Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

dimanche 10 mai 2015

Sur la connaissance par l’Imam Ibn Hazm al Andalusi

Si le bienfait de la connaissance se limitait au fait que les ignorants te respectent et
t’admirent, et que les savants t’aiment et t’honorent, cela serait une bonne raison de devoir la
rechercher, qu’en est-il donc de tous ses bienfaits ici-bas et dans l’au-delà.

Et si le défaut de l’ignorance se limitait au fait que l’ignorant envie les savants, cela serait une
bonne raison de s’en éloigner, qu’en est-il donc de tous ses défauts ici-bas et dans l’au-delà.

Si l’utilité de la connaissance et de son usage consistait uniquement à détacher celui qui s’y intéresse des tentations épuisantes et des espoirs qui ne font que nourrir les peines, et à le protéger des idées douloureuses pour l’âme, cela serait le meilleur attrait vers la connaissance.
Qu’en est-il alors si l’on considère ses infinis bienfaits, dont on sait que pour celui en quête de savoir, les moindres sont ceux évoqués ci-dessus.

Les rois faibles se sont distraits par les jeux d’échec et de dés, par le vin, les chansons, la chasse à dos de montures et par le reste des intérêts curieux qui sont nocifs ici-bas et dans l’au-delà, n’ayant aucune utilité.

Si le savant examine pendant que ses heures s’écoulent comment la connaissance le protège de l’humiliation par les ignorants, de la peine de la méconnaissance  des vérités ainsi que la joie que lui procure sa découverte des choses  que les autres ne décèlent pas, il louerait de plus en plus Allah – exalté soit-Il – et se féliciterait de plus en plus des connaissances qu’il a acquises.
Il aurait envie d’en détenir encore plus.

Celui qui s’occupe des sciences inférieures et laissent les supérieures – alors qu’il a les facultés de les maitriser – ressemble à celui qui cultive du maïs dans une terre qu’un charitable lui a donné et à celui qui plante des pêches où  poussent des palmiers et des oliviers.

Répandre la connaissance auprès des gens ignorants les corrompt, c’est comme si on donnait du miel à une personne qui souffre de fièvre ou qu’on faisait sentir du Musc et de l’ambre à celui qui souffre d’une migraine due à une inflammation de la bile.

Celui qui est avare de connaissance est plus vil que celui qui est avare d’argent car ce dernier
craint de voir s’épuiser ce qu’il détient, alors que le premier est avare de ce qui ne s’épuise pas
avec la dépense et qui ne le quitte pas s’il en fait usage.

Celui qui a un penchant pour une science déterminée – même si elle est d’une moindre importance que les autres – doit s’en occuper entièrement, ressemblant ainsi à celui qui plante le cocotier en Andalousie, ou à celui qui plante des oliviers en Inde car ils ne risquent pas de pousser.

Les plus honorables connaissances sont celles qui te rapprochent de ton Créateur – exalté soit-Il – et qui t’aide à gagner Son agrément.

Regarde l’argent, l’état et la santé de ceux qui sont dans un niveau inférieur au tiens, et regarde la religion, la connaissance et les vertus de ceux qui sont  d’un niveau supérieur au tiens.

Les sciences abstraites sont semblables aux médicaments forts qui améliorent les corps forts mais font périr les corps chétifs, les sciences abstraites renforcent la qualité et la résistance de l’esprit fort et font périr l’esprit faible.

Il existe des excès de folie tels que si celui qui en est atteint le canalise dans la sagesse, il serait plus sage que Al Hassan al Basr (al A’lam, 2/226), Platon  le grec (philosophe), et Bazr de Perse.

L’esprit s’est arrêté devant le fait qu’il ne sert à rien s’il n’est pas renforcé par le bon chemin en religion ou le bonheur dans la vie.

Ne te cause pas du mal en mettant en acte des avis douteux pour en prouver leur corruption à leur auteur. Car le fait que tu sois blâmé par cet auteur pour l’avoir contredit alors que tu es sain et sauf des dangers est mieux pour toi que de le voir s’excuser et que vous regrettiez tous deux que tu te sois mis dans de tels dangers.

Ne fais jamais plaisir aux autres en te mettant en péril par ce qui ne  t’est imposé ni par la loi divine, ni par la vertu.


La science s’est arrêtée devant l’ignorance de ce qui concerne les attributs de Celui qui donne le Commencement à Toute chose – exalté soit-Il –.

Il n’y a pas de fléau plus dangereux pour les sciences et pour ses gens que les intrus, qui n’en font pas partie, ils croient savoir alors qu’ils sont ignorants  et corrompent en croyant qu’ils réforment.

Celui qui veut une belle vie future, qui cherche la sagesse dans la vie, la juste réputation, qui souhaite avoir toutes les bonnes vertus et mériter tous les bienfaits doit prendre exemple sur Muhammad, que les bénédictions et la paix soient sur lui, et suivre ses moralités et ses méthodes autant qu’il le peut, qu’Allah – exalté soit-Il – nous  aide par Sa grâce à suivre ses pas, amîn.

Les ignorants m’ont exaspéré deux fois durant ma vie. La première, par leurs paroles au sujet de ce qu’ils ignorent à l’époque de mon ignorance et la deuxième, par leur silence en ma présence, car ils sont toujours silencieux par rapport à ce qui peut leur être bénéfique et bavards par rapport à ce qui peut leur être nocifs.
 Quant aux gens du savoir, ils m’ont enchanté deux fois durant ma vie. La première, en m’apprenant à l’époque de mon ignorance. Et la deuxième,  en discutant avec moi à l’époque de ma connaissance.

Le bienfait de la connaissance et de l’ascétisme est que tous deux sont des dons qu’Allah – exalté soit-Il – n’octroie qu’à ceux qui les méritent et qui en sont dignes.
Et le défaut de l’absence de la richesse et de la célébrité est qu’ils vont le plus souvent à ceux qui ne les méritent guère et qui n’en sont point dignes.

Celui qui se met en quête des vertus ne côtoie que les vertueux, et n’accompagne sur sa voie qu’un ami qui fait partie des gens de compassion, de loyauté, d’honnêteté, de générosité, d’endurance, de fidélité, d’intégrité, de clémence, de bonne conscience et d’affection.
Quant à celui qui recherche le rang, l’argent et les plaisirs, il ne côtoie que les gens pareils aux chiens enragés et aux renards malicieux, et n’accompagne  sur sa voie que les ennemis de la foi à la nature vile.

L’utilité de la connaissance pour l’usage des vertus est considérable. Pourtant quand bien même on connaît le charme des vertus, on les recherche ne serait-ce que rarement, et quand on connaît la vilenie et les vices, on les évite ne serait-ce que rarement. Et quand on écoute un éloge, on en veut encore et on méprise les mauvais.
Ainsi, la connaissance est en partie à l’origine du bienfait de toutes vertus et l’ignorance est en partie à l’origine de tous vices. En outre, les vertus ne proviennent pas de ceux qui n’ont pas de connaissance, sauf s’ils ont un tempérament pur et qu’ils sont d’un naturel vertueux.
Ceci est une particularité des Prophètes, que la paix d’Allah soit sur eux, car Allah – exalté soit-Il – leur a appris tout le bien sans qu’ils n’aient à l’apprendre des gens.

J’ai vu parmi les gens, des personnes pourvues d’un équilibre et de bonnes moeurs qu’un sage savant ne peut surpasser. Mais cela est très rare.

J’ai vu des personnes qui ont appris les sciences et connu les époques des Prophètes, que la paix d’Allah soit sur eux, et les recommandations des sages, mais que les gens de moeurs méchantes ne peuvent surpasser en vilenie et en corruption,  en actes déclarés et discrets, et cela est très fréquent. Alors j’ai réalisé qu’il s’agit de don ou de privation venant d’Allah – exalté soit-Il.

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