Aujourd'hui, Horaire de prière à (Angers)

mercredi 29 mai 2013

La Pénitence après le péché Par l'Imam Abû Hâmid Al-Ghazâli : Les repentants et leurs diverses catégories


 Les repentants et leurs diverses catégories

Il existe quatre catégories de repentir.
Première catégorie : Le pécheur qui a commis des péchés se repent et reste à vie sur le droit
chemin en évitant les péchés et en ne commettant que des fautes légères auxquelles aucun être
humain ne peut échapper, car nul être humain n’est parfait. (le prophète- paix et bénédiction
de Dieu sur lui- nous a appris que « tout être humain commet des péchés, les meilleurs
pécheurs sont ceux qui se  repentent »). Une telle personne a un repentir sincère et une âme
apaisée que Dieu appellera :
« 27. "Ô toi, âme apaisée, 28. retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée ; 29. entre
donc parmi Mes serviteurs, 30. et entre dans Mon Paradis » (Coran 98 : 27-30)
Deuxième catégorie : une personne se repent et fait de son mieux pour rester sur le droit
chemin, mais, sans qu’elle l’est prémédité, il lui arrive de tomber dans certains péchés véniels
où l’intention de pécher n’a pas précédé l’acte. Cette personne pèse en permanence ses actes
et paroles par la balance de la religion. Chaque fois qu’elle est sur le point de commettre un
péché, elle s’interroge. Face au péché, elle ressent un vif regret et se reproche toujours le
moindre péché. Cette personne a une âme réprobatrice (An-Nafs Al-Lawwâmah). Cette âme
reproche le mal et devient son propre juge. C’est une catégorie noble, plus répandue que la
précédente, mais elle a moins de mérite que la catégorie précédente. C’est une personne qui
vit en lutte constante pour faire en sorte que ses bonnes œuvres pèsent davantage auprès de
Dieu que ses péchés. Mais tant que le fidèle est animé par la pénitence et tant qu’il demande
le pardon à Allah, Allah l’enveloppe dans Sa Miséricorde. Dieu a honoré les musulmans de
cette catégorie dans le Coran en les comptants parmi les pieux :
« 133. Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Jardin (paradis) large comme
les cieux et la terre, préparé pour les pieux, […] 135. et pour ceux qui, s’ils ont commis
quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à
Allah), se souviennent d’Allah et demandent pardon pour leur péchés
et qui est-ce qui pardonne les péchés sinon Allah ?- et qui ne persistent pas sciemment
dans le mal qu’ils ont fait. » (Coran 3 :133,135)
Troisième catégorie : La personne qui se maintient dans la voie de la pénitence pour un
certain temps. Puis, dans la lutte interne contre certains péchés, la séduction et la tentation
finissent par l’emporter. La personne alors commet sciemment les péchés en question, tout en
faisant de bonnes œuvres en parallèle. Chaque fois, qu’elle commet ces quelques péchés
prémédités, auxquels elle a succombé, elle le regrette et se promet de ne plus y retourner.
Ainsi chez cette personne, se côtoie de bonnes œuvres et des péchés prémédités dus à la
séduction. Cette personne a une âme qui succombe aux séductions ou, du moins, à certaines
séductions. Il est à craindre que, progressivement, elle glisse vers la terre du péché en se
laissant tenter par le monde infini des péchés. Cependant, il est à espérer, grâce aux bonnes
actions qu’elle maintient, qu’elle finisse ses jours enveloppée dans la Miséricorde de Dieu.
Quatrième catégorie : Après quelques jours de repentir, la personne replonge de plus belle
dans le péché sans manifester intérieurement un regret ou sans ressentir la moindre amertume.
C’est la catégorie de ceux qui persistent sciemment dans la désobéissance et le péché. Ils ont
une âme qui appelle aux péchés et lui obéissent. Il s’agit de l’âme incitatrice au mal :
« Certes l’âme est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde,
(ne la préserve du péché) ». (Coran 12 : 53)
Ce sont des gens qui fuient le bien et vivent dans le péché tout en espérant la Miséricorde de
Dieu ! En effet il est des gens aux cœurs malades et à l’entendement limité qui commettent les
pires péchés, ne demandent jamais le pardon et pensent néanmoins mériter la Miséricorde de
Dieu. Ces personnes sont comparables dans leur attitude à un homme qui a démoli sa maison,
gaspillé son argent jusqu’au dernier sou et pense que Dieu lui enverra certainement un trésor
pour combler sa faim et celle de sa famille… Pour obtenir le pardon, il faut suivre le droit
chemin. Pour obtenir la science, il faut fournir beaucoup d’efforts et de patience. Il en est ainsi
pour toute noble chose. Mais il y a des gens dépourvus de toute raison qui, croulant sous les
péchés jour et nuit, disent allègrement : « il y aura toujours une petite place dans le vaste
paradis pour des gens comme moi, et mes péchés, même nombreux, et ma désobéissance,
même perpétuelle, ne nuisent pas à Dieu… ». Ce sont des personnes qui passent leurs vies à
courir derrière les ornements de la vie terrestre et ne prépare jamais leur rencontre avec Dieu.
Ils oublient la parole de Dieu :
« 39. et qu’en vérité, l’homme n’obtient que (le fruit) de ses efforts ; 40. et que son effort,
en vérité, lui sera présenté (le jour du Jugement). » (Coran 53 : 39-40)
Que Dieu nous éloigne de la mauvaise voie et qu’il nous guide vers son droit chemin.

La Pénitence après le péché Par l'Imam Abû Hâmid Al-Ghazâli (1)

« Sache que la pénitence est un terme qui englobe trois aspects : un savoir, des états et des
œuvres. Le premier aspect implique le second et le second implique le troisième selon une loi
divine établie dans le royaume de Dieu. Quant au savoir, c’est le savoir de l’ampleur du mal
résultant des péchés lesquels sont des poisons mortels et un obstacle entre le serviteur et
L’Aimé (Allah). Ainsi lorsque ce savoir s’installe avec certitude dans le cœur, il s’ensuit une
douleur dans le cœur due à l’éloignement de l’Aimé, car il est certain que le cœur souffre
lorsqu’il ressent que l’Aimé l’a délaissé. Comme cet éloignement est dû à une mauvaise
action, le serviteur la déplore. Ce sentiment de douleur causé par cette action s’appelle : le
regret. ».
L’essence de la pénitence:
La pénitence englobant trois domaines : un savoir, des états et enfin des œuvres. Il entend par « savoir », le savoir ou la prise de conscience de l’ampleur du mal qui résulte des péchés, lesquels sont une noirceur qui obscurcit le cœur et un obstacle entre le fidèle et son Seigneur. En effet, les péchés ont pour conséquence l’éloignement progressif du serviteur de son Seigneur. C’est pourquoi lorsque ce
savoir s’installe avec certitude dans le cœur, il s’ensuit une vive douleur. Il est certain que le
cœur souffre lorsque le musulman ressent que ses péchés risquent de le priver de la proximité
d’Allah. Le musulman déplore alors sa mauvaise œuvre ; la douleur qui emplit son cœur se
transforme en un état de regret : le regret d’avoir péché.
Ainsi la pénitence consiste-t-elle à s’écarter du péché dans le moment présent et d’avoir une
ferme volonté de ne plus jamais succomber au péché dans le futur (proche et lointain). Il va de
soi que cette volonté d’éradiquer le péché se traduit par de bonnes œuvres qui prouvent la
sincérité de la pénitence. En effet, la pénitence n’est acceptée que lorsque les œuvres qui la
suivent prouvent que le musulman a honoré sa parole devant Dieu, en ne retournant plus au
péché commis dans le passé. Le musulman qui décide de se repentir à Allah et qui, quelques
jours plus tard, retourne au même péché, prouve que sa volonté est faible, que sa foi est
vacillante, qu’il n’honore pas les engagements qu’il a pris envers Dieu. Un tel individu
prendrait-il Dieu - Exalté soit-Il - à la légère ? Il devrait être alerté par sa négligence et son
manque d’observance du Tout Puissant. Il est à craindre que l’hypocrisie s’infiltre dans son
cœur car l’hypocrisie, une fois installée dans le cœur, ne peut coexister avec une foi sincère.
Le devoir de se repentir et la valeur de la pénitence
Le devoir de se repentir apparaît clairement dans la tradition prophétique et dans les versets
coraniques. Il est rendu évident par la lumière qu’Allah dépose dans les cœurs de ses fidèles.
Heureux sont ceux qui croient fermement que nul bonheur ne peut être espéré dans la vie
future sauf le bonheur de rencontrer le Seigneur des seigneurs. Malheureux sont ceux qui ne
jouiront pas de la proximité de Dieu ; ils brûleront ce jour dans les flammes du tourment et de
l’exclusion de Sa Haute Assemblée et périront dans les feux de l’Enfer. Sache que cet
éloignement de Dieu résulte de l’obéissance de l’homme aux viles passions dictées par l’âme
charnelle. Et sache que, pour être proche de Dieu, il convient de suivre Son Droit Chemin et
de le prier avec recueillement et sincérité. Pour bénéficier de la proximité de Dieu, la première
des conditions c’est d’éviter tout ce qui écarte le musulman de son Seigneur, c’est-à-dire les
péchés. Pour se détourner du chemin des péchés et se diriger vers Le Chemin d’Allah, il faut
ce savoir (ou cette prise de conscience), le regret d’avoir péché et la ferme volonté de ne plus
retourner au péché.
Aussi Allah a-t-il fait un appel général aux croyants pour qu’ils se repentissent :
« Et repentez-vous tous à Allah Ô croyants afin que vous récoltiez le succès ». (Coran 24 : 31)
Notre Seigneur a également précisé la qualité de la pénitence qu’Il agrée :
« Repentez-vous à Allah d’un repentir sincère ». (Coran 66 : 8)
La sincérité signifie que le repentir est fait exclusivement pour plaire à Dieu. Si la seule
finalité recherchée par le repentir est la satisfaction de Dieu, c’est alors un repentir dépourvu
de toute imperfection ou défaut. C’est une action louable et agréée par Le Tout Miséricordieux.
Dieu nous a par ailleurs indiqué la noblesse de la pénitence en disant :
« Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient ». (Coran 2 :222)
L’islam accorde la plus grande importance à la purification physique mais aussi, et surtout, à
la purification des cœurs et des âmes, laquelle est le fruit de la pénitence. Notre prophète -
paix et bénédiction de Dieu sur lui- nous a appris que « Celui qui se repent après le péché et
comme celui qui n’a pas péché », la pénitence efface les péchés.                                              
(Mise en garde : ceci n’est pas une invitation aux gens à pécher de façon insouciante et
audacieuse en disant « une pénitence future lavera ce péché » ... il faut y voir évidemment une
Une pénitence bien accomplie est agréée par Dieu
Une pénitence accomplie avec sincérité est sans le moindre doute agréée par Allah. Comme la
lumière du jour dissipe les ténèbres de la nuit, la lumière de la pénitence rayonne dans le cœur
et efface la noirceur du péché. L’emploi du cœur dans de vils desseins et dans de bas péchés
le souille. Sa purification se fait alors par les chaudes larmes du regret versées lors de la
pénitence et lors des invocations de Dieu. Chaque personne dont le cœur et le corps sont
purifiés mérite la satisfaction de Dieu selon un décret divin :
« 7. Et par l’âme et Celui qui l’a harmonieusement façonnée ;
8. et lui a alors inspiré son immoralité, ainsi que sa piété !
9. A réussi, certes, celui qui l’a purifiée. » (Coran 91 : 7-9)
Puisque « tout raisonnement théologique non soutenu par la tradition ne peut valoir », prenons
à l’appui quelques versets et hadiths. Allah a dit en parlant de Lui-même :
« Le Pardonneur des péchés, l’Accueillant au repentir […] ». (Coran 40 :3)
Notre Prophète nous a enseigné : « certes Dieu étend Ses Mains avec la pénitence jusqu’au
matin pour celui qui pèche la nuit et jusqu’au soir pour celui qui pèche pendant la journée ».
Qu’est-ce qui nécessite le repentir ?
La pénitence, répétons-le, c’est le fait de regretter un péché et de s’en écarter. Or, il semble
impossible de s’écarter d’un péché sans en connaître la nature. Il est une règle selon laquelle
« Ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est à son tour une obligation à
accomplir ». Comme la pénitence est un devoir, ce sans quoi la pénitence est impossible
devient une nécessité incontournable. Aussi est-il indispensable de savoir ce que sont le                         
miséricorde de Dieu afin que les pécheurs ne désespèrent pas et pour qu’ils sachent qu’une
sincère pénitence est toujours agréée par Dieu)
péchés afin de pouvoir s’en écarter. Les péchés sont, en résumé, les actions, les paroles et les
intentions contraires aux ordres divins et aux enseignements prophétiques.
Les péchés sont commis lorsque l’homme enfreint la Loi dans quatre contextes différents où,
à chaque fois il veut s’attribuer, ou manifeste dans son attitude, des qualificatifs qui ne sont
pas les siens, à savoir : des attributs qui n’appartiennent qu’à Dieu, des qualificatifs associés
au diable, des comportements qui relèvent des animaux ou enfin des bêtes fauves.
Souvent l’homme tente de se parer d’attributs qui n’appartiennent en vérité qu’au Seigneur de
toute créature. Ainsi certains espèrent, voire prétendent, à l’éternité. D’autres manifestent
orgueil et fierté. D’autres enfin vivent pour être loués. Comme si cette personne orgueilleuse,
aimant les louanges, voulait crier haut et fort comme Pharaon :
« Je suis votre Seigneur, le Très Haut ! » (Coran 79 : 24)
Un tel comportement, fréquent, conduit inéluctablement aux péchés majeurs et au Châtiment
de Dieu. L’homme devient diabolique lorsque son cœur s’emplit d’envie, de jalousie, d’hypocrisie et
lorsqu’il détourne les gens du droit chemin et les appelle à des chemins déviants.
L’homme devient « animal » lorsqu’il se donne pour objectif l’assouvissement, à tout prix,
des plaisirs de la chair (du ventre et du sexe essentiellement). Il en découle la fornication, la
sodomie, le vol des biens d’autrui pour sa satisfaction personnelle, ainsi que d’autres péchés
que développent de bas appétits...
L’homme est parfois comme une bête fauve furieuse lorsqu’il se laisse emporter par sa colère,
en attaquant verbalement et/ou physiquement les gens, en les agressant, en tuant ou en
commettant d’autres actes aux conséquences malheureuses.
Nous avons mentionné ici des péchés capitaux ainsi que leurs sources respectives. En
dérivent des péchés qui se déclinent avec nos différents membres et sens. Pour le cœur par
exemple, c’est l’association d’autres divinités à Dieu, l’hypocrisie, l’intention de nuire et il en
va ainsi pour chacun de nos sens.
La classification des péchés : majeurs et mineurs
Les péchés se subdivisent en péchés capitaux ou majeurs (kabâ’ir) et en péchés véniels ou
mineurs (saghâ’ir). Certains savants ne sont pas de cet avis et prétendent que toute entorse à
une loi divine est un péché majeur. Même si l’intention de ces savants est louable (s’écarter de
tout type de péché), leur avis demeure cependant faible, car Dieu dit :
« Ceux qui évitent les plus grands péchés ainsi que les turpitudes et qui ne commettent
que des fautes légères. Certes, le pardon de Ton Seigneur est immense. » (Coran 53 : 32)
Il dit également : « Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer en un Lieu honorable. » (Coran 4 : 31)
Les savants ont divergé au sujet du nombre et de la nature des péchés majeurs. Abû Tâlib AlMakkî a mentionné dix-sept péchés tirés de la Sunnah. Ils se déclinent comme suit :
Quatre dans le cœur : associer d’autres divinités à Dieu, persister dans la transgression de la
loi de Dieu, désespérer de la Miséricorde de Dieu, ne pas craindre le châtiment de Dieu en
pensant qu’Il ne sévira pas contre les transgressions dans ce monde.
Quatre par la langue : porter faux témoignage, accuser injustement d’adultère une personne
vertueuse et chaste, pratiquer la magie, mentir sous serment afin de s’emparer d’un bien ou
afin d’avantager une personne qui est dans le tort.
Trois liés au ventre : boire le vin ou toute autre boisson qui provoque la perte de la raison,
dépenser à son propre profit l’argent des orphelins, vivre d’un argent issu de l’usure, laquelle
est strictement interdite.
Deux sont liés au sexe : commettre la fornication et la sodomie.
Deux concernent les mains : tuer et voler.
Un concerne les pieds : fuir l’ennemi au cours d’une bataille ; il n’est en effet pas permis de
fuir devant un ennemi même deux fois plus nombreux.
Un concerne le corps tout entier : l’ingratitude envers les parents, qui se manifeste lorsqu’une
personne désobéit à ses parents et n’accomplit pas ses devoirs envers eux, ou envers l’un
d’eux, en terme de respect, de soins et de subvention à leurs besoins, qu’il s’agisse de besoins
financiers ou affectifs.
Tel est le point de vue de Abû Tâlib Al-Makkî. Celui-ci n’a néanmoins pas classifié les
péchés qu’il mentionne en péchés majeurs ou mineurs.
Transformation d’un péché mineur en majeur
Prendre à la légère un péché mineur et persister à le commettre sciemment le rend
certainement aussi lourd de conséquences qu’un péché dit majeur. Dieu a précisément loué
ceux qui ne persistent pas dans la désobéissance :
« 133. Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Paradis large comme les cieux
et la terre, préparé pour les pieux, [...] 135. et pour ceux qui, s’ils ont commis quelque
turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Allah), se
souviennent d’Allah et demandent pardon pour leurs péchés — et qui est-ce qui
pardonne les péchés sinon Allah ? — et qui ne persistent pas sciemment dans le mal
qu’ils ont fait. » (Coran 3 : 133-135)
A contrario, un retour à Dieu et une pénitence sincère efface un grand péché. Commettre sans
cesse un péché dit mineur peut être plus grave que de commettre une fois un péché majeur. En
effet, le plus grand mal c’est de prendre l’habitude de commettre le mal sans éprouver la
moindre crainte de Dieu. D’ailleurs le Prophète met l’accent sur l’effet de la constance sur la
valeur d’une œuvre : « les meilleures actions sont les plus pérennes, même si elles ne sont pas
d’une grande envergure ». Comme, la valeur d’une bonne œuvre est multipliée lorsqu’elle est
faite dans la durée, le poids du péché est multiplié lorsqu’il est commis de façon permanente
ou répétitive. C’est pourquoi les pieux n’étaient jamais satisfaits de leurs bonnes œuvres et
voyaient en chacun de leur péché une montagne sur le point de s’effondrer sur eux. Telle est
la crainte du châtiment de Dieu. Les hypocrites, eux, trouvent leurs péchés, même les pires,
aussi insignifiants qu’une mouche qui vint se déposer sur leurs visages puis reprit son vol...
De plus, la crainte de la conséquence des péchés est plus grande chez des savants pieux que
chez les pieux au savoir limité. Le savoir contribue à la connaissance de Dieu ainsi qu’à la
connaissance des péchés et leurs conséquences. De même, la crainte de celui qui sait est
supérieure à celle de l’ignorant qui, par son ignorance, ne mesure ni ses actes, ni ses mots, ni
leurs conséquences. Il s’ensuit logiquement que le péché est d’autant plus grave que celui qui
le commet sait pertinemment qu’il enfreint la loi divine.
Pire encore, c’est de commettre le péché et n’éprouver aucune honte à le rendre public ou à
l’afficher. Comme celui qui annonce haut et fort un péché pour se féliciter de l’avoir commis !
« J’ai ruiné le commerce d’un tel ! » « J’ai insulté tel autre ! ». Ceux-ci oublient que Dieu les
laissent œuvrer, mais qu’un jour ils devront rendre compte du plus insignifiant de leurs mots
et gestes. Au lieu de se repentir à Dieu, Qui n’a pas dévoilé les péchés qu’ils commettent
secrètement, ils annoncent avec négligence leurs péchés. Ils ont commis un péché, voilà un
premier péché, ils l’ont rendu public, voilà un deuxième, ils séduisent ceux qui les écoutent et
embellissent à leurs yeux le mal, voilà un troisième péché... « Celui qui établit une mauvaise
pratique porte son péché et le péché de ceux qui l’ont suivi, sans que cela n’ôte quelque chose
aux péchés de ceux qui l’ont suivi » nous apprend le Prophète Mohammad — paix et
bénédictions sur lui —. Il en va de même pour celui qui est à l’origine d’une pratique louable.
Telle est l’équité de l’islam.

lundi 27 mai 2013

Ibn Al-Qayyîm Jawziyyah-Le souci et le chagrin n’apporte rien d’utile au serviteur


Le souci et le chagrin n'apporte rien d'utile au serviteur, au contraire ils font plus de mal que de bien.
    Ils refroidissent la résolution et affaiblissent le cœur.
    Ils empêchent le serviteur de s'efforcer dans ce qui lui est utile.
    Ils lui barrent le chemin [vers Dieu], le font même reculer en arrière, ou lui voilent le jalon qui à chaque fois qu'il le voyait, il retroussait ses manches et accélérait le pas.
 C'est soit quelque chose qui offre une possibilité de la repousser, dans ce cas on ne doit pas faiblir [devant une telle initiative]
 Soit une chose qu'il est impossible de repousser, dans ce cas on ne doit pas s'affoler, mais on doit vêtir pour l'affronter la vêtue [spirituelle] appropriée et s'y préparer en prenant l'équipement nécessaire, à savoir l'affirmation de l'unicité de Dieu, la confiance en Lui, la soumission à Lui, la satisfaction de L'avoir comme Seigneur dans toute chose, au lieu de n'être satisfait de Lui que dans ce qu'on aime, et pas dans ce qu'on déteste.
Ce sont certes un lourd fardeau sur le dos du marcheur.
Le sentiment douloureux qui survient au cœur est de deux sortes compte tenu de sa cause:
    Soit il est causé par un événement passé, il s'agit dans ce cas du chagrin
    Soit il est du à une situation future envisageable, il s'agit là du souci.
Et les deux relèvent de la faiblesse :
    Ce qui s'est passé ne peut pas être repoussé par le chagrin, mais plutôt en montrant de la satisfaction, en louant [Allâh], en patientant, en ayant foi en le Décret (qadar) et en répétant : « Allâh a décrété [la chose ainsi] et ce qu'Il a voulu, Il l'a exécuté. »
    Ce qui va venir [comme mal] ne peut pas être repoussé par le souci :
 C'est soit quelque chose qui offre une possibilité de la repousser, dans ce cas on ne doit pas faiblir [devant une telle initiative]
Soit une chose qu'il est impossible de repousser, dans ce cas on ne doit pas s'affoler, mais on doit vêtir pour l'affronter la vêtue [spirituelle] appropriée et s'y préparer en prenant l'équipement nécessaire, à savoir l'affirmation de l'unicité de Dieu, la confiance en Lui, la soumission à Lui, la satisfaction de L'avoir comme Seigneur dans toute chose, au lieu de n'être satisfait de Lui que dans ce qu'on aime, et pas dans ce qu'on déteste.

samedi 25 mai 2013

Les raisons qui amènent au développement de la "Mahabbah" (l'Amour pour Allah) par Ibn Al-Qayyîm Jawziyyah


1 -
Réciter le Qur’ân, réfléchir sur ses paroles et comprendre leur sens.

2 - Se rapprocher d'Allah par l'accomplissement d'actes surérogatoires après les actes obligatoires.

3 - Etre constant dans le Dhikr (rappel) d'Allah – en toutes circonstances – avec la parole, le cœur, et les membres. Plus le dhikr est constant, plus la Mahabbah est intensifiée.

4 - Donner la priorité à ce qu'Allah aime – lorsque nos désirs prennent le dessus – au lieu de ce que l'on aime et désire personnellement.

5 - Faire que le cœur contemple les Noms et Attributs d'Allah. Etre témoin de ce qu'ils impliquent et faire que le cœur soit éclairé dans le jardin de cette réalisation.

6 - Reconnaître la miséricorde et les faveurs d'Allah; qu'elles soient apparentes ou cachées.

7 - Assujettir le cœur et être humble devant Allah, afin qu'il soit dans la crainte d'Allah.

8 - S'isoler, au moment pendant lequel Allah descend au niveau le plus bas du ciel, réciter le Qur’ân, et finir la récitation en recherchant le pardon d'Allah et se repentir sincèrement à Lui.

9 - S'asseoir dans les assemblées de ceux qui aiment sincèrement et véritablement Allah, récolter les bénéfices de leurs enseignements, et ne parlez que si vous savez qu'il y a en cela un bénéfice et que de telles paroles vous élèveront vers le bien et que d'autres en bénéficieront en même temps.

10 - Se tenir à l'écart de toutes les choses qui pourraient éloigner les cœurs d'Allah.

Donc voici 10 cas permettant au véritable croyant d'atteindre le vrai amour pour Allah, pour qu'il puisse atteindre Allah.



Source : Madârij al-Sâlikîn.

Définition de « Al-Qalb » : Le coeur ne s'apaise qu'avec l'amour d’Allâh - Ibn Taymiya


Ibn Taymiya -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit : « Il n'y a aucun bonheur pour les cœurs, ni plaisir complet, sauf dans l'amour de Dieu et le rapprochement de Lui avec ce qu'Il aime. Et il n'est pas possible [de vraiment] l'aimer, sauf en se détournant de tout ce que l'on aime en dehors de Lui. C'est la réalité de [Lâ Ilâha Illa l-Lâh] et c'est la Religion de l'ami intime de Dieu, Ibrahim, ainsi que de tous les Prophètes et Messagers. »

Al'Hikams-Sagesses Ibn âta-Allah Al askandari en arabe et français-116-الحكم العطاءية عربي فرنسي


-116/  Il t'a ordonné qu'en cette demeure tu médites sur Ses créations : dans l'autre demeure, Il dévoilera pour toi la perfection de Son essence.
  .أمرك في هذه الدار بالنظر في مكوناته، وسيكشف لك في تلك الدار عن كمال ذاته

mercredi 22 mai 2013

Le fait de parler d'Allah sans science Par Ibn Qayyim El-Djawziyya




Il s'agit du plus grave des interdits et du plus grand des péchés.
C'est pourquoi il vient en quatrième position dans les interdits sur lesquels toutes les lois et les religions s'accordent car il s'agit d'interdits qui ne deviennent jamais permis, contrairement par exemple à la viande de la bête morte de mort naturelle ou de celle du porc ou du sang qui peuvent être rendus licites dans certains cas. C'est que les interdits sont de deux sortes :
-  un interdit en soi qui n'est jamais rendu licite
-  un interdit qui peut devenir licite dans certains cas particuliers

Allah dit sur l'interdit en soi :
"Mon Seigneur a interdit seulement : les turpitudes apparentes ou cachées" (S.7 / V.33)

Puis Il passe à ce qui est plus grave : "Le péché et la violence injuste". Puis Il passe à ce qui est encore plus grave : "Il a interdit d'associer à Allah ce qui n'a reçu de Lui aucun pouvoir".
Puis Il passe à ce qui est encore plus grave : "et de dire contre Allah ce que vous ne savez pas". Cette dernière attitude constitue le plus grave des interdits auprès d'Allah car elle renferme du mensonge contre Allah et elle tend à Lui attribuer ce qui est indigne de Lui, à modifier Sa religion, à nier ce qu'Il a confirmé et à confirmer, ce qu'Il a infirmé, à réaliser ce qu'Il a annulé et vice-versa, à prendre pour ennemis ceux qui sont Ses amis et vice-versa, à aimer ce qui Lui répugne et vice-versa, et à lui attribuer des qualités qui ne conviennent pas à Son Essence, à Ses attributs, à Sa parole et à Ses actes. C'est donc auprès d'Allah le pire des espèces d'interdits qui est à l'origine du polythéisme et de l'impiété et qui est le fondement des hérésies et des égarements.

En somme toute hérésie trompeuse dans la religion a pour origine le fait de parler d'Allah sans science. Voilà pourquoi les anciens pieux et leurs imams ont fustigé cette attitude avec la dernière énergie et dénoncé ses adeptes partout où ils se trouvaient sur la terre, mettant sévèrement en garde contre eux et insistant dans leur désapprobation de cette attitude plus qu'ils ne le faisaient en fustigeant les turpitudes, les injustices et les transgressions parce que la menace que les hérésies représentent pour la foi est de loin la plus grave.

Du reste Allah fustige celui qui attribue dans Sa religion le caractère licite ou illicite à une chose, de son propre fait et sans la moindre preuve divine qui l'atteste.

En effet Allah dit :
"Et ne dites pas, conformément aux mensonges proférés par vos langues: "Ceci est licite, et cela est illicite", pour forger le mensonge contre Allah. Certes, ceux qui forgent le mensonge contre Allah ne réussiront pas. " (S.16 / V.116)

Qu'en serait-il de celui qui attribue à Allah des qualités dont Il ne s'est pas qualifié Lui-même ou qui Lui nie une qualité dont Il s'est qualifié Lui-même ?

Quelqu'un parmi les anciens pieux disait : « Que l'un de vous prenne garde à dire : "Allah a rendu ceci licite et a rendu ceci illicite", de peur qu'Allah ne lui dise : " Tu as menti. Je n'ai pas rendu ceci licite et Je n'ai pas rendu cela illicite !" »

Il faut dire que l'origine du polythéisme et de l'impiété c'est le fait de parler d'Allah sans science et connaissance.

En effet le polythéiste prétend que ce qu'il adore en dehors d'Allah le rapproche d'Allah, intercède en sa faveur auprès de Lui et satisfait son besoin comme le font les médiateurs auprès des rois.

Voilà pourquoi mentir sur l'Envoyé d'Allah
(sal Allahou ‘Aleyhi wa asalam) , implique l'entrée en Enfer parce que ce genre de mensonge relève de ce qu'on dit nécessairement attribué à Celui qui l'a envoyé.

Donc les péchés de tous les hérétiques relèvent de cette espèce et on ne peut s'en repentir qu'en désavouant les hérésies.

Mais comment s'en repentir pour celui qui ne sait même pas que c'est une hérésie puisqu'il croit que ce qu'il fait c'est une sunna à laquelle il appelle ?

Un tel homme ne peut vraiment reconnaître ses péchés qui impliquent qu'il ne s'en repente que s'il connaît la véritable Sunna et se met à l'étudier et à approfondir ses connaissances à ce sujet. Ce que les hérétiques ne font jamais.

Pourtant c'est la Sunna qui anéantit l'hérésie. Lorsque son soleil se lève sur le cœur du serviteur elle dissipe de son cœur les brumes de toute hérésie et élimine les ténèbres de tout égarement car les ténèbres ne peuvent tenir tête au pouvoir du soleil.

Mais le serviteur ne peut distinguer la Sunna de l'hérésie qu'en suivant la vraie Sunna et qu'en émigrant à chaque instant avec son cœur vers Allah dans la sincérité et qu'en émigrant vers Son Messager à travers l'attachement à puiser dans ses paroles, ses actes et sa conduite exemplaire, car comme l'indique le hadîth authentique : "Celui qui émigre vers Allah et Son Messager, son émigration sera effective vers Allah et Son Messager"

Quant à celui qui émigré vers autre chose, se sera sa part dans le bas-monde, et dans la vie future.

Sources : Les sentiers des itinérants

lundi 20 mai 2013

N'oublions pas notre bien-aimé

من ديوان الامام الشافعى : قصيدة : التوكل في طلب الرزق


من ديوان الامام الشافعى
قصيدة : التوكل في طلب الرزق
  توكلتُ في رزقي على اللهِ خالقي
  وأيقنتُ أنَّ اللهَ لا شكَّ رازقي
  وما يكُ منْ رزقي فليسَ يفوتني
  ولو كانَ في قاعِ البحارِ العوامقِ
  سيأتي بهِ اللهُ العظيمُ بفضلهِ
  ولوْ لمْ يكنْ مني اللسانُ بناطقِ
  ففي أي شيئٍ تذهبُ النفسُ حسرةً
  وقدْ قسمَ الرحمنُ رزقَ الخلائقِ

dimanche 19 mai 2013

LA SPIRITUALITÉ DANS LA MODERNITÉ par Sofiane Meziani 3/3

LA SPIRITUALITÉ DANS LA MODERNITÉ par Sofiane Meziani 2/3

LA SPIRITUALITÉ DANS LA MODERNITÉ 1/3 par Sofiane Meziani


Dans nos jours, la société est devenue l'esclave des moyens technologiques de communication et d'information. Même si ces moyens nous ont facilité notre vie quotidienne de tous les jours, elles ont, aussi, apporté de grands nouveaux défis. Ces défis se résument essentiellement dans l'enfermement sur soi dans des mondes virtuels et dans le manque de communication avec autrui. De plus, ces moyens, s'ils ne sont pas maîtrisés, peuvent induire à la destruction de la relation transcendent de l'humain avec son créateur. En d'autre terme, détruire le côté spirituel de l'individu. Cette conférence résume l'ensemble de ces défis et propose des outils et des solutions pour mettre la modernité au profit de l'humain et de sa progression spirituelle et culturelle...


samedi 18 mai 2013

Les 40 Hadiths Nawawiya avec charh:Hadith 5 -La nullité des innovations٤٠ النووية


D'après la mère des croyants A'icha - رضي الله عنها - a dit :
L'Envoyé d'Allah -
صلى الله عليه و سلم - a dit :
« Quiconque apporte à notre affaire-ci une chose nouvelle non fondée sur elle, verra cette chose rejetée. » 1
Dans la version de Musulim, il y a ceci : « Celui qui fait un acte sur lequel notre affairen'est pas maître, verra son acte rejeté ».
_________________________1 { Hadith sahih, rapporté par al Bukhârî (5/301) (n°2697), Muslim (3/1343) }.
 
الحديث الخامس :  
عَنْ أُمَّ الْمُؤْمِنِينِ أُمَّ عَنْدِ الله عَائِشَةَ رَضي عنها قَالَتْ :
قَالَ رَسُولُ الله ( صَلَّى الله عَلَيْهِ وَ سَلَّمَ ) :
 مَنْ أَحْدَثَ فِي أَمْرِنَا هَذَا مَا لَيْسَ مِنْهُ فَهُوَ رَدٌّ .
                            ( رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَ مُسْلِمٌ )
وَ فِي رِوَايَةٍ لِمُسْلِمٍ :  مَنْ عَمِلَ عَمَلاً لَيْسَ عَلَيْهِ أَمْرُنَا فَهُوَ رَدٌّ .
Commentaire

Des savants ont dit que ce hadith est la balance du coté apparent des actes et le Hadith qui est au début de cet opuscule est la balance du coté profond des actes, car l'acte comporte une intention et un aspect :
- L'aspect est le coté apparent de l'acte.
- L'intention est le coté profond de l'acte.
 
 
Leçons tirées de ce Hadith
 
- Celui qui apporte à cette affaire qui est l'Islam une chose nouvelle non fondée sur elle, cette chose est à rejeter même s'il a une bonne intention. De cette façon on déduit que toutes les innovations dans la religion sont rejetées même si son auteur a une bonne intention.
- Tel que le souligne la deuxième version du Hadith rapportée par Muslim est que celui qui accomplit un acte qui n'est pas conforme à ce que la religion a ordonné, cet acte est à rejeter même s'il a une base dans la législation.
- Ainsi celui qui vend une marchandise interdite, sa vente est nulle ; Celui qui fait une prière surérogatoire sans raison dans des heures où il est interdit de prier, sa prière est nulle ; il en va de même pour celui qui jeune le jour de la fête, etc. tous ces actes en effet n'obéissent pas à l'ordre d'Allah et de Son envoyé.

source:Charh des 40 Hadîth de l'Imâm An-Nawâwî Par Shaykh Al-'Uthaymîn 
 

lundi 13 mai 2013

Des hommes autour du Prophèteﷺ : Abou Hourayra


Le compagnon Abou Hourayra, de son premier nom Abdchams (adorateur du soleil), embrassa l'Islam devant le Messager, pendant que l'expédition de Khaybar battait son plein. C'était en l'an 8 de l'Hégire. Durant les quatre dernières années de sa vie, le Messager sera côtoyé en permanence par cet exceptionnel compagnon à la mémoire prodigieuse.
Avant de se convertir, Abou Hourayra était un salarié très démuni qui se prosternait à des déités qui ne servent ni ne nuisent. Après sa conversion, il devint un personnage célèbre vouant ses adorations à Dieu l'unique. Le voici qui parle de lui-même : « J'ai grandi orphelin et j'ai émigré très pauvre... J'ai été un salarié contre le répas de mon ventre, chez Bosra bint Ghazouan. J'étais à leur service, quand ils installaient leur camp, et je guidais leur caravane quand ils se déplaçaient. Et maintenant me voilà son époux, grâce à Dieu. Louange donc à Dieu qui a redressé la religion et fait d'Abou Hourayra un imam. »
* * *
Etant doté d'une mémoire phénoménale, et bien qu'il fût un illettré, Abou Hourayra prit vite conscience du service important qu'il pouvait rendre à la religion musulmane. Il s'attela alors à préserver l'héritage religieux du Prophète , puisqu'il n'avait pas de terre à cultiver ni de commerce à fructifier. Il réussit ainsi dans de larges mesures à sauvegarder de très nombreux hadiths de la Tradilion prophétique.
Il se mit à transmettre les hadiths du Prophète dès la disparition de ce dernier, si bien que des compagnons s'en étonnèrent, en disant : « D'où lui viennent ces hadiths ? Quand les a-t-il entendus et appris ? » Le valeureux compagnon répondit avec clarté à ce genre de questionnements comme pour dissiper le doute qu'on voulait exprimer. Il avait dit, entre autres : « Vous dites qu'Abou Hourayra abonde trop dans la transmission des hadiths du Prophète . Eh bien! mes compagnons mouhajirites étaient occupés par leur terres. Pendant ce temps, j'étais quelqu'un de pauvre, qui accompagnait beaucoup le Messager de Dieu. Je tenais à être présent quand eux s'absentaient et je retenais dans ma memoire quand eux oubliaient. Et puis, le Prophète nous a dit un jour : « Celui qui étale son habit jusqu'à ce qu'il écoute mon hadith puis le retire à lui, celui-là n'oubliera plus rien de ce qu'il aura entendu de moi. » J'ai alors étalé mon habit et il m'a dit des hadiths, puis j'ai retiré mon habit à moi. Par Dieu ! je n'ai rien oublié de ce que j'ai entendu de lui. De plus, je ne vous aurais rien rapporté des hadiths du Prophète , si ce n'était ce verset coranique : « Ceux qui dissimulent ce que nous avons fait descendre de preuves et de guidance, après même les avoir explicitées aux hommes dans l'Ecriture, ceux-là Dieu les maudit, et les maudisse qui les maudira. » (Coran 2.159)
* * *
Une fois, le souverain Marouan b. al-Hakam invita Abou Hourayra, pour le tester sur le sujet de sa maîtrise du hadith. Il le fit asseoir à côté de lui, tandis qu'un secrétaire se tenait caché et écrivait tous les hadiths dits par Abou Hourayra. L'année suivante, Marouan l'invita de nouveau et l'interrogea sur les hadiths : Abou Hourayra n'en n'avait pas oublié le moindre mot.
Abou Hourayra avait d'ailleurs dit de sa personne : « Aucun compagnon du Messager de Dieu ne rapporte de hadiths plus que moi, à l'exception de Abdallah b. Amr b. al-As. Celui-ci écrivait alors que moi je ne sais pas écrire. »
* * *
En outre, Abou Hourayra était, ainsi que sa famille, un adorateur assidu. Lui, sa femme et sa fille se repartissait la nuit en prières. Chacun priait un tiers de la nuit, de telle sorte que leur maison ne connut point d'interruption de rappel de Dieu. Par ailleurs, lorsqu'il embrassa l'Islam, il fut très soucieux du destin de sa mère qui refusait de se convertir, si bien qu'il s'en plaignit au Prophète . Ecoutons-le plutôt : « Je suis allé trouver le Messager , les larmes aux yeux, pour dire :
"Ô Messager de Dieu, j'ai tant appelé Oum Abou Hourayra à l'Islam mais elle refusait à chaque fois. Aujourd'hui, je l'ai appelée. Alors, elle m'a fait entendre sur toi des propos que je déteste. Invoque donc Dieu pour qu'il la guide à l'Islam."
Le Messager a dit par conséquent : "Dieu! guide Oum Abou Hourayra." Je suis sorti en pressant le pas, pour aller lui annoncer la bonne nouvelle de l'invocation du Messager. Quand je suis arrivé, j'ai trouvé la porte fermée puis j'ai entendu le clapotement de l'eau, et elle m'a dit : "Reste à ta place, Abou Hourayra!"
Puis, elle a mis son habit et porté précipitamment son khimar, avant de sortir en disant : "J'atteste qu'il n'est de dieu que Dieu comme j'atteste que Mohammad est son serviteur et son messager." ...»
* * *
Dans le khalifat d'Omar b. al-Khattab, Abou Hourayra occupa le poste de gouverneur du Bahrein, mais pour une durée déterminée, durant laquelle il put constituer quelques biens personnels. Laissons-le raconter l'entretien qu'il avait eu à Médine avec le khalife : « Omar m'a dit : "Ennemi de Dieu, ennemi de son livre! As-tu osé voler le bien de Dieu ?" J'ai dit : "Je ne suis ni l'ennemi de Dieu ni l'ennemi de son livre. Je suis plutôt l'ennemi de leur ennemis, et je ne suis pas celui qui vole le bien de Dieu!" Il a dit : "Alors, d'où as tu les dix mille ?" J'ai dit : "Ce sont des chevaux qui se sont reproduits, des dons qui se sont succédés (du ciel)."... Omar a dit : "Verse-les alors au Trésor public."
Abou Hourayra accepta de les verser puis leva les mains au ciel et dit : « Dieu! pardonne à l'Emir des croyants. » Quelques temps après, Omar proposa le poste à Abou Hourayra. Ce dernier refusa. Comme Omar demanda pourquoi, Abou Hourayra répondit : « Pour qu'on n'insulte pas mon honneur et qu'on ne prenne pas mon bien... »
Ainsi vécut Abou Hourayra et ainsi il mourut. Il mourut à l'âge de 75 ans, en l'an 59 de l'Hégire et il fut enterré dans le cimetière d'al-Baqi.

jeudi 9 mai 2013

من ديوان الامام الشافعى


من ديوان الامام الشافعى

قصيدة : التنسك المبطن
  ودعِ الذينَ إذا أتوكَ تنسكوا
  وإذا لوْ فهمُ ذئابُ خرافِ

samedi 4 mai 2013

La Pénitence après le péché Par l'Imam Abû Hâmid Al-Ghazâli : L’accomplissement de la pénitence ses conditions et sa permanence

Chacun est en mesure de connaître la vérité de sa pénitence. La sincérité de la pénitence se
reflète dans la force du sentiment de regret qui emplit le cœur et se sent dans les larmes
versées pour implorer le pardon de Dieu. Pour les négligents, le péché a un goût doux et
délicieux comme le miel ; mais en réalité il a l’effet du poison. Le diable essaie de séduire le
fils d’Adam, il embellit à ses yeux des plaisirs illicites. Un des signes du regret c’est de voir
les plaisirs qui accompagnent le péché devenir amers et répugnants. C’est cette amertume du
péché qui crée une répulsion entre le cœur et l’action interdite. C’est pourquoi la pénitence ne
peut être sincère sans qu’elle soit soutenue par une foi solide qui refuse les plaisirs interdits,
aussi séduisants soient-ils. Cette force de la foi, qui nécessite efforts et patience, fait la valeur
de la pénitence et élève le rang de ceux qui se repentent. En somme, la pénitence transparaît
dans le regret et le regret se traduit par l’amertume du péché.
D’autre part, il est indispensable de réparer dans le présent et le futur un mal qui découle d’un
péché passé. Il s’agit de mettre fin à des injustices commises et notamment de restituer tout
bien obtenu de façon illicite à son vrai propriétaire. Ainsi celui qui a empoché de l’argent en
trahissant, en trichant, en volant, en cachant à un acheteur les défauts du bien vendu ou celui
qui n’a pas payé le travail d’une personne à sa juste valeur, tous ceux-là doivent rectifier leur
acte et mettre un terme à ces injustices. Au cas où les personnes ayant subi ces injustices ne
seraient plus de ce monde, il faut rendre l’argent à leurs héritiers. Que chacun passe en revue
les injustices qu’il a commises avant qu’il ne les passe en revue devant la Haute Assemblée
d’Allah. Ce jour, il sera trop tard pour se repentir. Si jamais le vrai propriétaire de l’argent est
inconnu, cet argent doit être dépensé entièrement pour une bonne cause (pour aider les
pauvres par exemple). S’il y a une incertitude sur le vrai montant de l’argent obtenu de façon
non licite, il faut essayer de l’estimer de la façon la plus honnête pour éviter de se nourrir
d’argent harâm (illicite) et pour éviter que l’argent halâl (licite) ne se mélange avec le harâm.
Pour les injustices non matérielles, il faut adresser des excuses et demander le pardon des
personnes que nous avons blessées par un mot ou par un geste afin que le pardon de Dieu
puisse être demandé. Mais si une des personnes à qui nous devons des excuses est impossible
à joindre, la seule issue est de multiplier les bonnes œuvres et espérer le pardon de Dieu.
Enfin, si un péché a été commis par ignorance, celui qui le commet doit dorénavant se
renseigner auprès des plus savants pour accroître son savoir et pour déceler le mal avant d’y
être tombé. Nous pouvons résumer cette idée de l’Imâm Abû Hâmid par la parole d’un poète
arabe « j’ai appris ce qu’était le mal non pour le faire, mais pour m’en prémunir ».

mercredi 1 mai 2013

Vider avant de remplir (Ibn Al Qayyim)

On ne peut remplir un récipient [d'une substance] qu'à condition de l'avoir préalablement vidé [de toute substance] contraire. C'est le cas pour les personnes physiques et les entités matérielles, mais également pour les croyances et les volontés :- Si le coeur est rempli de fausses croyances et de faux désirs, il ne restera plus de place pour croire en la vérité et l'aimer. De la même manière que celui qui utilise sa langue pour parler de ce qui n'est d'aucun profit, ne pourra l'utiliser pour parler de ce qui lui est profitable, sauf s'il cesse de parler de ce qui est vain. De même, si les membres sont utilisés dans la désobéissance, ils ne peuvent être utilisés dans l'obéissance qu'en cessant de pratiquer ce qui s'y oppose.

- Ainsi, si le coeur occupé par autre que l'amour d'Allah subhana wa ta'ala, le désir d'aller vers Lui et Sa compagnie, il ne pourra être occupé par l'amour d'Allah, Sa volonté, Son amour et le désir de Le rencontrer qu'en étant vidé de tout attachement à autre que Lui. Parallèlement, la langue ne peut se consacrer à Son évocation et les membres se mettre à Son service, qu'en cessant d'évoquer ou de servir autre que Lui. Si le coeur est totalement occupé par les créatures et les sciences qui ne sont d'aucune utilité, il ne restera plus de place pour l'occuper par Allah subhana wa ta'ala, Sa connaissance, Ses Noms, Ses Attributs et Ses Jugements.

Le secret permettant de saisir pleinement ce concept réside dans le fait que l'ouïe du coeur est semblable à celle de l'oreille. Si le coeur écoute autre chose que la parole d'Allah, il ne restera plus de place pour écouter et comprendre Sa parole. De même s'il penche vers l'amour d'autre qu'Allah subhana wa ta'ala, il ne restera en lui aucun penchant vers l'Amour d'Allah. S'il prononce des paroles autres que l'évocation d'Allah, il ne restera en lui aucune place pour Son évocation, de la même manière que pour la langue.

C'est pourquoi, il est rapporté dans les deux recueils authentiques que le Prophète salallahu alayhi wa salam a dit :

"Remplir son ventre de pus jusqu'à satiété est meilleur que de le remplir de poésie."

(Al Bukhâri, 6100, Muslim, 2257).


Il a donc montré que le ventre pouvait être rempli de poésie. Il peut donc, de la même manière, être rempli d'ambiguïtés, de doutes, d'illusions, de fausses conceptions, de sciences inutiles, de plaisanteries, de blagues, d'histoires, etc.. Si le coeur est rempli de ces choses, la vérité du Coran et la science par laquelle il atteindra la plénitude et le succès ne trouveront aucune place et ne seront pas acceptées. Ces vérités passeront alors leur chemin et se rendront vers un autre lieu. De la même manière, lorsque l'on conseille un coeur rempli de son contraire, [ces conseils] ne pourront jamais pénétrer. Le coeur ne les acceptera pas et ils ne resteront pas en lui. Ils passeront à côté de lui comme des voyageurs et non des résidents. A ce sujet, les vers suivant sont à méditer :

Purifie ton coeur de tout autre que nous et tu nous trouveras,
Car notre voisinage est ouvert à qui purifie son coeur,
La patience est l'énigme menant au trésor de notre amour,
Celui qui résout cette énigme obtiendra son trésor.
Et c'est Allah qui accorde le succès.
[Ibn Al Qayyim - Partie 10, Al Fawa'id : Les méditations ]