe aucun groupe musulman qui n’ait eu recours à l’interprétation ? Voici même que l’homme le plus éloigné de l’interprétation, l’Imâm Ahmad Ibn Hambal, a dû interpréter. Des Imâms hambalites dignes de confiance ont en effet rapporté que l’Imâm Ahmad a eu clairement recours à l’interprétation dans un nombre très limité de questions, trois a-t-on compté.
On cite notamment le hadîth : « La Pierre noire est la Dextre de Dieu sur Terre. » Et le hadith : « Le cœur du croyant est entre deux Doigts du Miséricordieux. »
L’Imâm Ahmad - que Dieu lui fasse miséricorde - a eu recours à l’interprétation, lorsqu’il s’est convaincu de l’impossibilité du sens littéral... Il a ainsi interprété la Pierre noire, en disant que puisque la main est l’objet qu’on baise habituellement pour se rapprocher de son propriétaire, la Pierre noire est également baisée pour se rapprocher de Dieu et obéir à Son Commandement. Elle ressemble ainsi à la dextre, non pas dans son essence ou dans ses attributs, mais dans une de ses contingences, qui est ici le rapprochement de Dieu à travers l’hommage rendu à ce qu’Il nous a ordonné d’honorer.
L’Imâm Ahmad a également eu recours à l’interprétation lorsqu’il s’est convaincu de l’impossibilité de l’existence de Doigts divins entourant le cœur, car celui qui palpe sa poitrine n’y ressent pas la présence de doigts. Il a donc interprété cela en le renvoyant à ce qui, intellectuellement parlant, va de pair avec les doigts, à savoir leur capacité à tourner et à retourner les choses d’un état à un autre.
Le sens du hadîth est donc que les cœurs sont à l’entière disposition de Dieu - Glorifié soit-Il - et qu’Il peut leur faire subir ce qu’Il veut. Ibn Hambal - que Dieu lui fasse miséricorde - n’a pas fait de grand usage de l’interprétation car l’impossibilité du sens littéral ne lui a jamais paru évidente, excepté dans ces trois questions qu’il a été amené à interpréter. Sa position s’explique par le fait qu’il n’était pas de ceux qui se livraient à l’examen rationnel. Mais s’il avait mené lui aussi de telles analyses, il aurait constaté que de nombreuses autres questions pouvaient être également interprétées, comme par exemple le fait que Dieu - Glorifié soit-Il - soit au ciel : « Etes-vous assuré que Celui qui est au Ciel ne vous engloutira pas dans la terre ? » , tout en étant avec deux, trois ou plusieurs personnes : « Pas de conversation secrète entre trois personnes, sans qu’Il ne soit leur quatrième, ni entre cinq personnes, sans qu’Il ne soit leur sixième, ni moins ni plus que cela sans qu’Il ne soit avec eux. »
Et c’est en raison de leur approfondissement de l’examen rationnel que les Ash`arites et les Mu`tazilites ont interprété de nombreux phénomènes.
Les Ash`arites ont par exemple interprété ce que nous avons précédemment indiqué concernant la mort qui se présente le Jour de la Résurrection sous la forme d’un bélier. Ils ont également interprété le fait que les actions seront pesées le Jour de la Résurrection. Ils disent à ce sujet que puisque les actions sont des accidents qui ont pris fin ici-bas, ce qui sera pesé dans l’au-delà, ce sont les registres des actions.
Les Mu`tazilites vont même jusqu’à interpréter la balance des actions, et disent qu’il s’agit d’une métaphore indiquant ce qui permet de découvrir à tout un chacun la valeur de ses actions. Cette dernière interprétation semble plus proche de la vérité que celle proposée par les Ash`arites.
Tu comprends ainsi que tout groupe musulman, aussi attaché soit-il à une lecture littérale et aussi éloigné soit-il de l’interprétation, est parfois contraint d’y recourir, sans quoi il pourrait dépasser les limites de l’idiotie, en disant par exemple que la Pierre noire est la véritable Dextre de Dieu, ou que la mort, bien qu’étant un accident, peut se transformer en substance.
Une personne qui pousse aussi loin les limites de son ignorance s’est définitivement détachée du nœud de la raison. »

 « En conséquence, il n’est pas permis que chaque groupe se mette à excommunier son contradicteur, s’il juge que ses arguments sont erronés. Il lui est toutefois permis de dire qu’il se trompe ou qu’il s’égare du chemin que lui-même considère comme juste.
Mais tu dois également savoir qu’il existe deux niveaux. Le premier est celui de la masse populaire et béotienne. A ce niveau, il convient de suivre le Salaf, de ne pas changer le sens littéral des textes et de ne pas innover d’interprétations qui n’ont pas été proposées par les Compagnons. Il faut par ailleurs réprimer ceux qui veulent s’engager dans le Kalâm devant les masses béotiennes, comme l’a fait l’Imâm Mâlik lorsque quelqu’un lui demanda la signification de l’Établissement sur le Trône (al-istiwâ’) mentionné dans le verset : « Le Tout Miséricordieux S’est établi sur le Trône. »  Mâlik avait alors répondu : « Le istiwâ’ est chose connue. Y croire est une obligation. Son comment nous est inconnu. Et le questionnement à son sujet est une innovation. »
Le second niveau est celui des chercheurs dont les convictions ont été ébranlées. Ceux-là peuvent s’adonner à la recherche théologique, dans la limite de leur besoin. Et ils ne doivent délaisser le sens littéral du texte que lorsqu’ils fournissent une preuve irréfutable étayant leur argumentation.
Et il ne faut pas que chaque groupe se mette à excommunier les autres à la moindre divergence de points de vue. Car l’excommunication n’est pas une chose simple avec laquelle on peut se permettre tant de légèretés.
Tu dois également savoir que lorsqu’une personne se met à interpréter de manière purement spéculative un texte littéralement explicite, on ne doit pas non plus s’empresser de l’excommunier aveuglément.
On étudiera l’interprétation qu’elle propose, et si celle-ci ne touche pas aux fondements des dogmes, elle ne sera pas excommuniée. Si quelqu’un dit par exemple que la fission de la mer pour Moïse est due à la présence d’îles dans le secteur, il est clair que cette interprétation ne s’accorde pas avec le verset : « Et chaque versant fut comme une énorme montagne. »  Mais nous n’excommunierons pas pour autant l’auteur de cette interprétation. Nous dirons simplement qu’il se trompe.
Dans le cas d’une interprétation conjecturale touchant aux fondements des dogmes les plus importants, on ne doit excommunier que ceux qui changent le sens littéral du texte sans avancer de preuve décisive. On excommuniera ainsi quelqu’un qui nie par exemple la résurrection des corps le Jour de la Résurrection ou quelqu’un qui nie les sanctions physiques dans l’au-delà, n’avançant pour cela que des conjectures, des illusions et des spéculations. »

 « Sache également qu’un exposé exhaustif de ce qui rend ou ne rend pas passible d’anathème nécessiterait de longs développements. Contente-toi donc maintenant d’un conseil et d’une règle que je te donne. Mon conseil est le suivant : Tu dois retenir ta langue à l’égard des gens de la qiblah , du moment qu’ils témoignent qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu, n’agissant en rien à l’encontre de cette formule. Et ils ne vont à l’encontre de cette formule que lorsque qu’ils permettent que le Messager de Dieu puisse mentir.
Quant à la règle, tu dois savoir que les théories sont de deux sortes. La première concerne les fondements des dogmes, comme nous l’avons déjà évoqué, tandis que la seconde concerne les branches secondaires.
Les fondements de la foi sont au nombre de trois : la foi en Dieu, la foi en Son Messager, et la foi au Jour dernier. Tout ce qui n’entre pas dans ces trois points fait partie des branches secondaires.
Et sache qu’au niveau des branches secondaires, l’excommunication n’est envisageable que dans une seule situation : lorsque quelqu’un renie une directive prophétique avérée au moyen d’une transmission concordante (tawâtur) péremptoire, et faisant l’objet du consensus de la Communauté, toutes mouvances confondues.
Nier le caractère obligatoire des cinq prières quotidiennes ou celui du jeûne du Ramadân par exemple. De même, dire que le sanctuaire de la Mecque n’est pas la Ka`bah, vers laquelle Dieu nous a ordonné de nous rendre en pèlerinage, est une hérésie, car il est établi de manière concordante chez tous ceux à qui est parvenu le message de l’Islam le contraire de cette prétention. Mais sache aussi que la distinction précise entre la transmission authentiquement concordante et celle qui ne l’est pas peut ne pas être accessible à tous. Beaucoup de personnes croient en effet que ce qui est répandu parmi les gens est nécessairement concordant. Or ceci est une erreur.
Car la définition du vrai tawâtur est ce qui a été transmis par un groupe de gens de manière concordante, l’ayant eux-même reçu de la même manière par un autre groupe de gens, de telle sorte qu’il est impossible qu’ils aient pu fomenter conjointement un mensonge. La transmission se poursuit ainsi de groupe en groupe jusqu’à parvenir jusqu’à nous.
On sait par exemple, grâce à cette transmission concordante, ce tawâtur, qu’il a existé autrefois des hommes qui se sont présentés comme des Messagers envoyés par Dieu à Sa Création. L’on connaît également, par le même biais, les pays les plus célèbres qui existent dans le monde.
Mais on a souvent cru, à différentes époques, qu’on avait affaire à un tawâtur, alors qu’en réalité ce n’en était pas un, car tous ne lui accordaient pas le même caractère péremptoire et décisif.
C’est le cas lorsqu’un grand nombre de personnes s’accordent autour d’une opinion donnée pour des motifs précis, comme par exemple un lien qui les rapproche ou un sectarisme qui les domine.
Un exemple de ceci est l’allégation de certains Shî`ites qu’il existerait un texte révélé par Dieu - Exalté et Loué soit-Il - établissant le droit de `Alî Ibn Abî Tâlib à occuper, lui et sa descendance, la fonction de Calife. Cette allégation est alors à opposer à ce qui s’est transmis de manière concordante chez leurs adversaires.
Et bien que nous condamnons cette assertion des Shî`ites, nous ne les excommunions pas pour autant. Car aussi abjecte et absurde soit leur allégation, il demeure qu’elle ne porte pas atteinte à un des fondements de la religion.
Même chose concernant leur allégation selon laquelle le douzième Imâm de la descendance de `Alî - que Dieu l’agrée - serait caché dans une fosse en Irak, et qu’il réapparaîtrait pour gouverner le monde.
Aussi grotesque que puisse être ce discours, il demeure qu’il ne porte pas non plus de tort à la religion. Le seul tort qu’il occasionne concerne ce Shî’ite idiot qui sort chaque jour de chez lui pour aller accueillir l’Imâm, puis qui rentre bredouille le soir. Ce délire ne lèse donc personne à part lui. »
                                                                                                                                                                 
Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî, Difâ` `an Al-`Aqîdah Wash-Sharî`ah didd Matâ`in Al-Mustashriqîn, éditions Nahdat Misr, deuxième édition, janvier 1997.

Résumé de la biographie du Prophèteﷺ par Hamidoullah : Révélation

17) Il avait quarante ans, et c'était la cinquième année de ses retraites annuelles. Vers la fin du mois, il reçut la visite d'un ange (Gabriel). Il lui dit: Lis; Mohammed répond: je ne sais pas lire, l'ange reprend: lis; Mohammed repond de la même sorte : je ne sais pas lire, c'est au bout de la troisième fois que que l'ange dit les premieres verset du Coran: {Lis au nom de ton Seigneur qui a créé 2.Qui a créé l'homme d'un caillot de sang. 3.Lis ! car ton Seigneur, le Très Noble, 4.C'est Lui qui a enseigné par la plume [le calame], 5.Il a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas} (Coran, 96: 1-5.) * L'ange lui annonça que Dieu l'avait choisi comme Son messager et envoyé auprès des hommes; il lui apprit les ablutions et la façon d'adorer Dieu, la prière, et il lui communiqua le message divin que voici.
18) Emu, il rentra chez lui, et raconta à sa femme ce qu'il venait d'éprouver; il exprima ses craintes que ce ne fût là que quelque diablerie ou quelque emprise de mauvais esprits. Elle le consola en disant qu'il avait toujours été charitable et généreux, aidant les pauvres, les orphelins, les veuves et tous ceux qui avaient besoin d'aide, et que Dieu le protégerait donc contre tout mal.
19) Puis, trois années passèrent, sans révélations nouvelles Ce dut être, pour Mohammed, après le choc du début, un certain calme, et puis un désir, une attente, une impatience toujours croissante... Cependant, la nouvelle s'étant ébruitée, les sceptiques mesquins se moquèrent de lui, et se permirent d'amères plaisanteries, allant jusqu'à le railler que Dieu l'avait abandonné.
20) Pendant ces trois ans d'interruption et d'attente, le Prophète s'adonna de plus en plus à la prière et aux pratiques spirituelles. Les révélations reprirent alors: Dieu lui assura qu'il ne l'avait point abandonné, mais qu'au contraire, c'était lui qui l'avait guidé sur le droit chemin; Qu'il n'avait donc qu'à se soucier des orphelins et des mendiants, et à proclamer le bienfait divin (Coran ch. 93). C'était donner ordre de prêcher. Une autre révélation l'appela à dire aux hommes les menaces que faisaient peser sur eux leurs mauvaises mœurs, à les exhorter à n'adorer que le Dieu unique, et à abandonner tout ce qui irriterait Dieu (Coran ch. 74. Verset. 2-7). Puis, une autre révélation lui ordonna d'avertir ses proches parents (Coran ch. 26 Verset 214) et ensuite {Proclame ouvertement ce qui t'est ordonné et détourne-toi des associateurs (polythéistes) , Nous te suffisons vis-à-vis de ceux qui se moquent} (Coran ch.15 verset:94-95).
Résumé de la biographie du Prophèteﷺ par Hamidoullah : Mission