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jeudi 2 avril 2015

Les semblants de contradictions dans Le noble Coran par Cheikh Achaârawi:Pourquoi la mère uniquement ?

Passons à un troisième point. Dans les versets du Noble Coran, Dieu - Exalté soit-Il - recommande la bienfaisance envers les parents, puis Il insiste sur la mère sans mentionner le père. Par exemple, dans la sourate intitulée Al-Ahqâf, on lit : "Et Nous avons enjoint à l'homme la bonté envers ses père et mère : sa mère l'a péniblement porté et en a péniblement accouché ; et sa gestation et sevrage durent trente mois ; puis quand il atteint ses pleines forces et atteint quarante ans, il dit : "Ô Seigneur ! Inspire-moi pour que je rende grâce au bienfait dont Tu m'as comblé ainsi qu'à mes père et mère"" [9] On trouve aussi dans la sourate intitulée Luqmân : "Nous avons commandé à l'homme (la bienfaisance envers) ses père et mère ; sa mère l'a porté (subissant pour lui) peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans. "Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination."" [10]
Ainsi Dieu - Exalté soit-Il - recommande la bienfaisance envers les parents, puis Il ne mentionne que la mère. Certains orientalistes se manifestent alors et demandent : "Comment se fait-il que Dieu - Exalté soit-Il - ne recommande que la mère alors qu'au début et à la fin de ces versets Il mentionne les deux parents ? De plus, à qui Dieu - Exalté soit-Il - s'adresse-t-il dans ces versets ? S'Il s'adresse au nourrisson pendant la phase de grossesse ou après l'accouchement, ce nourrisson n'est pas capable d'entendement. S'il s'adresse à l'adulte, Il lui évoque une période dont il n'a aucun souvenir et qu'il ne connaît point."
Nous répondons qu'il s'agit là d'un défaut de compréhension des versets. Lorsque Dieu - Exalté soit-Il - recommande la bienfaisance envers la mère spécifiquement, cela est dû au fait que cette dernière se charge de la partie invisible de la vie de l'enfant, du moins la partie de sa vie dont il est inconscient. Autrement dit, lorsque l'enfant est petit, au stade de l'allaitement ou au stade de la grossesse et de l'accouchement, et ce jusqu'à ce qu'il grandisse et s'éveille, c'est sa mère qui fait tout pour lui. C'est elle qui se lève la nuit pour le nourrir. C'est elle qui le porte dans son ventre. C'est elle qui le met au monde. Puis, lorsque l'enfant grandit et s'éveille, qui voit-il devant lui ? Son père. Lorsqu'il veut une chose, c'est son père qui la réalise. S'il veut acheter quelque chose, un jouet, un vêtement, s'il veut de l'argent, tout cela c'est le père qui le fournit. Par conséquent, le bienfait du père est manifeste devant lui tandis que le bienfait de la mère est caché. D'où l'insistance sur le devoir de bienfaisance vis-à-vis de la mère, plus que vis-à-vis du père. Lorsque l'enfant voit son père lui réaliser tous ses souhaits, il ressent le bienfait de son père. Mais il est rare qu'il apprécie la peine que sa mère s'est donnée pour lui et qui dépasse de très loin ce que le père fournit comme effort. D'où la recommandation spécifique à la mère, tant et si bien que le Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui - l'a recommandée par trois fois avant de recommander le père. Pourquoi insiste-t-on tellement sur une période dont l'être humain ne garde aucun souvenir ? En fait, l'objectif est de l'inciter à voir cela chez les autres. Lorsqu'il voit comment les mères se fatiguent, combien elles souffrent, comment elles veillent leurs enfants, combien elles se donnent de peine. Lorsqu'il voit cela chez les autres, il comprend que cela lui est arrivé aussi et en a un aperçu Alors, il manifeste de la gratitude.
Dieu - Exalté soit-Il - veut nous rappeler la souffrance que la mère endure. Il veut nous recommander les deux parents, le père et la mère, mais Il insiste sur le rôle de la mère et l'évoque davantage, car son rôle n'est pas manifeste dans la conscience de l'enfant, tandis que le rôle du père est évident. Telle est l'intention des nobles versets.
                                  
[9] Sourate 46, Al-Ahqâf, verset 15. NdT.
[10] Sourate 31, Luqmân, verset 14. NdT.

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