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jeudi 9 avril 2015

La religion et la théorie de l'évolution : Moustafa Mahmoud-Dialogue avec un ami athée



Mon ami me dit :
- Et maintenant, tu n'auras pas le rôle facile. Tu devras me prouver que la création de l'homme a eu lieu, comme le prétend ta religion, par un tour de passe-passe : le Créateur prend un peu d'argile ; Il la pétrit, souffle dessus et voilà ! Adam fait son apparition ! Les sciences de l'évolution contredisent catégoriquement de tels propos. Elles affirment que ton ami Adam est apparu au terme d'une série de phases animales antérieures et que le lien n'a pas été rompu entre lui et sa grande famille : la gent animale. L'homme et le singe sont des cousins germains qui se rejoignent dans un ancêtre commun. Une réelle ressemblance dans les détails de la structure anatomique prouve que l'homme et l'ensemble des animaux sont tous membres d'une même famille.

Je répondis, me préparant à une joute scientifique de grande envergure :
- Permets-moi d'apporter quelques précisions aux informations dont tu disposes. Tout d'abord, Dieu n'a pas créé Adam par un tour de magie. La version que nous rapporte le Coran de ce récit est totalement différente : la création d'Adam a eu lieu par étapes, par phases successives, en respectant un long Temps divin. L'homme ne provient pas d'une vulgaire motte de terre :
« Nous avons créé l'homme d'argile fine. »
(Coran : 23, 12)

Au tout début, l'homme était quelque chose d'insignifiant :
« Ne s'est-il pas écoulé pour l'homme
un laps de temps pendant lequel
il n'était pas quelque chose méritant d'être mentionné ? » (Coran : 76, 1)
Puis se déroulèrent les phases de la création :
« Pourquoi n'attendez-vous pas de Dieu
un comportement digne de Lui
puisqu'Il vous a créés par phases successives ? » (Coran : 71, 14)
« Oui, Nous vous avons créés et vous avons modelés ;
puis Nous avons dit aux Anges :
Prosternez-vous devant Adam.
Ils se prosternèrent, sauf Iblîs. » (Coran : 7, 11)
« Ton Seigneur dit aux Anges :
Oui, je vais créer d'argile un être mortel.
Lorsque je l'aurai harmonieusement façonné
et que j'aurai insufflé en lui de mon Esprit,
prosternez-vous devant lui. » (Coran : 38, 71-72)

Il y eut donc diverses étapes : la création, le don d'une forme harmonieusement élaborée, l'insufflation de l'esprit... Cette succession, dans le Temps divin, recouvre des millions d'années.
« Un seul jour, pour Dieu, est comme mille ans
d'après votre façon de compter. » (Coran : 22, 47)

Remarque, dans les versets suivants, la succession des étapes de la création :
« (Dieu) a commencé la création de l'homme à partir de l'argile ;
puis Il lui a suscité une descendance
à partir d'une eau vile.
Il a formé l'homme harmonieusement
et Il a insufflé en lui de son Esprit.
Il a créé pour vous l'ouïe, la vue, les viscères. » (Coran : 32, 7-9)

De ses débuts insignifiants au moment où l'Esprit est insufflé en lui, l'homme passe par une série de phases progressives. L'apparition d'Adam est un terme, non un début absolu comme par un coup de baguette magique.
« Dieu vous a fait croître de la terre
comme les plantes. » (Coran : 71, 17)

La croissance de l'homme est donc semblable à celle des plantes : d'un stade à l'autre, elle nécessite le facteur temps.
Mais quelles furent ces phases et ces étapes ? L'énigme réside dans cette question.
Tous les vivants ont-ils un même père ?
Du point de vue de leur synthèse chimique, sont-ils tous façonnés d'argile ? À leur mort, retournent-ils tous en poussière, tels qu'ils étaient à l'origine ? Oui, c'est vrai ! Mais par le mot "père", nous signifions quelque chose de plus.
La question est la suivante : Y a-t-il eu, à l'origine, une cellule unique qui serait née de l'argile, se serait multipliée et aurait engendré toutes les espèces, toutes les familles de plantes et d'animaux, dont l'homme ferait lui aussi partie ?
Ou bien y a-t-il eu plusieurs points de départ, chacun évoluant différemment pour donner naissance, l'un aux plantes, un autre aux éponges, un autre aux poissons, un autre aux reptiles, un autre aux oiseaux, un autre aux mammifères, et un autre finalement à l'homme ? Toutes les catégories d'êtres vivants ayant leur ancêtre propre, l'homme aurait, lui aussi, un ancêtre distinct...
La ressemblance anatomique entre les différentes branches, espèces et familles de vivants ne contredit pas le fait que chaque espèce ait pu avoir un point de départ propre. Elle prouve uniquement que tous les vivants ont un même Créateur, un même Auteur les ayant tous façonnés à partir d'un même matériau, selon un style et un plan uniques. La conclusion est inéluctable. Mais la ressemblance anatomique n'implique pas nécessairement que tous les vivants soient issus du même père. Automobile, train, tram, tous les moyens de transport ont des points communs. Ils sont été conçus et fabriqués conformément à une même technologie, prouvant ainsi qu'ils ont tous été inventés par l'esprit humain. Il n'empêche que chaque catégorie a sa propre origine et est née d'une technique à part.
Il serait inexact d'affirmer que la charrette à bras, en vertu de lois internes et cachées, a évolué automatiquement en charrette à cheval, puis en voiture automobile, puis en train. La réalité est autre. En fait, chaque phase de l'évolution est due à un "bond mental", à un "saut créateur" dans l'esprit de l'inventeur ou de l'ingénieur. Aucune catégorie de ces moyens de transport n'est issue d'une autre catégorie, bien que la succession temporelle puisse faire penser le contraire. Chaque catégorie fait son apparition indépendamment des autres, grâce au "saut créateur" dont il vient d'être question.
C'est ici que Darwin s'est trompé. La théorie qu'il a développée trahit les failles et les embûches qu'il n'a su éviter. Remémorons-nous ce qu'il a affirmé dans son livre Sur l'origine des espèces.
La première vérité découverte par Darwin au cours de son périple à bord du Beagle est la structure identique qui unit toutes les espèces d'animaux. La charpente osseuse est la même chez la plupart des vertébrés. L'ossature des pattes antérieures du singe est la même que celles des ailes de l'oiseau ou de la chauve-souris. Chaque os a exactement son correspondant lorsque l'on passe de l'un de ces animaux à l'autre, avec toutefois de légères modifications pour répondre à la fonction. Les os des ailes de l'oiseau, par exemple, sont minces, légers et creux. Les ailes sont recouvertes de plumes.
Le long cou de la girafe comprend sept vertèbres, exactement comme le cou de l'homme ou même celui, minuscule et quasi insignifiant, de l'oursin. Les cinq doigts de la main de l'homme ont leurs correspondants chez le singe, le lapin, la grenouille et le lézard. Pour la baleine, la guenon ou la femme, la durée de gestation est de neuf mois et la période de lactation dure deux ans. Les vertèbres de la queue du singe se retrouvent chez l'homme : soudées les unes aux autres, elles forment le coccyx. D'autre part, les muscles de la queue se sont transformés chez l'homme en un fond résistant sur lequel repose le sacrum. Chez le cheval, l'âne, le lapin, le pigeon et l'homme, le coeur comprend quatre cavités. Les artères et les veines se subdivisent de la même façon. On trouve ensuite la même disposition des organes dans l'appareil digestif (oesophage, estomac, duodénum, intestin grêle, gros intestin, anus), l'appareil génital (testicules, ovaires avec leurs canaux respectifs), l'appareil urinaire (reins, uretère, vessie) et l'appareil respiratoire (trachée, poumons). Les poumons des animaux amphibies correspondent aux vessies natatoires des poissons.
Il était donc naturel que Darwin en soit venu à se représenter les animaux comme appartenant à une même famille, chaque classe se différenciant des autres par l'influence du milieu auquel elle a dû s'adapter. Dans les régions glaciales, par exemple, la baleine a revêtu un manteau de graisse et l'ours, une fourrure. Exposée au soleil des tropiques, la peau de l'homme de la jungle est devenue noire, servant ainsi de protection contre les rayons solaires. Le lézard des cavernes, ne trouvant aucune utilité à ses yeux, est devenu progressivement aveugle, contrairement au lézard vivant en terrain découvert. Les membres des animaux en contact avec l'eau se sont transformés en nageoires ; ceux des animaux cherchant à voler, en ailes ; ceux des rampants, en pattes.
En outre, l'histoire de la formation du foetus humain n'est-elle pas éloquente ? À l'une des étapes de cette évolution, le foetus respire par des branchies ; puis celles-ci disparaissent pour laisser apparaître les poumons. À une autre étape, il possède une queue qui s'atrophie avant de disparaître complètement. À une autre étape encore, il est recouvert de poils qui disparaîtront eux aussi progressivement.
Les couches géologiques et leurs excavations nous révèlent l'enchaînement des différentes périodes où alternent l'apparition, puis la disparition de toutes les espèces d'êtres vivants : animaux unicellulaires, animaux multicellulaires, mollusques, crustacés, poissons, amphibies, rampants, oiseaux, mammifères et, finalement, l'homme.
Darwin a vu juste et a fait preuve de génie en prenant comme point de départ de sa réflexion le précieux constat de la ressemblance anatomique entre les animaux. Il a eu raison également de parler d'évolution. Mais lorsqu'il a tenté d'expliquer cette évolution ascendante en cherchant à imaginer quels en furent les étapes et les détails, il s'est trompé.
Il expliquait cette évolution ascendante uniquement par des facteurs physiques innés : quand les animaux s'entre-tuent à coups de dents et de griffes dans la sanglante et effroyable lutte pour la vie, c'est toujours le faible qui disparaît et le plus fort qui reste. Ce combat au coeur de la nature fait émerger le bon et le fort. Elle l'encourage, épargne sa descendance et lui ouvre largement les sentiers de la vie.
Mais si cette théorie nous explique la survie du plus fort, elle ne dit rien sur celle du plus beau ! L'aile colorée ne se distingue de l'aile blanche par aucun avantage physique ou vital ; elle ne sert pas à mieux voler. Mais si nous affirmons que le mâle, pour choisir sa femelle, préfère l'aile colorée, nous pouvons alors nous demander pourquoi, puisqu'elle n'offre aucune utilité supplémentaire.
S'il est vrai que la préférence pour le plus beau entre en ligne de compte, la théorie matérialiste s'effondre totalement. Elle demeure incapable d'expliquer pourquoi, de la famille des ânes, est sorti un animal comme le cheval. Pourquoi, de la famille des chamois, est sorti un animal aussi délicat et gracieux que la gazelle ? Bien qu'elle soit moins résistante et moins puissante, pourquoi l'aile de la huppe ? Pourquoi les plumes du paon ? Pourquoi cette variété de papillons aux couleurs merveilleuses et aux dessins stupéfiants ? Nous sommes en présence d'un Artiste à la main très habile, sachant créer avec une parfaite maîtrise de son art, et non pas d'une entreprise grossière comme le serait la lutte pour la vie ou un combat à coups de dents et de griffes.
La deuxième erreur de l'Évolutionnisme apparut ensuite avec les défenseurs de la théorie du "saut qualitatif", à savoir des caractéristiques nouvelles qui apparaissent dans la descendance par suite de changements imprévus dans l'accouplement de la cellule femelle et de la cellule mâle ainsi que dans la rencontre des chromosomes pour la définition des traits héréditaires.
Parfois, les caractéristiques nouvelles sont nuisibles. C'est ce qui se produit dans le cas des monstres et des êtres difformes. Par contre, ces sauts qualitatifs peuvent être utiles à l'animal dans son nouveau milieu. C'est le cas notamment des pattes palmées qui se développent chez les animaux en contact avec l'eau. Dans la mesure où elles sont utiles, car permettant la natation, elles seront favorisées et transmises par la nature aux générations futures en remplacement d'une ancienne caractéristique devenue obsolète. L'évolution des pattes ordinaires en pattes palmées représente un progrès qualitatif.
La théorie de l'évolution s'est trompée lorsqu'elle a fait appel au hasard pour expliquer les erreurs et les sauts qualitatifs de la nature, passant outre toute intervention providentielle du Créateur.
Il est impossible que les sauts qualitatifs soient à l'origine de la précision et de la perfection que nous observons partout autour de nous.
Lorsque la femelle du moustique pond ses oeufs dans le marécage, chacun de ces oeufs est muni de deux pochettes d'air pour flotter. D'où aurait-elle appris le principe d'Archimède pour procéder de cette façon ?
Les graines des arbres désertiques sont équipées d'ailes grâce auxquelles elles sont emportées par le vent sur de très longues distances et dispersées à perte de vue. D'où ces arbres auraient-ils appris les lois de l'aéronautique pour façonner à leurs graines des ailes leur permettant de voler à la recherche de terrains propices à la germination ?
Et les plantes carnivores qui se fabriquent des pièges et des filets étonnamment trompeurs pour capturer les insectes avant de les avaler et de les digérer, comment peuvent-elles utiliser de telles ruses ?
Nous avons à faire ici à une Intelligence universelle qui pense et invente pour ses créatures.
Il est impossible de concevoir le déroulement de l'évolution ascendante de la nature sans l'intervention de cette Intelligence créatrice « qui a donné à chaque chose sa forme et qui l'a ensuite dirigée ». (Coran : 20, 50)
Le troisième écueil que présente la théorie darwinienne concerne la découverte qui a été faite de la table des chromosomes, ou table des gènes. Nous le savons désormais : chaque espèce animale possède une table des chromosomes qui lui est propre et en vertu de laquelle il est impossible qu'une espèce dérive d'une autre espèce.
En résumé, disons que la théorie de Darwin s'est heurtée à des embûches, même si la ressemblance anatomique entre les animaux est une vérité que nous devons admettre.
Si l'évolution doit être reconnue comme vraie, les phases et modalités de son déroulement demeurent une énigme. Y a-t-il eu des points de départ indépendants ? Ou bien certaines espèces animales ont-elles une origine commune ?
Le Coran fait clairement mention des différentes étapes de l'évolution pour l'apparition de l'homme : création, don d'une forme harmonieusement élaborée, insufflation de l'esprit. Quant à la science, elle ne s'est pas encore déterminée sur la théorie à adopter en ce domaine.
Revenant à la sourate de la Prosternation (Coran : 32, 7-9) que nous avons citée plus haut, nous remarquons qu'elle mentionne clairement le fait suivant : les premières formes élémentaires de l'être humain ne possédaient pas l'ouïe, ni la vue, ni les viscères. C'est de ces formes que proviennent Adam et, après lui, « la descendance à partir d'une eau vile ».
Vue, ouïe, viscères sont apparues uniquement après l'insufflation de l'esprit, c'est-à-dire à la toute dernière étape de la création d'Adam.
Les débuts de l'homme ressemblent donc à une vie animale extrêmement rudimentaire :
« Ne s'est-il pas écoulé pour l'homme
un laps de temps durant lequel
il n'était pas quelque chose digne d'être mentionné ? » (Coran : 76, 1)

Je ne pense pas que cela contredise les affirmations de la science. Mais, somme toute, la vérité reste ici une énigme et personne ne peut prétendre qu'il l'a découverte. Il se peut très bien que ce qui est effectivement arrivé soit différent de ce que nous avons dit comme de tout ce qu'imaginent les savants. La question reste donc ouverte et la science ne peut qu'avancer des hypothèses.


Le miracle


Mon ami me dit : - Il y a quelque chose que je ne comprends pas... Vous dites de votre Dieu Miséricordieux qu'Il est Bon et Généreux, qu'Il nous aime, qu'Il pardonne et efface les péchés... Comment un tel Seigneur peut-Il ordonner à Abraham, ce Prophète qui était son ami intime, d'immoler son fils ? Ne reconnais-tu pas avec moi qu'il est difficile de croire à cela ?
- Le contexte et les événements du récit auquel tu fais allusion indiquent que Dieu n'avait pas l'intention de demander à Abraham d'immoler son fils. La preuve en est que le sacrifice n'a pas eu lieu. Dieu exigeait uniquement d'Abraham le sacrifice de l'amour et de l'attachement excessifs qu'il portait à son fils. Il n'est pas permis, en effet, que le coeur d'un Prophète soit attaché à autre chose qu'à Dieu, qu'il s'agisse du monde d'ici-bas, d'un enfant, de la célébrité ou du pouvoir. Il ne convient pas que le coeur d'un Prophète nourrisse de telles affections.

Comme on le sait, Ismaël naquit alors qu'Abraham était très avancé en âge. Le vieillard se prit donc d'une affection sans bornes pour ce fils. C'est la raison pour laquelle Dieu se devait de mettre à l'épreuve son Prophète.
Les événements du récit prouvent l'exactitude de cette interprétation, car à peine Abraham eut-il levé le couteau pour sacrifier son fils, conformément à la Volonté divine, que lui vint des cieux l'ordre d'épargner la victime.
- Et que penses-tu des miracles étonnants qui sont attribués à Abraham, du fait, par exemple, qu'il soit entré dans le feu sans se brûler ? Ou encore des prodiges accomplis ensuite par Moïse : son bâton transformé en serpent ou fendant en deux la mer ? Ou encore sa main devenant soudainement blanche lorsqu'il la retira de dessous son aisselle ? N'as-tu pas l'impression d'assister au cirque, à un numéro de prestidigitation ? Comment Dieu prouve-t-il sa Grandeur et sa Toute-Puissance par de telles prouesses qui relèvent du domaine de l'irrationnel, comme une dérogation à l'ordre des choses ? N'est-il pas plutôt évident que l'argument le plus fort de la Grandeur divine réside dans l'ordre, la raison, la précision et le merveilleux déroulement des lois qui régissent l'univers ?

- L'idée que tu te fais du miracle est fausse. Il s'agirait, selon toi, d'un tour de force, d'une dérogation aux lois, de quelque chose d'irrationnel. Or la vérité est tout autre.

Permets-moi de te donner un exemple qui te fera mieux comprendre. Supposons que, par un Décret divin, tu retournes de trois mille ans en arrière dans le passé et que tu pénètres chez le pharaon d'Égypte, tenant un transistor gros comme une boîte d'allumettes. Voyons ! Quelle serait la réaction du pharaon et de sa cour devant cet objet duquel sortent des paroles et des chansons ? Dans leur stupéfaction, ils se mettraient sans doute à crier au miracle : « C'est de la magie ! Cela dépasse l'entendement et contredit toutes les lois ! »

Nous savons maintenant qu'il n'en est rien, mais que ce qui se produit à l'intérieur du transistor est conforme aux lois de l'électronique. Ce phénomène est parfaitement rationnel.

L'étonnement serait encore plus grand si tu pénétrais chez le roi de Babylone, tenant en mains un appareil de télévision qui transmettrait des images de Byzance. Si tu faisais écouter un disque au roi d'Assur, il se mettrait à applaudir devant cet objet en plastique qui émet des paroles.

L'histoire nous rapporte des faits semblables remontant au temps de la colonisation de l'Afrique. Lorsque le premier avion des colons se posa au milieu des Primitifs qui vivaient nus dans la forêt, que se passa-t-il ? Les Noirs se prosternèrent, la face contre terre. Ils battirent du tambour et offrirent des sacrifices, pensant qu'une divinité était descendue des cieux. L'événement, selon eux, contredisait toutes les lois. Nous savons maintenant, quant à nous, que l'avion, pour voler et atterrir, obéit à certaines lois physiques. Nous savons qu'il a été construit conformément à des règles techniques bien précises et que, par conséquent, le fait qu'il vole est un phénomène parfaitement rationnel. La loi de la pesanteur n'est pas contredite ; elle est surpassée par une autre loi : celle d'action-réaction. Il y a donc concurrence de lois, mais aucune d'elles n'est violée.

Pour monter dans le tronc du palmier, la sève ne contredit pas la loi de la pesanteur ; elle s'y oppose, par suite d'un ensemble de lois physiologiques : cohésion de la colonne d'eau, capillarité, pression osmotique. Ces lois font que la sève est poussée vers le haut.

Nous ne sortons donc jamais de la sphère de la raison et du rationnel. Il n'y là aucun tour de passe-passe. L'étonnement des Noirs primitifs était dû uniquement à leur ignorance des lois scientifiques. Il en est de même pour toi lorsque tu es étonné par ces prodiges : Moïse fendant la mer ou faisant sortir un serpent de son bâton ; Jésus ressuscitant les morts ; Abraham pénétrant dans le feu sans se brûler... Tu y vois de l'irrationnel contredisant les lois de la nature, alors qu'en fait, tous ces prodiges obéissent aux lois divines qui surpassent celles que nous connaissons. Ils représentent donc une autre sorte d'ordre et de rationnel, qui dépasse toutefois notre entendement. Par eux, Dieu ne détruit pas l'ordre ; Il nous manifeste un ordre supérieur, des lois supérieures, une Intelligence qui dépasse notre compréhension.

Les Bahâ'îs ont commis la même erreur que toi lorsqu'ils ont nié les miracles sous prétexte que les admettre aurait entraîné un mépris de la raison. Pour ce faire, ils ont eu recours à des subterfuges dans leur lecture du Coran. Ils en ont falsifié le sens premier : Moïse, par exemple, ne fend pas la mer avec son bâton ; le bâton n'est autre que la Loi révélée séparant la vérité de l'erreur... La main blanche de Moïse devient le symbole de la main qui fait le bien... Jésus ne ressuscite pas les corps, mais les âmes ; Il ouvre les esprits et non pas les yeux des aveugles... Chaque fois qu'ils se sont heurtés à un fait qu'ils ne comprenaient pas, les Bahâ'îs ont donc retiré au Coran sa signification littérale pour lui donner des interprétations allégoriques, métaphoriques et symboliques.

Cela est dû à leur méconnaissance de la nature du miracle. Ils en ont fait quelque chose d'irrationnel défiant toutes les lois et détruisant l'ordre existant. C'est exactement l'erreur que tu as commise toi-même.

Et pourtant, nous vivons réellement à une époque où l'on ne devrait plus s'étonner des miracles.

La science nous a conduits jusqu'à la surface de la Lune. Si elle nous a donné un tel pouvoir, il ne fait pas de doute que la Science communiquée par Dieu puisse nous donner un pouvoir plus grand encore. Écoute ce verset magnifique :

« Ô peuple des Djinns et des hommes !

Si vous pouvez passer à travers les espaces des cieux et de la terre, faites-le !

Mais vous ne les traverserez qu'à l'aide d'un pouvoir... »
(Coran : 55, 33)

Ce pouvoir est la science humaine. Et plus encore : la Science divine.

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